Les conséquences de la crise économique sur nos vies se font chaque jour un peu plus sentir et viennent aggraver une situation déjà dégradé. Depuis plus de trente ans les politiques en direction de l’emploi des jeunes ne font que renforcer la précarité. Les petits boulots, l’intérim, les contrats bidons, les TUC, CES, les contrats d’avenir, les contrats jeunes, d’autonomie, de professionnalisation ou encore les contrats nouvelle embauche : voilà autant de mesures qui ont mis en l’air la stabilité de l’emploi et la sécurité de nos vies. Elles ont modelé en profondeur une jeunesse qui se retrouve en 2009 complètement désorientée. Des générations d’exploités font qu’un million d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté, ici, en France. Cette précarité extrême fait de nous, les jeunes, les premières victimes de la crise, la première génération à vivre plus mal que celle de ses parents. Le taux de chômage des 18-25 ans atteint 23,9 %, en hausse de 28% sur un an. 62% des jeunes diplômés en 2008 n’ont toujours pas trouvé de travail au bout d’un an. 250 000 jeunes de plus pourraient se retrouver au chômage d’ici fin 2010, un jeune traverse un SAS de précarité de 11 ans en moyenne avant d’accéder à un emploi stable et correctement rémunéré ! Au delà des chiffres, les conséquences concrètes dans la vie d’un jeune, c’est aucun revenu pour se soigner, se déplacer pour chercher un travail, pour se loger, pour vivre et construire sa vie tout simplement…c’est transformer ce qui devrait être l’une des plus belle période de la vie en un parcours du combattant. La droite veut se saisir de la crise pour continuer à faire des jeunes une armée de précaire au service de la loi du marché avec des statuts d’exceptions financés à coups d’allègement de cotisations sociales. Nous n’en pouvons plus de le précarité, nous ne voulons plus de placebos à l’emploi stable et sécurisé, nous ne paierons pas leur crise ! C’est pourquoi nous réclamons la mise en place d’un plan d’urgence réfléchi et construit par tous, une véritable politique de l’emploi, s’accompagnant d’une sécurité du parcours professionnel et d’un revenu décent pour tous :
Ce plan d’urgence comporterait notamment :
- Un CDI pour tous les jeunes arrivant sur le marché du travail. Chaque jeune doit pouvoir bénéficier d’un contrat à durée indéterminée et à temps plein qui contribue à sécuriser son parcours professionnel. Pour cela, ce contrat doit assurer au jeune travailleur le même salaire que les autres salariés de même qualification et de même poste. Il doit également lui permettre de bénéficier d’un droit à une formation continue adaptée à ses diplômes et à sa qualification.
- Un plan de conversion de tous les emplois précaires en emploi stables et sécurisés. Les contrats d’apprentissage, d’alternance ou de professionnalisation doivent donner une rémunération au moins égale au Smic, lui-même revalorisé à plus de 1 500 € net. – la mise en place d’une allocation de formation, de recherche du premier emploi, de retour à la formation d’un montant adapté à la situation de chaque jeune et financé par l’ouverture d’une nouvelle branche de la Sécurité Sociale. – Des Droits nouveaux pour les salariés et les comités d’entreprises afin qu’ils puissent intervenir sur la définition des choix de gestion et des stratégies des entreprises et des banques.
Le mépris des jeunes
Le président de la République vient de montrer, chiffres en main, le peu de considération où la jeune génération est tenue par la droite au pouvoir. Son « plan jeunes », qu’il a présenté hier matin, à Avignon, frappe d’abord par la modestie des moyens engagés : 500 millions d’euros pour sa principale mesure, l’extension du RSA. Or les jeunes de seize à dix-huit ans sont plus de huit millions. Certes, tous ne se débattent pas dans des conditions difficiles, mais les statistiques indiquent que 20 % des jeunes vivent dans la pauvreté et que le chômage frappe 23 % d’entre eux. Ces derniers ne pourront pas toucher le RSA, puisque n’ayant pas travaillé les deux années exigées. À la modestie s’ajoute donc l’injustice d’une mesurette que Nicolas Sarkozy aura bien du mal à présenter comme un nouvel acte « révolutionnaire », après celles annoncées à l’issue du G20.
Au-delà des chiffres et du flou entourant d’autres dispositions, le plan annoncé semble être l’oeuvre
d’un pompier pyromane. Il est assez insupportable pour des enseignants exerçant dans des quartiers populaires d’entendre le président s’indigner des formations insuffisantes qui sont autant de handicaps à la recherche d’un emploi… quand le même président décide de supprimer 13 500 postes de profs cette année. Le résultat se traduit en filières supprimées, en heures de cours réduites, et c’est ainsi que le premier responsable de la politique suivie s’émeut, le temps d’un discours,
du sort des « décrocheurs ». Ainsi parle-t-il de ces jeunes, issus de familles touchées par la précarité ou le chômage et qui, faute de formateurs en nombre suffisant, quittent le système scolaire désarmés. Nicolas Sarkozy promet que, désormais, plus aucun jeune ne sera abandonné, et qu’un emploi lui sera proposé…
Pour obtenir un tel résultat, le gouvernement devrait revoir toutes ses priorités, arrêter la saignée du corps éducatif, rompre avec sa propre politique actuelle. Il faudrait être bien naïf pour y croire.
En revanche, les syndicats sauront lui rappeler ses promesses. Et dès maintenant le projet de budget pour 2010 devrait être profondément remanié. Mais pas d’illusions de ce côté-là. Au contraire, plusieurs dispositions visent à encourager les jeunes à quitter l’école dès seize ans, lesquels seront « répertoriés » et dirigés vers des emplois dont on devine le degré de précarité.
Il serait plus efficace de leur assurer une bonne formation dans les établissements plutôt que leur promettre de vagues conseils d’insertion dans le monde du travail ou de les enrôler dans un « service civique ». Or le pouvoir ne fait pas le pari de la formation de qualité pourtant indispensable pour que les futurs travailleurs maîtrisent les processus de production, répondent aux besoins de haute technicité de notre époque.
Le sort réservé à l’enseignement professionnel en atteste. En réduisant le temps de préparation du bac professionnel, on intensifie l’enseignement ou on laisse de côté des secteurs entiers du programme. Mais quand on supprime un enseignant sur deux lors des départs en retraite, on rejette d’autant les jeunes de la formation de qualité. Mais il semble que le pouvoir actuel soit plus intéressé à livrer au patronat des salariés précaires qu’à former des travailleurs qualifiés et plus libres.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Les jeunes ne voient pas l'avenir en rose
Alors que Martin Hirsch peine à débloquer les moyens nécessaires pour la mise en place de son plan d’aide aux jeunes, un sondage réalisé par l’IFOP conclut à un pessimisme majoritaire quant à l’avenir des jeunes. Enquête sur une jeunesse partagée.
Au vu du sondage de l’IFOP, la jeunesse finirait par se mettre martel en tête. En réalité, les opinions divergent. Mathilde a vingt-quatre ans et étudie le droit à l’université de Nanterre. Elle affiche un fort optimisme et croit en un avenir meilleur, comme 9% des Français interrogés. "Les jeunes peuvent avoir une situation meilleure que leurs parents". Amandine, vingt-deux ans, est étudiante en Lettres à Nice. A contrario, elle fait partie de ceux qui considèrent que les jeunes auront un avenir moins bon que celui de leurs parents : "Je vois l’avenir par la précarité dans le travail. Une carrière unique me semble tellement rare".
Une difficile insertion
Une meilleure situation, est-ce vouloir prendre la Lune avec les dents ? Gauthier est un exemple que l’ascension sociale reste encore possible. "Ma mère a commencé à travailler à l’âge de quatorze ans et mon père est dirigeant d’une section chauffage et climatisation". A trente-trois ans, il a un poste d’ingénieur près d’Aix-en-Provence. Avec un bac technique en poche, il parvient à intégrer l’école d’ingénieur de Strasbourg. Dès sa sortie, il trouve un emploi. Il l’admet, pour en arriver là, il a dû se battre, mais il se veut rassurant : "Pour moi, ça n’a jamais été impossible". Si Gauthier a su s’orienter dans ses études, beaucoup peinent à trouver leur voie. A l’instar de Florian qui préparait un master 2 de médiation culturelle à la Sorbonne. Perdu dans ses études, il a décidé de tout lâcher en début d’année. A vingt-quatre ans, il a choisi de faire le tour du monde pendant dix-huit mois. "Mon master n’étais pas assez professionnalisant et on ne m’a pas bien conseillé. Les discours sur mon orientation relevaient toujours de conversation de cour de récréation. Voilà où j’en suis maintenant !". En attendant, Florain cumule les CDD : "Depuis janvier, j’ai eu sept jobs différents : surveillant dans un collège, animateur dans un parc d’attraction ou encore guichetier dans un centre culturel. C’est une situation difficile. Mais, j’économise pour me payer mon voyage en espérant que celui-ci m’aiderai à y voir plus clair sur mon avenir". Et même pour quelqu’un qui a un diplôme en poche, l’insertion professionnelle relève du parcours du combattant. Charlotte a obtenu son master business à l’Ecole de commerce ESG de Paris. Un bac +5 exemplaire pour cette jeune femme de vingt-cinq ans… Mais une ombre au tableau : cela fait six mois qu’elle cherche un emploi, sans succès. "J’ai passé vingt-cinq entretiens d’embauche et envoyé une cinquantaine de CV. Aujourd’hui, je n’ai toujours rien". Le secteur d’Internet, a priori porteur, semble ne pas échapper à la crise. "J’ai eu une réponse d’entretien hier. Ils m’ont dit que mon CV était de qualité. Malheureusement, ils ont décidé de bloquer les recrutements pour l’instant…", lâche-t-elle, démotivée.
La formation professionnelle avant tout
Alors comment améliorer l’insertion professionnelle des jeunes ? Pour 52% des personnes interrogées par l’IFOP, il faudrait "accroître davantage la part de la formation professionnelle au cours des études". Alexandre partage ce point de vue. A vingt ans, il passe son Bac Pro Commerce en alternance, dans un lycée parisien. Il atteste que ce baccalauréat lui donne une réelle expérience : "Je suis deux jours en école et trois jours en entreprise. Pour moi, c’est le meilleur moyen de s’insérer professionnellement". Mais voilà : trouver une entreprise n’est pas une tâche aisée. Cindy est étudiante en droit à l’université d’Aix-en-Provence. Agée de vingt-et-un, elle a cherché une alternance afin d’accéder à un master 2. Elle raconte les difficultés qu’il lui a fallut surmonter : "J’ai mis deux mois à trouver une alternance. J’ai l’impression que les jeunes se heurtent beaucoup trop souvent à des refus". Très justement, elle souligne : "Accueillir un jeune dans une entreprise, c’est le former comme elle le souhaite afin de répondre à la demande de travail. Tout le monde y trouve son compte".
|
Marine et Matthieu Prudhomme, vingt-huit et vingt-six ans, Trop souvent, les médias ou les membres bien-pensants du gouvernement colportent l’image d’une jeunesse irresponsable, blasée et consommatrice tous azimuts. Pour réfuter cette idée reçue, un groupe de jeunes communistes a décidé, depuis juin 2008, de s’organiser pour mobiliser la jeunesse vierzonnaise. Plusieurs rencontres-débats ont eu lieu sur des thèmes géopolitiques : comprendre la crise économique au regard du mouvement social, apporter des clés de lecture sur le conflit israélo-palestinien, connaître l’histoire de la construction de l’Europe pour saisir les enjeux des prochaines élections... Parallèlement, ce collectif propose « Le Café des Révoltés ». L’idée est de proposer des rendez-vous réguliers d’échange sur l’actualité politique et de convivialité autour d’un café, à proximité des cités étudiantes. La clé de voûte de ces initiatives jeunes est l’accès à la connaissance, en ayant un regard plus large et une prise de recul sur l’information édulcorée des mass media. « Le savoir est une arme alors soyons des citoyens responsables, engagés et vigilants. » Le ton est donné, au Café des Révoltés
|