Avec vous, aujourd’hui, l’émotion me gagne car je sais que nous participons à une aventure collective qui nous dépasse. Oui, l’émotion me gagne car chacun des discours prononcés ici est plus qu’une addition d’intérêts partisans. Oui, l’émotion me gagne car il y a une force qui nous soude et nous donne l’énergie de combattre : cette force, c’est l’intérêt général ! Oui, avec le « Front de gauche », avec tous nos partenaires, avec vous les militantes et les militants, parce que nous défendons l’intérêt général, parce que notre force est l’unité, parce que notre combat est le changement, oui, ici, amis, camarades, nous sommes l’espoir d’une gauche qui gagne parce qu’elle se relève, les yeux grands ouverts sur son peuple, sur ses souffrances et sur sa responsabilité. *** Sa responsabilité, car l’Humanité toute entière est placée devant une alternative simple. Choisir de poursuivre la guerre économique et accepter les règles du capitalisme, c’est choisir que les deux milliards d’êtres humains qui vont voir le jour, connaîtront la famine et le manque d’eau. Choisir la guerre économique, c’est choisir la mise en concurrence des peuples et la surexploitation des salariés. Choisir la guerre économique, c’est choisir que plusieurs centaines de millions d’êtres humains deviendront des réfugiés climatiques. Il existe un autre choix. Il est permis d’espérer. Il est permis d’espérer que l’aventure humaine, celle de la démocratie, celle de l’éducation, celle de la science, celle des arts, celle de la libération des femmes, il est permis d’espérer que l’aventure humaine repoussera le capitalisme dans le bazar des systèmes archaïques pour choisir la paix économique, le développement coopératif, la mise en commun de l’intelligence et du travail. Regardez les pubs à la télévision : elles sont un miroir de notre société. C’est une invitation permanente à consommer. Je possède donc je suis. Regardez les stratégies développées dans les entreprises comme à France Télécom. On conditionne les individus à accepter que la « survie » de l’un soit au prix de l’écrasement de l’autre. Regardez ces ministres user du racisme et de la xénophobie comme arguments électoraux. Regardez-les, à l’UMP, utiliser la peur comme méthode de gouvernement. Notre combat politique, notre combat contre la « bande du Fouquet’s », cette alliance de la finance et du populisme, ce n’est pas seulement un combat revendicatif, c’est aussi un combat éthique, c’est un combat de société. La gauche est condamnée à changer. Si elle continue de radoter avec son social-libéralisme, elle disparaîtra. En Amérique latine, en Europe, en Afrique, en Asie nous sommes face à un même défi : inventer un socialisme d’émancipation, faire bouillir la marmite des idées, forger l’alliance nouvelle et fraternelle entre mouvements sociaux, intellectuels et politiques. Aujourd’hui, notre rassemblement, le « Front de gauche » lève cet espoir nouveau. Et permettez moi de vous le dire, comme Secrétaire nationale du Parti communiste français, j’ai de la fierté à être avec vous ce soir. Alors que démarre la campagne, je veux m’adresser à nos concitoyennes et à nos concitoyens : ne tombez pas dans le piège de l’abstention tendu par le gouvernement. A chaque fois que l’esprit de cour triomphe, à chaque fois que les affairistes l’emportent, dites vous bien que l’abstention fait partie de leur stratégie. Car ils veulent dégoûter de la politique pour mieux diriger le peuple. Alors, à toutes celles et ceux qui n’ont pas de Rolex je dis : n’écoutez pas ceux qui parlent à vos peurs et vous méprisent, écoutez ceux qui parlent à votre intelligence, votez, faites voter pour les listes du « Front de gauche ». *** Vous avez aimé les vœux de Nicolas Sarkozy ? Non ? Moi si. J’ai beaucoup apprécié le couplet sur la crise quand il dit « notre pays a été moins éprouvé que beaucoup d’autres (…) et nous le devons à notre modèle social ». Quand je l’entends, il me fait penser à un boxeur qui serait aussi dentiste. Au pouvoir, il vous démolit le portrait. En campagne électorale, il vous propose de vous refaire les dents… La suite du discours est d’ailleurs limpide : après avoir cajolé notre modèle social, il annonce la couleur : cap sur les retraites et les dépenses publiques, nouveaux pilonnages en vue. La « bande du Fouquet’s » a installé de nouveaux féodaux qui regardent avec gourmandise la protection sociale. Et bien, je propose à Nicolas Sarkozy de mettre ses potes au régime ! Ils se sont assez gavés : bas les pattes ! Et si nous défendons la protection sociale, c’est au nom des valeurs mais c’est aussi au nom de l’efficacité. Prenons un exemple concret, la santé et comparons. La France consacre 10% de sa richesse à la santé. Les Etats-Unis y consacrent eux, pour l’instant, 15% de leurs richesses. On pourrait donc penser que les Américains sont mieux soignés que les Français. Or, c’est le contraire. Quelle est la différence ? Les actionnaires, les profits. Une santé privée, si on compare les réalités, c’est plus cher et ça marche mal. Et pour les retraites, c’est pareil. Il serait moins coûteux d’instaurer une fiscalité sur le capital financier, d’arrêter la spirale des baisses de charges et de mener une politique de développement de l’emploi qualifié. Pas de miracle, le prix à payer pour sortir de la crise du financement, c’est de sortir du « laisser-faire » libéral. Pas touche à nos retraites. *** Alors qu’à nos côtés se tiennent des travailleuses et des travailleurs en lutte pour leur régularisation, permettez moi d’adresser un message à Eric Besson. Monsieur Besson, il y a plus de points communs entre un ouvrier français et un ouvrier sans-papiers originaire d’un village d’Afrique, qu’entre ce même ouvrier français et tous les membres de votre gouvernement. Ces ouvrières et ces ouvriers en lutte réinventent la grande promesse de liberté que le peuple a fait à notre pays en 1789. Au fond, la France est bien plus présente auprès de ces ouvrières et de ces ouvriers que sur les bancs du gouvernement. Solidarité ! Justice ! Régularisation ! Au gouvernement, je veux rappeler le sens du mot fraternité qui est une valeur essentielle, fondatrice de la République. La fraternité, c’est reconnaître en l’autre une sœur, un frère, c’est sortir du tribalisme, c’est aimer à l’échelle de l’Humanité, c’est reconnaître notre communauté de destin. Et alors que j’apprends que France 2 va donner encore cette semaine plus d’une heure d’antenne à Eric Besson et à Marine Le Pen pour débattre de l’identité nationale, ce soir là, faites un geste pour la France : éteignez votre télévision ! * En ce début d’année, le chiffre est tombé : un million de chômeurs sont en fin de droit. Le gouvernement a renfloué les banques. Je demande aujourd’hui au gouvernement l’égalité. Je demande au gouvernement d’appliquer aux chômeurs en fin de droit la même solidarité qu’avec les banques. Je demande au gouvernement de continuer à verser leurs indemnités aux victimes de la crise. Et pour que d’autres salariés ne vivent pas ce même drame, la loi doit interdire les licenciements boursiers. *** Et puisque nous parlons d’égalité, saluons les guadeloupéennes et les guadeloupéens et tous les Antillais qui manifestaient hier pour le respect des engagements pris par le gouvernement et le patronat, solidarité avec le LKP ! *** Pour Copenhague, Nicolas Sarkozy nous en a promis. Pendant trois mois, il s’est présenté comme le Zorro de l’écologie mondiale. Raté. En fait de Zorro, il est surtout le Zéro de l’écologie. « La bande du Fouquet’s » est incapable de comprendre que la crise écologique ne peut trouver d’issue que dans le recul mondial des intérêts privés. La tache des dix années à venir, c’est de faire de l’eau, de l’énergie, de l’air des biens communs de l’humanité et de créer des services publics mondiaux. La tâche des dix années à venir, c’est de faire émerger, contre les impérialismes, le besoin d’une monnaie commune mondiale qui permette d’investir dans le développement et de stopper les guerres monétaires. La tâche des dix années à venir, c’est de sortir de la dictature de l’OMC et du G8. Prenons un exemple concret : la fabrication d’un jeans d’une marque connue. Le coton vient du Bénin. Les fils à coudre sont produits en Irlande puis sont envoyés en Espagne pour être teint. Puis ils partent à Tunis pour être mis en bobine avant d’être expédiés à Ras Djebel, petit village à une bonne heure de route de Tunis. Le polyester est acheté au japon ainsi que la fermeture éclair, qui elle est produite en France. Les rivets et les boutons sont achetés à une entreprise allemande qui importe d‘Australie. J’oublie la toile qui est fabriquée à Milan ou peut-être à Francfort. Vous êtes perdus ? Moi aussi ! La seule chose à retenir, c’est que l’on dépense des tonnes de pétrole dans un seul but : rechercher à chaque étape des salariés les plus mal payés. Alors, mes Amis, mes Camarades, soyez libres, pensez tout haut ce que vous savez depuis longtemps. Le libéralisme, n’est pas écolo-compatible. Quand nous luttons contre la libéralisation du fret, nous sommes écologistes. Quand nous luttons pour une agriculture paysanne contre la grande distribution, nous sommes écologistes. Quand nous luttons contre la spéculation immobilière pour arrêter sans cesse de repousser les travailleurs loin de leur lieu de travail, nous sommes écologistes. Il n’y a pas d’issue à la crise écologique en mariant la carpe libérale et le lapin des bons sentiments. Disons-le, il n’y a pas d’issue à la crise écologique sans service public, sans fiscalité sociale et écologique, sans maîtrise citoyenne des marchés. *** Alors, qu’aujourd’hui nous entrons pleinement en campagne, permettez-moi de vous parler à cœur ouvert. Ce qu’est devenue la politique , un spectacle, l’addition d’ambitions individuelles étriquées me fait honte. La République et sa promesse de liberté, d’égalité, de fraternité, c’est le seul bien de ceux qui n’ont rien. Ici nous devons l’affirmer : nous ne voulons pas faire de la politique comme les autres, nous voulons organiser le retour fracassant sur la scène politique du débat d’idées et des valeurs, de l’action pour que change la vie. *** Alors qu’aujourd’hui nous entrons pleinement en campagne, je suis fière que nos listes soient des listes 100% mouvement social. Oui, avec Didier Dreyfus, avec Bernard Defaix, avec tous ces syndicalistes, avec ces féministes, avec ces lycéens et ces enseignants en lutte pour une éducation de qualité, avec vous les postiers, je suis fière de mener ce combat. Et alors que la répression anti-syndicale s’abat sur les « Conti », sur les gazier- électriciens, à la RATP et sur tant d’anonymes, je veux prendre ici un engagement : les élu-es communistes, du Front de gauche seront des boucliers anti-répression. Nous nous engageons à assurer un « service maximum de soutien aux luttes ». *** Et nous allons le faire concrètement dans la gestion des Régions. Et je veux saluer parmi nous, celles et ceux qui sont tous les jours innovants, au service de leur population, ces Maires qui s’engagent aujourd’hui avec nous, tous ces élus des départements et des régions qui nous rejoignent et nous donnent leur expérience et leur générosité. Je ne prendrai que trois exemples de ce que nous pouvons changer. Le logement. Que l’on soit francilien, marseillais ou toulousain, la situation est la même : la spéculation repousse toujours plus loin celles et ceux qui vivent de leur travail. On parle des banlieues : mais ce sont les riches qui vivent dans des ghettos et instaurent un racisme social. Par une action foncière déterminée, nous pouvons créer plus de cinquante milles logements sociaux supplémentaires pour les étudiants, pour les jeunes salariés, pour les familles. Et j’ajoute, les Régions doivent s’engager et déclarer les expulsions hors-la-loi. Ensuite, l’emploi et j’ajouterai une nouvelle politique industrielle. Les Régions doivent faire un pas vers ce qui est l’objectif : la participation des salariés-citoyens et des élus du peuple à l’orientation de la politique de crédit des banques. En clair, nous proposons de créer des « fonds régionaux pour l’emploi et la formation ». Les grands groupes et les banques ne font pas leur boulot : et bien nous proposons dans les régions, dés demain, de commencer à le faire à leur place et d’œuvrer ainsi à la construction d’un pôle public bancaire au plan national. Il s’agit d’une politique de crédit nouvelle, une action économique d’avant-garde où les salariés entrent à la table des décideurs. Dernier exemple. La solidarité internationale et je pense au peuple palestinien. Au-delà des mots, nous proposons que les Régions s’engagent pour la coopération concrète, politique et matérielle avec les autorités palestiniennes. Oui, solidarité ! *** Chers Amis, Chers Camarades, Nous n’avons pas d’autres ennemis à gauche que la résignation et la passivité. La situation est difficile ? Et alors ? Des dirigeants socialistes sont encore dans l’impasse libérale… et alors ? D’autres boudent dans leur coin… et alors ? Parce que c’est difficile, nous devrions déposer nos armes aux pieds de la « bande du Fouquet’s » ? Non, aujourd’hui, ici, au Palais des Congrès, la gauche relève la tête. Oui, demain, dans les Conseils régionaux, nous ne serons pas des figurants aussi bougons qu‘inutiles, nous serons les artisans de vraies politiques de gauche, nous serons les artisans de majorités nouvelles. Et que les choses soient claires : durant cinq ans avec les élus du « Front de gauche » vous aurez des combattants des propositions que nous portons aujourd’hui. Dans un instant, c’est l’Ile-de-France qui va vous parler. Avec Pierre Laurent, avec toutes celles et ceux qui demain seront vos élus dans cette Région capitale, ce sont vos luttes, ce sont vos espoirs qui entreront au Conseil régional. *** Amis, Camarades, Parlons à toutes et tous, parlons au peuple de gauche. A vous les électrices et les électeurs du Parti socialiste, à vous qui êtes membres de ce parti, à vous les électrices et les électeurs de gauche, je vous le dis : le vote au premier tour pour le « Front de gauche », c’est le vote de fidélité à vos convictions, c’est le vote qui permet l’avenir, c’est le vote qui ancre à gauche et qui permet donc la victoire au second tour. A vous les ouvrières et les ouvriers déçus de la gauche, à vous les employés, à vous les paysans, à vous les femmes mal payées et précaires des supermarchés, des usines et des services à la personne, à ce peuple qui travaille dur et que personne ne reconnaît, je vous dit : vous produisez les richesses et ne récoltez que les miettes, vous êtes les plus nombreux et pourtant personne ne vous écoute, donnez-vous avec le Parti communiste français, avec le « Front de gauche », la force d’exiger le respect. A vous les chercheurs, à vous les professeurs d’Université, à vous les philosophes et les économistes qui aujourd’hui commencez à libérer notre pays de cette nuit de l’esprit dans lequel les libéraux l’ont enfermé, je vous le dis : nous avons besoin de vous, nous avons besoin de votre voix, nous avons besoin que les intellectuels reviennent sur la scène politique avec ceux qui luttent, avec le mouvement social et politique. Alors, oui, le vote pour nos listes sera le vote de « l’antisarkozysme utile », c’est-à-dire une sanction qui se transforme en action. Le vote pour nos listes sera le vote écolo - social. Le vote pour nos listes sera le vote de l’unité de la gauche, de l’unité du peuple qui lutte et qui espère. C’est le vote gagnant à gauche. Et aujourd’hui, militante-candidate, avec tous les communistes, avec tous nos amis, je suis impatiente d’être au pied des immeubles et devant les entreprises. Alors, dès demain, mobilisation générale. Je vous remercie.
Madame, Monsieur, Chers Amis, Chers Camarades,
Le Front de gauche (PCF, Parti de gauche, Gauche unitaire) va maintenant poursuivre son élargissement. Des groupes de travail ont été constitués avec d’autres forces sur le projet et l’intitulé des listes. Parallèlement, de premiers échanges ont eu lieu entre le PCF et ses partenaires sur la question des têtes de listes, ils se poursuivront. Une réunion nationale des animateurs de sections du PCF en donnera le coup d’envoi, le 5 décembre. Un premier meeting national des listes du Front de gauche élargi étant programmé, le 10 janvier, au Palais des congrès de Paris.

A l’occasion de la rencontre du 28 octobre 2009, entre le Parti de gauche, la gauche unitaire, le PCF, le NPA et d’autres formations de gauche, vous trouverez ci-dessous, une déclaration du Front de Gauche.
Nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n’étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs. Dans ce but, nous nous adressons aux organisations présentes dans ce groupe de travail pour conclure un accord national. Nous avons déjà des acquis. Nous avons dressé un certain nombre de considérants qui nous ont permis de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d’aller ensemble aux régionales. La plupart des mouvements réunis ici ont fait des déclarations et des offres politiques. Nous pensons que le moment est venu de nous prononcer sur des propositions très concrètes à même de constituer les bases de cet accord national : Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s’agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite. Paris, le 28 octobre 2009.
La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe écologie.
Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.
Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique proportionnellement au 1er tour. Nous demanderons le même engagement au PS et à Europe Ecologie.
Comment avez-vous réagi à l’agacement parmi vos partenaires du Front de gauche quand vous avez avancé, sur France 3, votre éventuelle candidature aux régionales en Ile-de-France ?
Jean-Luc Mélenchon. Pour être franc, j’ai été blessé par le ton inutilement agressif employé à mon égard. Je souhaite que plus jamais à l’avenir l’on ne se parle de cette façon. J’ai fait une offre de service pour affronter la droite après que des communistes l’eurent faite eux-mêmes. Cela n’est en rien une autoproclamation, qui n’est pas dans mon caractère.
Le PCF et le Parti de gauche n’ont visiblement pas la même appréciation sur les négociations en cours dans le cadre du scrutin régional, comment expliquez-vous ces différences ?
Jean-Luc Mélenchon. Je souhaite construire avec les communistes une grande force qui soit un acteur de la vie politique et non un simple complément électoral de telle ou telle autre grande formation. Nous avons donc besoin d’élargir notre alliance électorale et c’est évidemment du côté du NPA que se trouve la priorité. Sur deux questions essentielles, celle du deuxième tour et des exécutifs, je constate un mouvement. Toute l’autre gauche, NPA compris, accepte désormais de se regrouper au second tour sur une même liste de gauche pour battre la droite. Les communistes, quant à eux, estiment que la présence dans les exécutifs ne peut être automatique. A l’inverse, le NPA a signé le compte rendu de discussions dans lequel il est écrit en toutes lettres que l’on ne peut pas dire « jamais » : « il n’y a pas de refus de principe, dans toutes les circonstances, de gérer les régions. » C’est acté. Je trouve cette position plus sage. Si nous annonçons de manière inconditionnelle que nous allons dans les exécutifs dans les cas où les socialistes et les Verts sont en tête, ces derniers disposeraient de nous à leur guise. Je considère que nous avons fait un grand pas en avant. Mais il y a un préalable : il nous faut des listes autonomes de l’autre gauche au 1er tour.
La dynamique du Front de gauche peut elle être au rendez-vous des élections régionales ?
Jean-Luc Mélenchon. Pour moi, il y a le Front de gauche et l’alliance avec d’autres formations politiques, comme le NPA. Ce sont deux questions certes liées mais différentes sur le fond. Je dis et je maintiens -notamment compte tenu des progrès réalisés avec la constitution d’un comité de liaison permanent du Front de gauche et de la décision de rédiger des plate-formes partagées -que notre coalition peut et doit être l’aile marchante à gauche de ces élections régionales. Mais je mets en garde tous mes partenaires : si nous passons notre temps à discuter, nous perdrons l’initiative, l’attractivité, la crédibilité dont nous avons besoin.
Grenoble (Isère), envoyé spécial. Revisitée au travers de son actualité, dans les institutions, sur les lieux de travail ou dans les territoires, la démocratie était au centre des ateliers du projet qui se tenaient ce samedi à Grenoble. Citoyens, universitaires, représentants du PCF, du PS, du Parti de gauche, des Verts et de la Gauche unitaire ont exposé leurs visions et leurs arguments. Dans cette « zone grise de la politique » que constitue le sarkozysme, pour le magistrat Serge Portelli, la gauche « se tromperait lourdement » si elle oubliait que la manière actuelle de gouverner ne tient ni du « hasard, ni même du pragmatisme, mais d’une idéologie très précise ». Au coeur de celle-ci : une conception de « l’homme déterminé par ses tares, ses gênes », du gène du suicide à celui de la pédophilie, mais en aucun cas par son environnement social : « Tout ce que nous disent depuis plus d’un siècle les sciences sociales n’existe pas. » Le pilier de cette idéologie, c’est « la peur des autres, bien sûr, mais aussi la peur de soi, de sa propre part d’ombre », explique Serge Portelli. Ainsi tout devient « simple : il y a ceux qui ont fait le choix du bien et ceux qui ont fait le choix du mal ». Une fois évacuée la question de la complexité sociale, reste à apporter « des réponses, tout aussi simples et mécaniques ». Car, selon lui, la médiatisation de tel ou tel acte délictueux n’est que « l’occasion saisie par le pouvoir pour légiférer afin d’appliquer méthodiquement son idéologie ». « La démocratie meurt quand on brûle les livres, mais elle commence à mourir lorsque l’on brûle les mots », prévient celui qui propose à la gauche, face à la « novlangue sarkozyste », de « reprendre possession des mots, de redresser son discours ». Mais la gauche est également questionnée sur son rapport aux institutions. « Avant moi, les institutions n’étaient près moi, elles seront mauvaises, mais pendant que j’y suis, elles conviennent », ironise le constitutionnaliste Dominique Rousseau, faisant référence à François Mitterrand, l’homme du « coup d’État permanent ». Une légèreté pour la gauche à traiter la question institutionnelle qui s’est poursuivie sous l’ère Jospin avec l’inversion du calendrier électoral en 2002. À la clé, une présidentialisation du régime, et des députés privés de toute autonomie tant leur succès dépend désormais du résultat de l’élection présidentielle qui précède. En résumé, « la gauche est à l’origine de la pratique privative du pouvoir exercée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy ». Dominique Rousseau, la question institutionnelle est essentielle pour la démocratie. L’évacuer pose le risque d’imposer « une démocratie de d’acclamation » se substituant à de réels « espaces de délibération ». D’ailleurs, « les institutions sont considérées par Nicolas Sarkozy comme un obstacle à son pouvoir. Au moment où il parle, il voudrait que sa parole fasse droit », explique le constitutionnaliste. La démocratie a-t-elle pour destin de « s’arrêter aux portes de l’entreprise », aux frontières entre institutions et citoyens ? Maryse Dumas (CGT) plaide « pour de nouveaux droits permettant aux salariés de dépasser le lien de subordination qui les lie aux employeurs ». En jeu ? La possibilité donnée aux travailleurs « d’intervenir dans les choix économiques et stratégiques de l’entreprise ». La mondialisation et la financiarisation de l’économie conduisent à « une dissolution des lieux de pouvoir et de décision ». « Où sont-ils, qui sont-ils les actionnaires ? interroge la responsable de la CGT. Ces réalités nouvelles percutent le monde syndical autant que politique. » Mais elle se veut très claire : quelle que soit la légitimité de la représentation syndicale, « en aucun cas les accords trouvés au sein des entreprises ne doivent déroger à la loi ». À ce besoin de « démocratie sociale » s’ajoute la nécessaire « création d’espaces délibératifs au niveau des territoires » pour faire vivre une véritable « démocratie participative ». Fort de son expérience en Rhône- Alpes, où il a réussi à réunir plus de 400 citoyens vivant dans la précarité pour débattre de ces situations, le vice-président communiste de la région, François Auguste, travaille, lui, à reconnecter citoyens et institutions. Reste un immense chantier, où la question démocratique trouve parfois dans la pratique un début de réponse : l’immense succès de la votation citoyenne contre le changement de statut de La Poste n’en fait-il pas la démonstration ?
La Gauche unitaire va-t-elle participer aux ateliers proposés par le PCF et ouverts à toute la gauche, y compris au PS ?
Christian Picquet. Dès que Marie-George Buffet nous en a fait la proposition, nous avons été favorables à ce que ces ateliers soient coorganisés par le Front de gauche, afin d’approfondir la dynamique des européennes. Du retard a été pris. Mais c’est aujourd’hui ce qui semble se dessiner, puisque le PCF, le Parti de gauche et la Gauche unitaire sont d’accord pour en faire l’acte fort d’une clarification des positions en présence à gauche. Autant on ne peut imaginer une plate-forme partagée avec la direction d’un Parti socialiste toujours plus engagé dans sa dérive sociale-libérale, autant il n’y a rien à craindre de la confrontation publique avec elle, projet contre projet, proposition contre proposition. Des centaines de milliers de femmes et d’hommes, qui restent de coeur socialistes ou écologistes, sont complètement déconcertés. Il faut s’adresser à eux, les convaincre qu’une nouvelle gauche est possible.
Les trois composantes (PCF, PG et GU) du Front de gauche ont décidé de créer un comité de liaison. Dans quel but ?
Christian Picquet. La création d’un comité de liaison permanent concrétise la pérennisation du Front de gauche. Nos trois formations, sans rien renier de leurs identités, vont conduire des campagnes communes sur les urgences sociales et environnementales. Elles vont surtout se mettre au travail pour dégager les grands axes d’une plate-forme partagée en rupture avec les logiques libérales et capitalistes. Un cap est donc franchi.
Une plate-forme dans le cadre des élections aux régionales ?
Christian Picquet. Cela va bien au-delà des régionales. Il est vrai cependant que cette question n’est pas tranchée au sein du Front de gauche. Mais c’est dans la mesure où les rythmes de décision de ses différentes composantes ne sont pas les mêmes. Le PCF ne fera ainsi une offre politique que le 24 octobre. Ce n’est nullement dramatique. Notre Front est une construction inédite, où l’on progresse pas à pas et où l’on vérifie échéance après échéance qu’il est possible d’avancer. La dynamique n’en est pas moins donnée lorsque, trois mois après les européennes, la formation d’un comité de liaison permanent vient matérialiser qu’il est désormais une réalité aussi durable qu’incontournable !
Comment expliquez-vous les divergences qui se sont révélées ces derniers mois ?
Christian Picquet. Je suis convaincu que la déclaration aurait parfaitement pu être publiée avant la Fête de l’Humanité. Il est toutefois normal qu’entre nos courants, du fait de leurs histoires et de leurs traditions distinctes, il y ait besoin d’ajustements, de vérifications, de discussions sur des échéances qui, telles les régionales, nous confrontent à des questions stratégiques essentielles.
Quelle est la position de la Gauche unitaire sur le scrutin régional ?
Christian Picquet. Cette élection doit permettre d’affirmer un début d’alternative aux dangers de désintégration et de défaite dont le social-libéralisme menace toute la gauche, avec notamment le projet d’une alliance au centre. La reconstruction d’une perspective globale à gauche suppose l’indépendance par rapport au PS. Bien sûr, la gauche et la droite ne mènent pas les mêmes politiques dans les régions. Reste que les majorités dominées par le PS se sont le plus souvent inscrites dans une approche extrêmement consensuelle, évitant l’affrontement avec les logiques libérales et capitalistes, quoi qu’aient pu tenter les élus communistes ou certains écologistes. En conséquence, les deux orientations traversant la gauche doivent se confronter. Il n’est pas d’autre méthode que de faire juge le peuple de gauche. C’est à lui de déterminer le rapport des forces réel. La gauche de gauche n’est pas vouée à la marginalité et au témoignage, elle peut ambitionner de devenir majoritaire au sein de la gauche. C’est, me semble-t-il, ce qui justifie la présentation des listes autonomes du PS au premier tour.
Y a-t-il, selon vous, un changement de ton de la part du NPA depuis ses résultats aux élections européennes ?
Christian Picquet. Le NPA doit prendre acte de l’échec de son projet initial d’être la force hégémonique à la gauche du PS. Quand Olivier Besancenot déclare que la gauche est menacée d’un désastre à l’italienne, cela devrait le conduire à renoncer aux replis boutiquiers pour s’insérer dans la coalition la plus large possible, respectueuse de l’apport de chacun. Le NPA le fera-t-il ? Je vois bien que certains, en son sein, se montrent enclins à ne faire qu’un tour de piste pour décréter in fine que les conditions d’un accord ne sont pas réunies. Ainsi, l’exigence que la non-participation aux exécutifs régionaux soit une condition préalable à tout accord peut amener ce parti à refaire cavalier seul, comme aux élections européennes. J’espère ardemment que les militants sauront imposer un changement de cap.
La lecture de la déclaration commune aux forces libérales et anticapitalistes, publiée le 28 septembre 2009, ne laisse-t-elle pas un goût d’inachevé ?
Christian Picquet. Il est déjà très important que les forces autour de la table (FASE, GU, Alternatifs, NPA, PCF, PCOF, PG) affichent ensemble leur soutien aux mobilisations, leur souhait de dégager une alternative en rupture avec le système capitaliste et productiviste et leur volonté d’agir, en mars prochain, pour battre la droite et mettre en oeuvre, à l’échelle des régions, des programmes qui tranchent avec les logiques dominantes. Le Front de gauche a largement contribué à ce que la déclaration soit très claire sur ces points. Il convient encore de vérifier qu’il existe bien un accord sur une ambition commune. Pour sa part, la Gauche unitaire estime qu’une gauche de gauche rassemblée doit afficher sa vocation majoritaire, à gauche et dans le pays, si elle veut se hisser à la hauteur des enjeux, oeuvrer à la défaite de la droite et remobiliser l’électorat populaire.
Des divergences sur cette ambition dont vous parlez sont apparues entre les participants à la rencontre ?
Christian Picquet. La plupart des organisations ont affirmé qu’il fallait le rassemblement le plus large. À commencer par le Front de gauche, dont c’est la raison d’être. Du côté du NPA, les choses n’étaient pas encore aussi claires. Le point très positif est que tout le monde se retrouve autour de la même table et travaille, dans un cadre commun, à vérifier que les bases d’une campagne commune existent bien. C’est un point d’appui pour éviter la réédition des divisions du passé.
Entretien réalisé par Mina Kaci
Réunis le 23 septembre, les formations constitutives du Front de Gauche ont tenu à réaffirmer leur volonté de poursuivre, élargir, et enraciner le Front de Gauche dans la durée, dans les luttes et dans les urnes.
Ils souhaitent tout d’abord contribuer aux mobilisations nécessaires contre la politique de Nicolas Sarkozy, politique de casse de l’emploi et des services publics, de régression du pouvoir d’achat, de chasse aux migrants, de remise en cause des droits démocratiques et d’alignement sur les politiques libérales et sociales libérales qui dans le monde, tournent le dos aux besoins humains et aux équilibres écologiques. Ils ambitionnent de proposer un autre choix résolument à gauche. Le résultat du Front de Gauche aux Elections européennes confirme qu’il y a une attente dans notre peuple pour cela et que c’est possible. Rien ne peut détourner de la nécessaire construction, la plus rapide possible, d’une alternative réelle aux politiques libérales et capitalistes, d’une véritable proposition de gauche ayant vocation à construire des majorités d’alternative à la droite dans notre pays. Ils condamnent les tentatives de recomposition au centre autour d’alliances avec le MODEM qui sont vouées à l’échec, fondées sur la seule idée d’un front anti Sarkozy, incapables de proposer un programme alternatif à la politique de la droite et faisant, de fait, disparaître la gauche. Ils condamnent tout autant l’organisation de primaires en vue des élections présidentielles qui nient la richesse de la diversité à gauche, enferme celle-ci dans une concurrence des egos bien loin des préoccupations de la majorité de la population en butte aux conséquences de la crise économique, en particulier des licenciements. Ces constructions politiques délétères ont pour issue la victoire durable, électorale et idéologique, de la droite comme le prouve amplement la situation en Italie. Elles sont l’aboutissement logique du glissement progressif des politiques libérales et sociales-libérales suivies toutes ces dernières années en Europe et en France. Il y a urgence à construire de véritables réponses à la hauteur de la situation ! Les organisations du Front de Gauche, le PCF, le PG et la GU sont déterminées à mettre toutes leurs forces dans la construction des mobilisations sociales face à Nicolas Sarkozy et au MEDEF, à prendre toutes les initiatives pour construire une véritable alternative de rupture avec le capitalisme libéral. Elles décident déjà, en conséquence : Les trois partis conviennent d’une première réunion de ce Comité de liaison dès la semaine prochaine afin de détailler, préciser et mettre concrètement en place ces premières décisions. Bien sur, ils devront prendre au cours des réunions à venir du comité de liaison toutes autres initiatives nécessaires aux objectifs du Front de Gauche ; en particulier sur les moyens de porter leur plate forme partagée dans les luttes et les débats publics. Paris, le 25 septembre 2009
la création d’un « Comité de Liaison Permanent » du Front de Gauche permettant une coordination suivie de son activité au service d’un travail consistant à ancrer sa démarche dans les luttes et dans les urnes, pour poursuivre ce qui a été engagé au moment des élections européennes
de contribuer activement à la votation citoyenne du 3 octobre sur l’avenir de la Poste
d’organiser de grandes campagnes publiques sur les urgences sociales et écologiques de l’heure, à partir des trois propositions de lois des parlementaires du PCF et du PG et de l’affirmation d’une réponse écologique et sociale conséquente lors du sommet de Copenhague sur le changement climatique
d’ouvrir immédiatement un chantier pour élaborer une plate forme partagée du Front de Gauche, contenant les grands axes de l’alternative de rupture nécessaire face à la droite et des propositions d’urgence permettant de répondre aux exigences populaire, aux dégâts de la crise capitaliste et du productivisme.
Lors de la Fête de l’Humanité, vous avez appelé à un grand débat d’idées sur ce que doit être une politique de gauche. Pensez-vous avoir été entendue ?P>
Marie-George Buffet. J’ai le sentiment que l’appel que nous avons lancé a été une initiative politique qui a parcouru les allées de la Fête. Je pense qu’elle correspond très exactement à ce qu’attendent des millions d’hommes et de femmes aujourd’hui. Je participais mercredi au rassemblement des cheminots pour la défense du fret, au Bourget. J’ai été interpellée par plusieurs d’entre eux sur cette question. Dans mon intervention, j’ai parlé du Front de gauche, de l’alternative aux politiques libérales. Je ne supporte plus que la gauche ne soit présentée que dans la rubrique des fraudes, des rivalités entre dirigeants, des clins d’oeil au Modem, alors que nous vivons une crise internationale, sociale, démocratique, écologique. Beaucoup de gens pensent comme moi. Avec cet appel, ils se disent : « Enfin du concret ».
Vous proposez que des ateliers se tiennent à l’initiative du Front de gauche et soient ouverts à toute la gauche. Jean-Luc Mélenchon a exprimé son désaccord avec une présence du PS dans ces ateliers, dans la mesure où le Front de gauche ne saurait comprendre le PS. Un communiqué du Parti de gauche a confirmé cette position. Que lui répondez-vous ?P>
Marie-George Buffet. Il faut que le Front de gauche soit durable. Quand j’ai lancé l’appel à constituer un front de gauche, en octobre 2008, c’était dans la perspective des élections européennes. Le scrutin passé, nous nous sommes dit qu’il fallait continuer. Mais il faut l’élargir. Le Front de gauche a vocation à devenir majoritaire. Mon idée est très claire. Nous proposons aux organisations fondatrices du Front de gauche de se réunir rapidement, dès la semaine prochaine, pour préparer ces ateliers. Travaillons déjà entre membres fondateurs, éventuellement même à une plate-forme partagée pour aller à ces ateliers avec des propositions communes sur les grands sujets. Mais invitons bien toutes les autres organisations à en débattre, et surtout toutes les femmes et les hommes de gauche. Et attachons-nous bien à ancrer cette confrontation d’idées à partir des grandes revendications et des exigences portées par le mouvement social.
Il y a urgence non seulement parce que nous avons l’échéance des élections régionales de 2010, mais aussi parce que les hommes et les femmes qui sont aujourd’hui en lutte, en pleine crise du capitalisme, porteuse de tous les dangers démocratiques, sociaux et écologiques, ont besoin de raisons concrètes d’espérer. S’ils ont l’impression qu’à gauche rien ne bouge, qu’elle ne sortira pas du marasme décrit à la une des médias, qu’elle ne répond pas à leurs revendications et à leurs aspirations, l’horizon est bouché. Je dis à nos amis du Front de gauche : travaillons ensemble et organisons ces ateliers sans tarder. Nous avons la responsabilité de reconstruire une alternative à gauche et beaucoup de celles et de ceux qui résistent, qui construisent à gauche comptent sur nous !
Vous parlez d’élargissement du Front de gauche. À qui pensez-vous plus précisément ?
Marie-George Buffet. Nous devons nous tourner vers les autres formations de gauche et écologistes. Parlons des socialistes. Des dirigeants du PS, des présidents de région se tournent vers un parti de droite appelé Modem. Hier, le Figaro mettait à la une : « Modem-socialistes, les tractations ont commencé ». Le Parisien ouvrait ses colonnes à Martine Aubry : « J’accepte volontiers de rencontrer François Bayrou », tout en disant que sa priorité est le rassemblement à gauche ! Mais il y a aussi des millions d’hommes et de femmes, des militants, des élus et des électeurs socialistes qui ont envie d’être de cette gauche que nous portons avec le Front de gauche. Doit-on, parce que certains tendent la main aux libéraux, élever des barrières entre nous et ces socialistes ? Je ne suis pas d’accord avec cela. Je pense au contraire que nous devons tendre la main à ces hommes et à ces femmes et leur dire : venez débattre avec nous. Au Front de gauche nous avons commencé à travailler sur un nouveau projet pour l’Europe, les régions, notre pays, débattons, confrontons nos points de vue. Ces débats, nous les mènerons sous les interpellations des actrices et des acteurs des mouvements sociaux et démocratiques. Le but, je veux être très précise, c’est d’adopter des plates-formes partagées. Je souhaite qu’à la fin de chaque atelier, nous prenions acte des propositions qui nous réunissent. C’est sur cette base que nous pourrons nous rassembler, au lieu d’ériger des frontières infranchissables entre nous.
Ces différences d’approche découlent de conceptions différentes du Front de gauche…
Marie-George Buffet. Nous voulons un Front qui vive et qui grandisse avec les formations qui le composent. Nous n’avons jamais souhaité que nos formations se fondent. Nous voulons faire vivre nos partis. Mais le Front de gauche doit se développer, se tourner vers d’autres. Si nous le figeons, nous le figerons à 7 %. Mon but ce n’est pas de témoigner, mais d’agir. Nos concitoyens nous diront : est-ce utile de voter pour vous si vous ne créez pas les conditions d’une majorité populaire et politique ? Le désir profond du peuple de gauche, c’est que, dans les régions, au gouvernement et au niveau européen, les conditions soient créées pour des choix en rupture avec les logiques libérales, pour de nouveaux droits aux salarié-es, aux citoyen-nes, un pouvoir qui satisfasse leurs revendications. Le front doit être une dynamique.
La gauche dirige 20 régions métropolitaines sur 22. Des communistes siègent dans les exécutifs. Quel bilan en tirez-vous ?
Marie-George Buffet. Nos élus régionaux ont porté tout au long de leur mandat les propositions qu’ils avaient défendues, certains sur des listes autonomes au premier tour, d’autres sur des listes communes avec le PS. Quand on mesure le travail de vice-présidents au transport, les réalisations concernant les TER,
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