Retraites « L’avenir social des jeunes en jeu »
« Toutes les réformes des retraites ont été faites au nom des jeunes. Chaque fois, c’était le contraire », attaque Antoine Evennou, le président du syndicat lycéen UNL. Vendredi, sur le campus de l’université de Cergy (Val-d’Oise), il était l’un des quatre invités, avec la secrétaire générale de la FSU, Bernadette Groison, son homologue de la CGT, Bernard Thibault, et le président de l’Unef, Jean-Baptiste Prévost, à un débat sur la retraite. Une initiative s’inscrivant dans la campagne nationale lancée par une vingtaine d’associations de jeunesse (1) pour « faire entendre les exigences des jeunes ». Car la réforme de 2010 n’échappe pas à la règle : le gouvernement prétend une fois de plus œuvrer pour la nouvelle génération, les sacrifices qu’il réclame aujourd’hui assurant, selon lui, la pérennité du système. « En réalité, les mesures envisagées jouent contre les jeunes », montre Bernard Thibault. Parce qu’elles induisent une baisse des pensions dont le plein effet se fera pleinement sentir pour les générations à venir. Et parce qu’en affaiblissant ainsi le système solidaire, elles risquent de les amener à s’en détourner au profit de solutions individuelles. Ce n’est pas tout. « Étant donné la situation de l’emploi, remarque le président de l’Unef, vouloir faire travailler plus longtemps les seniors, c’est faire galérer plus longtemps les jeunes. C’est enfermer notre génération dans la peur du lendemain. » En lieu et place d’un allongement de la durée de cotisation et d’un report de l’âge légal, la responsable de la FSU défend la revendication d’une prise en compte des années d’étude et de formation dans le calcul des annuités. Ce serait le moyen, alors que le besoin d’élever les qualifications croît sans cesse, de garantir aux jeunes de pouvoir étudier sans être inquiétés par l’avenir. Interrogés sur les perspectives de la mobilisation, alors que le gouvernement s’apprête à rendre public son projet, Bernadette Groison et Bernard Thibault, après avoir exprimé leur « confiance » dans la solidité de l’intersyndicale après le congrès de la CFDT, en appellent à des arrêts de travail et des manifs « très très fortes » le 24 juin pour défendre la retraite à soixante ans. Tout en promettant, d’ores et déjà, de « maintenir la pression, poursuivre le débat, pendant l’été ».
Jeunes : priorité syndicale
Ils ont toute leur place dans la CGT. Mais encore faut-il les convaincre pour qu’ils adhèrent. En commençant par être à l’écoute de leurs attentes.
Un article de Cyrielle Blaire
C’est indiscutable. La CGT, comme les autres centrales syndicales, prend un sérieux coup de vieux. D’ici dix ans, un militant sur deux sera parti en retraite. Et la relève ne suit pas. Seuls 3% des nouveaux syndiqués ayant adhéré depuis le début de l’année à la CGT avaient moins de 26 ans. Les sondages soulignent pourtant que les syndicats ont la cote chez les jeunes : 68% disent avoir une bonne opinion à leur égard (BVA, 2008) ! Et les manifestations anti-CPE ont fait la démonstration que la jeunesse était prête à s’engager massivement dans des combats auxquels elle croit. Pourquoi alors les jeunes salariés ne franchissent-ils pas le pas de la syndicalisation ?
Un premier élément de réponse tient à la précarité des jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi. « Ils se disent qu’ils adhérero n t quand ils auront trouvé un emploi durable », résume la politologue Sophie Béroud. Sauf qu’entre les stages, les missions d’intérim et les CDD à répétition, cette stabilisation peut prend re des années. Mais cette insécurité n’est pas la seule explication. Le décalage générationnel est aussi en cause. « Le jargon des dirigeants et leur éducation politique, leur rapport à la communication les éloignent des jeunes, avance le sociologue Michel Vakaloulis. À la CGT, on parle “d’axes revendicatifs centraux”, mais les jeunes préfèrent se mobiliser sur un “ projet” ! ».
Le syndicat ne parle à l’évidence pas le même langage que la jeunesse. « Quand ils lisent nos tracts, ils nous disent : ça nous intéresse mais on ne comprend rien », pointe Yucel Basarslan, secrétaire de la Fédération du commerce.
L’intérêt est bel et bien là. Sous conditions. Car la nouvelle génération n’est pas disposée à entrer en « religion » . « Ils ont peur d’être formatés et se méfient de la “ligne” ou de l’idéologie. S’ils adhèrent, ce n’est pas non plus pour se sacrifier ou faire de la figuration mais dans une visée d’autoréalisation ! » a ffirme Michel Vakaloulis.
Les syndicats doivent aussi être audibles sur des sujets sociétaux qui interpellent ou concernent directement la jeunesse. Comme le racisme, la guerre ou l’écologie… « Nous ne devons pas hésiter à nous attaquer à des champs en marge du travail salarié que sont les stages, le logement et les modes de garde. Les collectifs Génération précaire ou Jeudi noir l’ont fait.Pourquoi pas nous avec notre force de mobilisation ? », insiste Fabrice Hallais du collectif jeunes diplômés de l’Ugict (cadres). « Et il faut que nous allions à la rencontre des jeunes sur les forums emploi et dans les universités ».
Car les jeunes, sous-informés sur leurs droits, attendent que l’on aille vers eux, et pas le contraire. « Des jeunes cadres nous disent qu’ils aimeraient bien se syndiquer mais qu’on ne leur a jamais proposé », note Caroline Blanchot, du collectif jeunes diplômés de l’Ugict.
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Aujourd’hui notre projet de vie, nos ambitions ne comptent pas ! On demande à ceux qui sont restés sur le carreau de se caser là où il y a de la place ! Des milliers de lycéens sont encore sans bahuts !
Pendant ce temps là . . .
Le ministre de l’éducation nationale, Luc Châtel, a annoncé 13 500 postes de moins pour la rentrée 2009 et encore 16 000 suppressions de plus pour 2010.
On le voit, le gouvernement a fait sont choix : toujours plus d’argent pour les banques mais toujours moins pour les lycées. Quand Sarkozy et sa clique trouve que notre éducation coûte trop cher, la BNP verse à ses traders les plus méritant 1 millions d’euros après avoir reçu de l’argent de l’Etat sans qu’ils trouvent à y redire. Trop par classe, trop peu de conseillers d’orientation, pas le droit de changer d’avis sur ce qu’on veut faire, ou de redoubler… pas étonnant que chaque année 150 000 jeunes sortent du système sans qualification. Face à ces problèmes le gouvernement suppriment donc encore du personnel et nous fait porter la responsabilité de l’échec !
. . . Le gouvernement fait la sourde oreille
Pire encore, après la mobilisation des lycéens l’année dernière contre la réforme Darcos, Chatel choisi de passer en force ! Il fera des annonces fin septembre qui devraient ressembler comme 2 gouttes d’eau à celle de son prédécesseur. Au programme :
Autonomie des lycéens = socle commun minimum et pour le reste enseignements différents selon les moyens et le « public ». Du coup un lycée à plusieurs vitesses avec des inégalités encore plus grandes et seulement le strict minimum garanti par l’Etat.
Individualisation des parcours de formation = choix des matières d’un semestre à l’autre dans différents « modules » mais avec toujours moins de personnel pour accompagner leur choix. Du coup beaucoup de jeunes largués qui s’entendront dire « si tu es en échec tant pis pour toi on t’avait laisser le choix »
Moins de savoir plus de compétences = plus de « matières » suivies d’une année sur l’autre, mais une liste de compétences dans tel ou tel domaine. Du coup plus personnes n’aura le même diplôme ce qui permettra aux entreprises de jouer sur la concurrence pour tirer nos droits et nos salaires vers le bas.
Pour rendre concrets nos mots d’ordre, pour la réussite de tous et l’émancipation de chacun, pour changer réellement l’ensemble du système éducatif... Exigeons :
Droit de choisir son parcours de vie Pour que l’école aide chacun à définir et à construire son parcours de vie, pour définir une école qui a pour objectif de répondre aux besoins de chacun Déconstruisons les idées reçu sur la hiérarchisation des filières, sur les finalités de l’école… pour une école des réussites
Droit à une formation de qualité Pour lutter contre l’éducation au rabais que nous promet la droite, pour faire du lycée un lieu de formation de qualité... Définissons ensemble les éléments indispensables à un socle commun de connaissances d’ambition.
Droit d’être formé dans de bonnes conditions Puisqu’on ne naît pas cancre ou bon élève, les inégalités sociales, territoriales sont déterminantes dans les différences de réussite scolaire. Luttons pour de bonnes conditions d’apprentissages avec des classes à taille humaine,. Pour réunir les conditions de la réussite de tous et les moyens qui vont avec...
Droit à la citoyenneté Pour que le lycée soit un endroit d’émancipation citoyenne, pour que les lycéens construisent leurs idées tout en exerçants leurs droits citoyens. Pouvoir s’exprimer, exprimer son opinion, afficher, débattre,… Ouvrons le lycée sur le monde en y faisant rentrer de nouveaux débats.