La prochaine flottille se prépare à repartir pour Gaza publié le lundi 9 août 2010
Coalition internationale pour la Flottille de la Liberté
Rencontre de la coalition de la Flottille de la Liberté à Stockholm...
A l’issue de la réunion des 3 et 4 août, la Coalition a fait à la presse la déclaration suivante :
Plus de deux mois ont passé depuis le 31 mai 2010, date de l’assaut meurtrier d’Israël contre la Flottille de la Liberté et pratiquement rien n’a été fait pour mettre Israël devant ses responsabilités dans cette attaque sauvage, qui a tué neuf de nos camarades. Rien n’a été mis en place non plus pour mettre fin aux violations continuelles contre le peuple palestinien et en particulier contre le 1,5 million d’habitants de Gaza. Dans ces circonstances, nous continuons notre effort global et populaire pour nous opposer à l’intransigeance constante d’Israël et nous planifions notre prochaine action. La coalition de la Flottille de la Liberté vient d’achever sa réunion à Stockholm, en Suède. Nous y avons discuté de l’élargissement de notre coalition pour inclure les nombreux groupes du monde entier qui veulent nous rejoindre et d’intensifier nos efforts pour mettre en place une nouvelle flottille.
Le monde doit continuer à exiger qu’Israël coopère avec la commission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies, afin d’assurer l’indépendance, la rigueur, la crédibilité et la justice pour les victimes. Nous sommes extrêmement préoccupés par le comité de l’ONU chargé par le Secrétaire général Ban Ki Moon d’enquêter sur le raid mené par Israël. La première de nos préoccupations est la tentative apparente de dévaloriser l’enquête du Conseil qu’Israël n’a toujours pas acceptée. Le comité du Secrétaire général aura un mandat très limité uniquement pour évaluer les enquêtes nationales qu’Israël et la Turquie sont en train de mener, et ne répondra donc pas aux exigences internationales d’objectivité et de rigueur. En outre, la nomination de l’ancien président colombien Alvaro Uribe comme vice-président du comité en affaiblit encore plus la légitimité.
Non seulement le gouvernement d’Uribe a officiellement exprimé sa volonté de renforcer les relations militaires avec Israël en Colombie, mais le bilan des droits humains en Colombie sous le président Uribe doit aussi constituer un sujet d’enquête. Les Nations unies ne doivent être impliquées dans aucune tentative de blanchir les atrocités ou de contrecarrer l’action internationale légale au nom des victimes de la flottille.
L’assouplissement présumé par Israël du blocus de la bande de Gaza est purement cosmétique, destiné uniquement à détourner la critique de sa politique illégale. L’allongement de la liste des articles autorisés dans la bande de Gaza ne répond pas aux préoccupations les plus fondamentales de la population là-bas - la liberté de circulation. Des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se voient encore refuser le droit de voyager librement pour des soins médicaux, des opportunités d’éducation, ou même de se réunir avec les membres de leur famille dans d’autres parties du territoire palestinien occupé. Ce n’est pas non plus l’autorisation du ketchup, du chocolat et de la cardamome dans la bande de Gaza qui aide les gens à réparer leur économie dévastée.
Ce qui est indispensable et ce que nous exigeons, c’ est la levée immédiate et complète du blocus, ce qui signifie aussi la levée de l’interdiction de voyager et des exportations de Gaza. Nous exigeons également qu’Israël libère sans conditions nos navires capturés et nos biens volés.
Israël et nos gouvernements respectifs doivent savoir que nous représentons un mouvement international croissant de civils et que nous ne comptons pas rester les bras croisés alors qu’Israël continue d’agir en toute impunité – meurtres, mutilations, emprisonnements, vols et attaque des bases mêmes de notre humanité commune. Israël a non seulement créé délibérément une crise humanitaire à Gaza, mais il a aussi créé une crise des droits humains et de la dignité humaine dans toute la Palestine et le monde doit y répondre aujourd’hui.
C’est pourquoi notre flottille avait pour objectif, non seulement d’apporter des biens essentiels à Gaza, mais aussi de contester la politique même qui a entraîné la nécessité de l’aide humanitaire aux Palestiniens. Et c’est pourquoi nous allons continuer d’envoyer des bateaux à Gaza.
Flottille de Gaza: Netanyahu affirme qu'Israël a agi selon "le droit international"
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé lundi qu'Israël avait agi conformément au "droit international" lors de l'assaut contre une flottille d'aide à Gaza tout en critiquant la Turquie, lors de la première audience d'une commission d'enquête israélienne.
photo : Ronen Zvulun, AFP
"Je suis convaincu qu'à l'issue de votre enquête il s'avérera que l'Etat d'Israël et l'armée israélienne ont agi conformément au droit international (...) je fais confiance aux combattants de l'armée israélienne", a affirmé M. Netanyahu.
Neuf Turcs avaient été tués dans des affrontements avec les commandos de la marine israélienne lors de l'abordage du ferry Mavi Marmara, dans les eaux internationales le 31 mai, alors que le navire tentait de forcer le blocus israélien autour de la bande de Gaza.
Le mandat de la commission, qui a entamé lundi ses audience en vue d'examiner les aspects juridiques de cet assaut, est limité. Il consiste à déterminer la validité, au regard du droit international, du blocus maritime imposé par Israël à Gaza, et du raid contre la flottille.
Parallèlement à cette commission, M. Netanyahu a du accepter sous la pression de la communauté internationale la mise sur pied par l'ONU d'un panel de quatre experts, dont un Israélien et un Turc, dont les travaux doivent commencer mardi.
Selon le Premier ministre, les soldats israéliens ont tiré car "leur vie était réellement en danger". Il a assuré avoir donné des ordres pour éviter au maximum des pertes en vies humaines.
Il a également justifié le blocus imposé à la bande de Gaza contrôlée par les islamistes palestiniens du Hamas depuis 2007: "le Hamas a transformé la bande de Gaza en une enclave terroriste parrainée par l'Iran qui lui accorde une aide politique, militaire et financière".
"A partir de la bande de Gaza, le Hamas a tiré des milliers de roquettes, de missiles et d'obus qui ont atteint des localités israéliennes (...) Actuellement le Hamas se fournit en armes capables d'atteindre Tel-Aviv", a-t-il affirmé.
"Cette commission traite de la question du droit international, or le Hamas et coupable d'au moins quatre crimes de guerre: appel à un génocide, tirs systématiques vers des objectifs civils, utilisation de civils comme boucliers humains et interdiction à la Croix Rouge de rendre visite à Gilad Shalit", un soldat israélien détenu par le Hamas dans la bande de Gaza, a-t-il poursuivi.
M. Netanyahu a également critiqué le gouvernement turc et les organisateurs de la flottille pour avoir refusé de décharger l'aide humanitaire transportée dans un port situé hors de la bande de Gaza.
"Apparemment, le gouvernement turc n'a pas considéré que de possibles frictions entre les militants turcs (sur les bateaux) et nos soldats puissent porter atteinte à ses intérêts et justifier une intervention effective auprès des organisateurs de la flottille", a souligné M. Netanyahu.
"Le 17 mai, le Premier ministre turc (Recep Tayyip Erdogan) a rencontré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président brésilien (Luiz Inacio Lula da Silva) pour une déclaration commune sur le nucléaire iranien qui était en contradiction avec la position américaine et des autres membres du Conseil de sécurité de l'Onu. De cette façon, la Turquie quelques jours avant l'arrivée de la flottille, a renforcé sa solidarité avec l'Iran", a-t-il également affirmé.
Le ministre de la Défense Ehud Barak doit être entendu mardi et le chef d'état-major Gaby Ashkenazi mercredi.
Une commission militaire israélienne avait reconnu le 12 juillet que l'armée avait commis des "erreurs" lors de la planification et l'exécution du raid tout en justifiant le recours à la force.
Ankara a également constitué sa propre commission de même que le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU de Genève ainsi que le contrôleur de l'Etat israélien Michaël Lindenstrauss.
A la suite de la vague de protestations dans le monde provoquée par le raid, Israël a allégé de façon substantielle le blocus de la bande de Gaza.
Israël doit respecter les conditions impératives de la sécurité internationale
Le PCF exprime sa grande inquiétude suite a la confrontation intervenue au Sud-Liban entre l’armée libanaise et les troupes israéliennes. Ce dangereux affrontement témoigne de la vive tension israélo-libanaise exacerbée par les provocations israéliennes a la frontière.
Les autorités françaises et européennes, avec les Nations-Unies, doivent prendre dans l’urgence les initiatives diplomatiques et politiques nécessaires afin de contribuer a contenir les risques de dérapage militaire et empêcher une extension de cet affrontement. Elles doivent exiger d’Israël le respect du droit, de la souveraineté du Liban et des conditions impératives de la sécurité internationale.
Parti communiste français,
Paris, le 4 août 2010.
J’espère que vous lirez cette lettre…
Au pays de la révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots de « Liberté – Egalité – Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez ma lettre.
Dans l’un de ces bureaux, ma mère a été finalement reçue afin de discuter des moyens pour obtenir ma libération.
Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse absolument d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc.
Comme citoyen franco-palestinien, je pensais que les autorités françaises se devaient de me protéger (comme elles le font pour tous nos compatriotes français injustement en difficulté dans le monde) alors que je vis dans un pays sous occupation militaire décidée par un gouvernement qui refuse obstinément de reconnaître et d’appliquer le droit international.
Il semblerait que ce gouvernement, le gouvernement israélien, vous ait convaincu que le seul moyen pour moi de retrouver la liberté n’était pas que, lui, fasse, ce qu’il devrait faire pour cela mais qu’en plus de l’injustice que je subis que, moi, je fasse un acte d’humiliation supplémentaire : que je présente des « regrets » devant un tribunal militaire d’occupation.
Je voudrais vous poser une seule question : aurait-il été acceptable pour vous que les résistants français, pendant la seconde guerre mondiale, « regrettent » leurs actes devant des tribunaux d’occupation ou de collaboration ?
Si on ne peut comparer terme à terme les deux situations, il n’en reste pas moins que la Palestine vit aussi sous occupation étrangère depuis maintenant 62 ans. Une occupation brutale qui multiplie les meurtres, qui construit des murs, qui assiège et colonise, qui expulse le plus possible de Palestiniens de leur terre ou de leurs maisons, surtout à Jérusalem-Est où je vis avec ma famille.
Devant cette occupation que vit mon peuple, je ne peux rester ni indifférent ni me taire. Je suis né et j’ai grandi dans un pays occupé et, parce que je ne peux pas me taire, je suis depuis plus de 5 ans en prison. Comment pourrais-je accepter cette occupation que vous-même avez condamnée ? C’est mon droit que de la refuser.
Dans ces conditions il n’est pas pensable une seule minute, qu’en plus de tout cela que je subis, j’en vienne à « regretter » ou à « m’excuser » de quoi que ce soit devant un tribunal militaire d’occupation.
Je soutiens la résistance légitime de mon peuple qui bénéficie de la solidarité des gens libres à travers le monde.
Bien à vous,
Salah Hamouri
Prison de Guilboa
Section 4
Le 14 juillet 2010
le 2 Août 2010
Flottille pour Gaza : l'ONU lance son enquête
Ban Ki-moon a donné lundi le coup d'envoi d'une enquête propre à l'Onu, à laquelle Israël s'est néanmoins dit prêt à collaborer, concernant l'abordage sanglant fin mai par la marine israélienne d'une flottille d'aide à Gaza.
Avec l'aide décisive de son allié américain, Tel-Aviv avait évité que le Conseil de sécurité des Nations unies se prononce en juin pour une enquête "indépendante" sur cette tragédie qui a coûté la vie à neuf militants turcs pro-palestiniens et qu'il a unanimement condamnée. Israël arguait que le qualificatif "indépendante" tendait à préjuger de sa capacité à enquêter impartialement sur l'action brutale inattendue de ses troupes.
Le Conseil de sécurité a seulement prôné une enquête "rapide, impartiale, crédible et transparente". Les investigations officielles israéliennes ont, depuis, disculpé les assaillants, mais elles ont stigmatisé des erreurs d'appréciation et des défaillances en matière de renseignement et de commandement. La Turquie, qui a tourné en ridicule l'enquête israélienne, a exigé des excuses israéliennes, auxquelles il s'est refusé, et insistait sur la mise en place d'une commission d'enquête internationale en bonne et due forme.
RAPPORT D'ÉTAPE À LA MI-SEPTEMBRE
Celle-ci sera copilotée par l'ancien Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer et le président colombien sortant Alvaro Uribe. Elle comprendra des représentants d'Israël et de la Turquie, dont les noms n'ont pas encore été communiqués.
Les ministres qui comptent au sein du gouvernement de Benjamin Netanyahu ont voté en faveur d'une coopération d'Israël avec la commission désignée par Ban Ki-moon, qui entamera ses travaux le 10 août.
Elle remettra un rapport d'étape aux Nations unies d'ici à la mi-septembre, a annoncé lundi le secrétaire général dans un communiqué publié peu après l'annonce par Israël de sa décision de coopérer avec la commission.
Fin juin, Israël avait formellement demandé à l'Onu de suspendre son projet d'enquête indépendante, faisant valoir que ses propres investigations étaient "vraiment indépendantes, fiables, crédibles" et "suffisantes pour le moment".
le 2 Août 2010
Rencontre. Palestine
Elias Sanbar « Israël ou l’ivresse de la force depuis des années »
Elias Sanbar est ambassadeur de Palestine auprès de l’Unesco et écrivain, auteur récemment du Dictionnaire amoureux de la Palestine (1). Il évoque l’État israélien, le processus de paix et l’attitude des États-Unis et de l’Union européenne vis-à-vis du Proche-Orient.
Quel est le climat qui règne actuellement en Israël et dans les territoires palestiniens depuis l’attaque israélienne contre la flottille humanitaire qui se rendait à Gaza (mai 2010) ?
Elias Sanbar. Pour le comprendre, je crois qu’il faut d’abord entendre ce qu’un certain nombre de citoyens israéliens disent. En les écoutant, on voit bien que les commentaires venant du côté palestinien, arabe ou même international ne sont pas exagérés. Il existe aujourd’hui, en Israël, de nombreuses critiques contre cette opération. Comme il existe dans ce pays une vague de mises en garde de citoyens israéliens aux autorités, se demandant si la politique menée par le gouvernement n’est pas en train de mener vers l’abîme. « Dans ce sentiment d’impunité absolue, est-ce qu’on n’est pas en train de changer l’image d’Israël et sa place dans le concert des nations ? » C’est ce que l’on entend dans la presse israélienne.
Pourquoi en est-on là ?
Elias Sanbar. Ce qui s’est passé est le fruit de plusieurs vecteurs. Il y a tout d’abord l’ivresse de la force de la part d’Israël depuis des années. Cette ivresse l’a conduit à de graves erreurs politiques. Israël est également, à chaque fois, convaincu de son impunité. En règle générale, les responsables israéliens estiment que les commentaires ou les condamnations, qui peuvent être faits, passeront comme tous les autres. Autre chose, la plus grave, fruit d’un calcul cynique derrière cette opération contre un convoi humanitaire qui est : « Que faire ? » Une question permanente chez les responsables israéliens. « Que faire pour que les Palestiniens ne puissent plus négocier avec nous et montrer aux Américains que nous n’avons pas de partenaire ? » C’est ce que cherche le gouvernement israélien d’extrême droite. « Comment en finir avec les pressions américaines ou européennes pour aller de l’avant et signer un certain nombre d’accords avec les Occidentaux ? » Cette opération devait, entre autres, rendre intenable non pas la position du Hamas (le Hamas est encerclé à Gaza et n’est pas dans la négociation) mais la situation de ceux qui, précisément, négocient. D’ailleurs, dès l’attaque, les réactions en Palestine et dans les pays arabes ont été d’appeler à la négociation avec Israël. Cette cible a été en partie atteinte et en partie confortée par le fait que, quoi qu’on dise, il n’y a pas eu d’actions vraiment coercitives vis-à-vis d’Israël après cet acte de piraterie.
Vous parlez de gouvernement israélien « d’extrême droite ». Pourtant, la guerre menée contre la bande de Gaza n’était-elle pas le fait de ce gouvernement même si le ministre de la Défense, Ehoud Barak, est le même ?
Elias Sanbar. Personne ne peut nier que ce gouvernement est un gouvernement d’extrême droite. Que ce soit la somme de toutes les tendances existantes ou une adhésion de toutes ces tendances à ces orientations, en tout cas, le résultat est là. C’est une politique d’extrême droite menée contre toute négociation, contre tout retrait des territoires occupés, qui se caractérise par un appui au mouvement des colons. On dit toujours que la majorité des Israéliens sont pour la paix. Peut-être. Mais, là encore, nous n’en sommes qu’au niveau des déclarations ou des actes de foi. Nous ne voyons pas d’actions en ce sens. Si cette majorité pour la paix existait, elle n’aurait pas élu des hommes comme Lieberman ou Netanyahou dont le programme était très clair. Que les Israéliens aient, comme tout le monde, des espoirs dans la paix, j’en suis convaincu. Mais agissent-ils dans ce sens ? J’ai des doutes…
Personne n’agit ?
Elias Sanbar. Si, bien sûr, une petite frange. Celle qui a des doutes sur l’action israélienne, qui se prononce pour deux États et qui est d’autant plus respectable et admirable qu’elle est isolée. Un journaliste du Yediot Aharonot relevait récemment qu’il y avait un certain nombre de convictions dans la société israélienne. Celle-ci est convaincue, dans son immense majorité, parce qu’on le lui a répété pendant des décennies, que la totalité des territoires lui appartient – et non qu’elle les occupe – et qu’elle est en train de faire un cadeau aux Palestiniens. Ceux-ci sont dans l’ingratitude. Parce qu’Israël leur donne. Israël ne se retire pas. C’est dire en même temps : « Je suis pour la paix, mais ce n’est pas moi qui la fais, je la donne. Que les autres se contentent de ce qu’on leur donne et qu’ils disent merci. »
Que pensez-vous de l’attitude américaine et de celle de l’Union européenne ?
Elias Sanbar. Les États-Unis sont à une croisée des chemins. Que comptent-ils faire ? Continuer dans une position dont on ne voit pas la teinte véritable et prendre le risque d’une détérioration gravissime de la situation régionale, ce qui est en train d’arriver à grands pas. Ou agir en affrontant une partie de leur opinion publique. Vont-ils continuer à attendre pendant que la situation se détériore? C’est la question qui est posée. Du côté de l’Europe, il y a bien sûr de la déception. Depuis vingt ans nous sommes dans des déclarations d’intentions. Les autorités officielles n’ont rien fait. Les véritables actions proviennent des associations ou des syndicats, comme les dockers suédois qui refusent de décharger les bateaux israéliens.
(1) Éditions Plon, 2010. 481 pages. 24,50 euros.
Que veut le gouvernement égyptien ?
A la mi-juin, Jean-Claude Lefort, président de l’Association France Palestine Solidarité, devait se rendre à Gaza, en passant par Rafah, pour manifester la solidarité française avec les Palestiniens victimes du blocus. Après lui avoir donné leur accord le 10 juin, les autorités égyptiennes l’en ont empêché à deux reprises : il a dû rentrer en France après deux jours d’attente inutile à la frontière, malgré l’intervention de l’ambassade de France.
Cette décision confirme les questions que pose le comportement du Caire dans la question palestinienne. Longtemps fer de lance, avec Gamal Abdel Nasser, de la solidarité arabe envers la Palestine, le régime égyptien, avec Anouar al-Sadate, a donné la priorité à ses intérêts, en alliance étroite avec les Etats-Unis d’Amérique. Depuis la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier 2006 et l’embargo décrété contre Gaza, la peur de l’influence croissante des Frères musulmans a poussé le président Hosni Moubarak à une complicité de fait avec Israël, comme le prouve la construction par l’Egypte d’un mur souterrain à la frontière. Il est clair que, sans le concours égyptien, Gaza ne pourrait plus être une prison à ciel ouvert…
Après l’accueil scandaleux des « Marcheurs de la paix » venus du monde entier, en décembre dernier, l’interdiction faite à Jean-Claude Lefort de se rendre à Gaza nous interdit de rester silencieux. Si Israël porte la responsabilité politique et juridique de la situation à Gaza, l’Egypte y contribue donc, hélas, aussi.
Il est temps, plus que temps que l’Egypte, en charge des négociations de réconciliation entre le Fatah et le Hamas, tienne sa place, toute sa place dans le soutien à la cause palestinienne et pour le respect du droit international.
Sa contribution à la levée totale et définitive du blocus en sera la meilleure preuve. Les militants de la paix, qui souhaitent en tout état de cause entrer à Gaza, le vérifieront avec vigilance.
Nous vous demandons de bien vouloir envoyer ces lettres (une à B. Kouchner, l'autre à N. Sarkosy, la deuxième en franchise postale) N' hésitez pas à faire partager cette initiative. N' oubliez pas d' indiquer votre nom et votre adresse. Tous ensemble nous pouvons gagner.
M. Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères et européennes
37, Quai d'Orsay
75007 Paris
A , le
Monsieur le Ministre,
Par ce courrier, je souhaiterais vous exprimer ma plus vive émotion suite au violent assaut donné par l’armée israélienne à la flottille qui tentait de briser le blocus de la bande de Gaza et apportait plus de 10 000 tonnes de matériaux de reconstruction et de biens de première nécessité à sa population.
Le blocus de la bande de Gaza imposé par le gouvernement israélien constitue une punition collective imposée à l’ensemble de la population civile, en violation du droit humanitaire international.
Tant que les violations du droit international par le gouvernement israélien resteront impunies, de telles violences se reproduiront. Celles–ci sont depuis trop longtemps tolérées par le gouvernement français et les pays européens. La politique européenne peut même être perçue comme un encouragement à ces violations, puisqu’elle envisage le renforcement des relations économiques, politiques, diplomatiques (avec le dernier exemple en date, l’adhésion d’Israël à l’OCDE).
Les déclarations ne sont plus suffisantes. Des actes sont nécessaires. Des pressions internationales doivent obliger Israël à se conformer au droit.
En tant que citoyen français, j’appelle le gouvernement français à agir en toute urgence pour qu’Israël mette un terme au blocus illégal de la bande de Gaza et à son occupation militaire continue des Territoires palestiniens, en utilisant les outils de coopération dont la France et l’Union européenne disposent, notamment la suspension de l’accord d’association avec Israël tant que celui-ci ne respectera pas le droit international.
Dans l’attente d’une action forte de la France et de l’Union européenne, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Par ce courrier, je souhaiterais vous exprimer ma plus vive émotion suite au violent assaut donné par l’armée israélienne à la flottille qui tentait de briser le blocus de la bande de Gaza et apportait plus de 10 000 tonnes de matériaux de reconstruction et de biens de première nécessité à sa population.
Le blocus de la bande de Gaza imposé par le gouvernement israélien constitue une punition collective imposée à l’ensemble de la population civile, en violation du droit humanitaire international.
Tant que les violations du droit international par le gouvernement israélien resteront impunies, de telles violences se reproduiront. Celles–ci sont depuis trop longtemps tolérées par le gouvernement français et les pays européens. La politique européenne peut même être perçue comme un encouragement à ces violations, puisqu’elle envisage le renforcement des relations économiques, politiques, diplomatiques (avec le dernier exemple en date, l’adhésion d’Israël à l’OCDE).
Les déclarations ne sont plus suffisantes. Des actes sont nécessaires. Des pressions internationales doivent obliger Israël à se conformer au droit.
En tant que citoyen français, j’appelle le gouvernement français à agir en toute urgence pour qu’Israël mette un terme au blocus illégal de la bande de Gaza et à son occupation militaire continue des Territoires palestiniens, en utilisant les outils de coopération dont la France et l’Union européenne disposent, notamment la suspension de l’accord d’association avec Israël tant que celui-ci ne respectera pas le droit international.
Dans l’attente d’une action forte de la France et de l’Union européenne, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.
De l’amour et de la politique
Dictionnaire amoureux de la Palestine, d’Elias Sanbar. Éditions Plon, 475 pages, 24,50 euros.
Elias Sanbar est journaliste, écrivain et homme politique, membre du Parlement palestinien en exil. Depuis 2006, il représente auprès de l’Unesco à Paris ce pays qui n’existe pas comme État : la Palestine. On ne le trouve sur aucune carte, ce pays, mais il existe si fort dans l’histoire, dans la culture, dans l’actualité que personne ne peut l’ignorer. Et le lieu où il existe le plus, c’est évidemment dans la tête et dans le cœur des Palestiniens, où qu’ils soient dans le monde. Elias Sanbar est un de ces baladins de la Palestine qui en porte inlassablement les mots et les images à travers le monde. Par la Revue d’études palestiniennes (hélas disparue), dont il fut l’un des créateurs, par ses traductions de Mahmoud Darwich, son ami et alter ego, et par ses livres, bien sûr, nombreux, talentueux et souvent baignés de nostalgie. C’est le cas du dernier paru, ce Dictionnaire amoureux qui commence, à la lettre « A », par « l’absence » et se termine avec la lettre « V » par « le vieux », l’incontournable Yasser Arafat. Entre les deux, beaucoup de définitions très politiques : archéologie, négociations, État (« un, deux, combien ? » demande l’auteur), histoire et, bien sûr, retour (dans le sens de droit au…). On y trouve aussi nombre d’anecdotes, pas mal d’humour et quelques recettes de cuisine, car l’auteur ne cache pas qu’il est gourmand et que ce que l’on mange fait aussi partie de la culture et de l’identité
Communiqué de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS) Paris : A quand une rue Yasser Arafat ? La Mairie de Paris inaugurera, lundi 14 juin 2010, une place Mahmoud Darwich. Bertrand Delanoë en avait fait l’annonce en réponse aux très nombreuses condamnations de l’inauguration, le 15 avril dernier, d’une promenade Ben Gourion en présence du président israélien Shimon Peres. L’Association France Palestine Solidarité se félicite évidemment que le grand poète palestinien, véritable chantre de son peuple et engagé jusqu’à sa mort dans la lutte pour sa libération, soit enfin honoré à Paris. Mais elle ne saurait considérer cette décision positive comme traduisant une « politique équilibrée » de la Mairie de Paris entre Israël et la Palestine. Autant l’attribution à une place parisienne du nom du plus grand poète palestinien fait honneur à la capitale, autant la création d’une promenade portant le nom du responsable politique et militaire de l’expulsion des quatre cinquièmes des Palestiniens de leur terre lui fait honte – surtout avec le crime de guerre commis par Israël, quelques semaines plus tard, contre la Flottille de la liberté… Ce que nous attendons du Maire de Paris, c’est qu’il fasse un geste de nature significative. Voici dix ans était inauguré le jardin Itzhak Rabin, signataire des accords d’Oslo et, à ce titre, Prix Nobel de la paix. Or Yasser Arafat, pour les mêmes raisons, avait partagé ce prix avec le Premier ministre israélien assassiné. Il est donc temps, plus que temps de donner à une artère le nom de Yasser Arafat, père de la nation palestinienne. Paris, le 13 juin 2010 Le Bureau national de l’AFPS
Hind Khoury : « Il ne suffit plus de parler, agissez maintenant ! »
Interpellant les dirigeants de l’Union européenne, l’ambassadrice de la Palestine a dit, lundi soir, sa révolte devant des représentants d’ONG, de partis de gauche et de nombreuses personnalités, dont Simone Veil.
Cela devait être une réception d’adieu à l’Institut du monde arabe. Hind Khoury, la déléguée générale de Palestine à Paris, rentre à Jérusalem, sa ville. Elle avait prévu de dire au revoir à celles et ceux qui l’ont soutenue dans son combat pour la cause de son peuple. Les graves événements de la nuit en ont décidé autrement. « Une fois de plus ! a dit Hind Khoury. Nous avons l’habitude, nous, Palestiniens, que les moments de joie se muent en moments de deuil. » Elle a dit sa colère de voir Israël se défendre en parlant de « provocation » de la part de la flottille de la paix. « La provocation, c’est le blocus de Gaza qui dure depuis trois ans ! dit-elle. Le gouvernement israélien a voulu, par cet acte sauvage, saboter la reprise des discussions de paix à la veille d’une rencontre prévue entre le président Obama et Netanyahou. Il essaie de pousser la Turquie dans l’autre camp, celui des soi-disant “terroristes”, parce qu’il est furieux du rôle joué par ce pays. » Une allusion à la signature récente d’un accord sur le nucléaire négocié par Ankara avec l’Iran, bête noire d’Israël. Pour Hind Khoury, « c’est clair, Israël cherche une nouvelle guerre ou une troisième Intifada ». Avis partagé par Elias Sanbar, représentant de la Palestine à l’Unesco, qui réfute le terme de « folie » utilisé par les médias pour qualifier l’attitude d’Israël. « C’est trop facile, cela dispense de l’analyse. Il s’agit d’un acte calculé par les militaires pour rendre toute négociation impossible. » Il appelle, avec Hind Khoury, l’Union européenne, à « passer aux actes pour faire cesser et l’occupation et le blocus ». Se faisant porte-parole des nombreuses ONG présentes, Bernard Ravenel, de la Plate-forme des ONG pour la Palestine, exige que « des sanctions soient prises contre les responsables » et interpelle l’UE, estimant que « la cause principale de cette horreur, c’est l’impunité dont jouit Israël ».
À leur tour, Marie-George Buffet, pour le PCF, et Jean-Luc Mélenchon, pour le Parti de gauche, en appellent à « mettre fin à l’impunité » et à « cesser de récompenser Israël, comme on l’a fait en l’admettant à l’OCDE ».
Parmi les nombreuses personnalités présentes, plusieurs députés et sénateurs communistes et socialistes, un seul de droite, le député de Dordogne Daniel Garrigue, transfuge de l’UMP, et Fadela Amara pour le gouvernement. Mais une présence a beaucoup touché Hind Khoury, celle de l’ancienne ministre et toute nouvelle académicienne Simone Veil, venue avec son mari lui manifester son amitié. En un pareil jour, ce geste prenait un sens très fort.
Désastre moral pour Israël, désastre humanitaire pour les Palestiniens
La question de la levée du blocus de Gaza est posée ouvertement par l’ONU, Washington n’ayant pas osé y mettre son veto. Neuf Français ont été arrêtés par Israël. L’un expulsé.
Quatre cent quatre-vingts passagers, qui étaient à bord de la flottille pour Gaza étaient détenus, hier, dans une prison d’Ashdod, dans le sud d’Israël, tandis que 48 autres étaient en voie d’expulsion. Par ailleurs, 45 autres passagers, pour la plupart d’origine turque, étaient hospitalisés dans différents établissements. Parmi les détenus, figure Kamal Khatib, président du Haut Comité de suivi des Arabes israéliens, la plus importante organisation de cette communauté de 1,3 million de personnes, qui a largement observé l’appel à une journée de grève générale lancée par le maire communiste de Nazareth, Ramiz Jaraisy. Un Français a été expulsé, hier, alors que, selon l’Élysée, huit autres ressortissants français étaient toujours détenus en Israël. « Nous sommes en train de devenir les pestiférés du monde entier avec cette opération. C’est un désastre moral pour Israël. » Cette déclaration de l’écrivain israélien Amos Oz résume bien l’état dans lequel se trouvent les Israéliens au lendemain de l’attaque de la flottille humanitaire par des commandos de l’armée israélienne, qui a fait au moins neuf morts, selon un décompte israélien.
Tous ne condamnent pas cette opération mais tous sentent bien que la politique outrancière de Netanyahou atteint ses limites. Les États-Unis, dont la réaction a pourtant été la plus feutrée dans le monde, n’ont pas osé opposer leur veto à la résolution votée hier à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU. Celle-ci est, il est vrai, non contraignante dans sa demande d’enquête sur cette tragédie. Mais désormais est posée à haute voix la question de la levée du blocus subi par la bande de Gaza depuis trois ans. « Si le gouvernement israélien avait tenu compte de mes appels fermes, urgents et continus en faveur de la levée du blocus de Gaza, cela ne se serait pas produit », a ainsi déclaré Ban Ki-moon, depuis Kampala (Ouganda), où il participait à la conférence de révision du statut de la Cour pénale internationale. La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, s’est dite prête à intensifier les efforts de l’Europe en vue d’obtenir une levée du blocus de la bande de Gaza, « qui doit cesser ». Elle a aussi souligné « l’importance du rôle de l’Autorité palestinienne dans la normalisation de la situation à Gaza ». Dans ce contexte, « elle saluerait une visite du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Gaza ».
Si, lors du sommet Afrique-France qui se tenait à Nice, Nicolas Sarkozy s’est dit « choqué par le nombre de morts et la violence des événements », il a pointé du doigt le « conflit israélo-palestinien qui continue et dont on ne voit pas la fin », ses explications ont paru néanmoins alambiquées. « Si les Palestiniens pouvaient se gouverner et si Israël savait qu’il pouvait vivre en sécurité avec les pays de la région, il n’y aurait pas de blocus » de la bande de Gaza. L’argument est un peu court. Pour que le processus de paix reparte sur des bases saines, il n’y pas mille solutions : la colonisation doit cesser en Cisjordanie et le blocus de la bande de Gaza doit être levé. L’Égypte vient d’ailleurs d’ouvrir le poste frontière de Rafah afin de laisser entrer l’aide humanitaire
Ces Israéliens qui disent non
Plusieurs personnalités expriment leur colère face à l’attitude du pouvoir et de l’armée.
De nombreuses manifestations se sont déroulées en Israël, hier soir, à l’appel d’associations pacifistes et du Parti communiste israélien, pour protester contre l’attaque de l’armée au large des côtes de Gaza contre les navires de la paix. C’était le cas à Beer Sheva, à Haïfa, à Tel-Aviv et à Jérusalem, ainsi que dans les universités, signe que les jeunes et les étudiants israéliens tentent de se mobiliser. Joint par l’Humanité alors qu’il se trouvait dans un cortège à Tel-Aviv, le député communiste Dov Khenin explique : « Je suis très inquiet. Ce qui s’est passé au large de Gaza montre que ce gouvernement n’est pas seulement un gouvernement de droite, c’est aussi un gouvernement aventuriste, qui se fiche royalement de la vie des gens. C’est également très dangereux pour la situation au Moyen-Orient. Le mouvement Haddash et le Parti communiste israélien condamnent la décision prise conjointement par le premier ministre, Benyamin Netanyahou, et par le ministre de la Défense, Ehoud Barak, de lancer une attaque contre ces bateaux. Toute leur politique est basée sur l’utilisation de la force. C’est leur seule réponse. »
Pour Ouri Avnery, de l’organisation pacifiste Goush Shalom, qui se trouvait également dans une manifestation devant le ministère de la Défense, « l’action du gouvernement vise à isoler toujours plus la bande de Gaza et à dissuader à l’avenir l’organisation de flottilles pour briser le blocus. Toute la journée, les seules nouvelles qui nous sont parvenues émanaient de la propagande militaire. Mais lorsque les journalistes qui se trouvaient à bord pourront parler, la réalité risque d’être encore plus dramatique. Le problème est que le gouvernement israélien se sent en sécurité grâce au veto que les États-Unis posent dès qu’un texte condamne Israël ». Quant à l’écrivain israélien Shlomo Sand, il estime qu’« Israël pense pouvoir faire ce qu’il veut. Il avait craint qu’Obama ne soit un nouveau Carter, en fait il voit qu’il ne s’agit que d’un petit Clinton ».
Quand Israël tire à vue sur les humanitaires
En tuant une dizaine de militants de la paix qui voulaient briser le blocus de Gaza, Tel-Aviv montre sa détermination à agir à sa guise, au mépris du droit international. Seules des sanctions fortes peuvent le contraindre à renoncer à ce type d’exactions.
Pourquoi ? C’est la première question qui se pose après le massacre perpétré par des commandos israéliens contre une flottille qui avait quitté Chypre dimanche et entendait livrer 10 000 tonnes d’aide humanitaire au 1,5 million de Gazaouis en brisant le blocus naval mis en place par Israël le long du territoire palestinien. Des centaines de militants de la paix avaient pris place dans ces bateaux. Pas pour en découdre, pas pour faire la guerre : simplement briser un blocus inhumain imposé par Israël avec la complicité passive des gouvernements du monde entier, pays arabes compris.
Huit français étaient à bord du navire
Près de 20 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées lors de l’abordage de deux des bateaux, l’un turc et l’autre grec, qui plus est dans les eaux internationales. Huit Français se trouvaient à bord du navire hellène. Des affrontements ont eu lieu, les participants résistant à l’assaut israélien.
Face à l’émotion internationale, Israël ne cherche pas à se défendre. La meilleure défense, c’est l’attaque. Voilà donc le
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Commentaires (2)
2. Lacour Le 16/02/2009 à 21:08
« prise de position » des dirigeants du PS à propos de l’intervention à Gaza. La défense inconditionnelle d’Israël pendant les années Mollet et Mitterrand a fait place à un soutien certes toujours inconditionnel, mais biaisé et feutré. Les dirigeants socialistes étouffent tout débat interne sur la question des territoires occupés, car ils savent que ce serait ouvrir la boîte de Pandore de la mise en accusation d’Israël. La direction socialiste manie une langue de bois épaisse qui met en scène de manière équidistante « deux camps qui souffrent ». Un tel procédé est partial, c’est-à-dire favorable à Israël, car il ne prend pas en compte l’injustice faite aux Palestiniens en 1948, puis en 1967 et depuis. En se taisant sur l’occupation des terres palestiniennes, la direction du PS dépolitise le conflit. Cet évitement politique a pour conséquence d’ethniciser la question. L’insistance socialiste sur l’« insécurité israélienne » renforce de manière quasi-subliminale la perception de sens commun selon laquelle Israël – un Etat démocratique et « occidental » – ne fait que défendre ses citoyens contre des islamistes qui n’hésitent pas à perpétrer des attentats-suicides.
Le communiqué socialiste relatif à Gaza exprime la crainte que ce conflit ait des « répercussions jusque dans notre pays ». Amateurisme politique ou pur cynisme de la part des auteurs du texte ? Car c’est justement en rompant avec leur position de fausse neutralité et en portant un jugement d’ordre politique, reposant sur les principes de morale universelle (droit des peuples à l’auto-détermination) et de droits universels (respect des résolutions de l’ONU et de la Convention de Genève), que les dirigeants du PS pourront désamorcer en France toute tension communautaire autour de cette question. Le positionnement de l’appareil socialiste contribue au contraire à entretenir la flamme des passions communautaires.
Il faut reconnaitre que dans les Vosges seule la section du PS de l'Avière prend une part active dans ce combat "pour une paix juste et durable" et demande un véritable réglement politique qui seul peut résoudre ce problème récurent. Alors où sont les autres instances dirigeantes de ce parti ? Avouez que ce n'est pas à moi de répondre.
1. Auri le rouge Le 18/01/2009 à 21:12
Je voulais savoir si tout c'etait bien passé dans la manif de samedi aprés midi ?
Pour ma part j'etait à nancy , belle manif malgres la pluie ,1500 personnes et une véritable motivation.Certe 2 ou 3 jeunes ont à un moment dérapés sur les slogans " sarkozy sale ...." vite rattrapé par les oragnisateurs de la manif qui ont ete vite les calmer . Sinon une hunanimité de sifflement au passage du mcdo hardement défendu par une presence policiére omiprésente ...
A la fin de la manif deux drapeau brulé ,un des etats unis et un d'israel .Au point de dispersionLes jeunes se remettent à chanter des chants antisémites ,interpeller pa les organisateurs ,ils acceptent de s'expliquer . Finallement apres 5 minutes de conversation seul un jeune continue de se dire antisémite ,les autres ,reconnaissent que c'est la pression de la foule et la pression policiere qui les ont fait je cite dérapé et confondre sionnistes et juifs ,ils s'en sont esxcuzé . Le jeune qui quand à lui se disait antisémite ,était d'apres ce que j'ai compris un ancien enfants palestiniens "mes freres sont la haut en train de se faire tuer " ," 93 ,2003 ,j'avais 5 ans et je planquai les armes pret de l'ecole pour que les frere puissent resister aux attaques la nit tombé ."