La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, n’était pas sur le plateau de TF1 hier soir. Mais elle a indiqué sur Canal Plus que si elle y avait été invitée à débattre avec le président de la République, la question qu’elle lui aurait posée n’aurait pas fait un pli : « Moi, j’aurais voulu poser des questions précises si j’avais été dans le panel. Par exemple, j’aurais voulu savoir ce que va faire le gouvernement, ce que va faire Nicolas Sarkozy, par rapport aux chômeurs qui arrivent en fin de droits. » À propos de débats, la dirigeante communiste a proposé « qu’on organise sur les chaînes publiques des débats contradictoires avec toutes les sensibilités sur différents sujets ».
PLACER L’ECOLOGIE AU COEUR DU DEVELOPPEMENT
La désertification, le recul de la biodiversité, l’épuisement et le pillage des ressources, le réchauffement climatique, la pollution de l’air, de l’eau et des sols sont des questions vitales.
La France doit mettre tout son poids pour faire prévaloir une vision durable et solidaire du développement. Il faut agir pour une redéfinition des modes de production, de consommation et d’échanges, rompant avec les règles du capitalisme mondialisé. Cet engagement doit se poursuivre en direction de la communauté internationale pour la mise en oeuvre du protocole de Kyoto.
A l’échelle internationale, notre pays doit agir pour coordonner les recherches scientifiques sur l’environnement. A l’école, une large place doit être accordée à la culture scientifique et technique et aux enjeux du devenir de notre planète.
Je propose de soumettre à un grand débat national et citoyen une loi de programmation contre le réchauffement climatique, avec pour objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
POUR UNE POLITIQUE AMBITIEUSE DE L’ÉNERGIE, JE PROPOSE :
Un programme d’économie et d’efficacité énergétique, notamment dans les transports et l’habitat. Il favorisera les transports collectifs, le train, le ferroutage, le transport fluvial et le cabotage maritime. Les nouvelles constructions seront sous la norme HQE (Haute Qualité Environnementale).
Le nucléaire et la politique énergétique font débat. Ce débat doit être mené de manière transparente et soumis à référendum. Je propose d’engager un grand effort de recherche en deux directions. Premièrement, en direction de toutes les énergies renouvelables ; deuxièmement, pour un nucléaire sécurisé et durable. L’EPR et les générateurs de la quatrième génération ainsi que ITER pour la fusion devront contribuer à cet effort de recherche.
La constitution d’un pôle public autour d’EDF et GDF unifiés et renationalisés travaillant sous le contrôle d’une Haute Autorité pluraliste et citoyenne.
La création d’une agence européenne de l’énergie.
[|L’EAU N’EST PAS UNE MARCHANDISE !
Dans notre pays, la domination des grands groupes privés sur la fourniture de l’eau potable (Vivendi-Environnement, Suez- Lyonnaise des eaux, Bouygues) est écrasante. Ils engrangent un profit captif dès que le robinet coule, totalisent 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et livrent une guerre économique sur le marché international de l’eau. Les consommateurs payent une ardoise de plus en plus lourde et la qualité de l’eau demeure en deçà des normes européennes.
Il est temps d’aller vers une maîtrise sociale et publique de l’eau pour sortir de la logique de marchandisation. Pour cela, il faut doter notre pays d’un service public de l’eau et travailler, à l’échelle de la planète, à de nouvelles coopérations. |]
MOBILISER L’ARGENT POUR UN NOUVEAU TYPE DE DEVELOPPEMENT
Il y a besoin de construire un nouveau mode de développement solidaire, au service de l’épanouissement humain, du développement de chacun-e, respectueux des territoires, de leur équilibre, de l’avenir de la planète et de ses ressources.
Ce nouveau type de développement sera générateur d’emplois utiles, permettant de produire de nouvelles richesses. Et il faut aussi mieux redistribuer les richesses produites.
Il faut chercher à mobiliser autrement tous les fonds en France et jusqu’à l’échelle de l’Europe : fonds publics, crédit bancaire, fonds propres des entreprises.
UNE GRANDE RÉFORME DE LA FISCALITÉ
On parle de « déficit public », d’endettement de l’État. C’est un vrai problème. Mais l’impôt sur le revenu ne représente que 17 % des recettes. Et l’impôt sur les sociétés, que la droite veut encore réduire, tourne autour de 15 %.
Dès la loi de finance de 2008, une réforme fiscale orientée vers la justice et l’efficacité devra être engagée :
Réexamen de toutes les dérogations fiscales et soumission des revenus financiers du capital à l’impôt progressif.
Refonte du barème de l’impôt sur le revenu pour en finir avec les allègements dont bénéficient les plus riches ; instauration de dix tranches et remontée du taux maximal à 55%.
Doublement de l’impôt sur la fortune pour les tranches situées entre 750 000 et 1 200 000 € ; triplement au-delà.
Modulation de l’impôt sur les sociétés selon l’utilisation des bénéfices en faveur ou non de l’emploi et des salaires ; suppression des zones franches et des régimes dérogatoires.
Instauration d’une taxation sur les transactions financières.
Réforme et plafonnement de la TIPP et abaissement de la TVA au taux zéro pour les produits de première nécessité.
Réforme des impôts locaux, avec notamment l’introduction dans la taxe professionnelle des capitaux financiers des entreprises, des banques et établissements financiers et redistribution des recettes importantes ainsi dégagées entre les communes selon des critères de besoins sociaux.
Nouveaux moyens donnés à l’inspection des impôts pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscales.
UNE REDÉFINITION DES COTISATIONS SOCIALES DES ENTREPRISES
Il faut mettre fin aux baisses de cotisations sociales. L’argent public qui leur est consacré (23 milliards d’€ annuels) sera converti en un Fonds national de soutien des investissements sécurisant l’emploi et la formation.
Extension du montant de ces prélèvements par l’augmentation de certains taux de cotisation et la croissance de l’assiette, notamment la création d’une assiette supplémentaire sur les profits financiers des entreprises.
À l’inverse, on diminuera progressivement la CSG et la CRDS jusqu’à leur suppression.
UNE RÉFORME DU SYSTÈME BANCAIRE ET FINANCIER
Un gouvernement de gauche qui n’aurait pas le courage d’affronter le pouvoir de la finance, c’est-à-dire la dictature des actionnaires, des banques, de la « rentabilité financière », irait à l’échec.
Il faut permettre de changer les relations des entreprises avec les banques, à partir d’un crédit nouveau. Les PME, les artisans et petits commerçants seront particulièrement concernés par ces nouveaux dispositifs, qui sécuriseront leur création, leur développement et leur transmission.
Création d’un pôle financier public avec des banques et sociétés d’assurances nationalisées, chargé de développer une nouvelle grande mission de service public du crédit au service de l’emploi, de la formation et d’une croissance réelle nouvelle.
Création d’un Fonds national de sécurisation de l’emploi et de la formation, qui sera régionalisé, prenant en charge la bonification des prêts bancaires, dans la mesure où ils développent l’emploi et la formation.
Organisation de conférences régionales avec les acteurs de terrain (salariés et syndicats, citoyens et associations, employeurs, élus et pouvoirs publics) et les institutions financières pour le suivi et le contrôle de l’utilisation de l’argent.
Les communistes ont présenté dix rendez-vous qu’ils proposent au Front de gauche de coorganiser, et d’ouvrir aux autres forces de progrès. Face aux ravages de la politique de la droite, la gauche se doit de mettre en débat et en chantier d’urgence d’autres solutions, en écoutant les salariés, les syndicats, les associations, les élus et les partis politiques, qui sont méprisés par le gouvernement. La direction communiste se propose d’agir sur deux fronts.
Premièrement, porter sans attendre des propositions face à la crise en distribuant par millions un quatre pages édité à cet effet, comme en a décidé le dernier conseil national. Le PCF demande des mesures d’urgence dans quatre domaines : la mise en chantier immédiate de la construction d’un grand pôle public et bancaire et financier pour développer un nouveau type de crédit pour l’emploi et la formation et l’élargissement du débat sur le système financier international à tous les pays, et non confiné au G20 ; la remise en débat immédiate au Parlement des trois propositions de loi communistes pour stopper les licenciements boursiers et relancer les salaires ; le retrait du projet de changement de statut de La Poste et l’ouverture de débats pluralistes télévisés sur l’avenir du service public postal ; enfin l’ouverture d’une réflexion de la même ampleur que le Grenelle de l’environnement sur l’état d’urgence qu’imposent les suicides au travail.
Dans une seconde étape, à partir du 10 octobre et jusqu’au 22, les communistes proposent à leurs partenaires du Front de gauche (Parti de gauche, Gauche unitaire, République et socialisme) de coorganiser dix ateliers thématiques nationaux du projet pour déboucher sur des plates-formes communes partagées, en vue des élections régionales. Des ateliers que le PCF continue à proposer d’ouvrir à toute la gauche sociale et politique (contre l’avis du Parti de gauche qui ne souhaite pas y inclure le PS), car le but est d’aboutir à un « Front de gauche élargi » à ambition majoritaire. Pour Marie-George Buffet : « Il faut que le Parti de gauche y participe, si on veut donner l’exemple de ceux qui n’enferment pas la gauche dans le marasme des alliances, mais donnent du contenu et du sens en travaillant sérieusement sur les grands choix qui peuvent fonder une politique de gauche. » Au vu des conclusions de ce travail, le conseil national du PCF formulera une « offre politique nationale » en vue des régionales, le 24 octobre.
D’ici là, les ateliers se pencheront sur « le nouveau mode de développement » le 10 octobre à Marseille et le 19 à Bordeaux, sur la démocratie le 10 à Grenoble et le 20 à Ivry, sur l’éducation et la recherche le 13 à Toulouse, sur les services publics et le climat le 15 à Orléans et à Paris, sur l’utilisation de l’argent le 20 à Villeurbanne, sur la fiscalité le 22 à Angers, et sur le « temps libéré », le même jour, à Montreuil
Intervention de Pierre Laurent lors de la conférence de presse du 23 septembre 2009 Les mensonges de Nicolas Sarkozy
Mis en ligne : 24 septembre
Il y a presque un an, le jeudi 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy prononçait à Toulon un discours qui devait donner le cap à tenir pour sortir de la crise.
Il s’agissait de dire la vérité aux Français. « La vérité, les Français la veulent, et je suis persuadé qu’ils sont prêts à l’entendre. » disait-il alors.
Dans un tourbillon médiatique déjà orchestré par l’Elysée, ce discours était présenté comme un discours fondateur destiné à terrasser la crise et à moraliser le capitalisme. Or ce soir, en direct de New York, après une année de crise sans solution, Nicolas Sarkozy va recommencer exactement le même cinéma.
Ça fait beaucoup de mensonges et les français ne sont pas dupes. Pour juger de la crédibilité des propos présidentiels aujourd’hui, il suffit en effet de faire le bilan de l’année écoulée et de le comparer aux promesses du discours de Toulon.
L’année écoulée a été une année de souffrance pour tous les Français. Un an durant lequel ont explosé le chômage et la précarité. Un an de salaires amputés par le chômage partiel et le sous-emploi, un an de licenciements, de délocalisations.
Un an durant lequel de grands groupes se sont enrichis en multipliant les pressions sur les salariés. De plus en plus d’entre-eux craquent aujourd’hui et, épuisés par le stress, se suicident comme à France Télécom.
Le président s’était pourtant personnellement engagé à ce que les injustices cessent. Il déclarait ainsi « L’autorégulation pour régler tous les problèmes, c’est fini. Le laissez-faire, c’est fini. »
En fait, la crise actuelle nous révèle la vraie devise de Nicolas Sarkozy : son « travailler plus pour gagner plus » est devenu « exploiter plus pour spéculer plus »
Le constat est sans appel. Le 25 septembre 2008, le président de la République a menti aux français. Les dix mensonges de son discours d’alors sont éclairants.
1er mensonge : nous allons sanctionner les responsables de la crise
« Les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement. »
C’est le mensonge le plus évident. Quelqu’un a t-il été trouvé et condamné pour les souffrances engendrées par la crise ? Personne, bien évidemment.
Tout simplement parce que si ce travail avait été mené à bien, l’enquêteur serait venu actionner la sonnette du perron de l’Élysée.
Nicolas Sarkozy n’est pas le sauveur de la France, c’est le représentant de ceux qui l’ont plongé dans la crise.
2ème mensonge : nous voulons encadrer les bonus des traders
« Je n’hésite d’ailleurs pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être désormais encadrés. »
Examinons les mesures annoncées fin août par le président : 2/3 des bonus seront versés de manière différée. 1/3 de la partie différée sera versée en titres. Cela n’a rien de contraignant et ce type de versement existe déjà. Quoi d’autre ?
Un système de malus est mis en place : si les performances ne sont pas au rendez vous dans la durée, la partie différée du bonus n’est pas versée. Cela n’a aucun sens car, aujourd’hui, un trader qui n’est pas performant sur le long terme n’a pas à se poser la question de son bonus ou de son malus : il est tout simplement licencié.
3ème mensonge : rendre transparente la finance
« Il va falloir s’attaquer au problème de la complexité des produits d’épargne, de l’opacité des transactions ».
Rien n’a été annoncé sur la complexité des produits d’épargne : la seule chose mise en place concernant l’épargne, c’est placer l’épargne populaire sous la coupe des marchés financiers en banalisant le livret A. Belle réussite !
Quant à l’opacité des transactions, les mesures qui concernent les paradis fiscaux ressemblent plus à une opération de communication qu’à des mesures de transparence. Au delà, la titrisation a toujours cours et d’autres bombes sont prêtes à exploser (risque d’un krach monétaire notamment).
4ème mensonge : nous allons rouvrir le robinet du crédit
« Je le dis avec la même détermination : si les difficultés actuelles devaient entraîner une restriction du crédit qui priverait les Français et les entreprises, en particulier les PME, des moyens de financer leurs investissements ou d’assurer leur trésorerie, l’Etat interviendrait pour que ces financements puissent être assurés. »
Les encours de crédits aux entreprises continuent de reculer avec -3,5% en juin après -4,6% en mai. On sait que ce rationnement du crédit peut entraîner 72 000 faillites, soit des centaines de milliers d’emplois qui risquent de disparaître si rien n’est fait.
5ème mensonge : nous allons utiliser l’argent pour le développement
« Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation. »
Les groupes industriels du CAC 40 se sont constitués une trésorerie de 3,42 milliards en un an, notamment en vue de futures OPA et, parallèlement, ont massacré leurs sous-traitants par des restructurations brutales, des délocalisations.
Conséquences : le chômage explose (L’INSEE prévoit 704 000 chômeurs supplémentaires sur l’année) ; les salaires baissent (moins 0,3% sur l’année) ; le stress au travail est décuplé.
A ce sujet, est-ce une coïncidence si les suicides se multiplient à France Télécom, entreprise qui a dégagé des milliards de profit au premier semestre ? Bien sûr que non ! Vu l’état de la croissance, cela ne peut se faire qu’au prix d’une politique inhumaine envers les salariés.
Voilà ce que financent les banques ! Pas autre chose.
6ème mensonge : nous allons redonner du pouvoir d’achat
« Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail ont créé la richesse, redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs ». « Je n’accepterai donc pas de hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat des Français. »
Le pouvoir d’achat des salariés est en chute libre. Et le gouvernement a encore récemment enfoncé le clou ! Après le bouclier fiscal, il a annoncé la suppression de la taxe professionnelle, un impôt sur le capital, ce qui obligera toutes les collectivités à augmenter les impôts, et a créé la taxe carbone, un impôt sur la consommation, aussi injuste que la TVA et qui est amené à augmenter dans les années qui viennent.
La politique de Nicolas Sarkozy, c’est deux poids, deux mesures : des cadeaux pour les entreprises et des taxes aveugles pour les salariés !
7ème mensonge : nous allons baisser le coût du logement
« J’y ajouterai des mesures fortes pour que les programmes immobiliers en cours puissent être menés à bien et pour que des terrains appartenant au secteur public soient libérés pour y construire de nouveaux logements, ce qui contribuera à la baisse des prix qui avaient atteint des niveaux parfaitement excessifs. »
A part des mesures de défiscalisation qui n’ont pas du tout profité aux ménages modestes, le gouvernement n’a rien fait ! La France compte 3,5 millions de mal-logés et il manque maintenant 500 000 logements sociaux.
Pire, il a réduit les aides à la pierre, de 850 millions en 2008 à 500 millions en 2009 et elles pourraient tomber à 350 millions en 2010. Et les prix se maintiennent à un niveau très élevé, après avoir doublé en moins de dix ans.
8ème mensonge : nous allons agir pour l’environnement
« La mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, c’est aussi la rénovation de tout le parc des logements sociaux et des bâtiments publics pour les adapter aux exigences d’économie d’énergie. »
Seule mesure prise par l’Etat : faire bénéficier les particuliers d’un prêt à taux zéro, permettant de s’endetter jusqu’à 30.000 euros sans payer d’intérêt pour financer les travaux d’isolation et de rénovation. Pourquoi ne pas y avoir pensé avant ? Aider les ménages à s’endetter après la crise des subprimes, en voilà une bonne idée ! De plus, l’impact de cette mesure sera très limité.
Au delà de cette mesure : il est fortement contradictoire d’affirmer vouloir réduire la pollution et de sacrifier le fret ferroviaire - 5000 emplois et 500 gares de triage menacés - alors qu’il peut être un élément central dans la réduction du trafic routier et donc des émissions de CO2, si l’on investit réellement dans ce domaine.
9ème mensonge : nous allons gouverner pour tous les français
« Nous sommes le gouvernement de tous les Français, pas de quelques uns, et nous devons être, me semble-t-il, prisonniers d’aucun lobby, d’aucun groupe de pression, d’aucun intérêt quel qu’il fût et quelle que soit, par ailleurs, leur légitimité. » « L’argent de l’Etat, c’est l’argent des Français. Ils ont travaillé trop dur pour le gagner pour que l’on ait le droit de le gaspiller. »
Le gouvernement a mobilisé 360 milliards d’euros d’argent public pour les banques. Cet argent, comme je le disais précédemment a servi à financer la spéculation contre le développement économique.
Et on peut ajouter à cela 28 milliards de cadeaux sans condition : c’est le montant des compensations d’exonérations de cotisations sociales patronales cette année.
Les Français n’ont pas vu la couleur de cet argent. Et ils sont écartés de toutes les discussions sur son utilisation.
10ème mensonge : la crise n’est pas celle du capitalisme
« Le capitalisme ce n’est pas le court terme, c’est la longue durée » . « ... le capitalisme c’est la récompense du travail, de l’effort et de l’initiative ». « le capitalisme c’est une éthique, c’est une morale, ce sont des institutions. »
Qui peut encore croire tout cela aujourd’hui ? Si rien n’a été fait depuis un an, c’est parce que faire, faire réellement pour changer la donne, ce serait prouver que des leviers existent pour dépasser ce système.
Le capitalisme c’est économiser sur les hommes pour gâcher du capital sur les marchés financiers. Le capitalisme, c’est la récompense des plus aisés par l’effort et l’initiative des plus pauvres. L’éthique du capitalisme, c’est la rentabilité à court terme ; la morale du capitalisme est celle de ses dirigeants, celle des responsables de la crise ; les institutions du capitalisme, ce sont les banques privées qui gaspillent notre argent.
Quant à la crise actuelle, elle est l’essence même de ce système qui arrive à la fin de son histoire. Le monde n’a d’autre choix que de construire les voies de son dépassement.
Je l’ai dit, dans ces conditions, le discours que tiendra Nicolas Sarkozy ce soir sur France 2, à la veille du G20, est dénué de toute crédibilité. Ce sommet a été mis en scène ces dernières semaines de façon admirable. Voilà ce qui a été répété partout : « le président de notre pays, la France, est en pointe dans la lutte pour la moralisation du capitalisme. Cette France est elle-même à la tête d’une Europe unie pour imposer de nouvelles règles. Cette Europe unie va lors du sommet de Pittsburg affronter le géant américain et elle le fera avec un grand courage. »
En outre, le président s’était fixé un seul objectif : encadrer les bonus des traders. Des bonus dont tous les économistes disent qu’ils ne sont en rien la cause de la crise. Bien sûr, il faut que cela cesse, car ces rémunérations sont injustes et indécentes. Mais, au bout du compte, cela ne sera même pas réglé au G20 - Obama a dit non ; deuxièmement, cela ne nous fera pas sortir de la crise.
Alors je veux dire aux Français ceci : « Vous pouvez éteindre votre téléviseur. Ce soir, le président aura sûrement un air grave et déterminé, mais, comme à Toulon il y a un an, il vous mentira. Il vous dissimulera les vrais enjeux. Au G20, il ne se passera rien. »
C’est d’autant plus grave que des solutions existent pour sortir de la crise, pour dépasser le système capitaliste.
La situation devient donc proprement insupportable. Car pendant que Nicolas Sarkozy organise son show médiatique, la crise elle s’aggrave de manière dramatique.
Il est important donc de mettre désormais en débat et en chantier d’urgence d’autres solutions
, en écoutant les salariés, les syndicats, les associations, les élus et les partis politiques qui sont méprisés par le gouvernement.
Nous allons au cours de ces dix prochains jours porter dans toute la France nos propositions face à la crise. Les militants communistes distribueront par millions un 4 pages national qui fait de la question du projet politique le cœur de la construction d’une alternative à la politique gouvernementale.
Et nous demandons dès maintenant des mesures d’urgence dans quatre domaines :
1.Puisque le G20 ne va rien résoudre, et que le secteur bancaire va donc continuer à fonctionner avec les mêmes règles, nous demandons la mise en chantier immédiate de la construction d’un grand pôle public bancaire et financier.
Ce pôle public doit être créé avec des banques, sociétés d’assurances et établissements financiers nationalisés, notamment à partir de la Caisse des dépôts, des services financiers de la Poste et d’autres institutions.
Il sera chargé de développer une nouvelle grande mission de service public du crédit pour sécuriser et promouvoir l’emploi et la formation et pour entraîner l’ensemble du système bancaire.
Nous demandons également que la France exige à l’Assemblée Générale de l’ONU - et non en petit comité au G20 - l’élargissement immédiat du débat sur le système financier international. Le débat sur une monnaie commune mondiale autre que le dollar doit s’engager sans tarder.
2.Sur les licenciements et les salaires, nous exigeons la remise en débat immédiate au Parlement de nos trois propositions de lois pour répondre aux urgences, arrêter le scandale de l’argent facile et initier une nouvelle donne économique et sociale.
Ce débat est urgent et nécessaire. Il doit être précédé d’une consultation immédiate de tous les acteurs sociaux, d’une audition de toutes les entreprises en difficulté.
Le 22 octobre, le parti communiste sera présent à la manifestation nationale pour l’industrie pour faire valoir cette exigence.
3.Sur la Poste, nous exigeons le retrait du projet. C’est le sens de la votation citoyenne du 3 octobre dans laquelle nous engagerons toutes nos forces, tous nos élus.
Nous demandons que toutes les collectivités locales soient saisies de ce débat qui engage l’aménagement du territoire et la mobilisation des fonds déposés dans les points de la Poste. Il s’agit de construire un projet de développement de la Poste pour en faire un service public de communication performant et un pilier du service public financier.
Nous demandons que soient organisés, avant le 3 octobre, des débats publics sur France 2 et France 3, débats auxquels nous sommes prêts à participer.
4.Sur le travail, la récente vague de suicides nous impose de déclarer l’état d’urgence sur la question.
Nous demandons donc la convocation d’une conférence nationale sur le travail, sur son organisation et notamment sur les méthodes de management utilisées actuellement.
Il s’agit de permettre une réflexion de même ampleur que celle du grenelle de l’environnement avec tous les acteurs concernés.
La construction d’alternative à la crise est donc urgente à nos yeux, vous l’avez compris. Il est grand temps de faire émerger un projet de gauche à vocation majoritaire qui puisse constituer une alternative crédible à la politique de Nicolas Sarkozy.
C’est le sens de nos efforts pour construire un Front de Gauche élargi. C’est le sens de la proposition, que nous avons lancé à la fête de l’Humanité, d’ateliers pour un projet de la gauche. L’écho de cette initiative est manifeste, car il y a en a assez des combinaisons politiciennes hors de toutes les urgences sociales et politiques.
Nous sommes engagés dans la préparation de dix ateliers qui se tiendront partout en France du 10 au 23 octobre. Les deux premiers auront lieu à Marseille, sur l’enjeu d’un nouveau mode de développement et à Grenoble, sur l’enjeu de la démocratie.
D’autres suivront sur l’éducation, la formation et la Recherche, les services publics, les enjeux climatiques, l’utilisation de l’argent, la fiscalité ou encore ce qu’on appelle « le temps libéré ». Bob Injey, en charge du projet pour notre parti, pourra vous en dire plus quant à l’ensemble des problématiques abordées.
Nous continuons de proposer la co-organisation à nos partenaires du Front de Gauche. Ce soir nous avons une réunion de travail du Front de Gauche. Nous pensons qu’il est possible d’avancer ensemble vers des plateformes politiques partagées. Nous lançons en outre des invitations à ces ateliers à tous les partis de gauche, à tous les acteurs des mouvements sociaux. Et nous sommes confiants dans la réponse positive d’un très grand nombre d’entre eux.
C’est au terme d’un mois de débat public et de travail de propositions que nous annoncerons le 24 octobre, lors de notre CN, l’offre nationale qui sera la notre pour les élections régionales.
FEDERATION DES VOSGES DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS
42Quai des Bons Enfants EPINAL 88000.
Madame, Monsieur,
Je me permets de prendre un peut de votre temps pour vous présentez, dans cette Adresse aux Français, les observations que les communistes mettent en discutions sur les constats et dérives de notre société et la manière dont elle est conduite.
Mais aussi les possibilités, qui s’offre à la gauche dans son ensemble, de reprendre espoir et confiance en l’avenir.
Michèle Grüner.
Secrétaire Fédérale PCF Vosges, Conseillère Régional de Lorraine.
"Quinze jours après l'élection européenne, Nicolas Sarkozy, devant le Congrès réuni à Versailles, donne à la majorité UMP sa nouvelle feuille de route: elle est catastrophique. Si toutes les mesures qu'elle contient sont appliquées dans les mois à venir, ce sera un désastre pour les jeunes, les salariés, les chômeurs, les retraités et leurs familles, pour nos services publics, pour notre industrie, pour le pays tout entier.
Nicolas Sarkozy vante désormais dans les mots le modèle social français qu'il détruit morceau par morceau avec son gouvernement. La crise du système capitaliste est passée par là. Mais dans les faits, que propose-t-il? D'accélérer dans la même direction: précarité, flexibilité et temps partiel; recul de l'âge de la retraite; chasse aux dépenses publiques, aux services publics, et aux « niches sociales », c'est-à-dire aux protections des salariés; non remplacement des départs en retraites; suppression de moyens et d'emplois dans les collectivités locales; rupture des principes d'égalité; mise en concurrence et privatisations dans l'éducation et la formation; nouveaux cadeaux aux patrons (suppression de la taxe professionnelle) et nouveaux impôts pour le grand public (taxe carbone)....
Quant aux salaires, au pouvoir d'achat et à la lutte contre le chômage, c'est un silence assourdissant, sauf ce cri du cœur présidentiel: « le travail doit être justement considéré, les actionnaires justement rémunérés ». Des belles paroles pour ceux qui travaillent, du sonnant et du trébuchant pour les profits! Tout est dit.
C'est une politique entièrement tournée contre le monde du travail, uniquement destinée à accroître toujours plus le soutien de l'Etat aux rendements financiers du capital. On voit ce que cela donne depuis maintenant dix mois. La croissance va reculer de 3,5% en 2009 et l'Unedic annonce 595.000 chômeurs de plus cette année. Continuer dans cette voie est une folie. Cette politique ne fera que nous enfoncer dans la crise sociale, démocratique, écologique que nous traversons, au lieu d’en sortir.
Le Président promet des consultations mais pour lui, tout est déjà décidé. Contrairement à ce qu'il prétend, la droite UMP n'a reçu aucun « feu vert » dans les urnes le 7 juin pour accélérer cette politique. C'est même le contraire. L'abstention record enregistrée ce jour là marque une défiance et un rejet largement majoritaire à l'encontre des politiques libérales appliquées en Europe et en France. La réalité des chiffres, c'est qu'un Français sur dix seulement a voté pour les listes UMP le 7 juin.
La majorité du pays, c'est la nôtre, nous qui sommes ouvriers et avons manifesté pour l'emploi, les salaires et les retraites ces derniers mois, employées dont les revenus ne permettent plus de partir en vacances, hospitaliers outrés du saccage de notre système de santé, cadres inquiets pour l'avenir de nos enfants et celui de notre pays, salariés rayés d'un trait de plume par des délocalisations, précaires jetés à la rue comme des kleenex, agents de la Fonction publique lutte pour la défense de services publics pourtant indispensables à tous, lycéens, étudiants et chercheurs mobilisés toute cette année pour le partage des savoirs, citoyennes et citoyens tout simplement anxieux du devenir de nos libertés, de la France, de la planète...
Des exigences fortes nous rassemblent face à cette politique de droite qui nous enfonce dans la crise et défigure la République, face à ce capitalisme toujours plus destructeur de vies, de territoires, d'équilibres écologiques. Ces exigences, c'est l'ambition de travailler autrement, d'être enfin écouté au travail et de pouvoir maîtriser ses choix professionnels, c'est le droit de pouvoir étudier, d'avoir un travail décent, de se former tout au long de sa vie, c'est la détermination à profiter d'une véritable qualité de vie pour soi et pour ses proches, c'est l'attachement à l'égalité, à la laïcité, à la démocratie, au développement durable de nos villes, de nos campagnes, de nos mers, de la planète, c'est la demande de reprendre le pouvoir sur l'utilisation des richesses créées par le travail, de celles déposées dans les banques...
Et ce qui doit nous unir demain, c'est l'ambition de nous rassembler sur un projet qui nous aide à résister et donne de la force à ces perspectives. C'est l'ambition de construire des majorités populaires porteuses de ces projets, des majorités sans lesquelles aucun changement durable ne sera possible. C'est ce vers quoi le Parti communiste français est déterminé à avancer. Avec vous.
Pour cela, nous sommes décidés à être de toutes les résistances, de toutes les ripostes contre les projets de la droite. Et nous sommes décidés, dans ces combats, à avancer et à élaborer les propositions pour porter de véritables solutions à la crise. Nous avons par exemple déposé le 28 mai dernier trois propositions de loi à l'Assemblée nationale qui rendraient notamment possibles, si elles étaient adoptées, l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui distribuent des dividendes ou qui délocalisent, l'augmentation du SMIC à 1.600 euros, la création d'un pôle bancaire et financier public pour retrouver la maîtrise du crédit, la création d'un droit de veto suspensif pour les salariés contre les plans de licenciements.
Nous sommes tout autant décidés à poursuivre et à élargir la dynamique que nous avons initiée avec le Front de gauche, qui rassemble le Parti communiste, le Parti de Gauche et la Gauche unitaire, à l'élection européenne. La gauche doit changer et s'unir. Toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de gauche ont besoin d'un commun projet de transformation sociale qui s'attaque réellement aux injustices et à la crise sociale, démocratique, écologique.
Avec cette démarche, un nouvel espoir est né. Nous voulons en faire une dynamique majoritaire qui sorte la gauche de l'état dans lequel elle se trouve. Nous entendons la colère des abstentionnistes. Nous partageons le malaise des électeurs socialistes qui ne se reconnaissent plus dans un PS dévoré par ses querelles internes, obsédé par l'organisation de primaires pour la présidentielle à mille lieux des préoccupations populaires. Nous connaissons l'envie de contestation exprimée par les électeurs du NPA mais aussi leurs doutes sur la stratégie d'isolement de ce parti. Nous comprenons les motivations des électeurs d'Europe écologie, leur message de renouvellement et leur inquiétude pour l'avenir de la planète, même si nous les estimons difficilement compatibles avec la complaisance de certains responsables de ce mouvement à l'égard des logiques capitalistes et des thèses libérales.
Il est possible de dépasser progressivement la situation de dispersion actuelle à condition de construire progressivement dans le débat et l'action le projet qui va nous unir. Nous lançons pour cela un appel à toutes les femmes et tous les hommes de gauche, communistes, socialistes, écologistes, d'extrême-gauche, républicains, à toutes les forces de la gauche sociale et politique: construisons notre unité sur un projet solide et transparent. Ensemble mettons nous au travail.
Ce travail peut commencer dans les luttes. Il peut aussi se mener pour préparer les élections régionales de 2010. La droite veut reconquérir tous les pouvoirs qu’elle a perdus en 2004. Ne la laissons pas faire. Discutons des projets régionaux qui devraient être mis en œuvre par des majorités de gauche pour combattre la crise et les inégalités, pour créer de la solidarité et du bien vivre. Et proposons de rassembler dans des listes le plus ouvertes possibles toutes celles et ceux qui peuvent se reconnaître dans ces projets.
Pour tout cela, le Parti communiste est disponible. Il se transforme chaque jour pour être toujours plus efficace et plus utile à ces combats. Agissez avec lui, rejoignez-le. Faîtes de son énergie militante votre bien commun.
Marie-George BUFFET, Députée communiste, républicain, parti de gauche Département de la Seine-Saint-Denis Groupe de la gauche démocrate et républicaine
Question au gouvernement : Remise en cause du modèle français mercredi 24 juin 2009
"Monsieur le Premier ministre, vous avez reçu lundi la charge de travail pour votre nouveau gouvernement, à savoir redonner sa chance au modèle français.
Or le modèle français, monsieur le Premier ministre, c’étaient des services publics forts, de grandes entreprises nationales, émancipées des actionnaires et acteurs de grands acquis sociaux et démocratiques. Le modèle français, c’était une protection sociale universelle pour la santé, les retraites, la famille. Le modèle français, c’étaient de nouveaux droits syndicaux, des luttes sociales victorieuses pour les salaires, la formation, l’égalité professionnelle, une éducation porteuse de promotion sociale.
Ma question est simple, monsieur le Premier ministre : allez-vous inverser à 100% votre politique pour atteindre cet objectif ?
Vous étiez sur la mise en concurrence ; allez-vous exiger de l’Union européenne un moratoire immédiat sur les directives de privatisation ? Allez-vous préserver La Poste, EDF, GDF, du tout marchand ? Après avoir refusé toute relance par la consommation, allez-vous convoquer une grande négociation sur les salaires ? Allez-vous renoncer à la retraite à soixante-sept ans pour mieux réduire les pensions ? Allez-vous rémunérer justement le travail au lieu de soigner les dividendes ?
Au lieu de poursuivre la RGPP, allez-vous donner à l’éducation nationale et à toute la fonction publique les moyens de répondre aux besoins vitaux de nos concitoyens ? Face à l’intransigeance des actionnaires, allez-vous assurer des droits nouveaux aux salariés dans les entreprises ?
Monsieur le premier ministre, allez-vous procéder à ces ruptures ou allez-vous poursuivre vos réformes régressives et mettre ainsi à mal ce qui reste du modèle français ? (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR et sur quelques bancs du groupe SRC.)
M. le président. La parole est à M. Xavier Darcos, ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité.
M. Xavier Darcos, ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité. Madame la députée, dire, comme l’a fait le Président de la République, que la crise financière nous imposait de réfléchir à une régulation de la mondialisation et des marchés, c’est défendre le modèle social français. Dire, comme l’a fait le Président de la République, qu’il fallait trouver un équilibre entre les revenus du travail et les revenus du capital, c’est défendre le modèle social français.
Dire qu’il ne faut pas séparer la croissance du progrès des relations sociales, c’est également défendre le modèle social français. Le véritable ennemi de ce modèle social, c’est l’indifférence ou l’aveuglement qui a pu être celui de bien des responsables pendant des décennies, alors que nous nous rendons compte aujourd’hui que des difficultés majeures se posent à nous.
Quand vous parlez du problème des retraites, madame Buffet, vous n’expliquez pas comment, avec un vieillissement de la population, avec une volonté de ne pas augmenter les cotisations et de ne pas toucher aux prestations, on peut faire autrement que de repousser l’âge de la retraite. (Protestations sur les bancs du groupe GDR.)
Ce que nous voulons, c’est que chacun puisse vivre de son travail et être protégé dans son emploi. Ce que nous voulons, c’est que chacun soit autonome évidemment, mais qu’il existe une solidarité entre les générations. Ce que nous voulons, c’est que la générosité des prestations sociales ne nous affranchisse pas de notre responsabilité dans la gestion des comptes sociaux.
Tout cela, madame Buffet, ne se fera pas en ouvrant sans fin le robinet de la dépense publique. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)
Cela se fera par un dialogue social nouveau, un dialogue auquel tout le monde est appelé, non par un dialogue qui anticipe les facteurs de blocage comme vous l’indiquez. Je le répète, le Président de la République et le Premier ministre vous offrent un dialogue à l’horizon 2010 pour penser, ensemble, un nouveau projet social français. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.) "