Sébastien Thiery, docteur en science politique, témoigne de la violence de l'évacuation par la police, mardi 6 juillet à Saint-Denis, du plus ancien campement rom d'Ile-de-France.
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Le comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (Cerd) a appelé ce vendredi la France à «éviter» les renvois collectifs de Roms. Dans une série de recommandations publiées à la suite de l’examen de la situation de la France envers ses minorités mi-août, les 18 experts du Cerd se disent globalement préoccupés par «la tenue de discours politiques de nature discriminatoire en France» qui s’inscrivent en parallèle avec «une augmentation récente des actes et manifestations à caractère raciste et xénophobe». Plus particulièrement, ils dénoncent les derniers renvois de Roms «de manière collective», sans «leur consentement libre, entier et éclairé», et demandent à la France «d’éviter les rapatriements collectifs».
Paris a réagit en assurant une nouvelle fois respecter «scrupuleusement la législation européenne» et «ses engagements internationaux» concernant les Roms. Reconnaissant que les Roms roumains ou bulgares jouissent, en tant que citoyens de l’Union européenne, «de la liberté de circulation et du droit au séjour sur le territoire des États membres», le ministère des Affaires étrangères rappelle que cela ne leur offre pas «un droit inconditionnel au séjour». Il précise que le maintien du séjour est conditionné par «le respect de l’ordre public» et «des ressources suffisantes» et que «l’appréciation de ces éléments résulte d’un examen particulier de chaque situation individuelle».
Le Cerd, reconnaissant qu’il s’agit d’un problème européen qui doit être réglé de façon globale, a annoncé qu’il s’apprêtait à alerter les instances européennes sur la question. Une lettre doit être envoyée dans la soirée aux institutions européennes, la Commission et le Conseil de l’Europe, a expliqué le rapporteur spécial pour l’examen de la France, l’Américain Pierre-Richard Prosper.
«L’ojectif est d’alerter les différentes institutions sur le problème des Roms et leur rappeler leurs obligations pour que les mesures prises ne soient pas discriminatoires.» La procédure d’alerte du Comité n’est activée que de manière exceptionnelle, visant «des situations particulièrement graves de manifestations extrêmement préoccupantes de discriminations raciales massives», a relevé une source diplomatique proche du Comité.
« Contre l'expulsion des Roms et pour un plan de sédentarisation! »
Depuis le mois de juillet, sur la plaine de Triel-Chanteloup, des familles entières de Roms vivent dans la peur et la crainte d'être séparées: emprisonnés pour certains, expulsés pour les autres.
Ce matin, à 7h du matin, 18 cars de CRS et des meutes de policiers ont envahis le camp contrôlant une fois de plus les identités et proposant un retour volontaire. Puisqu'aucune famille n'a accepté le marché de dupe de l'Etat, certaines d'entre elles se sont donc vu remettre une obligation de quitter le territoire français dans un délais de un mois.
En effet, sous le règne de Nicolas Sarkozy, il ne fait pas bon d'être étranger et pauvre.
Le gouvernement s’engage de plus en plus dans une politique sécuritaire brutale et xénophobe, désignant les Roms, ou les gens du voyage et les immigrés comme boucs émissaires. Par conséquent, certains ministres n’hésitent pas à proférer des propos démagogiques, racistes ou diffamatoires stigmatisant une partie de la population, tel le ministre de l’intérieur condamné en pénal pour ses propos racistes.
Les Roms de Triel sont victimes eux aussi de cette fuite en avant populiste qui tend à faire oublier les affaires politico-financières et les réformes de plus en plus contestées par la population (retraites) et jusque dans son propre camp (réforme territoriale). Au delà de la stratégie électoraliste démontrant que l'UMP ne veut pas seulement récupérer les voix de l'extrême-droite en s'appliquant à mener la politique du Front National, c'est bien dans une logique ultra-libérale du chacun pour soi et opposant les uns aux autres.
Le PCF regrette les propos d'Eddie Aït, maire de Carrières sous Poissy, et lui demande de revenir sur les termes de sa lettre ouverte qu’il a adressée à Nicolas Sarkozy qui ne sont pas conformes aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, auxquelles nous sommes attachés.
Les familles Roms sont des hommes, des femmes et des enfants qui ont besoin de vivre en paix, comme toutes les personnes vivant sur le territoire.
Ainsi, la Fédération des Yvelines du Parti Communiste Français demande la suspension de toute menace d'expulsion et le règlement dans les plus brefs délais des problèmes rencontrés par cette population fragilisée.
Le PCF soutient le collectif qui apporte assistance aux roms, et exige des autorités publiques avec celui-ci l’attribution d’un terrain viabilisé à la vingtaine de familles concernées, ainsi que la scolarisation dans les meilleures conditions possibles des enfants, la régularisation des adultes, et l'accès aux prestations sociales.
Le PCF propose qu'un « plan de sédentarisation à l'échelle européenne » soit discuté en urgence, car seul l’accès de la population Rom à l’autonomie, à l’éducation, aux services publics, au travail est capable de changer réellement la donne.
Contre les dérives xénophobes, racistes et sécuritaires du gouvernement, nous appelons les républicains, les forces sociales et politiques de toute la gauche à se rassembler et à participer à la manifestation du 4 septembre à Paris « Stop à la politique du pilori ».
Communiqué de presse du PCF
La politique barbare en démonstration à Saint-Denis ce mardi 6 juillet.
Mardi 6 juillet 2010, 6h du matin, CRS et pelleteuses débarquent sous l'A86, à quelques encablures du Stade de France. Ici est installé le Hanul, campement de Roms vieux de dix ans, le plus ancien d'Ile-de-France. Quelques improbables barricades ne dissuadent guère les machines de faire leur travail. Les habitations sont détruites, et d'innombrables affaires disparaissent dans la fatras. Certains Roms parmi les 200 qui habitaient là contemplent la scène, bras ballants, colère rentrée.
En 2003, la mairie dirigée par Patrick Braouezec signe une convention d'occupation afin que le confort le plus élémentaire puisse s'envisager. Les ordures sont ramassées, des sanitaires chimiques installés. En janvier 2010, des toilettes sèches sont mises en place par les architectes de No Mad's Land avec le concours des associations Naturalo et Parada, et le soutien financier de la Fondation Abbé Pierre. 23 enfants sont scolarisés. La vie continue de s'installer promettant que sur ce terrain vague prenne corps un morceau de ville bientôt ramifié au tissu urbain environnant.
Le terrain n'est pas propriété de la Ville, mais de trois organismes, dont GDF qui porte plainte en février 2010 pour occupation illégale. Une expulsion est alors prononcée, mais jamais notifiée par écrit aux habitants empêchant ceux-ci d'entreprendre quelque recours que ce soit. Les autorités assurent aujourd'hui qu'une expulsion a été prononcée en octobre 2007. La Voix des Rroms et Parada, associations soutenant le campement, n'ont pas connaissance de cette décision. Auprès des médias, la Préfecture justifie néanmoins l'intervention de mardi matin en invoquant ces deux décisions. Le Hanul semblait le campement le plus protégé d'entre tous. Un symbole, celui d'une vie possible en France pour les nombreux enfants qui y sont nés, comme pour leurs parents, d'origine roumaine donc Européens.
Le 19 avril 2010, Christian Lambert est nommé préfet du département de la Seine Saint-Denis. Ancien directeur de cabinet du préfet de police de Paris, il fut directeur du Raid entre 2002 et 2004. Ce «grand flic» est l'artisan de l'arrestation d'Yvan Colona. Sa nouvelle mission, dictée par Nicolas Sarkozy, est claire comme de l'eau de roche: produire aux yeux de l'électorat le spectacle du grand nettoyage. L'échéance de 2012 approche, la majorité n'est pas vaillante, le show du kärcher peut faire son petit effet. Depuis sa nomination, les campements disparaissent du paysage dionysien, ainsi que toute habitation dite «informelle». La destruction du Hanul vaut avertissement pour tous ces corps en trop, excroissances dangereuses en zones dites «sensibles»: aucune chance d'échapper aux opérations en cours. Qu'il s'agisse d'être humains semble accessoire.
Les familles qui vivaient là sont aujourd'hui désarmées. La Mairie demeure aux abonnés absents, malgré un rassemblement mardi matin devant l'Hôtel de Ville. Certains sont réfugiés sous le chapiteau Raj'ganawak qui, à Saint-Denis, accueille depuis 10 ans des évènements culturels. Pour ceux-ci comme pour tous les autres, des solutions pour les nuits à venir doivent être trouvées. Tout redevient impossible, y compris le plus nécessaire: offrir un toit à ses enfants. C'est que l'heure des vacances scolaires a sonné, permettant aux autorités de (laisser) croire que l'intervention de mardi matin n'est pas inhumaine.
Rarement un texte de loi n’aura suscité autant d’oppositions avant même sa présentation devant le Parlement. L’avant-projet de loi d’Éric Besson « relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité », qui sera discuté au Parlement à partir du 27 septembre prochain, a déjà réussi à susciter l’opposition de la majorité des associations travaillant sur le sujet.
Jeudi, elles ont présenté une « analyse collective » extrêmement exhaustive et détaillée de ce projet de loi (1). Un peu plus de quatre-vingts pages pour décortiquer la future loi Besson. « C’est un travail d’analyse technique, précise Stéphane Maugendre, président du Gisti. Car la technicité cache des politiques extrêmement répressives à l’égard des étrangers. »
Quatrième texte, en sept ans, à venir modifier la condition des étrangers en France, ce projet de loi transpose dans le droit français la « directive retour », baptisée « directive de la honte » par ses opposants. Dans le collimateur des associations : la possibilité de créer des zones d’attente ad hoc, qui transformeraient « la France entière en zone potentielle de refoulement » ; le prolongement de la durée de rétention de trente à quarante-cinq jours ; la « mise à l’écart des juges » ; ou encore le « bannissement » de l’Europe avec une interdiction de retour sur le territoire français de deux à cinq ans. Tous ces éléments font de ce projet de loi « un nouveau tournant dans la politique d’hostilité aux populations étrangères et attaque insidieusement le droit d’asile », dénoncent les associations. Parallèlement, le documentaire Ulysse clandestin, un « film pour la nécessaire suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », de Thomas Lacoste, sortira en salle en septembre, pour créer le débat sur cette nouvelle « ignominie » du « ministère de la honte ». Le film est déjà disponible sur Internet (2).
Marie Barbier
(1) http://www.gisti.org (2) http://www.labandepassante.org
6 avril 2010 17 heures
RETENTION DE GUILHERME PROLONGEE : IL EST EXPUSABLE A TOUT MOMENT
Mardi 6 avril, à l’issue d’une énième audience de justice la rétention de Guilherme HAUKA AZANGA a été prolongée de 3(ou 5) jours Il peut être expulsable d’un moment à l’autre. Guilherme est encore au CRA , mais ses affaires sont dans une voiture.
A 18 heures, les parents, se rassemblent à Lyon. Le prochain vol pour Luanda est demain soir, à Roissy
Nous devons obtenir la libération de Guilherme, pour lui, dont la vie est menacée en ANGOLA, et pour sa famille persécutée
Ministre de l’immigration
Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00 Standard 01 77 72 61 00
Secrétaire général secretariat.general@iminidco.gouv.fr
Secrétaire général : stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr
fax : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00
Ministre eric.besson@iminidco.gouv.fr
Matignon : http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire
Et là où se prennent les décisions
Elysée fax : 01 47 42 24 65
http://www.elysee.fr/ecrire/index.html
Maxime Tandonnet (conseiller immigration) maxime.tandonnet@elysee.fr
Pour Rocard la politique de Sarkozy est « une honte »
« Ce qui est insupportable, ce sont les quotas, c’est le principe que l’on doit chaque mois expulser un chiffre quelconque de gens (…) ça, c’est une honte, ce n’est pas la France de la déclaration des droits de l’homme », a déclaré, hier, sur RMC, Michel Rocard. Alors qu’on lui demandait si Éric Besson était un bon ministre de l’Immigration, il a répondu : « Je ne trouve pas. » « La difficulté du problème de l’immigration, c’est que c’est un problème qu’on ne peut pas traiter sans une certaine brutalité policière. En tirer fierté et la généraliser est quelque chose que je ne supporte pas », a encore ajouté l’ancien premier ministre socialiste.
L’arrestation tombe mal. Il y a quelques jours, une famille kosovare était arrêtée dans une communauté d’Emmaüs à Bourg-en Bresse. Dans un communiqué, l’association précise que « le papa, la maman et leurs enfants âgés de cinq et sept ans, tous deux scolarisés, ont été mis dans un avion (privé et affrété spécialement – NDLR) et expulsés alors même que la maman est enceinte de cinq mois et suivie pour des troubles psychiques ». Dans le même temps, le ministre de l’Immigration, Éric Besson, tentait de jouer le respect et « la dignité » des personnes en annonçant la fermeture de seize centres de rétention dont les conditions d’accueil n’auraient pas garanti « le respect des droits ». Au moment où les arrestations de compagnons d’Emmaüs se multiplient avec « pas moins de quatre (…) à travers toute la France », l’organisation « demande l’abandon d’une politique aveugle qui ne prend pas en compte la situation particulière de chaque personne, chaque famille sans papiers, et qui privilégie les chiffres de reconduction au détriment du respect de la personne humaine ».
Pourtant, après une première arrestation dans une communauté de Marseille, en février 2009, Éric Besson s’était engagé à sanctuariser les lieux d’aide humanitaire (centres d’accueil et de distribution alimentaire), ainsi que les alentours des préfectures où les sans-papiers présentent leurs dossiers de régularisation. « On commence à être très en colère vis-à-vis de ce genre de méthodes. Ou bien le ministre nous ment, ou bien il n’est pas écouté par les services », relève Christophe Deltombe, le président d’Emmaüs France.
En octobre 2009, le caractère inconditionnel de l’aide avait déjà été remis en cause lors d’une distribution de colis alimentaires des Restos du cœur à Rouen. En 2007, quelques mois après son élection, le président de la République avait pourtant assuré devant le Conseil économique et social : « Quand quelqu’un est dans la rue, on ne va pas lui demander ses papiers », avant de conclure par ces mots : « Toute autre politique est absurde et n’aura donc pas mon soutien. »
RESF info du 14 janvier 2010
Le Ministre de l’Expulsion à tout prix
Le ministre de l’immigration ou « ministre de l’Expulsion à tout prix » commence fort l’année. Après s’être vanté de son record d’expulsions effectuées, après avoir renvoyé des Afghans dans un pays en guerre, il diligente des expulsions express. Le ministre poursuit résolument son action de destruction.
Destruction du droit : expulsions sans laissez passer délivré par le pays, expulsions préparées à l’avance de façon à ce que le juge des Libertés ne puisse pas statuer sur la légalité de l’arrestation, expulsions réalisées avant même que la CNDA (Cour Nationale du Droit d’Asile) n’ait pu statuer, expulsions au mépris du droit à vivre en famille reconnu par la convention internationale des droits de l’enfant.
Destruction des familles par expulsion d’un des parents, destruction des ressources de la famille quand un père qui travaille disparaît,
Destruction des valeurs humaines élémentaires : familles entières surprises au saut du lit, enfants arrachés au sommeil, embarqués, trimballés de commissariat en Centre de rétention, puis expulsés immédiatement par tous les moyens, sur des avions de ligne ou sur des vols spécialement préparés et quelque soit le sort qui leur est promis à l’arrivée.
Arrestation sur le lieu de travail, dans un centre d’hébergement, dans les transports en commun, tout est bon pour faire le chiffre dont le ministre se vante.
Il est grand temps de mettre un terme à ces ignominies. Il est temps de supprimer un ministère honteux. Il est temps de changer les lois qui fabriquent les sans papiers et qui empêchent de régulariser.
La France va de nouveau expulser dans un pays en guerre, l’Afghanistan, des ressortissants afghans en situation irrégulière, a confirmé le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.
Plusieurs organisations d’aide aux sans-papiers, comme la Cimade, ont annoncé que la France avait l’intention d’expulser dans la journée par charter vers leur pays au moins neuf immigrés clandestins afghans.
Selon RTL, un vol groupé franco-britannique décollera ce mardi soir avec des clandestins afghans à bord. Il est prévu à 22h30 (21h30 GMT) au départ de Roissy, avec une petite dizaine de migrants en situation irrégulière à bord, précise la radio.
Interrogé par Reuters, le ministère de l’Immigration, dirigé par Eric Besson, n’a souhaité faire aucun commentaire.
Invité sur RTL à confirmer ces expulsions, Claude Guéant a répondu : "Il y en aura sans doute dans les jours qui viennent."
"Je ne sais pas si c’est ce soir qu’il y aura des retours d’Afghans dans leur pays mais sur le principe, je remarque que le Royaume-Uni reconduit chaque année plus d’un millier d’Afghans dans leur pays avec un accord avec la Commission européenne des droits de l’homme", a-t-il souligné. "Je ne vois pas pourquoi la France ne le ferait pas."
Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a dénoncé des "charters parfaitement injustes".
"Aujourd’hui, sur le dos de la communication gouvernementale, on joue avec le sort d’hommes et de femmes qui sont renvoyés dans des pays extrêmement dangereux pour eux", a-t-il dit sur Europe 1.
Pour le porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Alain Vidalies, "dire qu’il y a des zones sécurisées en Afghanistan c’est pure invention".
Le député a confirmé l’intention de son groupe de déposer une proposition de résolution demandant la mise en oeuvre d’une "protection temporaire" des Afghans réfugiés en France et dans les autres pays de l’Union européenne.
Il a reconnu que si cette résolution était votée, le gouvernement français n’était pas obligé d’en tenir compte.
Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, a déclaré pour sa part que son camp apportait "naturellement" son soutien au gouvernement dans ce dossier.
"Autant nous sommes très déterminés en matière d’intégration, autant nous avons toujours affiché une détermination totale dans la lutte contre l’immigration clandestine et dans l’application des conventions qui nous unissent à certains pays", a-t-il dit
Commentant, le 26 novembre, le naufrage d’un kwassa-kwassa entre Anjouan et Mayotte, le ministre de l’Immigration et de l’identité nationale a exprimé « [sa] grande émotion ». Avant de détailler un dispositif démesuré pour intercepter les migrants dans cette zone : système de visa biométrique, brigade mobile de recherche de la police aux frontières, installation de 3 radars sur les côtes de Mayotte pour détecter les embarcations, patrouilles permanentes de vedettes de la police aux frontières, de la gendarmerie et de la douane. En conclusion, Éric Besson se félicite le plus cyniquement du monde de la reconduite aux Comores, depuis le début de l’année 2009, de 17 555 personnes.Minarets… combien de divisions ?
Ils n’en démordent pas et voudraient bien faire du XXIe siècle celui de la guerre des civilisations. Les uns sont suisses et d’extrême droite, habiles à agiter la menace de l’érection d’un minaret sur chaque alpage, assimilant les musulmans aux intégristes, voire aux terroristes, dépeignant le Coran comme le nouveau coucou logé dans le nid helvétique. Les autres sont français, confortablement installés au pouvoir. Ils sont même le cercle rapproché de Nicolas Sarkozy, sa garde prétorienne. Ils brandissent des peurs identiques et encouragent de semblables rejets. À peine connu le lamentable résultat du scrutin dans la Confédération, que le secrétaire général de l’UMP susurrait qu’on n’avait pas « forcément besoin » des minarets en France, avant que son bras droit (évidemment !) Dominique Paillé déclare que si les salles de prières sont « évidemment tout à fait indispensables, il n’en va pas de même pour les minarets ».
Voilà comment faire d’un problème inexistant un sujet d’affrontement. La Suisse comptait en tout et pour tout quatre minarets ! Combien la France en compte-t-elle ? Mais la droite ne rate jamais une occasion de dresser une catégorie de Français contre une autre, de désigner des boucs émissaires, de paralyser les énergies en suscitant des angoisses. L’UMP, combien de divisions ? pourrait-on interroger. La recette est éprouvée, c’est la même qui a servi à confectionner le répugnant brouet servi sur l’identité nationale.
Déjà le Front national réclame des droits d’antériorité et s’engouffre dans la brèche pour faire une fracture. C’est à son électorat que l’UMP fait de l’œil d’aussi triste manière, et les proches de Le Pen préféreraient qu’on fasse du Le Pen avec Le Pen plutôt que sous la bannière sarkozyste. Le président a endossé le bleu de chauffe pour les régionales, craignant un échec électoral et c’est lui qui a donné le ton en s’en prenant aux travailleurs sans papiers dont une écrasante majorité de Français juge l’apport utile à notre pays (sondage Ifop-l’Humanité). La droite reste le parti de la peur, sollicitant sans vergogne les ressorts de la xénophobie.
Derrière ce rideau de fumée, l’UMP voudrait bien dissimuler les menaces que ses mesures sur les collectivités font peser sur la démocratie de proximité. En suggérant un péril musulman, elle veut détourner l’attention des vrais problèmes qui pourraient unir contre elle croyants de toutes obédiences et non-croyants, jeunes des quartiers populaires et retraités des zones rurales, salariés du privé, du public et chômeurs. Citons-en quelques-uns qui ne font pas les gros titres des journaux télévisés. Un tiers seulement des jeunes de moins de trente ans disposent d’un emploi stable, 33,1 % des habitants des zones urbaines sensibles vivent en dessous du seuil de pauvreté, l’écart grandit brutalement quant à la réussite scolaire entre les jeunes des cités et ceux des beaux quartiers, 59 % des salariés se sentent « perdants » dans leur relation au travail…
Une nouvelle espérance est à construire qui rende impossibles les replis communautaires et intégristes, parce qu’elle se fonde sur la citoyenneté, l’égalité, la solidarité, la justice. Puisque la droite prône l’inverse et que les hommes du président s’attachent à tétaniser l’électorat, la tâche en revient donc à la gauche, à condition qu’elle délaisse ses tentations libérales. Le Front de gauche proclame cette ambition. À suivre lors du scrutin régional.
Le nouveau projet de réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dit loi CESEDA, confirme le saut inquiétant dans la manière dont la droite entend organiser les rapports sociaux dans notre pays.
Non seulement ce texte codifie la précarisation massive de femmes et d’hommes, mais il les désigne comme jetables, superflus. Des hommes et femmes à qui la qualité de citoyen est déniée au point de ne les considérer qu’en terme de rapport économiques, de catégories exploitables à merci.
De façon générale, la droite prétend substituer à ce qu’elle appelle une “immigration subie” une immigration dite “choisie”.
Ces qualificatifs sont honteux, stigmatisants, d’essence xénophobe, colonialiste. Honteux vis-à-vis de tous ces migrants désignés comme intrus, à qui la France doit pourtant beaucoup, quels que soient leurs métiers. Honteux vis-à-vis de celles et ceux qui entreront dans les quotas définis, les “choisis”, leurs propres compétences ne leur seront reconnues que pendant la durée du contrat de travail, dans le temps utile à l’économie. ..
Cette définition d’immigration “choisie” repose sur des mensonges, sur une véritable une hypocrisie d’État.
Ce n’est pas seulement une remise en cause supplémentaire. L’esprit de la loi porte atteinte à toute notion de société solidaire, fraternelle, de coopération et de respect.. Les valeurs de la République sont méprisées.
Cette loi va fabriquer des sans-papiers.
Cela vise à produire ce que nous appelons l’immigration jetable.
Regroupement familial
Selon les statistiques officielles, ces dernières années, l’essentiel des “nouvelles entrées” sont dues au regroupement familial. 79% des entrées en 2004 selon l’INSEE.
C’est donc d’abord le droit au regroupement familial qui est mis en cause.
Ils veulent restreindre, de manière drastique, le droit au séjour pour les familles, les conjoints, les enfants, de toutes celles et ceux qui construisent leur vie en France .
Des enfants, des jeunes, des hommes et femmes qui veulent tout simplement vivre en famille vont devenir personna-non grata en France au nom de l’immigration subie !
Si ce projet est adopté, il ne fera pas bon s’aimer entre Français-e-s et étranger-e-s, vouloir vivre avec sa famille ou avoir des enfants.
Durant les quatre premières années de mariage un-e époux-se- pourra être expulsé (Art 131).
C’est ainsi que les parents migrants seront, à priori, soupçonnés de paternité de complaisance, que les mariages seront soumis à suspicion généralisée... Le soupçon de paternité frauduleuse est étendu et devient un à-priori ( art 62 ).
Le certificat d’hébergement, déjà inadmissible en soi, sera en plus soumis à “appréciation” du maire (Art 321).
Un “engagement républicain personnel” sera exigé ( Art 313, 314, 317, 411 )
Pour avoir la carte de séjour “vie privée et familiale”, il faudra non seulement justifier de liens personnels et familiaux mais ceux ci devront être “durables, stables et intenses" (Art 26). Qui jugera de l’intensité et comment ? Voilà le genre de promesse d’arbitraire dont fourmille le projet.
L’obtention d’un titre de séjours va devenir particulièrement difficile. La quasi-disparition de la carte de résident est entérinée.
La multiplication sans fin des conditions rendra l’espoir de la régularisation bien vain.
Ajoutons les articles qui rendent très difficile la naturalisation. Les mêmes conditions sélectives y sont répercutées.
Le Contrat d’intégration
Il devient, ce qu’on pouvait craindre, un contrat de mise sous surveillance, de suspicion de précarisation.
L’“engagement républicain” est la pierre angulaire de ce contrat de ses conditions et de ses objectfs, de l’évaluation.
Ce sera un élément important du tri de l’immigration “choisie”, de sa mise en conditions, sous surveillance. Il sera posssible de s’en servir comme d’une épée de Damoclès, au-dessus du migrant rappelé ainsi au devoir de se tenir à carreau.
L’article de la loi précédente, article 26, qui permettait de régulariser une personne ayant 15 années de présence en France, est abrogé.
En conséquence, les sans-papiers le seront à vie. C’est-à-dire exploitables à merci, terrorisés par l’Etat qui fera peser une menace permanente d’expulsion.
Quant aux travailleurs, aux salariés, les conditions posées pour l’octroi de la carte de résident vont avoir le même effet.
Les cartes de travail vont devenir particulièrement précaires, en fait c’est le patronat qui en décidera (Art 313 ).
Le licenciement vaudra perte de carte de séjour. Que va-t-il advenir ?
Autre exemple, on veut supprimer la possibilité d’avoir une carte de travailleur temporaire si la demande ne s’en fait pas depuis le pays d’origine ? Que vont devenir les travailleurs saisonniers qui vivent en France ?
Toute la logique du projet est celle d’une immigration jetable, c’est une fabrique de sanspapiers.
Travailleurs temporaires
L’employeur qui n’a pas réussi à pourvoir une offre dûment communiquée aux services compétents dans un délai de 3 mois, pourra faire venir de droit un étranger dans ce cadre.
Cette carte deviendrait la norme, à la différence de la carte “classique” mention “salarié” qui serait, elle, destinée à des étrangers déjà sur place.La reprise officielle de l’immigration de travail, ainsi définie, suppose l’éviction de l’article R. 341- 4 du Code du travail.
Le travailleur temporaire va se trouver dans une situation de subordination extrême à l’égard de son employeur qui, outre la pression inhérente à toute relation de travail, aura le pouvoir de décider de son maintien sur le sol français. En effet, si le contrat de travail est rompu, alors la carte de séjour est d’emblée retirée.
Salariés
Titre d’une durée de 18 mois au lieu de un an, la “situation de l’emploi” lui étant opposable.
Compte tenu de l’évolution de la carte “travailleur temporaire” (ci-dessus), ce titre pourrait devenir assez rare ;
Travailleurs saisonniers
Pour ces travailleurs dotés de CDD (emploi saisonnier tel qu’il est défini par ce Code du travail), la réforme propose une condition qui jusqu’alors n’existait pas, à savoir une résidence habituelle hors de France. Le titre de séjour est délivré pour une période de trois ans et permet à son titulaire d’exercer des travaux saisonniers n’excédant pas six mois sur douze.
L’allongement de la durée du titre (actuellement le droit au séjour et au travail sont fixés à six mois, avec une prolongation possible de deux mois) permettrait aux employeurs de compter sur un volet de travailleurs saisonniers sur une période plus longue.
La nouvelle obligation de résider hors de France pendant six mois au moins peut condamner des saisonniers à être dépourvus de protection la moitié de l’année où il lui est strictement interdit de travailler. En effet, le critère de territorialité joue un rôle majeur en matière de protection sociale ; or on exige du salarié qu’il ait formellement établi sa résidence habituelle hors de France.
Détachés internes
Ces salariés bénéficieront d’un titre d’une durée de validité de trois ans, renouvelable, durée pendant laquelle ils pourront travailler en France dix-huit mois au maximum. Ce statut facilitera le détachement à l’intérieur d’une même entreprise, dans la mesure ou celle ci comporte des établissements situés en dehors du territoire français, ou à l’intérieur d’un même groupe, comportant des entreprises de nationalité différente.
Ce statut est donc destiné à des personnes travaillant - et résidant habituellement - hors de France et qui viennent dans le cadre d’un détachement travailler, pendant un temps déterminé, pour un établissement ou une entreprise situé en France. L’opposabilité de la situation de l’emploi n’est pas applicable.
“Capacités et talents”
Cette nouvelle carte de séjour, de trois ans renouvelables, se veut attractive. Elle permettra d’exercer toute activité professionnelle et de faire venir librement sa famille (conjoint et enfants nés du mariage) en dehors de la contrainte du regroupement familial. Les membres de la famille recevront un titre “capacités et talents”, quand d’autres ne se voient délivrés qu’un titre temporaire d’un an soumis à condition quant à son renouvellement.
Ce statut est manifestement fait sur mesure pour attirer ceux dont la présence en France est particulièrement souhaitée en raison de leur aptitude à participer de façon significative et durable au développement de l’économie française ou au rayonnement de la France dans le monde ou - accessoirement - au développement de son propre pays. “Nul ne peut obtenir la carte... s’il n’a été choisi par l’autorité administrative compétente”.
Professions soumises à autorisation
Il s’agit des professions libérales ou indépendantes. Les pouvoirs publics, par ce statut, entendent mieux contrôler l’exercice de ces professions et récupérer ainsi une partie de celles qui se trouvaient sous le statut curieux de “visiteur”. La carte, valable dix-huit mois, devrait porter comme mention la profession exercée. Comme pour la carte “salarié” et celle de “commerçant” ou “artisan”, le renouvellement est possible pour une durée supérieure à un an et ne pouvant excéder quatre ans, mais il est soumis à certaines conditions, à savoir la qualification professionnelle, le niveau d’études au moins équivalent à la licence, et l’activité professionnelle
Professions commerciales, artisanales, industrielles
Relevant des dispositions du Code de commerce. Hormis la durée de validité de la carte portée à dix-huit mois, il n’est à noter aucun changement par rapport à la situation actuelle.
Sa délivrance suppose d’avoir vérifié notamment l’inscription de l’entreprise au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers ;
Autre sujet d’inquiétude et autre motif de refus de cette loi. C’est ce qui permet de la caractériser comme loi colonialiste. Au nom de l’immigration “choisie”, le gouvernement s’apprête à piller des pays déjà en difficulté.
On crée pour cela une carte appellée “compétences et talents” (Art 13), créée pour appliquer l’article 1, lui même nouvellement rédigé afin d’entériner des quotas.
Le pouvoir veut faire son marché, trier les migrants et les soumettre.
C’est un nouveau pillage des pays du Sud, en plus des matières premières celui des cerveaux. Ils le disent crûment.
Le ministre des Finances à révélé l’existence d’un rapport intitulé Immigration sélective et besoins de l’économie. Douze secteurs de travail sont ciblés. Les emplois visés sont ceux de métiers très qualifiés. Cadres commerciaux, cadres technico-commerciaux, personnels d’étude et de recherche, enseignants..
Constatons que, dans le même temps, on refuse de reconnaître pleinement les médecins à diplômes étrangers exerçant en France.
Pourtant, par exemple, les services d’urgences des hôpitaux ne pourraient fonctionner sans eux.
Il n’est envisagé aucune contre partie, aucune réciprocité. La question de l’intérêt des autres pays, de ces peuples n’existe pas. Les crédits à la coopération ne cessent de diminuer depuis des années, rien n’est prévu pour inverser la tendance.
Rien n’est prévu pour sécuriser les statuts et permettre à ces personnes compétentes de mettre leur connaissance au service des deux pays quand elles le souhaitent. Nous proposons de le faire, en cohérence avec notre projet de sécurité emploi-formation. Nous proposons donc une tout autre orientation.
Ce pillage colonialiste est conforme aux stratégies des grands patrons, celles qu’ils développent de sommet de Davos en conférence de l’OMC, du FMI. Lors du Forum social de Bamako, nous avons débattu de cela et abouti à de toutes autres propositions pour un autre monde.
Sur le plan du travail, ce projet instaure une véritable dépendance du migrants, “compétents” (sic), vis-à-vis de son employeur. Ces dispositions sont terriblement conformes à la gravité de l’attaque générale contre le code du travail et les protections sociales.
Colonialiste dans son esprit et dans la lettre, il vise au pillage de compétences dans des pays déjà en difficultés graves. Ils se situent à l’opposé de ce qui émègre dans les forum sociaux comme celui tenu à Bamako en janvier.
La précarité n’est plus l’exception, mais la norme sociale à laquelle nous devrions nous habituer.
Il y a une terrible cohérence entre le contrat nouvelle embauche, le contrat première embauche, la directive Bolkestein, la casse du code du travail, et cette loi de précarisation des migrants.
Loi ethnique, racialisante, colonialiste, elle substitue la peur la méfiance, la division, le pillage, aux critères du lien social, du vivre ensemble républicain, a savoir l’égalité, la solidarité.
Ils veulent développer des stratègies de peur, de précarité généralisée ou chacun se méfie de chacun, ou la concurrence règne sans limite.
Ce projet entérine et aggrave la mise en cause du droit d’asile. D’ailleurs, ce droit faisait jusqu’à présent l’objet d’une loi particilière, pour distinguer migration et asile, conformément aux textes internationaux. Le code proposé amalgame immigration et asile. Les limitations imposées au droit d’asile en feront aussi une fabrique de sans-papiers.
Se reporter à cette déclaration du ministre français de l’Intérieur : “La France est restée en 2004 et 2005 la première destination mondiale des demandeurs d’asile. Cette situation est anormale car elle ne tient pas seulement à la tradition d’accueil de notre pays. Elle s’explique aussi par le caractère incitatif de certaines de nos procédures”.
On y apprend :
a) que par “monde”, il faut entendre le seul hémisphère nord, ce qui va avec le projet français et européen d’“immigration choisie”, les étrangers issus du Sud n’ayant guère de valeur intrinsèque puisque n’appartenant pas réellement au monde ni - par induction - à l’humanité ;
b) qu’une bonne politique de l’asile est répulsive ou dissuasive, c’est-à-dire qu’elle neutralise l’idée même d’une protection possible en France et en Europe ou, à tout le moins, que, sur le plan des avantages comparatifs (les chances de protection selon les régions du monde), elle se situe au plus bas degré de l’échelle qualitative.
Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, a demandé, lundi 6 février, aux préfets, d’appliquer avec “énergie” les mesures permettant d’expulser les demandeurs d’asile déboutés de leur requête. “Le maintien sur notre territoire de demandeurs d’asile déboutés est une composante majeure de l’immigration clandestine. J’attache donc une grande importance à ce que vous appliquiez avec énergie ces mesures”.
Il a répété son objectif de 25 000 expulsions en 2006, contre près de 20 000 en 2005, en hausse de 26% environ. Des objectifs chiffrés par département doivent être transmis aux préfectures.
“Un décret en cours de préparation va réduire à 15 jours, au lieu d’un mois, le délai de recours devant la commission de recours des réfugiés” contre une décision de l’OFP
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2. Alex Le 21/02/2009 à 03:15