LE GOUVERNEMENT

le 2 Septembre 2010

Chômage : pourquoi le gouvernement nous ment

Après le lancement en fanfare de la campagne présidentielle pour 2012 avec les premiers démantèlements des camps de roms, de nouveaux chiffres permettent au gouvernement de se gargariser.

Christine Lagarde est aux avant-postes. Au deuxième trimestre 2010, le chômage continue sa faible décrue après les signes encourageant du début d’année. Les chiffres sont formels, le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) est passé de 9,5 à 9,3% en France métropolitaine et de 9,9 à 9,7% pour les départements d’Outre-mer. Soit une baisse de 0,2 point. Il n’en fallait pas plus pour ouvrir bien grand les vannes de l’autosatisfaction éhontée. « Ces évolutions récentes de l'emploi et du chômage témoignent clairement des effets positifs de la politique menée par le gouvernement » assène notre ministre de l’Économie. De quoi se réjouir. Mais comme souvent avec ce gouvernement, il faut creuser pour comprendre les résultats. Selon l’INSEE, cette baisse masque le recul des contrats à durée indéterminée (CDI) et la hausse des contrats à durée déterminée (CDD) : la part des personnes en CDD ou en intérim pour la tranche des 15–64 ans passe ainsi de 6,4 % au premier trimestre à 6,6 % au deuxième, alors que la part des personnes en CDI continue de diminuer et s’établit à 49,0 % pour la même tranche d’âge. Il faut noter que la diminution des CDI est effective depuis le milieu de l’année 2008.

À cinq jours de la grande manifestation du 7 septembre sur les retraites, le gouvernement Sarkozy se saisit de la moindre opportunité pour vanter son action. Et, dans une optique libérale, on peut comprendre son enthousiasme. La France se précarise à grande vitesse.

  le 29 Août 2010

Woerth inquiété par la Cour de Justice de la République ?

La CJR est une juridiction d'exception qui juge les crimes et délits commis par les membres du gouvernement "dans l'exercice de leurs fonctions".

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, "envisage de saisir la Cour de justice de la République" à propos des infractions présumées de prise illégale d'intérêt et de favoritisme du ministre du Travail Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt, selon le Journal du dimanche.

Selon l'hebdomadaire, un courrier du 11 août de l'ancienne ministre de l'Environnement et avocate Corinne Lepage (Cap21) est "à l'origine de ce nouveau front judiciaire". "J'estime, au regard de la Constitution, que le procureur Nadal a le droit d'actionner la Cour de justice. Je lui ai demandé de le faire, quitte d'ailleurs à ce qu'à l'arrivée, elle lave M. Woerth de tout soupçon", tempère toutefois la députée européenne à l'hebdomadaire.

Le JDD affirme que Jean-Louis Nada a réclamé "la communication de tous les éléments du dossier pénal susceptibles de concerner une éventuelle prise illégale d'intérêt ou un délit de favoritisme" au procureur général de Versailles, supérieur du procureur Philippe Courroye à Nanterre, où est traitée une partie du tentaculaire dossier Bettencourt.

Cependant, si les textes prévoient que le procureur général près la Cour de cassation puisse saisir la commission des requêtes de la CJR, en pratique, il ne peut pas le faire de sa propre initiative et il doit être lui-même saisi. C'est généralement un procureur général de cour d'appel qui adresse sa requête motivée au procureur général de la Cour de cassation, afin qu'elle soit transmise à la commission des requêtes.

Toutes les niches ne sont pas bonnes à raboter

Les plus coûteux avantages fiscaux, ceux dont bénéficient les entreprises, seront épargnés, pas la demi-part pour enfant à charge…

C’est l’Arlésienne du discours sur les finances publiques. Les très nombreux (près de 500 !) et fort divers dispositifs d’allégement de la fiscalité et des prélèvements sociaux sont régulièrement stigmatisés, mais jamais véritablement remis en question. Pour le seul budget de l’État, ces « niches » représenteraient un manque à gagner de quelque 75 milliards d’euros. Derrière ce vocable se cachent des mesures de nature fort différente. L’Élysée proclame aujourd’hui son intention de raboter ces allégements à hauteur de 10 milliards d’euros. Mais pas question, dit-on dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, de « toucher aux niches qui encouragent le travail et l’activité ». Comprendre : les cadeaux fiscaux et sociaux, sans cesse plus conséquents, accordés aux entreprises, bien que leur efficacité présumée pour l’emploi et la compétitivité soit de plus en plus remise en question, y compris par des organismes officiels. C’est le cas des exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires, qui, avec un coût de 23,4 milliards d’euros pour l’État, détiennent le pompon. De même, le gouvernement défend-il le crédit d’impôt recherche, qui dévore 4 milliards d’euros, principalement au profit des grandes entreprises, et dont un rapport de l’Assemblée nationale a montré qu’il représentait pour celles-ci un effet d’aubaine. Sont épargnés également les avantages accordés aux actionnaires sur les plus-values sur la cession de titres, comme le taux abaissé de TVA dans la restauration, en dépit des bilans montrant que le patronat du secteur est loin d’avoir tenu ses promesses en termes d’emplois et de salaires. Sanctuarisés aussi le bouclier fiscal des plus fortunés, la défiscalisation des heures supplémentaires, les aides à l’emploi à domicile… En revanche, le gouvernement veut s’en prendre à la demi-part fiscale pour enfant à charge (en sommant les familles de choisir entre cet avantage et l’aide au logement étudiant). Les exonérations sur une partie des contrats d’assurance-vie seraient aussi remises en question.

 

 

  le 16 Août 2010

Semer la peur et l’insécurité pour mieux régner

Baisse des effectifs policiers, culture du résultat, budget de la justice parmi les plus faibles d’Europe… L’insécurité augmente au plus grand bénéfi ce politique d’un président qui se plaît à instrumentaliser la peur et l’agitation ponctuelle.

Sans cesse, « le gros rouge qui tâche ». Cette injonction de Nicolas Sarkozy à sa majorité lors du débat sur l’identité nationale sert depuis 2002 de ligne politique au locataire de l’Élysée. Provoquer la polémique, cliver la France et surtout ne poser aucun interdit idéologique. Profiter de l’embrasement de Grenoble pour déclarer la guerre à la délinquance relève presque de l’exploit quand l’impétrant a lui-même été en charge de la sécurité pendant cinq ans jusqu’à son accession à l’Élysée.

Politique spectacle et indicateurs négatifs

Exploit également lorsque tous les indicateurs sont au rouge et que les atteintes volontaires à l’intégrité physique connaissent une hausse spectaculaire : entre 2004 et 2009, le nombre d’agressions est passé de 392 000 à plus de 455 000 (soit + 64 054 faits constatés). En 2009, l’augmentation annuelle s’établit à + 2,8 %, en 2008 elle se situait à + 2,4 %, en 2005 à 5 % et en 2006 à 5,6 %. La politique spectacle autour de la sécurité, les sorties tonitruantes dans les quartiers populaires ont donc prouvé leur limite. Il n’y a guère qu’Alain Bauer, le président de l’Observatoire national de la délinquance, pour assurer sans ciller qu’on assiste bien à une baisse de l’insécurité… puisqu’en « trois siècles, le crime en France est passé de 150 pour 100 000 habitants à deux. Il y a un processus de civilisation du crime qui est extrêmement important et qu’il faut prendre en considération ».

Poubelles qui brûlent et système de retraite

Un fait divers donc, et la loi qui en découle. Depuis 2002, et sa prise de fonction à l’Intérieur, dix-sept lois sur la sécurité ont été votées. Toutes tournent d’ailleurs autour du principe de la dissuasion et du précepte de l’alourdissement des peines. Quitte à aller toujours plus loin en menaçant désormais les parents de peine de prison. Ces « coups » législatifs donnent à voir un président à l’offensive qui dirait tout haut ce que la « France d’en bas » penserait tout bas. Sans ne rien régler pour autant… mais, analyse un policier dont les maux s’écrivent désormais sur Internet : « Le simple énoncé d’un diagnostic lui procure le sentiment d’être mise en sécurité. » Maintenir la peur donc, comme le suggère ce flic anonyme sur son blog : « La peur annihilant le jugement, la question de savoir si la frénésie des mots est proportionnelle à une augmentation de la délinquance devient sans objet. On finira par se convaincre qu’une poubelle qui brûle met davantage en danger la République qu’un système de retraite qui se délite. » Reste à prouver que la situation empire du fait de « bandes » de plus en plus violentes ou d’une criminalité d’un nouveau genre quand 11 000 postes parmi les forces de l’ordre ont été supprimés. De cette ville de Grenoble dont le gouvernement a transformé un fait ponctuel en endémie rongeant l’ensemble d’un quartier, a-t-on dit par ailleurs que le contingent policier avait été ramené de 740 policiers à 600 ?

 Agitation ponctuelle et anarchique

D’un même mouvement, les commissariats ferment les uns après les autres et la police nationale est sacrifiée sur « l’autel de la sécurité privée. » Drones et vidéo-surveillance en lieu et place de la police de proximité. Et, poursuit le gardien de la paix sur son blog, « la police se trouve au coeur de la réalité des effets de la férocité sociale, économique, et la délinquance. Même s’il se trouve aujourd’hui des idéologues pour affirmer qu’il n’y a pas de lien entre la délinquance et la précarité. » À une communication qui ne cesse de se déliter entre population et policiers – parfois remplacés par le Raid - il faut ajouter la présence dans les rangs policiers de nombreux jeunes inexpérimentés. À cette baisse des moyens policiers répond également la rigueur imposée à la justice. Le budget alloué en France à ce secteur reste l’un des plus faibles d’Europe et plus du tiers des tribunaux d’instance ont disparu affectant du même coup l’accès au droit pour les justiciables. Enfin, le pouvoir a institué une culture du résultat qui mine chaque jour les missions de service public. Le ministère de l’Intérieur exige désormais un taux d’élucidation des affaires de 40 %, une course aux chiffres et une prime collective au mérite qui accélèrent contrôles d’identité ou arrestations pour détention de stupéfiants, prostitution… En clair, des délits élucidés à la minute où ils sont constatés. « Du quantifiable, du chiffre, plus que de la qualité », analysait Dominique Achispon du Syndicat national des officiers de police (majoritaire). D’Argenteuil en 2005 à Grenoble en 2010, le pouvoir trouve pour l’heure de l’intérêt à alimenter par le verbe l’agitation ponctuelle et anarchique, à exciter les rancoeurs. Jusqu’à quand ?

 Ces résultats qui accusent

 22 %, c’est la hausse 
depuis 2002 des atteintes 
aux personnes, atteintes 
de plus en plus violentes. 40 %, c’est la hausse depuis 2004 du nombre de blessés dans les forces de l’ordre. 15 %, c’est la hausse  du nombre de braquages  de petits commerces en 2009. 20 %, c’est la baisse 
en moyenne du budget 
de fonctionnement du ministère de l’Intérieur.

 

 

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   le 4 Août 2010

Fiscalité : Lagarde donne un coup de main au BTP

Le gouvernement va supprimer l'avantage fiscal et mettre en place dès 2011 un "outil unique" pour l'accession à la propriété. Surtout un joli coup de pouce aux promoteurs, quand le nombre de logements construits recule.

Cet "outil unique" prendra la forme d'un "prêt à taux zéro renforcé", qui sera "universel, c'est-à-dire sans condition de ressources, mais il sera réservé aux primo-accédants", explique la ministre. Cette aide sera "accentuée pour les faibles revenus, les zones géographiques d'habitation en forte tension et les achats dans le neuf", détaille la ministre.

Le nouveau dispositif devrait coûter 2,6 milliards d'euros par an, contre 2,8 actuellement. Soit une économie très marginale. Il devrait y avoir plus de bénéficiaires, assure la ministre, qui ne donne pas de chiffres.

Coup de pouce aux promoteurs

La mesure paraît plus un joli coup de pouce donné au bâtiment qu'une aide à se loger, quand sur les douze derniers mois, le nombre de permis de construire délivrés stagne comparé à la période juillet 2008-juin 2009, avec 424 000 autorisations.
De juillet 2009 à juin 2010, la construction neuve, qui représente près de 90 % des logements autorisés, est en effet en recul de 3,2 % par rapport aux douze mois précédents. Le gouvernemrent n'a sans doute pas été insensible aux arguments du BTP. Mais cette baisse cache en réalité deux éléments : si le secteur des logements individuels connaît lui une belle hausse (+ 6,8 %), c'est le nombre de mises en chantier de logements collectifs qui marque un net recul (- 7,8 %). Autant dire que les besoins en logement ne seront pas satisfaits avec ce type de mesure fiscale visant les classses moyennes accédant à la propriété.

 

Ce crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt était l'une des mesures emblématiques du "paquet fiscal" voulu par Nicolas Sarkozy en 2007, avec le "bouclier fiscal" qui lui demeure. 

 

Les bénéficiaires actuels continueront de bénéficier du crédit d'impôt, qui dure cinq ans. 

 

Le gouvernement souhaite aussi "accélérer les mutations des propriétés immobilières et éviter la rétention des terrains à bâtir".

La ministre évoque deux pistes: rendre croissante dans le temps, et non plus décroissante, la taxe sur les plus-values de cession de maison et rendre "systématique" et non plus optionnelle, la majoration de la taxe foncière pour les terrains à bâtir, "afin d'inciter les propriétaires à construire ou à vendre".

 

Sécurité : peut-on déchoir les Sarkozy de leur nationalité française ?

Si l’on s’en tient sans a priori, aux petits faits de société, tels qu’un Jean Sarkozy qui est poursuivi pour délit de fuite, un Eric Woerth, poursuivi pour trafic d’influence, Patrick Devedjian, poursuivi dans sa tendre jeunesse pour vol de voiture, ne nous retrouverons-nous pas, avec une mosaïque d’apatrides dans ce gouvernement ? Une loi sur la déchéance de la nationalité aux Français issus de l’immigration, un sacré bluff estival !
 
 On prend les Français pour des lanternes
 
 On l’aura remarqué, les effets d’annonce, les promesses sécuritaires, allant de la volonté d’emprisonner les parents de délinquants mineurs, à la perte de la nationalité française, pour les Français issus de l’immigration, sont l’apanage de Nicolas Sarkozy. Cette pléthore de dispositions et de textes de lois, sont-ils de nature à inverser la réalité des faits ? La société de décret que préconise le gouvernement, sera-t-elle pour autant moins violente ? Pour détourner l’attention de l’opinion publique, par rapport aux scandales qui ébranlent la classe politique, les stratèges en communication de l’Elysée, s’exercent à l’occultisme. Au lieu de se pencher sur les vastes chantiers économiques, Nicolas Sarkozy, s’engage dans son sport de prédilection : la sécurité, l’immigration.
 
La cohérence et l’objectivité, n’étant pas la science la mieux partagée par ce gouvernement aux abois, il va sans dire que la précipitation, occulte souvent la réalité. Discourir, tergiverser, voilà le nouveau programme de gouvernance de la droite française. Pour occuper et distraire les couches populaires de plus en plus englouties par la précarité, il faut se trouver une issue vraisemblable de sortie : les immigrés. Depuis lors, en termes de sécurité, quels sont les moyens mis à disposition ? Pourrions-nous, nous interroger sur les dossiers des jeunes sans emplois des cités ? Quels sont les moyens mis en disposition dans les ZEP, avec la réduction du corps professoral, ayant pour conséquence immédiate la déscolarisation précoce des jeunes ? Toute cette précarisation institutionnalisée, ne peut qu’aboutir au glissement de la délinquance vers une défiance de l’autorité publique : armes à feu, contre les autorités. Une logique de défi à l’endroit de la société, et ceux qui la représentent, l’Etat.
 
On ne saurait passer à l’oubli, le passage de Nicolas Sarkozy, à l’Intérieur, où des consignes fermes, étaient données dans des commissariats, soit de prohiber des plaintes, soit de les diminuer convenablement. Derrière ce calcul électoraliste, dormait des avantageuses statistiques. Il se fallait, au bout de toute cette alchimie, d’appâter un électorat, friand de ce genre de pratique : les retraités et les classes populaires. Et aujourd’hui avec des voix qui s’élèvent pour le retour aux fondamentaux de droite, l’occasion est toute prisée.
 
 Les Français, ces veaux, selon De Gaulle…
 
 L’importance des données statistiques, n’est plus à démontrer en politique. La dextérité avec laquelle Sarkozy s’en sert, pour phagocyter ses adversaires politiques n’est plus à démontrer. Maintenant, il se lance vers le commerce de la peur. La vente de la délinquance, comme si elle appartenait à une certaine classe politique. On veut faire croire que tous ces petits délinquants sont de gauche, et les va-t-en-guerre sont de droite. On veut faire croire que les inciviques, sont ceux qui habitent les quartiers populeux, et les magouilleurs, les détourneurs de l’argent qui pourrait servir les banlieues ne s’appellent pas Woerth, Maistre, etc. La justice de la banlieue, c’est la dénaturalisation, et celle des beaux quartiers, c’est le blanchiment de la fraude fiscale. Nous pensons que, le gouvernement fait face à une conjoncture de divers ordre, et qu’il ne lui est plus possible, d’asseoir une véritable politique des banlieues. Les capacités de financement étant minimes, il ne lui appartient plus que de gaver les Français des effets d’annonce. Pensant ainsi, gagner du temps.
 
Le mot rigueur a tout son sens, dans l’état actuel des choses. Bien qu’on ne veuille pas céder à la panique, ou faire céder les populations à une certaine panique. Il n’en demeure pas moins vrai que, les difficultés de la France, sont plus en plus profondes. Et que, malgré tous les exutoires utilisés, la rentrée, ne sera pas moins agitée. Face à tous ces événements qui pourraient radicaliser l’électorat populaire, le gouvernement sort les flèches de son carquois : la prestidigitation !
 
Il va sans dire que, hormis toute l’agitation dont peut se targuer le gouvernement, la priorité demeure l’emploi. Même s’il s’agit de préserver une certaine image, pour tromper les apparences, nous ne savons pas encore comment le gouvernement va rééquilibrer ses comptes publics ? Alors, jouant sur la corde sensible des Français, et sachant bien la méconnaissance de la population sur ; les gens du voyage et de l’amalgame avec les « Roms », « Gitans » ou immigrés, il va de soi qu’une population mal dans sa peau, va facilement identifier les responsables de ses malheurs.
 
Ce qui revient à dire qu’à l’évidence, que le gouvernement, ne songe pas à traiter les dossiers des immigrés en profondeur. Mais, s’obstine à ruiner tous les efforts d’intégration auxquelles ces populations font face au quotidien. Nicolas Sarkozy, avec ses déclarations tonitruantes, vient de marcher sur les principes de : Liberté, Egalité, Fraternité. Encore, il faut, qu’il en comprenne le sens ; à savoir que tout acte, fut-il politique, ne peut que se fonder sur le droit. Et, le fondement de l’Etat de droit, c’est de savoir se plier à ses devoirs

 

L'ex-comptable des Bettencourt confirme des financements illégaux de la droite

Claire Thibout, l'ancienne comptable des Bettencourt, a de nouveau été entendue, mercredi 7 juillet. Elle a confirmé aux enquêteurs un système de financement illégal de «beaucoup de personnalités politiques» ainsi que la demande faite de réunir 150.000 euros en espèces pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Soumise à une pression décrite comme «hallucinante» par son avocat, elle a modéré certaines des déclarations faites la veille à Mediapart. Nous confirmons l'intégralité de notre article du 6 juillet.

L’incroyable défense d’Eric Woerth

On savait que Nicolas Sarkozy était un champion de la défausse, voilà qu’il vient d’être rejoint par Eric Woerth qui vient de gagner la médaille d’or du cynisme et de l’invraisemblable. Ce cher (ah ah) homme a utilisé deux arguments :

- il n’est au courant de rien (classique)
- ce n’est pas un hasard si l’affaire sort maintenant (archi-classique) c’est parce qu’il est en première ligne dans le dossier des retraites

 Notre cher ex-ministre du budget et toujours trésorier de l’UMP et ex-trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy prend les Français pour le peuple le plus bête de la terre.
 
Revenons au second argument  : il n’y a aucune coïncidence si cette affaire sort maintenant. En effet avec un courage admirable il se bat comme un lion pour la cause des retraites - que n’oublions pas avait été déjà résolu avec brio par un certain Fillon du gouvernement Villepin - pour le bien de la nation et des générations futures. Ses ennemis politiques, honteux et acerbes adversaires, usent de toutes les armes les plus immondes pour l’attaquer, et c’est pour cette raison que l’affaire famille Woerth-Bettencourt sort maintenant, à la date D et à l’heure H. N’ayant rien à reprocher à ce valeureux ministre on le traîne dans une fange épaisse et malodorante, lui qui est propre comme un sou neuf, lui qui est innocent comme l’enfant qui vient de naître.
 
Le simple constat des faits démonte comme à la foire au trône cet argument - s’il est classique il n’en est pas moins odieux et une insulte à l’intelligence - foireux. En effet si l’on croit le ministre cela voudrait dire - suivez bien mon raisonnement - :
  • que cet enregistrement du majordome de madame Bettencourt ne l’a été fait qu’en prévision de la future réforme des retraites, tout en sachant à l’avance que ce serait un an et demi plus tard Woerth le futur ministre ;
  • que la fille de Liliane Bettencourt n’a remis à la police cet enregistrement qu’uniquement pour mettre des bâtons dans les roues du cher ministre et certainement pas pour servir ses intérêts ;
  • que le procès, qui va avoir lieu début juillet, n’a eu sa date fixée qu’uniquement en prévision anticipée de la future nomination de Woerth au ministère du travail et que la justice avait calculé la date en regard de celle de déclaration d’Eric Woerth des décisions sarkozyennes pour régler le problème des retraites.
Passons maintenant au premier. Woerth ignore tout. Il ne sait même rien de la fortune de madame Bettencourt, la femme la plus riche de France, lui qui a été tout à la fois ministre du budget - ce qui est moralement complètement incompatible - et trésorier de l’UMP, ce qu’il est toujours, ayant été temporairement trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il est bon de rappeler comme l’a noté le Matin, que ce même Woerth est allé en Suisse récupérer des fonds pour le candidat Nicolas (un prénom qui doit être le point commun des insulteurs majeurs) Sarkozy au début de l’année 2007 : 
Ce 23 mars 2007, Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, était venu en ami à Genève. Patrick Devedjian, à l’époque député des Hauts-de-Seine, l’accompagnait. Cette visite en Suisse avait un but : récolter de l’argent pour financer l’« effort de guerre » du candidat de la droite, opposé à sa rivale socialiste, Ségolène Royal. Le comité de soutien UMP Suisse avait vu grand pour accueillir les émissaires de Sarkozy : une réception à l’Hôtel Crowne Plaza en début de soirée, suivie d’une réunion au Caviar House, dans la très chic rue du Rhône, avec le « premier cercle », autrement dit, les donateurs les plus fortunés.
 
Il paraît d’une absurdité totale qu’un trésorier de parti, ministre, dont la femme travaille dans la finance ignore qu’en Suisse il y ait de l’argent qui provienne de la fraude fiscale et que vraisemblablement des chèques reçus pour la campagne de Nicolas Sarkozy venaient de banques qui y participent.
 
Woerth atteint dans cet argument l’Himalaya du mépris de l’intelligence des Français. De plusieurs choses l’une :
  •  soit en tant que ministre il est d’un incompétence rare car il ignore tout de la première fortune de France - qu’est-ce qu’il faisait donc au ministère du budget ? - soit il ment ;
  • soit en tant que trésorier de l’UMP il avait un poste fictif soit il connaissait d’évidence les plus grands donateurs à son parti - comme le prouve l’article du Matin ainsi que le repas offert au Bristol à ceux-ci avec la présence de Nicolas Sarkozy, alors Président de la République(ce qui n’est qu’un scandale de plus) et il ment ;
  •  soit son épouse (que les conversations enregistrées donc libres et par évidence ne pouvant être un jeu pour accuser l’un ou l’autre), engagée à sa demande (selon ces mêmes conversations enregistrées) dans la société qui gère la fortune de la fortunée dame, n’ignorait rien de ce à quoi sert ce genre d’officine (la fraude fiscale massive) - et le double fait d’être l’épouse d’un ministre et que celui-ci fût celui du budget ne fait qu’empirer les choses - et cela est gravissime (je serais Hermès, je ne serais pas très heureux de cette nouvelle recrue) soit c’est un engagement fictif pour complaire à un ministre du budget et c’est à nouveau gravissime. L’un c’est dire que la femme du ministre - au passage il ment quand il dit qu’il a révélé la liste des fraudeurs, il n’a fait qu’en parler et n’a fait que négocier avec certains fraudeurs - qui a pour vocation de lutter contre l’évasion fiscale, l’organise, l’autre c’est dire que l’on a engagé sa femme fictivement pour obtenir en échange un retour de son ministre de mari car c’est sur son insistance que cela fut fait.
Ce cher ministre semble de tous les coups. N’oublions pas au passage que ce même Woerth avait pour collaboratrice dans son cabinet la femme d’Imad Lahoud, celui qui a accusé Villepin, ce qui au moins aurait dû faire dresser les oreilles de Zig et Puce les deux juges qui ont oublié aussi d’interroger MAM, dans cette fameuse affaire Clearstream (20 minutes) : Plus loin, on apprend que le 5 mai 2005, c’est l’actuel ministre du Budget, Eric Woerth, qu’invite Imad Lahoud, dont l’épouse, Anne-Gabrielle Heilbronner, dirige alors le cabinet. De même, l’actuelle secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a partagé à deux reprises avec son époux, à l’époque cadre chez EADS, la table d’Imad Lahoud.
 
On ne peut que se joindre aux diverses voix (comme Eva Joly par exemple traitée d’extrême gauche par le Woerth - et si demander que la justice soit faite et qu’un peu de probité habite le pouvoir est d’être d’extrême gauche je le serais volontiers, mais il y a d’autres petites détails de l’extrême gauche qui ne conviennent pas à mon petit esprit) qui demandent une mise à l’écart de Woerth du pouvoir en y ajoutant une note spéciale pour nous avoir pris pour les plus demeurés de la planète. Il suffit (comme l’on disait au XIXème siècle) ! Il y en a plus qu’assez de ces hommes de pouvoir qui mentent comme il respirent, qui vont au pied du mur de Berlin avant même que les faits ne se soient passés, qui ignorent tout de la la fortune de la plus fortunée famille de France tout en recevant d’elle des chèques (légaux) pour leur campagne électorale, don que la moralité, étant donné le poste de ministre, aurait dû faire refuser. Il y en a plus qu’assez de ces officines de communication qui pour tout fait odoriférant ressortent les mêmes rengaines (on ne sait rien, ce n’est pas le hasard si on m’attaque c’est que je suis au plus fort du combat pour l’honneur et la gloire de la France et des Français), avec leurs strory tellings, leurs éléments de langage et l’immense mépris qu’ils ont de nous et l’insulte insupportable à notre intelligence.
 
J’allais oublier : les cris d’orfraie, les grandes et bruyantes déclarations d’honneur (détruit), de probité (souillée), de moralité (bafouée), d’intégrité (dégradée), d’âme pure et salie. Un peu comme les vases communicants : plus les voix sont fortes, plus il y a de chance que le mal soit profond.
 
Les journaux étrangers sont effarés. Les journaux français sont effarants. Dans certains pays ce serait le déchaînement massif et de longue durée. Nous on a des Santini qui restent au ministère poursuivi par la justice, des fraudeurs du fisc directeur de cabinet de la ministre du budget, un président qui touche un salaire illégal pendant 3 mois et s’inscrit illégalement après la date de clôture des listes.
 
Que la justice passe !

La droite post-sarkozyste joue avec le bouclier fiscal
Alors que le président de la République et le premier ministre maintiennent le cap des réformes, une partie de leurs amis accélèrent leur déstabilisation en émettant des doutes calculés sur la politique fiscale du gouvernement.

Le bouclier fiscal au centre du débat à droite  ? En apparence sans doute. Médiatiquement, certainement. Via Alain Juppé, fondateur de l’UMP. « Je pense qu’il faut s’interroger sur ce que l’on appelle le bouclier fiscal parce que les choses ont changé, la crise est venue », va-t-il répétant. Il constate  : « Aujourd’hui, il y a une petite minorité de très riches qui ne cesse de s’enrichir. » Conversion à l’égalité sociale et fiscale  ? En réalité, il s’agit d’un coup de billard à plusieurs bandes. L’une d’entre elles est une tentative de prise en compte de l’opinion telle qu’elle s’est exprimée lors du scrutin des régionales. Une autre consistant à contester un symbole du sarkozysme pour amplifier la déstabilisation politique de l’hôte de l’Élysée. Sur ce thème, Juppé, Villepin, mais aussi Jean-Pierre Fourcade, Gérard Longuet ou Gilles Carrez animent le front, avec un ralliement récent de Jean-François Copé, jusque-là farouche partisan du paquet fiscal.

la spirale du déclin

À droite, le fond de l’affaire est l’échec de son leader. Or, en politique, la spirale du déclin est rarement réversible. Pour preuve, un sondage Ipsos  : une majorité de Français (57 %) ne souhaitent pas que Nicolas Sarkozy soit candidat à sa réélection en 2012. Un instantané qui fait suite à celui qui, la veille, dessinait une courbe d’opinions favorables en chute libre  : son électorat est lui-même nettement entamé par le doute. Un sondage LH2 montre que le chef de l’État perd huit points chez les sympathisants de l’UMP. Dans le même esprit, l’initiative de Dominique de Villepin visant à la création d’une formation politique en vue de sa candidature en 2012 n’est pas vue d’un mauvais œil par 31 % de Français, et parmi ceux-ci, 35 % se disent proches de la droite parlementaire, 34 % de l’UMP et 40 % du Modem. Dans ce contexte, ce qui agite désormais la droite est la question de savoir si Nicolas Sarkozy pourra être candidat à sa succession et, dans le cas où il ne le serait pas, comment faire surgir, dans l’urgence des quelques mois qui restent avant la campagne présidentielle, un autre candidat permettant à la droite de se succéder à elle-même.

Pour les uns et les autres, pas question de changement de cap. Tout au plus de rythme. Devant les parlementaires UMP réunis, lundi, à Paris, François Fillon en a une nouvelle fois donné l’assurance. « Poursuivre les réformes » et « resserrer, ajuster, mais pas changer la ligne politique ». Il a ainsi réaffirmé que la réforme des retraites, la réduction des déficits, la réforme territoriale et la sécurité resteront l’alpha et l’oméga de la politique du quinquennat finissant. Avec un enfumage sur l’interdiction de la burqa. « Gouverner, ça n’est pas tourner au vent comme une girouette. » De plus, le faux débat sur le bouclier fiscal est un subterfuge en ce qu’il focalise sur une mesure, certes insupportable, mais dont la suppression ne saurait se substituer à une nécessaire réforme fiscale plus juste et plus efficace.

l’Élysée en difficulté

C’est pourtant sur son effet ravageur que cherche à surfer Alain Juppé, avec des pincettes et beaucoup de prudence. Le fait qu’il ose cette posture en dit long sur la nudité du roi. Le loyalisme va continuer à s’effriter d’autant plus vite que l’Élysée aura pas mal de difficultés à rectifier le tir et à rassembler à nouveau toutes les droites derrière lui. Raison de plus pour le maire de Bordeaux, ex-premier ministre chiraquien, de rappeler qu’il existe. Si la droite devait se trouver un leader de remplacement, il ne serait pas le plus mal placé face à, par exemple, un Jean-François Copé qui se prépare, lui aussi. Mais qui pensait jusque-là plutôt à l’élection de 2017.


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Dernière mise à jour de cette page le 02/09/2010