CHOMAGE

 

le 2 Septembre 2010

Chômage : pourquoi le gouvernement nous ment

Après le lancement en fanfare de la campagne présidentielle pour 2012 avec les premiers démantèlements des camps de roms, de nouveaux chiffres permettent au gouvernement de se gargariser.

Christine Lagarde est aux avant-postes. Au deuxième trimestre 2010, le chômage continue sa faible décrue après les signes encourageant du début d’année. Les chiffres sont formels, le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) est passé de 9,5 à 9,3% en France métropolitaine et de 9,9 à 9,7% pour les départements d’Outre-mer. Soit une baisse de 0,2 point. Il n’en fallait pas plus pour ouvrir bien grand les vannes de l’autosatisfaction éhontée. « Ces évolutions récentes de l'emploi et

du chômage témoignent clairement des effets positifs de la politique menée par le gouvernement » assène notre ministre de l’Économie. De quoi se réjouir. Mais comme souvent avec ce gouvernement, il faut creuser pour comprendre les résultats. Selon l’INSEE, cette baisse masque le recul des contrats à durée indéterminée (CDI) et la hausse des contrats à durée déterminée (CDD) : la part des personnes en CDD ou en intérim pour la tranche des 15–64 ans passe ainsi de 6,4 % au premier trimestre à 6,6 % au deuxième, alors que la part des personnes en CDI continue de diminuer et s’établit à 49,0 % pour la même tranche d’âge. Il faut noter que la diminution des CDI est effective depuis le milieu de l’année 2008.

À cinq jours de la grande manifestation du 7 septembre sur les retraites, le gouvernement Sarkozy se saisit de la moindre opportunité pour vanter son action. Et, dans une optique libérale, on peut compren

dre son enthousiasme. La France se précarise à grande vitesse

 


Recul historique de l'emploi salarié en 2009

L'emploi salarié en France a reculé de 1,5% en 2009, pour atteindre "un niveau jamais observé depuis l'après guerre", selon les chiffres définitifs publiés jeudi par "Pôle emploi".

256.100 postes de travail ont été perdus en 2009, ramenant à un peu plus de 16 millions (16.287.700) le nombre de salariés des secteurs concurrentiels. Soit un niveau voisin de 1992, date de la précédente période récession économique en France, souligne Pôle emploi.

Le secteur industriel, dans lequel travaillent 19% des salariés français, a été le plus touché (-5,2%, soit moins 168.200 postes), suivi par le secteur de la construction, employant 9,1% de la population active, qui a perdu 2,9% d'emplois, soit 43.800 emplois, après onze années de hausse consécutive.

Le secteur tertiaire, qui représente 71,9% de la population salariée totale, a enregistré une baisse de 0,4% (- 44.200 postes), essentiellement dans la branche, "commerce, réparation d'automobiles et de motocycles".

Moindre recul de l’emploi féminin

Pour la première fois depuis 1993, l’emploi féminin chute en 2009 (– 0,7%, soit – 51 400 postes), mais résiste mieux que l’emploi masculin (– 2,2%, soit – 204 700 postes). La part des femmes dans l'emploi salarié continue ainsi de progresser (+0,4 point), atteignant 44,5% fin décembre 2009. Depuis 1981, cette proportion a gagné 7,6 points.

L’arc méditerranée-atlantique au-dessus de la moyenne nationale
En 2009, hormis la Corse (+1,7%), seule région à enregistrer une hausse de ses effectifs, toutes les autres régions perdent des emplois salariés. Huit régions enregistrent des pertes limitées par rapport à la moyenne nationale (– 1,5%) : Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Midi-Pyrénées (– 0,4% chacune), Aquitaine (– 0,7%), Basse-Normandie (– 1,1%), Limousin (– 1,2%), Bretagne et Ile-de-France (– 1,4% chacune). A l’opposé, les huit régions les plus touchées sont la Picardie (– 3,8%), la Haute-Normandie (– 3,0%), la Lorraine (– 2,6%), le Centre (– 2,3%), l’Alsace (– 2,2%), Poitou-Charentes, Champagne-Ardenne et la Bourgogne (– 2,1% chacune).

La France repasse la barre 
des 10 % de chômeurs

L’Insee a publié les chiffres du chômage au quatrième trimestre 2009  : + 0,5 % en trois mois, + 1,8 % dans l’année. L’accélération de la hausse nous ramène au niveau de 1999.

C’est un bond en arrière de dix ans  ! L’Institut national de la statistique (Insee) a publié hier les chiffres du chômage au dernier trimestre de 2009. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) s’établit à 10 % de la population active en France, incluant les départements d’outre-mer. Il s’agit d’une nette accélération. Les statisticiens ne prévoyaient pas de repasser la barre des 10 % avant juin 2010. Selon la définition du BIT, un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions  : être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence  ; être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours  ; avoir cherché activement un emploi pendant le mois précédent. En France, ils sont aujourd’hui 2,7 millions dans ce cas, en augmentation de 0,5 point par rapport au trimestre précédent et de 1,8 point en un an. Du jamais vu depuis 1999. De façon plus générale, en France métropolitaine, 3,4 millions de personnes ne travaillent pas du tout mais souhaitent travailler.

« Je crois que l’année 2010 va être une année de retournement », avait déclaré Christine Lagarde dimanche. « Nous aurons des destructions d’emplois pendant toute une partie de l’année 2010 », avait-elle précisé, ajoutant qu’on « devrait sortir de cette situation-là pendant l’année 2010 ». La ministre de l’Économie, qui n’avait pas vu venir la crise, ne finit pas d’en apercevoir la sortie. Tout comme le président de la République, qui avait assuré fin janvier, dans son émission à TF1, que le chômage baisserait dans les jours et les mois qui viennent. Hélas, loin de baisser, le chômage s’est envolé dès janvier 2010 (+ 19 500 chômeurs).

Hier, Christine Lagarde et le secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez, se sont contentés de « prendre note » des chiffres à la hausse annoncés par l’Insee. Ils tentent de rassurer en faisant remarquer que « la progression trimestrielle du chômage a été en moyenne trois fois plus faible qu’au début de 2009 ». Consolation dérisoire car les nouveaux viennent s’ajouter aux anciens et la liste des chômeurs en fin de droit s’allonge. « Côté social, le plus dur est devant nous », disent en substance la plupart des économistes.

Olivier Mayer

25 % des moins de 25 ans  !

Au quatrième trimestre 2009, 
la hausse du chômage a surtout touché les hommes  : +0,8% en un trimestre, + 2,2% en un an. Le chômage des femmes est resté stable au quatrième trimestre et a augmenté de 1,2% en un an. L’Insee observe un « phénomène inédit »  : 
le chômage des jeunes hommes de 15 à 24 ans dépasse celui des jeunes femmes. Plus de 25% des jeunes hommes de moins de 25 ans sont au chômage  ! Ce taux a augmenté en 2009 de 3,9%

Un million de chômeurs en fin de droits en 2010

mercredi 16 décembre 2009

La situation très difficile que vivent des centaines de milliers de demandeurs d’emploi arrivant en fin de droits nécessite une attention particulière, tant des pouvoirs publics que des partenaires sociaux.

En effet, d’après les informations communiquées par Pôle Emploi, 819.000 allocataires sont sortis de l’assurance chômage en 2009. Plus d’un million seront concernés en 2010. Parmi eux, seule une très petite partie (à peine 16 %) pourra bénéficier de l’allocation spécifique de solidarité du fait des critères qui ne sont plus attachés à la personne, mais au revenu familial. Dans ces conditions, des centaines de milliers de personnes supplémentaires sont ou seront exclues du bénéfice de toute forme d’allocation.

Pour la Cgt, la situation est insupportable et nécessite une prise de conscience d’un tout autre niveau obligeant l’état et les partenaires sociaux à prendre des dispositions de toute urgence.

La Cgt a proposé, à maintes reprises, d’accélérer les travaux au sein de la négociation sur les mesures d’urgence face à la crise. Sans être entendue pour l’instant par le patronat.

La Cgt propose que les partenaires sociaux prolongent les droits à l’assurance chômage . Par ailleurs, elle considère que l’Etat devrait permettre à tous les chômeurs sans revenu de bénéficier de l’allocation spécifique de solidarité (ASS).

De même, l’Etat doit proroger les dispositifs Allocation Equivalent Retraite (AER) et Allocation de fin de Formation (AFF) durant 2010 pour les demandeurs d’emploi.

Les contrats précaires constituant la première cause d’entrée au chômage, la Cgt continue donc de proposer une augmentation de la cotisation patronale sur ce type de contrats. On pourrait aussi instaurer une pénalité de précarité en fin de contrat, au bénéfice du service public de l’emploi (en plus de l’indemnité de précarité versée au salarié).

L’Etat pourrait trouver des sources de financement nécessaires en remettant en cause le bouclier fiscal. Son maintien, dans une situation économique et sociale explosive, est un non-sens et risque d’affaiblir fortement les fondements mêmes de la cohésion sociale du pays.

C’est maintenant qu’il faut agir ! L’Etat et les partenaires sociaux doivent prendre leurs responsabilités.

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Les assises pour l’emploi en cinq axes

Les Assises pourraient être structurées autour de cinq grandes questions traitées à la fois en ateliers, s’il y en a, et en séance plénière. Elles peuvent correspondre à 5 titres d’une proposition de loi de sécurisation sociale de l’emploi et de la formation. Ainsi, on organiserait un débat, croisant ces ensembles de questions à résoudre, et le recueil des propositions à partir des luttes et des problèmes précis dans la région et le pays.  

 

 I. Quels principes retenir ?

- Aller vers un système de sécurité d’activités professionnelles et de revenus avec des rotations entre emploi et formation : Peut-on partir des revendications des catégories menacées ( jeunes, femmes peu qualifiées, immigrés, licenciables, CDD..) ?

- Exiger une expansion et une démocratisation de la formation : pour les chômeurs ? Pour les gens déjà en emploi ?

- Avancer graduellement mais sûrement : Quels dispositifs supprimer (CNE, CTP, Contrat « seniors »…) ? Quels dispositifs transformer (contrats précaires, contrats aidés, stages…) ? Quels dispositifs nouveaux ( autres contrats, autres institutions transformant les services publics de l’emploi et de la formation…) ?

- Quelles incitations et obligations pour les entreprises, afin qu’elles réalisent des engagements annuels ? Comment l’Etat et les services publics pourraient-ils contribuer à combler l’écart entre les objectifs chiffrés des Conférences régionales et nationale annuelles et ces engagements d’entreprises ?

 II. Quels contrats de travail pour sécuriser au lieu de précariser ?

- Transformer les contrats existants : Renforcer les CDI ? Convertir emplois précaires, CDD, intérim, temps partiels contraints, contrats aidés en CDI renforcés ? Quelles procédures contre les discriminations de genre, d’origine, d’âge.. ? Faut-il des discriminations positives ?

- Aller vers de nouveaux contrats : Quel type de contrat pour sécuriser l’entrée des jeunes dans l’emploi ? Ne faut-il pas envisager des contrats de pluri-activités qui permettraient de passer d’une entreprise à une autre entreprise, en toute sécurité, ou à une formation pour revenir à l’emploi ?

 III. Quelles institutions de sécurisation sociale de l’emploi et de la formation ?

- Encadrer une négociation de transformation des conventions sur l’indemnisation du chômage : Amélioration substantielle des indemnisations, du public couvert et des conditions du retour à l’emploi au lieu de la culpabilisation des chômeurs, des sanctions abusives et de l’obligation d’accepter n’importe quel emploi.

- Un service public et social de sécurisation de l’emploi et de la formation : Au lieu des inscriptions à l’ANPE, couverture universelle par affiliation dés la fin de l’obligation scolaire à un service public et social de sécurisation ( comme pour la Sécu) ? Quels droits nouveaux pour chaque affilié : revenus minima et formation continue minimum progressivement relevés, bilans et aides, progrès statutaires en liaison avec des Conférences annuelles.. ? Quelles articulations entre ANPE, UNEDIC et services publics de la formation continue (AFPA, Education nationale) ? Quels pouvoirs nouveaux de contrôle des affiliés, des syndicats, des associations ?

- Des Conférences régionales et nationale annuelles, pour que les salariés et les citoyens interviennent sur les choix avec les syndicats, les associations, les élus, les représentants des entreprises, des institutions financières, des services publics de l’emploi et de la formation. Ne pourraient-elles pas programmer des transformations et des créations d’emploi ou de formation, sous forme d’objectifs annuels chiffrés contraignants, après inventaire des besoins ? Comment en contrôler l’exécution ?

 IV. Incitations et obligations des entreprises pour sécuriser au lieu de précariser :

- Obligations de pourcentage d’emplois des jeunes ? Sanctions et obligations contre les discriminations ; obligation de transformation d’emplois contre la précarité ; incitations à l’efficacité sociale, droit à des propositions alternatives des salariés,…

- Quels nouveaux développements pour les prélèvements sociaux sur les entreprises (cotisations pour la formation, pénalisations des emplois précaires, assiette des cotisations sociales patronales favorisant l’emploi, les qualifications, les salaires et pénalisant les suppressions d’emploi et les placements financiers…) ?

- Quelle gestion prévisionnelle démocratique des emplois et des compétences avec obligations annuelles de négociations en amont des difficultés éventuelles ? Quelles mesures sur les licenciements, les reclassements, les délocalisations ? Ne faut-il pas des pouvoirs de suspensions des décisions patronales controversés et de propositions alternatives des salariés et de leurs organisations, des Comités d’entreprise ?

- Peut-on pousser à l’organisation de groupements d’entreprises pour la sécurisation du développement des populations sur tous les territoires et avancer, ce faisant, vers une autre croissance industrielle et des services en des coopérations nouvelles dans les filières, les bassins, les régions et à l’échelle nationale ?

 V. L’argent pour sécuriser l’emploi et la formation :

Il faut mobiliser autrement tous les fonds : fonds publics, crédit bancaire, argent des entreprises.

Fonds publics : S’opposer aux baisses de cotisations sociales patronales. Convertir les 23 milliards d’euros annuels d’argent public qui leur est consacré en un Fonds national de soutien des investissements visant à sécuriser et promouvoir l’emploi et la formation. Ce Fonds prendrait en charge tout ou partie du taux d’intérêt payé par les entreprises aux banques sur leurs crédits à l’investissement, à condition et d’autant plus que celui-ci programmerait d’emplois et de formations.

Crédit, création monétaire, banque : Le Fonds national de sécurisation de l’emploi et de la formation serait régionalisé. Il concourrait à l’émergence de nouvelles relations entre banques et entreprises. Ne faudrait-il pas chercher à développer ce nouveau mécanisme de crédit sur tout le territoire, avec les Conférences régionales et nationale, et jusqu’au niveau de la BCE avec un pôle public financier ?

Incitations à l’avancée de nouveaux critères d’efficacité sociale dans les entreprises, notamment les entreprises publiques : Priorité au développement de toutes les capacités humaines, économie de moyens matériels et financiers avec des propositions alternatives des salariés, appuyées sur un autre crédit, une autre fiscalité.

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Commentaire (1)

1. parole du partie de gauche Le 23/06/2009 à 07:31

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Il faut s'atteler à trouver des solutions à cette crise de l' emploi,céer de nouveau metier , avancer , changer, c'est la seul manière de redonner confiance aux français,au risque d'agraver la situation.
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Dernière mise à jour de cette page le 02/09/2010