LE P.C.F.

 

le 18 Août 2010

Pierre Laurent dénonce le triple échec de Sarkozy

"L'objectif de cette opération nauséabonde est de masquer le triple mensonge d'une politique en chute libre dans les sondages", estime le numéro un du PCF.

 Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent estime que "la fuite en avant xénophobe et sécuritaire à laquelle se livre le pouvoir sarkozyste est d'une gravité extrême". "L'objectif de cette opération nauséabonde est de masquer le triple mensonge d'une politique en chute libre dans les sondages", concernant "la valeur travail", une "République exemplaire" et la sécurité. "Nicolas Sarkozy met à sac les retraites des Français, produits de toute une vie d'intense labeur", explique-t-il, ajoutant que "les soubresauts du feuilleton Woerth-Bettencourt dévoilent chaque jour un peu plus la promiscuité du pouvoir en place et des milieux d'affaires".

Quant à la sécurité, il affirme que "l'heure est au désengagement de l'État (3.500 postes de policiers supprimés pour 2011)" et que "le recours aux officines privées de sécurité est maintenant ouvertement envisagé tandis que les maires sont mis au banc des accusés". Pour le numéro un du PCF, Nicolas Sarkozy a "décidé délibérément de créer une sous-catégorie de Français, les"Français d'origines étrangères" et ainsi "choisi de rompre le pacte républicain, lui qui en est pourtant le garant".  "Nous sommes face à l'émergence d'une forme de racisme d'Etat inacceptable, qu'il nous faut combattre de toutes nos forces et sans tarder", poursuit-il.

S'exprimant cette fois à propos des Roms, le PCF rappelle qu'ils "sont des citoyens européens depuis 2007" et "ont des droits que la France a l'obligation de respecter". Selon le PCF, leur situation "est bien connue": "chassés de ville en ville, de pays en pays, ils sont fragilisés, précarisés et de ce fait les premières cibles de toutes les formes de trafic".

Le PCF réclame "un plan de sédentarisation à l'échelle européenne" pour les Roms, en estimant que "les collectivités territoriales ne peuvent seules affronter cette question qui est avant tout une compétence de l'État".

 

 

Marie George Buffet envoie un message de paix et de fraternité à la veille du ramadan
Mis en ligne : 10 août

Le ramadan devrait démarrer, dans les jours à venir, pour des millions de musulmans dans le monde dont des centaines de milliers de nos compatriotes. Je voudrais redire à cette occasion ma détermination à défendre autant la laïcité que le droit de chacun et chacune à adopter la religion de son choix. Je voudrais réaffirmer ma résolution à agir pour refuser toute stigmatisation d’une partie de la population de notre pays. Je voudrais enfin avertir le Président de la République et le gouvernement que je ne suis pas prête à accepter sans réagir tout ce qui pourrait conduire à développer des réflexes racistes ou xénophobes. Partout, en France et dans le monde, l’égalité entre les femmes et les hommes, les droits Humains doivent être défendus ! C’est ce message de fraternité et de liberté que je souhaite adresser à celles et ceux qui vont entamer leur mois de ramadan. Un message de paix et de fraternité à tous les hommes et toutes les femmes qui dans notre pays ont intérêt à vivre ensemble en refusant tout ce qui peut conduire à les diviser ou les opposer.

Marie-George Buffet, Ancienne Ministre, Députée de Seine-Saint-Denis

Paris, le 10 août 2010.

Patrick Le Hyaric interpelle Bruno Le Maire

S’adressant au ministre de l’Agriculture, Patrick Le Hyaric, député européen, souligne que le prix du lait aux producteurs en région Bretagne est loin d’atteindre les 30 centimes le litre. « Vous-même (…) aviez affirmé que la stabilité des prix passait par des accords contractuels entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs », indique le député européen qui demande à Bruno Le Maire ce qu’il compte faire « face aux industriels de la transformation et de la distribution qui ne respectent pas leur parole ». Il indique aussi que la situation actuelle le « renforce dans l’idée de la nécessité de la mise en place d’un prix minimum intra-européens pour un volume donné de production ».

Réforme des retraites : arguments et propositions !

1. Crise des retraites, crise systémique

La crise des retraites plonge dans la crise systémique du capitalisme. Avec la course à « l'argent pour l'argent », les énormes potentiels de productivité des technologies informationnelles sont gâchés et tendent à détruire l'emploi, ce qui augmente le chômage et tire vers le bas la masse salariale, d'où l'insuffisance croissante des débouchés, tandis que le « cash » ainsi réalisé par les groupes va de plus en plus à la spéculation.

Le recours massif au crédit et à l'endettement a permis, cependant, des années durant, de maintenir une demande apparente dans les pays développés... jusqu'à l'éclatement de la crise financière de 2008-2009. Les aides publiques colossales alors accordées aux banques, sans changement des critères du crédit, ont servi, en Europe particulièrement, à relancer la spéculation et non l'emploi et la croissance réelle. 

D'où l'ampleur inédite du surendettement public des États de la zone euro, au-delà de la Grèce, et donc de la crise de l'euro lui-même. L'attaque contre les retraites est inscrite en contrepartie du dispositif de 750 milliards d'euros décidé par l'Union européenne pour assurer le remboursement des créanciers : il s'agit de diminuer la part, dans les richesses produites, des prélèvements publics et sociaux (impôts+cotisations) nécessaires au financement des dépenses sociales (retraites, santé…) afin de laisser s'envoler la part des prélèvements financiers (intérêts+dividendes).

Cela pèsera sur l'activité et relancera la spéculation. Au contraire, une autre création monétaire de la BCE et un fonds européen de développement social peuvent favoriser le progrès social dans l’UE, dont de bonnes retraites.

2. Démographie : un impact réel mais non fatal 

Si l’accroissement de la part des 60 ans et plus dans la population totale est une réalité, il faut sortir du fatalisme des projections démographiques.

Selon le COR, elle devrait passer de 20 % à 32 % en 2050 (+ 50 %) et on passerait à 1,2 cotisant en 2050 par retraité, pour 1,8 en 2005. Mais contrairement aux hypothèses démographiques catastrophistes antérieures, on assiste à une remontée de l’indice de fécondité : de 1,65 en 1974 à 2,09 enfants par femme d’âge fécond en 2010, soit pratiquement le taux de renouvellement des générations : 2,1. Ainsi le déclin annoncé de la population active a été retardé. De même, on peut estimer l'augmentation du besoin de financement lié à la démographie à 150 % de 1949 à 2009. Mais les richesses produites ont, sur cette période, cru de 645 % en volume, soit une croissance de 400 % par personne d'âge actif.

Une politique familiale moderne pourrait contribuer à créer la force de travail et donc les cotisants de demain, permettant de garantir le financement des retraites. Ceci impliquerait aussi de relever le nombre d’actifs cotisants en faisant reculer les exclusions sociales et en relevant le taux d’emploi des femmes, ce qui nécessiterait un service public de la petite enfance pour assurer les formules de garde des enfants. Sans oublier un possible recours à l’immigration, mais dans de tout autres conditions.

Répondre aux besoins liés à la démographie. L’accroissement de l’espérance de vie est un fait positif. Politique familiale moderne, formation, salaires et emploi sont au coeur du financement des retraites. 

3. Salaires et emploi, base des cotisations

Les cotisations sociales sont calculées sur la base des salaires versés dans chaque entreprise. Mais elles sont prélevées sur la valeur ajoutée, c’est une part de la VA, hors salaires et donc prélevée sur les profits (valeur ajoutée = salaires+profits).

Ce système permet d'utiliser une partie des profits des entreprises et des richesses créées par les salariés pour financer, de façon mutualisée, un revenu pour chaque salarié retraité tout le long de sa vie hors activités professionnelles, hors subordination vis-à-vis d'un employeur, en solidarisant les salariés et les retraités. Ainsi, les entreprises sont incitées à gagner en productivité autrement qu'en faisant pression sur les salaires et l'emploi et au contraire en participant au développement des prestations retraite.

Celles-ci permettent de remplacer les salariés âgés et de renouveler la force de travail. La proposition, défendue par le PS, tendant à introduire la valeur ajoutée dans la base de calcul des cotisations patronales rendrait ces dernières dépendantes aussi des profits. La base VA serait beaucoup moins fiable que la base salaire, beaucoup plus fraudable. De même, la proposition tendant à remplacer le financement actuel des retraites par l'impôt, comme a commencé de le faire la CSG, le coupe du lien décisif à l'entreprise.

C'est aussi ce but que visent les exonérations de cotisations sociales patronales, dénommées « charges patronales » pour mieux faire croire qu'elles étouffent les entreprises. Alors que ce sont les charges financières du crédit et des dividendes qui sont écrasantes. En 2008, elles s’élevaient à 359 milliards d'euros soit 36,2 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières contre 15,2 % seulement pour les cotisations sociales (151 milliards). 

4. Inégalités hommes-femmes.

Retraite au titre des droits directs :
femmes : 746 €, hommes: 1 550 €.
Avec les pensions de réversion :
femmes : 1 020 €,hommes 1 636 €.

Deux raisons :

- Des carrières plus courtes : hommes 42,25 ans de cotisation, femmes 29,75 ans.

- Pour pouvoir obtenir une pension plus importante, les femmes liquident leur retraite plus tard: 61,3 ans contre 59,2 ans pour les hommes ! A ne pas confondre avec l’âge de cessation d’activité. Environ 2/3 des salariés ne sont plus en activité à 60 ans. Mais 32 % des hommes passent par une situation de préretraite contre 21 % des femmes. Par contre, 18 % de ces dernières sont au chômage contre 13 % des hommes.

Salaires plus faibles et basses retraites. Un cumul des inégalités :

A) Salaires à temps complet inférieurs de 20 %.

B) Temps partiel souvent imposé : 30 % pour les femmes contre 5 % pour les hommes. Résultat : pour une carrière complète, pension de 1 027 € pour les femmes, 1 603 € pour les hommes.

Les mesures Balladur-Fillon ont particulièrement pénalisé la retraite des femmes qui a déjà perdu 20 % avec, particulièrement, le système de décote (5 % de pénalisation par année manquante).
- Les réformes programmées vont pénaliser encore davantage les femmes, 40 % d’entre elles connaissent les basses retraites.
 

Inégalités d’espérance de vie en bonne santé entre ouvriers et cadres supérieurs.
Espérance de vie à 35 ans : cadres 47 ans dont 34 sans incapacité, ouvriers 41 ans dont 24 sans incapacité.
L’écart d’espérance de vie est de 6 ans, l’écart pour l’espérance de vie sans incapacité est de 10 ans entre ouvriers et cadres supérieurs.
Causes : pénibilité du travail. Cet écart justifie pleinement la prise en compte de la pénibilité pour le départ anticipé. Le Medef doit être responsabilisé pour son financement. 

5. Aggraver ce qui a échoué : NON

Les 3 réformes Balladur (1993), Fillon (2003) et le rendez-vous de 2008 ont imposé :

En 1993 :
• 40 années de cotisation au lieu de 37,5 années pour une retraite à taux plein.
• Passage des 10 aux 25 meilleures années pour le calcul de la pension aboutissant à la baisse automatique des pensions.
• Indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires, conduisant à une perte de pouvoir d’achat de la retraite.

En 2003 :
• Alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires pour une retraite à taux plein, et nouvel allongement pour tous les régimes jusqu’à 41 ans en 2012, voire 42 en 2020.
• Réduction des pensions.
• Asphyxie du financement de la retraite par répartition.
• Incitation au recours à la capitalisation.

En 2008 :
• Alignement des régimes spéciaux (SNCF, EDF-GDF, RATP) sur le régime général.
• Durée de cotisation portée à 41 ans de cotisations pour tous en 2012

Toutes ces mesures convergentes visant la régression des pensions et à l’allongement de la durée de cotisations ont dégradé l’« équilibre financier ».

Maintenant on veut aller beaucoup plus loin : repousser l’âge de la retraite, accroître la durée de cotisation, réduire le niveau des pensions. L’idée, archirabâchée, d’un partage des efforts avec un prélèvement sur les plus fortunés est un leurre visant à faire avaler la couleuvre de l’augmentation des annuités. Le débat sur un vrai financement pour garantir la répartition est interdit, afin de monter les régimes par capitalisation. Face au sacrifice des jeunes, grandes victimes du projet de Sardonyx, la solidarité entre les générations et l’action doivent se renforcer. 

6. La capitalisation coulera la répartition 

La répartition, système de solidarité intergénérations et interprofessions, se fonde sur le versement immédiat des cotisations des actifs employés pour financer les retraites. Ces prestations soutiennent la demande, l’emploi, la croissance réelle, incitent les  entreprises à investir. Elles permettent de rajeunir la force de travail, et contribuent au progrès de la productivité.

La capitalisation est un gâchis car les fonds, capitalisés à partir de l’épargne individuelle, vont à la finance et la spéculation. Elle nécessite des réserves financières considérables (trois fois plus que pour la répartition), donc des prélèvements plus lourds pour des prestations réduites. Ces fonds épargnés sont autant de cotisations en moins pour le système de répartition.

La capitalisation est un risque car ces fonds dépendent de la rentabilité des marchés financiers et sont soumis à leurs aléas. Le krach boursier de 2008 a fait baisser le montant des actifs des Fonds de retraite de 5 400 milliards de dollars, et le montant des pensions de 23 % dans les pays où domine ce système de retraite.

A l’opposé de la répartition on cotise sans aucune garantie sur le montant de la retraite. Certains ont ainsi tout perdu avec la faillite de leur fonds.

La capitalisation n’est pas un complément à la répartition,mais une arme pour la détruire. 

7. Un service public et commun des personnes âgées

En France l’espérance de vie passe à 81 ans en 2010 et les plus de 60 ans représentent 22,6 % de la population. Ce progrès est considéré par les tenants de la domination des marchés comme une charge. Au contraire, il permettrait d’avancer vers une autre civilisation, avec un service public de sécurisation et de promotion des personnes âgées.

Sécurisation de tous les moments de la vie et promotion des activités créatrices des seniors, des retraités et des dépendants.

La question des seniors et de leur faible taux d’emploi se rattache à la sécurisation des parcours professionnels. Le service public pourrait organiser des suivis contre l’usure et la pénibilité, des formations et des mobilités professionnelles, encadrer de bons mitemps.

Les retraités. La promotion de leurs conditions de vie et de leurs activités sociales concernerait le niveau des pensions dès 60 ans. Déjà s’amorce un renversement de portée révolutionnaire : à l’opposé de leur mise à l'écart de la vie sociale, une disponibilité bien plus grande des retraités que dans la période de travail pour des relations sociales choisies et créatrices.

Le 4e âge et les dépendants. Il s’agit de la poursuite de relations sociales et culturelles, au lieu de la réduction aux traitements médicaux et de soins physiques. Pour le soutien des maisons de retraite, très inégales, les budgets publics doivent augmenter. Les services aux personnes âgées à domicile devraient surmonter leurs graves insuffisances. 

8. Attaques contre les retraites dans la fonction publique

Au nom des déficits sont imposés aux fonctionnaires : salaires bloqués, suppressions d’emplois, RGPP (révision générale des politiques publiques),non remplacement d’un fonctionnaire qui part à la retraite sur 2, casse de la fonction publique.

Au nom de l’alignement sur le privé, la loi Fillon 2003 a entraîné : recul de l’âge de départ à la retraite, baisse du taux de remplacement des pensions.
Les réformes programmées : (accroissement de la durée de cotisation, de la période de référence, report de l’âge de la retraite), sans résoudre les problèmes de financement, frappent durement les fonctionnaires . Or leurs pensions sont, pour des salaires d’actifs comparables,du même ordre de grandeur que celles versées par le régime général.
Les droits familiaux liés à la maternité sont remis en cause et pénalisent encore plus les femmes. Les prétentions gouvernementales 2010 seraient fatales pour le code des pensions. 

C’est pourquoi le PCF propose :

  • La prise en compte de la pénibilité et des carrières longues ;

  • Le maintien de l’âge légal à 60 ans avec les garanties pour une retraite à taux plein et des 6 derniers mois comme salaire de référence ;

  • Le retour aux 37,5 annuités pour tous, y compris les fonctionnaires pour le calcul d’une pension complète avec 75 % du salaire minimum, la revalorisation des basses retraites ;

  • L’augmentation des salaires, la reconnaissance des qualifications et des créations d’emplois qui permettront le renouvellement générationnel et faciliteront l’équilibre des comptes et caisses ;

  • L’intégration des primes, dans le calcul de la retraite, et leur assujettissement complet aux cotisations ;

  • La prise en compte des années de formation pour la durée de cotisations.

9. Réforme du financement : les propositions du PCF

  • Faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques au même taux que la cotisation sociale patronale assise sur les salaires.

  • Principe des cotisations sociales. Celles-ci doivent rester fonction des salaires versés dans chaque entreprise. Mais le taux des cotisations patronales serait modulé selon le rapport « salaires / valeur ajoutée ». Cela responsabiliserait socialement les entreprises en les incitant à augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée (politique salariale, emplois, qualifications) ; à gagner en productivité en baissant d'autres coûts dans l'entreprise que les coûts salariaux : les coûts en capital ; à ne pas céder aux sirènes de la croissance financière des capitaux (OPA, placements financiers, spéculations, exportations de capitaux…).

 

L’objectif de ces deux propositions serait d’augmenter fortement les recettes de cotisations sociales avec un effet de ciseaux positif. Dans un premier temps, la « taxation » des revenus financiers rapporterait beaucoup (22 milliards d'euros pour les retraites), puis, dissuadant progressivement les entreprises d'en rechercher, son rendement tendrait à diminuer. Simultanément, la modulation de la cotisation patronale rapporterait de plus en plus, au-delà de ce que rapporterait aujourd'hui la « taxation » des revenus financiers, en enclenchant une autre logique de la croissance et de la gestion des entreprises, centrée sur le développement des emplois, des salaires et prestations sociales.

On mettrait fin aux exonérations de cotisations patronales (30 milliards d'euros), le montant de l’argent public gâché pour les compenser pourrait être alloué à un Fonds national pour développer l’emploi et la formation, base des cotisations sociales.

Ce Fonds impulserait un nouveau crédit pour l'investissement, à taux d'intérêt d’autant plus abaissé que les entreprises font de l’emploi. Cela devrait favoriser la base emploi et salaire de la retraite par répartition.

Au-delà de la valeur ajoutée normale des entreprises, il convient d’ajouter des cotisations retraite sur leurs profits financiers.

Les contre-propositions des députés PCF-PG

Contre le projet de loi sur la réforme des retraites du gouvernement Fillon, les députés communistes et apparentés ont déposé une proposition de loi alternative. Quelles propositions pour quelle philosophie  ? Décryptage.

Àl’origine de la proposition de loi déposée par les députés communistes, républicains et du Parti de gauche, une conviction commune  : « Seule une meilleure répartition des richesses entre travail et capital, combinée à un taux d’emploi qualifié élevé, permettra de répondre efficacement à l’enjeu du financement de notre modèle de protection sociale. » Afin de garantir le maintien de la retraite à soixante ans, deux pistes sont privilégiées par le groupe parlementaire. L’instauration de contributions nouvelles et l’augmentation de cotisations existantes sur les revenus. Ces orientations sont déclinées au fil de la douzaine d’articles que compte la proposition de loi.

Article premier  : « Les revenus financiers des sociétés sont assujettis à une contribution d’assurance vieillesse à un taux […] de 9,9 %. » Cette nouvelle contribution permettrait un surcroît de recettes de l’ordre de 30 milliards d’euros. Ce faisant, elle poursuit le double objectif d’assurer un financement rapide des régimes obligatoires de retraite et d’inciter les entreprises à privilégier le facteur travail, à l’instar de l’article 2.

Article 2  : « Les sociétés s’acquittent d’une cotisation additionnelle d’assurance vieillesse, calculée en fonction de l’évolution du ratio de répartition des richesses de la société par rapport à l’évolution du ratio de la répartition des richesses dans le secteur auquel elles appartiennent. »

Il s’agit donc de sanctionner les entreprises qui favorisent la financiarisation au détriment de l’emploi et des salaires.

Articles 3 et 4  : « Les entreprises d’au moins vingt salariés et dont le nombre de salariés à temps partiel est au moins égal à 20 % […], sont soumises à une majoration de 10 % des cotisations dues par l’employeur. » (Article 3.) « L’article L241-13 du Code de la Sécurité sociale est supprimé. » (Article 4.)

Ces deux articles consistent à supprimer deux dispositifs phares du gouvernement. La réduction générale des cotisations patronales, d’une part, et les exonérations au titre des heures supplémentaires, d’autre part. Soit un gain estimé à 25 milliards d’euros au total par les députés. Article 5  : « Les articles L241-17 et L241-18 du Code de la Sécurité sociale sont supprimés. »

Il est ici question de l’assiette des cotisations sociales, victime du développement des régimes de retraite complémentaires qui se fait « au détriment des formes traditionnelles de rémunération soumises, elles, à cotisations sociales ». Le groupe parlementaire propose ainsi de porter de 4 % à 20 % le taux du forfait social. Un gain escompté de 3,8 milliards.

Les articles 6 à 11 concernent les hauts revenus. Ces quatre articles visent à augmenter considérablement le taux de contribution relatifs aux intéressements et participations, aux stock-options, aux retraites chapeaux et aux bonus des traders. Article 12  : « Les articles 1er et 1649-0 A du code général des impôts sont supprimés. »

Cet article supprime le bouclier fiscal. Là encore, des centaines de millions d’euros supplémentaires dans les caisses de retraites. « Pour assurer la pérennité d’un système, pas seulement pour combler le trou », insistent les députés

 

Une réforme en profondeur du système de retraite, de son financement, de sa gestion s’avère indispensable.

   

 Un droit humain à garantir
Répondre aux besoins et aux aspirations des retraités du 21e siècle.

Elle doit s’inscrire dans une refonte d’ensemble de la protection sociale, et dans la perspective d’une alternative politique ouvrant la voie à des changements réels et durables. Elle doit être fondée sur les valeurs qui ont été, voici soixante ans, à la base de la création de la Sécurité Sociale et de la généralisation du droit à la retraite :

 solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle
 égalité et universalité des droits ;
 gestion démocratique.

Elle doit viser à répondre aux besoins et aux aspirations des retraités dans une société en pleine évolution, et prendre notamment en compte dans toutes leurs dimensions les problèmes induits par l’évolution démographique, l’allongement de la formation initiale avant le premier emploi. Elle doit, en regard de ces besoins, défi nir des moyens de financement garantissant la pérennité du droit à la retraite.

La première étape incontournable de cette réforme est l’abrogation de la loi et des décrets Balladur de 1993, de la loi Fillon de 2003 et, conjointement, de la loi Douste-Blazy de 2004 portant sur la réforme de l’Assurance Maladie comme le proposent les parlementaires communistes.

Il faut rompre avec la logique qui a inspiré ces mesures dont les effets cumulés ont conduit :

 à la remise en cause des droits conquis au prix de nombreuses décennies de luttes sociales, rendant notamment de plus en plus virtuel le droit à la retraite à 60 ans ;
 à une forte régression du pouvoir d’achat des retraites s’inscrivant dans la durée ;
 à la rupture de la solidarité intergénérationnelle résultant en particulier de la dissociation entre l’évolution des retraites et pensions et celle des salaires et traitements ;
 à l’ouverture aux marchés fi nanciers du champ de la retraite comme de ceux de la santé et des prestations aux personnes âgées.

S’accompagnant de la dépossession des pouvoirs de gestion des représentants des salariés, ouvrant la voie à une extension de la fiscalisation des sources de financement et de l’Etatisation de la gestion, ces mesures se sont révélées incapables de répondre aux besoins de fi nancement et de garantir la pérennité des droits. L’exigence de leur abrogation doit naturellement s’accompagner de celle de la restitution des droits spoliés et de l’éradication de leurs eff ets pervers, y compris sur le long terme.

Rétablir, améliorer et pérenniser les droits des retraités

 Restauration du droit pour tous à la retraite pleine et entière à 60 ans avec 37,5 annuités validées
 Droit au départ anticipé à partir de 55 ans pour celles et ceux ayant commencé à travailler tôt, ainsi que pour celles et ceux ayant été astreints à des travaux pénibles. Les dispositions prises dans le cadre de la loi Fillon concernant les « carrières longues » donnent la possibilité de départ anticipé, mais seulement à partir de 56 ans, et dans des conditions très restrictives : exigence de 168 trimestres validés et pour partie, eff ectivement cotisés par l’intéressé.

L’ouverture du droit au départ anticipé en raison de la pénibilité du travail exercé fait l’objet de négociations avec le MEDEF mais celui-ci, ne veut pas jusqu’ici, reconnaître le droit à réparation pour les intéressés . Les répercussions des conditions de travail sur la santé et la durée de vie sont pourtant indéniables : l’espérance de vie à 60 ans pour un ouvrier est en moyenne inférieure de 7 ans à celle d’un cadre.

 Les années d’études et de formation à partir de 18 ans doivent être validées comme périodes assimilées et prises en compte pour le calcul des droits à la retraite.

La prolongation des études, la généralisation des emplois précaires, le chômage qui touche plus de 20% des jeunes, et l’accès tardif à un emploi stable qui en résulte se traduiront en fi n de carrière pour nombre d’entre eux par l’impossibilité d’atteindre 160 trimestres validés à 60 ans.

En moins de 30 ans, le début de la vie professionnelle a reculé de sept ans et l’intégration dans un emploi stable de neuf ans. Le rachat de cotisations dans les conditions fi xées par la loi Fillon étant strictement limité et d’un coût exorbitant, ne et peut pas être considéré comme un palliatif acceptable.

Revaloriser substantiellement les retraites et les pensions

 Augmentation immédiate incluant le rattrapage du pouvoir d’achat perdu : la perte de pouvoir d’achat est évaluée à 10% par le CNRPA (Comité National des retraités et Personnes Agées) pour la période de 1999 à 2003.
 Ré-indexation sur l’évolution des salaires bruts, des retraites et des coeffi cients de revalorisation des salaires pris en compte pour le calcul du montant des retraites du régime général. La revalorisation de ces coefficients est actuellement basée comme les retraites sur l’indice des prix hors tabac de l’INSEE. Le CNRPA estime à 14% l’écart qui s’est creusé de 1993 à 2005 entre l’évolution des salaires et celle des retraites, du fait de l’indexation sur les prix.
 Garantie d’une retraite totale (retraite de base plus complémentaire) au moins égale à 75% du salaire moyen des dix meilleures années de la carrière avec un minimum égal au SMIC et, le cas échéant à la pension d’invalidité si elle est supérieure au SMIC.
 Taux de la pension de réversion porté à 75% des droits du conjoint décédé et suppression des conditions de cumul et de ressources ;
 Suppression des abattements (décote) pour carrière incomplète. Le montant de la retraite étant calculé au prorata du nombre de trimestres validés, ces abattements constituent une double pénalité.
 Suppression des prélèvements sur les retraites (CSG - CRDS ainsi que le 1% prélevé sur les complémentaires au titre de l’Assurance maladie). Ces prélèvements instis en 1979 par le gouvernement Barre ont été multipliés par 2,6% (+260%) de 1992 à 2004. Ils représentent annuellement en moyenne près d’un mois de retraite nette.

Restituer et élargir les droits des retraités de la Fonction publique

Les droits défi nis par « le code des pensions » ont été gravement amputés par la loi Fillon. Ces droits doivent être rétablis et améliorés notamment :

 revalorisation conjointe des pensions et des traitements dans des conditions garantissant une évolution positive du pouvoirs d’achat des retraités comme des actifs En tout état de cause, le montant des pensions doit rester fi xé sur la base de 75% du traitement des 6 derniers mois d’activité
 remise en vigueur de la notion du « traitement continué » incluant l’application aux retraités de la péréquation et leur assimilation aux actifs pour la mise en oeuvre des réformes statutaires.
 intégration des primes et indemnités au traitement indiciaire de base
 suppression de la décote pour carrière incomplète
 annulation des conditions restrictives d’accès à la CPA (Cessation Progressive d’Activité)
 rétablissement total des bonifications pour enfant

Dans le même ordre d’idée, le plafond (3 385 euros par foyer fi scal) limitant pour les retraités les eff ets de l’abattement forfaitaire de 10% doit être supprimé et la demi part supplémentaire aux célibataires, divorcés, veufs, séparés, vivant seuls, dont le dernier enfant est né avant le 1er Janvier 1980, rétablie sans restriction.

Maintenir et consolider les régimes spéciaux

Sous prétexte de lutte contre les inégalités, ces régimes ne sont pas à l’abri de menaces de déconstruction qui visent l’ensemble des services publics.

Comme l’a souligné le COR « il n’y a pas globalement de situation privilégiée des salariés du secteur public » .

En tout état de cause, l’égalité des droits doit être réalisée par un alignement sur les conditions les plus favorables et non par un nivellement par le bas, comme l’a fait la loi Fillon, à l’encontre des agents de la Fonction publique. Les régimes spéciaux dont la création est le résultat des luttes menées de très longue date par les salariés de ces secteurs, prennent en compte les particularités de l’exercice de leur activité professionnelle et sont partie intégrante de leurs garanties statutaires. Ils doivent donc être préservés et améliorés.

Poursuivre l’amélioration des retraites agricoles

Le plan pluriannuel de 1997 a permis une amélioration de la situation pour les retraités agricoles tant pour les chefs d’exploitation que pour les veuves et les conjoints et auxiliaires familiaux. Il reste cependant beaucoup à faire en mettant fi nancièrement à contribution les banques, la grande distribution l’industrie agro- alimentaire.

Parmi les mesures qui s’imposent d’urgence :

 La revalorisation de la retraite totale du chef d’exploitation à un niveau égal à 75% du SMIC brut
 La parité du montant de la retraite des conjoints et conjointes, avec celle du chef d’exploitation
 La suppression des coeffi cients de minoration.

Avec la sécurité sociale mettre en oeuvre une politique de santé répondant aux besoins (3)

Les moyens d’investissements de détection et de traitement des maladies connaissent d’importants progrès. Ils doivent être rendus accessibles au plus grand nombre et à tous les âges, ce qui suppose la mise en oeuvre d’une politique de santé qui rompe radicalement avec la maîtrise comptable des dépenses et qui fasse de la réponse aux besoins et de la prévention une priorité absolue.

En la matière, l’allongement de l’espérance de vie accroît et diversifi e les besoins, notamment en raison de l’augmentation importante de la part, dans la population, des personnes très âgées.

La gestion et le fi nancement de l’APA :

La perte d’autonomie quelque soit l’âge auquel elle survient doit être prise en charge au même titre et dans les mêmes conditions que n’importe quelle autre maladie par la sécurité sociale. Il n’est nul besoin pour cela d’un cinquième risque assorti d’une cotisation spécifi que portant atteinte à l’unicité de la sécurité sociale et au principe de solidarité intergénérationnelle. En conséquence la CNSA doit être supprimée, la gestion de l’APA intégrée à la Sécurité Sociale. Son montant doit être revalorisé. L’aide au maintien au domicile des personnes dépendantes doit se faire dans le cadre des missions de la santé publique, l’hospitalisation en long séjour étant prise en charge à 100%.

La mise en réseau, établissant une synergie au niveau local de toutes les institutions intervenant auprès des personnes âgées dans le cadre du service public nous paraît seule de nature à permettre la création massive d’emplois, le recrutement et la qualification des personnels, l’émergence de nouveaux métiers, tout en offrant des services à des prix supportables.

Un programme pluriannuel de construction, de création d’emplois et de formation est nécessaire pour combler le déficit en structures d’accueil et en personnel qualifié. L’amélioration des remboursements des dépenses de santé, notamment des prothèses dentaires, auditives et des lunettes est une urgence. Les cotisations pour la couverture complémentaire des dépenses de santé doivent donner lieu à déduction du revenu imposable.

Le PCF veut une réunion du Front de gauche

Dans un courrier à leurs partenaires, Marie-George Buffet et Pierre Laurent plaident pour une nouvelle étape du rassemblement « à la mesure de la crise et des échéances de 2012 ».

Marie-George Buffet et Pierre Laurent, respectivement secrétaire nationale et coordinateur du PCF, ont rendu public, hier, un courrier adressé à leurs partenaires du Front de gauche aux dernières élections européennes et régionales, Parti de gauche (PG) et Gauche unitaire (GU). Ils y renouvellent leur invitation à tenir une « réunion nationale » (l’Humanité du 15 avril), rendue « nécessaire » et « indispensable » à leurs yeux par « l’accélération de la crise ». Les deux dirigeants plaident pour faire entrer le Front de gauche « dans une phase d’une autre dimension, à la mesure de la crise actuelle et des échéances politiques qui nous mènent à 2012 ».

Dans cette optique, le PCF propose au PG et à la GU de travailler « dans quatre directions »  : « prendre des initiatives importantes de riposte » face aux plans d’austérité en Europe  ; « ouvrir de nouveaux espaces de développement au Front de gauche » pour avancer vers un « front social, populaire intellectuel »  ; « construire un projet politique » en vue de 2012  ; et « préparer les élections cantonales de 2011 » avec « l’ambition de faire réélire les sortants issus de nos formations et de conquérir de nouvelles positions ».

Parmi les questions qui font débat, celle de la présidentielle a déjà fait l’objet d’échanges par médias interposés. Jean-Luc Mélenchon a réitéré sa proposition d’un « paquet » électoral unitaire comprenant l’élection présidentielle pour laquelle il se dit « capable » d’être le candidat commun, le président du PG souhaitant que le PCF « tranche » cette question à son congrès d’étape, les 18, 19 et 20 juin prochain. Pour surmonter « la personnalisation de ce scrutin », le PCF estime de son côté que « la désignation d’une candidature », qui pourrait être « issue de chacune des formations du Front de gauche » comme être une « personnalité » partageant ses « objectifs », ne « peut (s’appuyer) que sur un processus de projet partagé et non le précéder », la séquence présidentielle-législatives devant être envisagée « en même temps » pour faire pièce à « l’hyperprésidentialisme » et « revaloriser l’enjeu législatif ». En tout état de cause, le débat ne peut se régler « en tête-à-tête » mais « dans un large débat militant et populaire », soulignent Marie-George Buffet et Pierre Laurent

« Les Ultra-libéraux ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait ! »

En voulant examiner les projets des budgets des pays de la zone euro avant qu’ils ne soient votés par les parlements nationaux, la commission européenne veut imposer la mise sous tutelle de ces parlements.

L’exécutif européen s’était déjà distingué par un laissez-faire généralisé aux marchés financiers pour leur permettre de spéculer en toute impunité, se permettant même de voler à leur secours en pleine tempête financière.

Non-contents d’imposer l’orthodoxie budgétaire, les marchés financiers veulent maintenant cadenasser la démocratie.

Devant un tel scandale et pour paraphraser Michel Audiard, « les Ultra-libéraux ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ! ». A l’image de la mobilisation en Grèce et de la riposte qui commence à s’organiser dans notre pays face au plan de rigueur mis en place par le gouvernement, la commission européenne doit savoir que les peuples ne se laisseront pas manipuler de la sorte.

Que Bruxelles arrête de prendre ses désirs pour la réalité. Le pouvoir des actionnaires n’a pas encore remplacé la démocratie !

Pierre Laurent, Coordinateur national du PCF

Paris, le 12 mai 2010.

(...) "La question est de savoir si les gouvernements (des Etats européens qui sont endettés) peuvent faire passer des mesures d'austérité", a souligné Hideaki Inoue, économiste à la Mitsubishi UFJ-Trust and Banking Corp.
La Grèce, dont la dette abyssale est à l'origine de la crise actuelle, a adopté lundi sa réforme des retraites, l'une des mesures phare d'une cure d'austérité, prévoyant des baisses des pensions pouvant aller jusqu'à 20 %, en contrepartie d'une aide financière internationale.
Selon le commissaire européen aux affaires économiques
Olli Rehn, la France et l'Italie "doivent également faire plus pour réduire leur déficit".
Le Monde 11/05/09
 
 
Chers camarades,
 
Chaque jour qui passe confirme la nature des orientations adoptées à Bruxelles pendant le week-end dernier. La bataille sur les retraites demandera à être amplifiée en réponse aux annonces gouvernementales qui seront faites à la fin de cette semaine. En pièce jointe, un document CGT très important sur le point précis des caisses complémentaires.
Le PCF organise à Paris le 19 mai une manifestation contre la politique annoncée à Bruxelles. Faites connaître cette initiative (lien ci-dessous)
http://www.pcf.fr/spip.php?article4790

 

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Dernière mise à jour de cette page le 23/08/2010