« L’idée fixe de l’armée était d’envahir Gaza sans avoir de pertes. Il fallait une victoire à tout prix contre le Hamas pour effacer la défaite de 2006 au Liban. » Yehuda Shaul explique ainsi ce qui s’est passé il y a un an à Gaza. Ce juif religieux n’a pas le profil habituel des contestataires israéliens. Né dans une famille orthodoxe d’origine nord-américaine, rien ne le destinait à jouer les imprécateurs. Mais, à dix-huit ans, son service militaire l’a conduit à Hébron, ville occupée où les exactions de l’armée et des colons l’ont fait réfléchir. Avec 65 membres de son unité, il crée en 2004 Breaking the silence (1), pour « tendre un miroir à la société israélienne ». L’organisation a publié en 2009 son second recueil de témoignages. Il confirme les boucliers humains, les bombes au phosphore et « d’autres dont je ne peux pas parler à cause de la censure militaire ». Mais surtout cette philosophie terrible : « La seule règle d’engagement, à Gaza, c’était : tirez et ne vous posez pas de questions. »
Il y a un fait désormais établi aux yeux de l’opinion publique mondiale. Israël n’a pas la volonté de faire la paix avec les Palestiniens sur la base du droit international. La politique menée depuis des décennies par tous les gouvernements israéliens n’est qu’une longue litanie d’évitements, de recherche de cadres qui seraient autant de substituts à celui que fixent les résolutions onusiennes, l’Avis de la Cour Internationale de Justice de juillet 2004… Les Accords d’Oslo constituent le premier exemple de cette stratégie de remplacement de la contrainte de la légalité internationale par une politique de négociation sans fin, négociation ne comportant aucun préalable, aucune référence aux textes juridiques pertinents. La Feuille de Route obéit à la même logique, encore plus perverse puisque, non seulement les résolutions votées par l’ONU ne sont plus considérées comme la base unique de règlement du conflit, mais encore l’ONU est ravalée au rang de comparse au sein d’un Quartette au sein duquel la prédominance des Etats-Unis ne fait aucun doute.
Cela fait donc deux décennies qu’un fantomatique " processus de paix " est censé apporter un règlement politique, tout ceci sur fond de massacres de populations civiles comme à Gaza, d’extension de la colonisation, d’édification d’un Mur dont le but est d’annexer sans cesse plus de territoires. Itzak Shamir, Premier Ministre israélien que Bush père avait " contraint " à s’asseoir à une table de négociations avec les Palestiniens à Madrid, avait déclaré être d’accord pour fonder un processus de paix à condition qu’il y ait " beaucoup de processus et pas beaucoup de paix ".
L’avènement d’Obama a pu laisser espérer un infléchissement de la politique étatsunienne dans un sens moins favorable à Israël. Quelques coups de semonce du puissant lobby israélien ont vite fait litière des belles résolutions du discours du Caire.
Il faut se rendre à l’évidence. La Palestine, étranglée, appauvrie, démunie, voit se dresser contre elles une coalition rassemblant les états les plus puissants de la planète, les Etats-Unis, l’Europe, ainsi que certains états, dont des régimes arabes qui croient pouvoir trouver leur salut en troquant la défense de la Palestine contre la pérennité de leur pouvoir.
Que faire ?
Il faut que l’opinion publique internationale réalise que la pièce qui se joue au Proche-Orient peut, si elle ne s’en mêle, devenir une tragédie, celle de la disparition d’une nation et d’un peuple. Une telle issue, outre son caractère révoltant, aurait des conséquences incalculables sur la stabilité du monde. En effet, elle enverrait aux peuples le signal que la justice, le droit, n’ont plus cours et que le primat de la force redevient la norme. Ce serait bien entendu une mauvaise nouvelle, non seulement pour les populations du tiers-monde mais aussi pour celles des pays développés, car promises à un avenir où le tout sécuritaire liberticide ne réussira pas à les prémunir contre les attentats terroristes.
Nolens volens, la Palestine est devenue une cause emblématique, une sorte de marqueur de l’état du droit dans le monde. Il y a d’autres tragédies de par le monde, souvent bien plus meurtrières. Les hérauts du sionisme ne manquent d’ailleurs pas d’en faire l’un des éléments de leur propagande en nous invitant à " regarder ailleurs ". Il se trouve que les victimes de ces tragédies soutiennent elles-mêmes la cause palestinienne. Les keffiehs fleurissent partout, en Europe mais aussi en Afrique et en Asie ! Tout se passe comme si la souffrance du monde s’incarnait dans la figure du Palestinien.
C’est dans ce contexte qu’est née l’initiative du Tribunal Russell sur la Palestine. Le Tribunal Russell a été fondé en 1966 par le mathématicien anglais et prix Nobel de littérature Lord Bertrand Russell à l’époque de l’agression étatsunienne au Vietnam. Pour définir l’esprit et l’objectif de ce Tribunal, il eut ces mots : " Puisse ce Tribunal prévenir le crime de silence ". La sentence, délivrée par Jean-Paul Sartre qui en fut le président, eut un effet considérable sur l’opinion publique et contribua sans doute à hâter la fin de la guerre.
C’est l’espoir que cultivent les initiateurs du Tribunal Russell sur la Palestine. Toutefois, dans leur esprit, la fin du conflit israélo-palestinien doit résulter d’une solution juste, fondée sur le droit. Israël empêche une telle solution d’émerger et viole de façon délibérée le droit international. Ces violations ont été constatées à maintes reprises. Les instances onusiennes ne peuvent pas faire autrement que de constater l’absence d’exécution des résolutions qu’elles ont édictées. La Cour Internationale de Justice constate également les infractions au droit et aux conventions de Genève. Amnesty International et Human Rights Watch décrivent par le menu les infractions commises par les Israéliens. Le rapport Goldstone fait état de crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité perpétrés à Gaza.
Le Tribunal Russell n’a donc pas pour objectif de dresser une nouvelle fois la liste des crimes commis par Israël. Il se contentera de les rappeler, avec la force qui convient.
Son objet est de juger, devant l’opinion internationale, les acteurs, Etats ou organisations, qui ont permis aux criminels de se soustraire à la justice. Il désignera à l’opinion internationale les acteurs, Etats ou organisations, qui ont permis à Israël de bénéficier d’une scandaleuse impunité.
Gageons que l’opinion internationale se saisira de la sentence qu’il prononcera et l’agitera sous le nez de ses gouvernants pour les contraindre à faire respecter le droit.
Le pouvoir israélien semble avoir refermé la porte sur les tractations visant à obtenir la libération de prisonniers palestiniens, en échange du soldat Gilat Shalit. Ainsi un haut responsable a confié hier au quotidien Yediot Aharonot que le premier ministre, Benjamin Netanyahou, serait parvenu « à la limite extrême des concessions » exigées par le Hamas. L’argument avancé pour refuser la libération des prisonniers est toujours le même : « Le chef du gouvernement n’entend pas permettre à des terroristes impliqués dans des attaques sanguinaires de retourner dans leur foyer, au risque de remettre en danger la vie des Israéliens. » Il sonne naturellement très étrangement, à l’heure de l’anniversaire de la guerre contre Gaza qui a coûté la vie à près de 2 000 Palestiniens et a conduit les habitants de l’étroite bande de territoire à subir pendant wwrès d’un mois la terreur d’État israélienne.
l’entêtement de Netanyahou
La radio publique israélienne confirme aussi ce refus de Tel-Aviv et avance qu’il touche en particulier Marwan Barghouti, dirigeant du Fatah et personnalité qui paraît pourtant capable de fédérer une réconciliation palestienne, si nécessaire à l’émergence d’un partenaire crédible dans de vraies négociations de paix. Le cabinet Netanyahou semble donc déterminé à couper court, une fois encore, à un tel scénario. Signe que les positions des extrémistes continuent de s’imposer en son sein. Une tendance qui se vérifie aussi dans la persistance israélienne à donner leur feu vert à l’extension des colonies, en particulier à Jérusalem. Du côté du bureau du premier ministre, qui avait eu jeudi soir des consultations avec de hauts responsables en charge du dossier, après avoir reçu la réponse du Hamas, on se refusait hier matin à tout commentaire. Netanyahou avait cependant déjà fait savoir, le 27 décembre, qu’il « n’était pas du tout certain qu’un accord d’échange de prisonniers fût en vue ». Et cet entêtement n’avait malheureusement pas suscité les réactions internationales appropriées. Tant s’exprime ainsi une volonté systématique de barrer la route au processus de paix.
Sur la liste de prisonniers figure Salah Hamouri
Ces négociations indirectes entre Israël et le Hamas sur l’échange de prisonniers ont été ouvertes il y a environ deux mois. Elles sont placées sous le parrainage de l’Égypte, un médiateur allemand étant chargé de faire passer les messages entre les deux protagonistes. Parmi la liste de prisonniers figure Salah Hamouri, le jeune Franco-Palestinien accusé par les autorités israéliennes de menées terroristes pour avoir, prétendent-elles, comploté contre un rabbin ultraorthodoxe, Ovadia Yossef. Salah, qui est en prison depuis 2005, n’a eu de cesse de clamer son innocence et dénonce, en fait, ce qui s’apparente à un pur délit d’opinion. Sans, là encore, susciter la mobilisation que l’on serait en droit d’attendre du Quai d’Orsay.
Bruno Odent
mis en ligne le 30/12/09
Communiqué de presse :
Pour Gaza : une brèche s’est ouverte, il faut l’amplifier !
Suite aux diverses actions et initiatives tous azimuts que nous avons menées de manière dynamique
et responsable, les autorités égyptiennes viennent de prendre la décision politique importante
d’autoriser le départ de 2 cars – soit 100 personnes – pour rejoindre Gaza dans le cadre de « La
Marche pour la liberté » !
C’est un premier succès non négligeable que nous enregistrons.
Cette décision présente toutefois un problème et nous convainc de lui donner un prolongement.
Le problème c’est que cette autorisation a été accordée principalement aux Marcheurs américains,
la présence autre étant purement symbolique. Cela pose d’emblée la question du prolongement qu’il
convient de lui donner : obtenir une autorisation élargie, autrement dit que les européens – qui sont
aussi nombreux au Caire que les américains – puissent aussi obtenir la même autorisation !
En conséquence, forts de ce premier résultat qui n’est pas mince et qui est fruit de nos efforts
partagés sur la base d’une ligne de conduite parfaitement claire et que nous ne modifions pas, nous
entreprenons ans attendre les démarches et initiatives appropriées pour déboucher sur une solution
satisfaisante pour tous et conforme à l’objet de cette marche.
Une brèche a été ouverte, nous voulons l’élargir ! C’est l’objet de nos requêtes auprès des autorités
égyptiennes : « Alors que vous avez entrouvert une porte, il faut que la porte s’ouvre plus
largement. Ainsi la raison l’emportera et ainsi vous sortirez de cette mauvaise passe où un piège
vous était tendu : déplacer vers vous des responsabilités qui ne vous incombent pas. C’est Israël qui
est responsable de la situation à Gaza. Vous sortez de l’oeil du cyclone en faisant ce premier geste
politique que nous apprécions, maintenant sortez-en complètement ! ».
A vous qui êtes en Europe nous disons : votre soutien a été précieux pour obtenir ce premier
résultat. Aidez-nous à l’amplifier ! Vos gouvernements respectifs ne peuvent plus dire maintenant :
« Les Egyptiens ne veulent pas ».
Tous ensemble continuons les actions pour que vive la marche de la liberté pour Gaza !
Jean-Claude Lefort – 30 décembre 2009
Association France Palestine Solidarité (AFPS), 21 ter rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79 Fax. : 01 43 72 07 25 – Courriel : afps@france-palestine.org Site : www.france-palestine.org
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mis en ligne le 29/12/2009
Marche pour la liberté, liberté pour la marche !
Depuis maintenant quarante-huit heures, nous sommes au Caire où, de discussions en
discussions, les 1400 participants à la marche pour la liberté pour Gaza – 1400 comme les
1400 victimes gazaouies de l’offensive israélienne d’il y a un an – n’ont toujours pas
l’autorisation de se rendre à Gaza.
Deux arguments – irrecevables – sont avancés par les autorités :
Les Marcheurs s’ingéreraient dans les affaires intérieures égyptiennes. C’est doublement
faux. D’abord, nous n’avons jamais mis en cause les autorités égyptiennes. Nous avons,
au contraire, travaillé avec elles en leur donnant toutes les informations qu’elles
souhaitaient - jusqu’à nos numéros de chambres !
Selon nous, la liberté d’aller et venir, de circuler où bon nous semble est une liberté
fondamentale de l’être humain. Mais elle ne s’applique pas à la population de Gaza,
soumise à un blocus illégal et inhumain. Raison de plus pour qu’elle s’applique aux
Marcheurs venus de quarante-deux pays – dont la France – qui doivent bénéficier de ce
droit fondamental. En le leur refusant, ce sont les autorités égyptiennes qui s’ingèrent
dans la liberté des Marcheurs.
Deuxième argument : si les Marcheurs passaient à Gaza, ce serait nuisible à la sécurité
égyptienne. On a beau chercher le sens de ce raisonnement, il ne tient pas. Les 1400
Marcheurs peuvent entrer à Gaza et en sortir sans que cela ne pose le moindre problème.
Si le feu vert était donné – lequel procède évidemment d’une décision politique –, nous
sommes tous assez responsables pour ne prêter le flanc à aucune manoeuvre, d’où
qu’elle vienne. Notre interlocuteur à Gaza est le Palestinian Center for Human Rights, dont
chacun connaît le sérieux. En quoi l’entrée et la sortie des Marcheurs mettraient-elles en
Association France Palestine Solidarité (AFPS), 21 ter rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79 Fax. : 01 43 72 07 25 – Courriel : afps@france-palestine.org Site : www.france-palestine.org
cause la sécurité égyptienne ? Cette objection n’est donc pas fondée.
Nous sommes porteurs d’une double exigence : la levée du blocus illégal qui a transformé
Gaza en prison et en mouroir à ciel ouvert depuis deux ans et demi, et la fin de l’impunité
dont jouissent les autorités israéliennes. C’est l’objet unique de cette marche et la raison
pour laquelle nous venons exprimer notre solidarité aux Gazaouis. Nous sommes porteurs
du droit international, des valeurs mêmes qui fondent l’Humanité… Voilà pourquoi nous
attendons des autorités égyptiennes qu’elles prennent la décision politique de nous laisser
passer à Gaza.
J’ajoute que les autorités françaises ou européennes ont une lourde responsabilité dans
cette situation pour n’avoir pas – à notre connaissance – effectué les démarches
nécessaires auprès des responsables égyptiens. C’est la première chose à faire : exiger
une intervention adaptée de nos pouvoirs publics en direction des autorités du Caire. La
seconde remarque à méditer est la suivante : si, par absurde les autorités égyptiennes
s’entêtaient, elles se placeraient dans une situation des plus paradoxales. En effet, alors
qu’Israël est bien le principal responsable du blocus de Gaza, voilà qu’aux yeux de
l’opinion publique, cette responsabilité se déplacerait vers d’autres, qui sont pourtant à la
tête d’un pays qui, l’an dernier, a manifesté avec force et massivement sa solidarité avec
les Palestiniens. En maintenant leur interdiction, les autorités égyptiennes créeraient ellesmêmes
les conditions d’un déplacement du débat dans leur propre société – ce que nous
nous sommes toujours refusé à faire. Par ricochet, ce sont elles qui provoqueraient
l’immixtion, qu’elles dénoncent.
ll est temps que la raison l’emporte sur un certain aveuglement : qu’on laisse marcher les
citoyens venus du monde entier dire, sur place et pacifiquement, leur solidarité avec le
peuple de Gaza.
Jean-Claude Lefort
Le 28 décembre 2009
Association France Palestine Solidarité (AFPS), 21 ter rue Voltaire 75011 Paris
Tél. : 01 43 72 15 79 Fax. : 01 43 72 07 25 – Courriel : afps@france-palestine.org Site : www.france-palestine.org
Avec Bil’in, village résistant et non-violent, victime de l’acharnement de l’armée israélienne !
Des forces des unités spéciales de l’armée israélienne ont pénétré la nuit dernière à Ramallah et ont enlevé, Abdallah Abu Rahma, le coordinateur du Comité Populaire de Bil’in (village situé à l’ouest de Ramallah en Cisjordanie).
Ramallah est la ville où se trouvent l’Autorité palestinienne et le parlement (Conseil Législatif) palestinien. Elle est située en zone A après les accords d’Oslo, c'est-à-dire sous contrôle totalement palestinien. Mais de ceci, qui constitue pourtant le droit, l’armée et le gouvernement israéliens s’en moquent, assurés qu’ils sont d’une totale impunité.
Un autre militant, Bassem Abu Rahma a été froidement assassiné en avril 2009 lors d’une manifestation non violente. Plusieurs autres dirigeants du Comité se trouvent déjà dans les geôles israéliennes. D’autres militants ont été grièvement blessés.
Le Comité Populaire de Bil’in avait reçu, en décembre 2008 à Berlin, la « Médaille Carl von Ossietzky », médaille décernée par la Ligue Internationale des Droits de l’Homme à ceux qui donnent l’exemple de la résistance non-violente. Abdallah Abu Rahma avait fait le déplacement à Berlin pour recevoir la médaille.
Le calvaire des habitants de Bil’in dure depuis qu’ils se sont vus dépossédés de plus de la moitié de leurs terres par Israël pour la construction, en toute illégalité, de nouvelles colonies israéliennes.
Ils se sont ensuite organisés, avec le soutien de militants israéliens et d’internationaux, pour mener une résistance non violente et sans relâche, avec des manifestations hebdomadaires et ce depuis cinq années, pour la récupération de leurs terres volées, contre le mur d’annexion et la construction des colonies.
Depuis le mois de juin et, par périodes, presque toutes les nuits, des dizaines de soldats israéliens envahissent le village de Bil’in.
Lors de ces incursions, les soldats perquisitionnent les maisons, créent un climat de terreur et procèdent à des arrestations arbitraires. Une quarantaine de Bilinois, et particulièrement des adolescents de 11 à 15 ans, ont été arrêtés au cours de ces rafles. Des peines allant jusqu’à trois ans de prison leur ont été infligées.
L’armée obligeait les adolescents emprisonnés à signer des « aveux » reconnaissant qu’ils lançaient des pierres sur les soldats au cours des manifestations hebdomadaires, et que ce sont les dirigeants du Comité, dont Abdallah Abu Rahma, qui les poussaient à ces actions.Les responsables du Comité ont toujours été convaincus que ce sont eux qui étaient visés. L’armée avait instruit des dossiers contre eux, basés sur les "témoignages" extorqués à des enfants, pour ensuite procéder à leurs arrestations et à leurs traductions devant les tribunaux militaires. Le but est manifestement de briser la résistance exemplaire des habitants de Bil’In. Et pourtant, la Cour suprême israélienne avait ordonné la modification du tracé du mur aux alentours de Bil’In. Cette décision n’a jamais été appliquée. Il s’agit aussi d’empêcher l’extension de ce mouvement dans d’autres villages de Cisjordanie tandis qu’une coordination des Comité de résistance populaire s’est créée à la Conférence internationale de Bil’in en avril dernier.
Nous appelons les groupes locaux de l’AFPS à protester et à agir sous toutes les formes vers le Ministère des Affaires étrangères de France ainsi que vers l’Ambassade d’Israël en France. Nous les appelons à interpeler leurs parlementaires dans le même esprit. Nous sommes résolument avec et aux côtés de nos amis de Bil’in ! Nous prenons également contact avec Le Collectif national pour envisager ensemble des initiatives adaptées à la situation.
L’AFPS
Le courriel de nos amis de Bil’in : bel3in@yahoo.com
L’adresse de l’Ambassadeur d’Israël en France : M. Daniel Shek : 3, rue Rabelais – 75008 Paris
L’adresse électronique du Directeur de cabinet de B. Kouchner : philippe.errera@diplomatie.gouv.fr
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Communiqué de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS)
Des pressions intolérables du Crif sur les représentants de la République
La France se renie. Le prix des droits de l’Homme de la République française ne sera pas
remis au PNGO au Ministère des Affaires étrangères.
Nous apprenons avec consternation et colère que le Ministère des Affaires étrangères a cédé à des
pressions intolérables en démocratie.
Chaque année la France décerne le prix des droits de l’Homme de la République française à des
associations qui ont fait montre de détermination et de courage pour les faire respecter, dans des
conditions souvent très dures. Les lauréats sont souvent prestigieux.
Une ONG palestinienne, PNGO, est lauréate cette année.
Le PNGO, représentant quelque 200 associations et ONG palestiniennes qui travaillent dans le
domaine de la santé, de l’éducation, de la défense des droits humains, du droit des femmes, de la
culture, de l’eau..., est emblématique de la volonté du peuple palestinien de vivre librement et
dignement, dans des formes démocratiques où le droit des peuples et les droits humains ne sont pas
de vains mots.
La France lui a reconnu cet honneur et s’est honorée ce faisant.
Mais le Crif, association de plus en plus communautariste qui affiche un soutien zélé aux autorités
israéliennes d’occupation de la Palestine, a mené une campagne acharnée auprès du Quai d’Orsay
dès qu’il fut rendu public qu’une association palestinienne de renom -et irréprochable- était lauréate
de ce prix.
Alors la France s’est déshonorée. Elle a déplacé le lieu -symbolique- de remise de ce prix
prestigieux. Elle se tiendra demain jeudi 10 décembre à 17 h à « Sciences Po » et non au Quai
d’Orsay. La République, qui avait fait ce choix souverainement, se couche devant des pressions
auxquelles il était pourtant facile de résister au nom des valeurs qu’elle est supposée représenter.
L’Afps condamne cette capitulation de nos gouvernants devant un groupe d’intérêt
communautaire allié d’une puissance occupante qui ridiculise à la fois la notion de droits
humains et la France.
Comment espérer alors de la patrie des droits de l’Homme ?
Paris, 9 décembre 2009
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"rayer la Palestine de la carte"
Quand on sait le tollé soulevé en Occident, à commencer par notre pays, tous les dirigeants et médias, lorsque le président iranien Ahmadinejad avait été accusé (sur le fondement d’une traduction mensongère, d’ailleurs !) d’avoir souhaité qu’Israël soit "rayé de la carte" on s’étonne du grand silence qui suit la décision israélienne d’effacer les noms arabes sur les panneaux indicateurs.
Le ministère israélien des Transports a annoncé lundi qu’il allait effacer les noms arabes des localités "israéliennes" sur les panneaux indicateurs pour garder uniquement le terme hébreu. Jérusalem ne sera plus écrit en arabe que par la transcription du mot hébreu Yerushalayim sans qu’il n’y ait plus mention du terme arabe usuel d’Al-Qods (la Sainte), aujourd’hui accolé. Dans la signalisation en anglais, Jerusalem , devient Yerushalayim , Nazareth , la principale ville arabe, devient Natzrat , Jaffa près de Tel-Aviv devient Yafo , et Safed en Galilée devient Tzfat, indique l’AFP.
"Le ministre Israël Katz a pris cette décision qui sera progressivement appliquée, la tâche en étant confiée au service des Travaux publics", a précisé à une porte-parole du ministère. Dans une déclaration au quotidien à grand tirage Yediot Aharonot , ce ministre du Likoud, parti du Premier ministre Benyamin Netanyahou, a présenté cette mesure comme une réponse au refus des Palestiniens de désigner des localités israéliennes par leur nom en hébreu. "Dans les cartes palestiniennes les noms des localités israéliennes ont souvent encore leur noms arabes, d’avant la guerre de 1948", a-t-il déclaré. Il a précisé que le changement des noms ne porterait pas sur des localités palestiniennes en Cisjordanie, sous administration de l’Autorité palestinienne.
Déjà en 1949, des centaines de noms d’origine biblique avaient été attribués aux nouvelles localités israéliennes construites à l’emplacement de villages arabes détruits. Le Premier ministre de l’époque David Ben Gourion écrivait alors : "Nous devons écarter les noms arabes pour des raisons politiques, de même que nous ne reconnaissons pas politiquement aux Arabes le droit de posséder le pays". En janvier 1968, le gouvernement d’union nationale sous direction travailliste de l’époque avait décidé que la Cisjordanie serait désormais dénommée Judée-Samarie.
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La nouvelle est tombée, hier en fin de matinée, comme un couperet. La demande de libération déposée par le défenseur de Salah Hamouri, puisque le jeune homme a déjà purgé la moitié de la peine pour laquelle il a été condamné, a été purement refusée par un juge. Une nouvelle sentence, en quelque sorte, qui s’abat sur les épaules de notre compatriote. Car la nationalité française est la seule qu’il possède puisque les Palestiniens se voient toujours refuser la création de leur État, malgré les multiples promesses occidentales, malgré les déclarations israéliennes. C’est qu’en l’espèce le cas de Salah Hamouri est exemplaire de ce qui arrive à tout un peuple. Soit les Palestiniens vivent sous occupation, comme à Jérusalem-Est, comme en Cisjordanie dont les principales routes sont contrôlées par l’armée israélienne et régulièrement l’objet d’incursions militaires, soit on les vire purement et simplement de leur lieu d’habitation à l’occasion de la construction et de l’annexion de territoires palestiniens à Israël. Soit encore, comme à Gaza, une population est affamée, encerclée et massacrée par une armée d’occupation.
Salah Hamouri est pourtant innocent. Il l’est d’abord parce que ses juges, malgré leur volonté et leur arbitraire, n’ont pas réussi à prouver la culpabilité de Salah dans ce qu’ils présentent comme une affaire de « terrorisme ». Et pour cause ! Depuis quand passer devant le domicile d’une personnalité (en l’occurrence un rabbin israélien) serait-il d’extrême droite, relèverait d’un crime, pis, d’une tentative d’assassinat ? Visiblement, s’agissant d’Israël, plus la ficelle est grosse plus ça passe. Autre anomalie : le tribunal qui a « jugé » Salah Hamouri est évidemment illégal au regard du droit international puisqu’il s’agit d’un tribunal militaire d’occupation. D’ailleurs, ce « jugement » n’est survenu qu’après trois ans de détention. Un fait habituel pour les Palestiniens. C’est la détention administrative, qui peut être prolongée aussi longtemps que le décident les chefs militaires israéliens. Qui pourrait donc soutenir que Salah est coupable uniquement parce que le marché qui lui a été proposé est ignoble : « Tu dis que tu es coupable et on te donne sept ans. Tu nies et tu reçois le double » ?
Ce qui est préoccupant dans cette affaire est qu’Israël, visiblement, se moque de la France. Selon nos informations, le tribunal qui a statué hier n’a même pas évoqué sa qualité de Français. Ce qui montre que les autorités françaises, qui ne cessent de réclamer la libération du Franco-Israélien Gilad Shalit, sont beaucoup moins déterminées s’agissant de Salah Hamouri. C’est ce qu’a bien compris Tel-Aviv. Nicolas Sarkozy reçoit publiquement les parents de Gilad mais ignore ceux de Salah. Devant la presse, le président français évoque le nom du soldat franco-israélien, il est muet concernant l’étudiant franco-palestinien. Au minimum, la décision prise hier montre non seulement les limites mais le peu de résultat de la diplomatie silencieuse, telle que prétend l’appliquer le ministère français des Affaires étrangères avec Salah. Pis, à l’Élysée on continue de prétendre que l’attitude de Salah Hamouri n’aiderait pas à faire avancer son dossier parce que, « à aucun moment », il n’a souhaité « exprimer de regrets et favoriser ainsi une éventuelle mesure de clémence ». Si, comme l’écrivait Cédric Goubet, le chef de cabinet de Nicolas Sarkozy, « la France continue de solliciter auprès des autorités politiques et judiciaires israéliennes un geste de clémence », il convient non seulement de persévérer mais, surtout, de faire efficacement pression. Parce que cette justice n’est pas une justice démocratique dès lors qu’elle agit en territoires occupés et qu’elle entend juger des gens pour faits de résistance. On ne peut s’empêcher de penser que cette attitude française à quelque chose à voir avec l’incroyable mansuétude de la France et de l’Union européenne, qui commence même à trancher avec les menaces américaines, vis-à-vis d’Israël.
Jean-Claude Lefort, qui préside l’Association France Palestine solidarité (AFPS) et est à l’origine de la création du comité pour la libération de Salah Hamouri, estime qu’« il convient de préparer, sous toutes les formes possibles, les manifestations d’indignation vers l’Élysée. Car si Salah est en prison, la raison est claire : le président n’a pas fait et voulu faire ce qu’il fallait ! ». Hier, en fin d’après-midi, les autorités françaises n’avaient toujours pas réagi à ce maintien en détention de Salah Hamouri. Depuis Jérusalem, l’Agence France Presse n’a pas non plus daigné envoyer une dépêche aux médias de France et du monde.
Pierre Barbancey
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Signez la pétition internationale en ligne adressée à l’Assemblée
> Générale des Nations unies, pour mettre en place un tribunal pénal
> international ad hoc afin de juger les crimes de guerre israéliens,
> notamment à Gaza !
> C'est un des moyens les plus efficaces dont dispose la communauté
> internationale pour sanctionner Israël.
>
> Pour signer, allez à l'adresse : http://www.france-palestine.org/article11097.html
> Faites aussi connaître largement la pétition autour de vous !
0/10 sur 0 vote
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2. Lacour Le 16/02/2009 à 21:08
1. Auri le rouge Le 18/01/2009 à 21:12