A trois reprises, le Président de la République a menti au français ce soir lors de la présentation de ses voeux.
D’abord, en affirmant avoir toujours dit la vérité sur la crise, le Président a délibérément menti puisqu’en 2010, il disait que « l'année 2011 s'annonce comme porteuse d'espérance (..) la croissance revient (..) les grandes réformes commencent à porter leurs fruits ». Son allocution ce soir montre le formidable fiasco pour le quinquennat de l'actuel Président de la République.
Nicolas Sarkozy continue de masquer sa responsabilité dans la crise dont il reconnaît aujourd’hui qu’elle va se poursuivre. La vérité, c’est que le chef de l’Etat tente de mettre son échec sur le dos de la crise.
A l’entendre, ce ne sont ni les agences ni les marchés qui dictent sa politique alors que l’année 2011 a été rythmée par les pressions de ces marchés auxquels Nicolas Sarkozy a cherché à répondre en permanence.
Enfin, il cache la vérité sur les mesures en préparation pour le sommet du 18 janvier. Au nom de la formation des chômeurs, il prépare à conditionner et à restreindre les indemnités chômage au moment où le nombre de français-e-s sans emploi explose a cause de la politique que lui et son gouvernement mènent.
Sous prétexte d’assurer le financement de la protection sociale, il annonce en réalité un transfert massif des cotisations des entreprises sous forme d’un nouvel impôt : c’est la TVA qui ressort du placard.
2012 doit être l’année ou tout doit être fait pout se débarasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique.
Le réalisme à gauche commande de rompre avec l’obsession ultra-réactionnaire du Président.
C'est dire si, pour battre Sarkozy et réussir après lui, il est nécessaire, à gauche, de rompre pour une autre logique comme y appelle le Front de gauche.
La France est en récession. L'INSEE l'a révélé en anticipant une croissance négative pour le dernier trimestre de 2011 et le premier trimestre de 2012. Cette nouvelle alarmante n'est pas le fruit du hasard. Elle est la conséquence des plans d'austérité successifs que la droite a mis en place depuis le début de la crise. Il est remarquable que ce soit les pays à qui l'on fait appliquer les plans d'économie drastique qui subissent de plein fouet la récession. Elle est le produit de l'austérité!
La suppression de près de 170.000 emplois dans la Fonction publique via la RGPP, le gel des salaires et des minima sociaux, l'asphyxie des collectivités locales, la restriction des crédits aux PME ont fini par faire reculer notre économie. Le Front de gauche dénonce une nouvelle fois cette saignée contre-productive et avance des propositions alternatives.
Oui la France a les moyens d'une autre politique. En mettant fin immédiatement aux exonérations sociales patronales pour réinjecter ces fonds dans l'investissement productif. Le Front de gauche propose de moduler l'impôt sur les sociétés et le taux de cotisations sociales pour encourager activement les entreprises à développer leur valeur ajoutée et la part des salaires dans celle-ci tout en pénalisant les entreprises qui délocalisent et suppriment des emplois pour spéculer.
Notre seule règle d'or doit être l'humain d'abord, pas la finance !
Les loups sont dans la bergerie. Le casse du siècle par effraction existe, sous nos yeux, impuni, décomplexé. Il est même encouragé par les bergers qui renâclent à protéger les enclos et ont stoppé leur intervention pour nourrir les ovinés les plus fragiles et fébriles. Pire, ces derniers sont délibérément jetés en pâture, livrés dans la gueule du loup par des traitres piètres bergers.
J’ai écrit en septembre 2011 une diatribe dénonçant la mascarade de la crise qui cache une Offre Publique d’Achat de la finance sur les États européens, un coup d’État monumental maquillé par la peur de l’ampleur des dettes publiques.
Discours de Nicolas Sarkozy à Toulon en 2008
À Toulon ce jeudi soir, le président doit annoncer une austérité gravée dans les traités européens.
Un Toulon bis ? Un nouveau discours ce soir à Toulon. Une grande messe présidentielle. L’initiative de Nicolas Sarkozy est risquée: preuve que la mer sur laquelle il navigue est semée de dangereux récifs. Le Toulon I, c’était le 25 septembre 2008. Un discours de bonimenteur sur crise financière alors que la banque d’affaires Lehman Brothers venait de faire faillite, révélant l’ampleur de la crise. Un discours solennel qui se voulait fondateur. Le capitalisme n’avait qu’à bien se tenir. Trois ans après, la même logique capitaliste étant à l’œuvre, la crise s’est dangereusement aggravée. L’austérité en plus. Toulon II : même solennité. Même duplicité ?
Oubliée, la moralisation du capitalisme
En 2008, le chef de l’État instrumentalisait déjà l’inquiétude. Il affirmait: « Je ne conduirai pas une politique d’austérité qui aggraverait la récession. » Il précisait : « Les Français ont peur pour leurs économies, pour leur emploi, pour leur pouvoir d’achat. » Et de stigmatiser « les dérives du capitalisme financier », « la folie » des marchés financiers, « les paradis fiscaux ». Il appelait « à refonder le capitalisme », à le « moraliser ». Quelques mois plus tard, il accédait volontiers aux pressions des milieux financiers pour enfoncer un coin dans le système des retraites. Mais pas touche au bouclier fiscal. L’emploi et les salaires sont au plus mal. Les agences de notation menacent le AAA. Sarkozy et Fillon organisent l’austérité par plans successifs.
"Cinq années d'effort" à venir
Aujourd’hui, il troque sa panoplie de Zorro pour celle de capitaine dans la tempête. Le thème de Toulon II : « Les conséquences que la France et l’Europe doivent tirer des crises ». L’aveu de la forfaiture du Toulon I ? Valérie Pécresse annonce un discours « pédagogique » sur « les cinq années d’effort qui nous attendent ». Le menu est co-mijoté avec Angela Merkel. Il y sera question de « règle d’or » à l’échelle européenne. Et surtout d’abandons de souveraineté avec une modification des traités à la clé pour dessaisir encore davantage les peuples.
Le groupe UMP de l'Assemblée a refusé ce mardi de réduire de 10% les indemnités des députés français. Il s'agissait pourtant d'une proposition de l'un des leurs, Lionel Lucas. Mais le coup de communication du chef de file de la Droite populaire s'est fracassé sur la mauvaise volonté de ses camarades de s'appliquer à eux-mêmes l'austérité décrétée hier par le Premier ministre François Fillon.
"C'est un sujet qui a été évacué, qui est réglé. Il y a un gel des indemnités des élus depuis deux ans et ensuite des économies très importantes ont été faites à l'Assemblée", a déclaré Christian Jacob, le président du groupe majoritaire, à l'issue de la réunion hebdomadaire des députés UMP. Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, est lui-aussi intervenu pour rappeler qu'il avait fait adopter un amendement qui prévoit pour 2012 une réduction de 3% de la dotation pour frais de fonctionnement de l'Assemblée demandée à l'Etat, soit 180 millions d'euros d'économies pour toute la durée de la législature 2007-2012.
Par politesse pour Lionel Lucas, aucun de ses collègue n'a taxé sa proposition de démagogique. Un traitement de faveur auquel n'a pas eu droit le candidat socialiste François Hollande. "Quand il dit: on va baisser le salaire du président de la République de 30%, je dis: exemplarité oui, démagogie non", a taclé Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement. Il est vrai que, dans le plan de rigueur dévoilé par Fillon hier, les salaires du président et du gouvernement ne vont être que gelé. Fin 2007, Nicolas Sarkozy s'était accordé 140% d'augmentation.
Après l'annonce par Fillon de cette nouvelle étape dans la rigueur en France, les réactions se succèdent.
"Gel des dépenses de l'État, diminution des prestations sociales et avancée d'un an du passage à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite, augmentation de la TVA... Le plan annoncé par François Fillon est une véritable provocation sociale, une accélération fracassante et catastrophique dans l'austérité généralisée. C'est le début d'un scénario à la grecque et on connaît la fin du film. La saignée sociale n'assainira pas les finances publiques mais tuera le malade. Au terme de cette politique il n'y aura pas de déficit 0 en 2016, mais bien tout à la fois une catastrophe sociale, une catastrophe économique et une catastrophe pour les finances publiques." Lire la suite
"Je voudrais dénoncer l'immense opération de mystification à laquelle s'est livré le Premier ministre, qui n'assume pas son propre bilan et le bilan de Nicolas Sarkozy. Il a attribué à la crise et aux comportements des gouvernements depuis trente ans la réalité des déficits, quand nous savons que les seules mesures fiscales de ce gouvernement correspondent à 75 milliards d'euros de déficit cumulé. La droite va réaliser le rêve des plus individualistes et des plus libéraux des Français: offrir la dépouille du modèle social français, ses services publics et sa sécurité sociale, comme la principale victime".
"Faute d’avoir le courage de revenir vraiment sur les cadeaux accordés aux plus privilégiés par la droite depuis 10 ans, le gouvernement persiste et signe dans des choix de politique économique aussi injustes que dangereux pour notre pays. Le pays a besoin de croissance, tout est fait pour construire la prochaine récession par une rigueur brutale." Lire la suite
"La présentation du deuxième plan de rigueur de M. Fillon apparaît comme un mea culpa honteux et partiel des mesures adoptées en début de quinquennat. Ce sont ceux qui ont mis le pays au bord de la faillite qui soumettent aujourd'hui les Français au plan d'austérité. Un effort considérable est demandé aux Français et à nouveau, ce ne sont pas les plus riches qui vont les supporter. Ce sont les services publics, la santé, l'éducation, l'environnement, la sécurité et le logement social qui vont payer".
Comme Jacques Chirac en son temps, Nicolas Sarkozy profite de son immunité présidentielle pour échapper aux enquêtes de justice. La Cour d'appel de Paris s'est en effet opposé ce lundi à ce qu'un juge d'instruction enquête sur le contrat conclu en 2007, sans mise en concurrence, entre l'Elysée et une société de conseil pour la réalisation de sondages. Une telle enquête "reviendrait à ce que ce dernier (le président, ndlr) "fasse l'objet d'une action, d'un acte d'information ou de poursuite" mettant en cause ou atteignant le chef de l'Etat, ce qui conduirait à porter atteint au principe constitutionnel de l'inviolabilité du président de la République", explique la cour.
Voilà notre président sauvé par le droit. Et tant pis si un juge d'instruction avait estimé en mars qu'il y avait bien matière à enquêter sur cette convention commerciale scellée en 2007, sans appel d'offres. La convention avait été conclue entre la présidence et l'ancien journaliste d'extrême droite Patrick Buisson. C'est l'ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, qui avait signé le contrat.
Toujours prompt à secourir sa hiérarchie, le parquet avait fait appel contre cette enquête, mettant justement en exergue l'immunité dont bénéficie le chef de l'Etat. Pour l'avocat de l'association Anticor, Me Jérôme Karsenti, à l'origine de la plainte pour favoritisme dans cette affaire, "il s'agit d'une interprétation extensive de l'immunité du président de la République". L'Elysée "est une forteresse judiciaire, juridique, inaccessible. Seule la Cour de cassation pourra rendre une décision qui éclairera la portée de l'immunité présidentielle en France", a ajouté l'avocat en annonçant qu'Anticor allait se pourvoir en cassation.
Nicolas Sarkozy au G20 de Cannes
Après les fastes de Cannes et du G20, place à l'austérité et aux tours de vis budgétaires. Le gouvernement français s'apprête à annoncer lundi de nouvelles économies afin de réduire ses déficits appelés à se creuser du fait de prévisions de croissance moins optimistes que prévu dans la loi de Finances 2012.
Pour Nicolas Sarkozy, il en va de sa réputation internationale, après avoir fait la leçon à tour de bras à ses "partenaires" européens grecs et italiens sur leurs laxismes supposés vis-à-vis de leurs dettes. Pour l'Elysée, il n'est pas question non plus de voir la France perdre son triple A auprès des agences de notation. Il faut donc coller au plus près à l'austérité décrétée par les marchés.
6 à 8 milliards d'euros à trouver
Après avoir paradé à Cannes et assuré une énième fois qu'il avait sauvé le monde, le président Nicolas Sarkozy cède la place médiatique à son Premier ministre pour assurer la sale besogne budgétaire, comme en août dernier au moment du premier plan d'austérité français. En déplacement en Haute-Savoie ce samedi, François Fillon devrait annoncer entre 6 et 8 milliards d'euros d'économie ou de taxations nouvelles. Bercy a laissé entendre à plusieurs reprises qu'un relèvement de la TVA dans certains secteurs qui bénéficient d'un taux réduit à 5,5%, comme la restauration, la construction ou les services à la personne notamment, était à l'étude.
La ministre du Budget Valérie Pécresse a toutefois souligné mercredi que le gouvernement privilégierait les économies de dépenses. Dans Nice-Matin ce jeudi, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a assuré: "Les décisions seront prises dans un grand souci de justice de façon à répartir les efforts équitablement pour qu'ils ne soient pas supportés par les plus modestes". Puisqu'il le dit…
La restauration et le bâtiment se rebiffent
Les organisations professionnelles d'hôteliers et de restaurateurs ont demandé jeudi en urgence un rendez-vous avec les ministres de l'Economie et du Budget, pour en savoir plus sur les intentions du gouvernement en matière de TVA, qui pourrait être relevé de 5,5% à un taux intermédiaire qui reste à préciser.
De leur côté, les artisans du bâtiment, pratiquement résignés à une hausse prochaine du taux réduit de TVA de 5,5% à 7% pour les travaux d'entretien-rénovation, ont réclamé vendredi que les auto-entrepreneurs qui sont exemptés pour l'instant du paiement de cette taxe ne le soient plus. Selon le président de la Confédération de l'artisanat des petites entreprises du bâtiment, une telle hausse du taux réduit dans les travaux d'entretien-rénovation rapporterait 500 millions d'euros par an à l'Etat.
D'autres tours de vis budgétaires à venir
A priori, ces nouveaux efforts demandés aux Français ne devraient pas suffire. Le ralentissement économique se matérialise et laisse entrevoir une nouvelle phase de récession. En France, l'indice PMI des services est repassé sous le niveau de 50 qui distingue la croissance de la contraction de l'activité, une première depuis juillet 2009. Ce mauvais chiffre vient s'ajouter à une décélération sensible dans l'industrie, à une consommation des ménages en baisse en septembre et à un niveau de chômage au plus haut depuis 11 ans.
Le gouvernement pourrait être donc amené à réviser une troisième fois cette année ses prévisions de croissance, donc à annoncer de nouveaux plans d'économie...
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