le 22 Février 2012
Après ses propos polémiques sur la déportation des homosexuels, le député du Nord s'insurge contre le fait que l'UMP annonce son retrait de la vie politique.
L'UMP a retiré mercredi son investiture aux législatives dans le Nord au député sortant Christian Vanneste, accusé de propos homophobes, mais n'a pas prononcé son exclusion, pourtant annoncée, assurant que l'intéressé s'était engagé à quitter de lui-même le parti.
Déjà accusé par le passé de dérapages homophobes, Christian Vanneste a provoqué un tollé la semaine dernière avec des propos niant la déportation d'homosexuels français durant la Seconde guerre mondiale.
En ouverture de la réunion hebdomadaire à huis clos du bureau politique, le secrétaire général, Jean-François Copé, a annoncé que l'UMP avait investi un autre candidat que M. Vanneste dans la 10e circonscription du Nord, en la personne de Gérald Darmanin, directeur de cabinet du ministre des Sports, ont confié à l'AFP des participants. "Nous ne pouvions pas nous dérober. On règle cette affaire de façon claire afin d'éviter toute polémique. Christian Vanneste nous a informés qu'il a renoncé à son investiture", a déclaré M. Copé. Celui-ci avait toutefois mis la semaine dernière à l'ordre du jour du bureau politique l'exclusion pure et simple de M. Vanneste.
Le secrétaire général adjoint de l'UMP, Marc-Philippe Daubresse, lui aussi député du Nord, a déclaré au bureau politique que M. Vanneste, 64 ans, avait "donné sa parole d'homme qu'il va démissionner et qu'il va quitter la politique".
M. Vanneste doit tenir ce mercredi soir une réunion avec des militants UMP dans sa circonscription.
Contacté par l'AFP, le député du Nord a jugé "insupportable que l'UMP annonce à (sa) place quoi que ce soit", tout en se félicitant que le bureau politique ne l'ait pas exclu.
"Je ne quitte pas la vie politique", a-t-il asséné, "en revanche, quitter cette galère de l'UMP, oui, car c'est devenu irrespirable". "Ces anathèmes, tout ceci est un coup monté de Gay Lib (militants homosexuels adhérents de l'UMP) avec la complicité de Copé alors que je n'ai fait que dire la vérité".
Dans un communiqué le député a aussi regretté n'avoir eu "aucun contact direct" avec MM. Copé et Daubresse "comme ces derniers le laissent entendre".
Dans une vidéo sur le site www.libertepolitique.com, datée du 10 février, M. Vanneste déclarait: "il y a la fameuse légende de la déportation des homosexuels".
"En Allemagne, il y a eu une répression et déportation, mais il n'y en a pas eu ailleurs (...) En dehors des trois départements annexés, il n'y a pas eu de déportation homosexuelle en France", a-t-il affirmé.
Selon l'historien Mickaël Bertrand, 62 Français ont été déportés "vraisemblablement" pour homosexualité: 22 arrêtés en Alsace-Moselle, 32 au sein du Reich, un dans un lieu indéterminé, sept en zone occupée.
A l'inverse, le président de l'association des Fils et Filles de Déportés Juifs de France (FFDJF), Serge Klarsfeld, a déclaré qu'à sa connaissance, il n'y avait pas eu "d'homosexuel déporté de France".
Outre M. Copé, le Premier ministre, François Fillon, avait lui aussi estimé qu'il fallait exclure le député du Nord. Quant au président-candidat Nicolas Sarkozy, il avait lâché: "tout ce qui peut paraître de près ou de loin de l'homophobie, je l'ai en horreur".
Toutefois, neuf de ses collègues de la Droite populaire, avaient mis en garde mardi contre son exclusion, prévenant qu'ils "ne pourraient l'accepter".
L'UMP serait alors "en apostasie avec ses principes fondateurs", écrivaient ces élus UMP, dont Brigitte Barèges, qui avait lâché en juin, à propos du mariage gay: "et pourquoi pas des unions avec des animaux ?"
Pour eux, cette " "affaire Vanneste" est malheureusement symptomatique de la dérive du bien penser et du "politiquement correct" qui s'installent dans notre pays au mépris de la raison".
le 22 Février 2012
François Chérèque a confirmé sur Public Sénat, mardi soir, que le ministère du Travail faisait bien pression sur certaines directions d'entreprises pour qu'elles repoussent leurs annonces de plans de licenciements à l'après-élection. Cette manoeuvre met à mal la posture de défenseur de l'emploi en France que le candidat Nicolas Sarkozy a tenté de développer lors de son déplacement d'hier, sur le site d'Alstom en Charente-Maritime.
Dans l'émission La Preuve par trois, le leader de la CFDT explique: "Je rencontre régulièrement des chefs d’entreprises et des DRH: ils me disent certains que toutes les semaines, le ministère du travail leur téléphone pour leur demander leurs intentions vis-à-vis de l’emploi et leur dire que s’ils avaient des intentions de licencier, qu’ils les reportent à plus tard. Ca Il y en a plusieurs qui me l’ont dit, je le dis avec une grande franchise, c’est une réalité."
"Moi ce que me disent ces chefs d’entreprise c’est qu’ils reçoivent régulièrement des coups de téléphone du ministère sur ce sujet là et je trouve ça relativement déplacé", commente-t-il par la suite.
Areva et Peugeot visés
Questionné sur les noms des entreprises visées par le gouvernement, François Chérèque développe: "De toute façon, Areva, le patron d’Areva, et c’était public, […] a été convoqué chez le ministre en disant: vous ne faites pas de plan social. Le patron de chez Peugeot a été convoqué chez le président. " Et de commenter: "La grande nouveauté en France, c’est qu’on fait des plans sociaux sans licenciements."
"Les entreprises en difficulté, des éléments de communication"
François Chérèque va plus loin dans les derniers épisodes d'instrumentalisation politique du président-candidat des drames que vivent des entreprises comme Lejaby, Photowatt ou Arcelor-Mittal:"Ce que je dis là, ça veut dire que tout ce qui est fait vis-à-vis des entreprises qui sont en difficulté, c’est quelque part aussi un élément de communication. Je crois qu’il faut déconnecter le rythme de la vie politique de la vie sociale. Quand il y a un problème dans une entreprise il faut le traiter. Quand il se pose, pas plus tard parce-que c’est toujours pire."
le 22 Février 2012
Une vingtaine de députés socialistes, dont Henri Emmanuelli, partisan du "non" au référendum de 2005 sur le projet de Constitution européenne, ont voté contre les traités instaurant un mécanisme européen de stabilité, ce mardi soir, à l'Assemblée nationale, suivant ainsi les 18 élus du Front de gauche qui ont rejeté ce mécanisme européen lié au futur traité fiscal "Merkozy".
Avant le vote, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, avait "adjuré" mardi ses "camarades" socialistes de voter contre le MES, citant entre autres Henri Emmanuelli, Laurent Fabius et Arnaud Montebourg. Mais ces deuyx derniers, pourtant partisans du "non" en 2005, ont suivi les consignes du groupe PS et se sont abstenus, au côté de quelque 130 autres députés socialistes.
Outre Henri Emmanuelli, les députés du groupe socialiste et radical de gauche, qui ont voté contre l'un ou l'autre des deux textes instaurant le MES sont Julien Dray, Olivier Dussopt, Pascal Terrasse, Christophe Bouillon, Guy Delcourt, Martine Faure, Pierre Forgues, Pascale Got, Sandrine Hurel, Régis Juanico, Gilbert Le Bris, Kléber Mesquida, Philippe Plisson, Catherine Quéré, Marie-Line Reynaud, Chantal Robin-Rodrigo et Jacques Valax.
6 erreurs chez les socialistes
Deux autres députés, Philippe Duron et Geneviève Fioraso, ont été enregistrés comme ayant voté contre, mais ont fait savoir aux services de l'Assemblée s'être trompés lors du scrutin électronique et avoir voulu s'abstenir. Et selon le groupe socialiste, il en est de même pour quatre autres, Gisèle Biémouret, Hervé Féron, Odile Saugues et Philippe Tourtelier.
A droite, le député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan et les députés du Mouvement pour la France (fondé par Philippe de Villiers) Véronique Besse et Dominique Souchet ont voté contre. L'accord permettant la création d'un Mécanisme européen de stabilité (MES) a été approuvé par 256 voix pour, 44 contre et 131 abstentions, et le traité fixant les modalités de fonctionnement du MES par 261 pour, 44 contre et 133 abstentions.
Pour imposer la banlieue dans le débat électoral, une trentaine de militants du collectif AClefeu, créé à Clichy-sous-Bois (Seine Saint-Denis) après les révoltes de 2005, ont investi symboliquement le rez-de-chaussée d'un hôtel particulier parisien pour y installer "un ministère de la crise des banlieues".
Mohamed Mechmache, président du collectif AClefeu (Association Collectif Liberté, Égalité, Fraternité, Ensemble, Unis), a qualifié de curieux le fait qu'il faille "occuper un hôtel en plein centre de Paris pour mettre la banlieue et ses 8 millions d'habitants sous les projecteurs". "Cette occupation pacifique est symbolique et nous ne savons pas combien de temps cela va durer", a-t-il dit. "Ici, nous invitons les candidats à l'élection présidentielle à venir débattre avec nous, nous avons fait 12 propositions qui ne coûtent pas cher. Par exemple, dans les villes où il n'y a pas 20% de logements sociaux vous voulons que l'Etat réquisitionne les terrains vacants de ces villes et construise des logements sociaux", a-t-il déclaré.
"A La Courneuve, à Clichy, les gens ont l'impression d'être loin de Paris, au point que des jeunes maintenant se définissent par rapport à la nationalité de leur parents, c'est totalement nouveau", a précisé l'historien François Durepaire, qui se présente comme compagnon de route d'AClefeu. "En 2005, on avait beaucoup parlé des banlieues, en 2012, ce n'est plus le cas", a-t-il ajouté.
Situé 26 rue Geoffroy Lasnier, l'hôtel de Chalon-Luxembourg a été construit en 1625 dans le quartier du Marais en plein centre de Paris. L'ensemble, dont les fenêtres sont ornées de mascarons, est très dégradé. L'escalier conduisant aux étages est condamné à cause des risques d'effondrement.
En novembre, AClefeu avait lancé une campagne d'inscription sur les listes électorales en vue de la présidentielle 2012 afin que "l'avenir ne se décide pas sans la voix de la banlieue".
le 21 Février 2012
Révélations. À Toulouse, un magasin de l’enseigne hard discount pratique depuis un an un tri ostensible dans sa clientèle. Premiers visés : les Roumains d’un bidonville voisin. Une politique assumée par le directeur, qui invoque des vols et des violences.
Ce vendredi 17 février, à 17 h 45, Maria se présente à la caisse n° 1 du supermarché Lidl, avenue d’Atlanta à Toulouse. Elle dépose sur le tapis roulant des bouteilles d’eau, du chocolat et une canette. Le caissier demande à sa collègue la plus proche : «Je l’encaisse ou pas ?» Courte hésitation. Puis le jeune homme saisit les articles et les range sur le côté. Terminé, client suivant. Pas un mot pour Maria, un peu désemparée, qui s’en va lentement sans les marchandises.
«On ne nous laisse pas acheter l’eau, ni à manger»
Maria est roumaine. Comme ses compatriotes installés dans un bidonville à quelques hectomètres du supermarché, elle est refoulée aux caisses de ce supermarché Lidl. Pourtant, vendredi, cette mère de famille avait avec elle l’argent pour payer les articles. À l’extérieur du magasin, elle raconte que, plusieurs fois déjà, on lui a refusé des achats ici, sans plus d’explications.
Le bidonville est dressé sur un terrain vague, en bordure du périphérique. Vivent dans ces cabanes en tôle et en bois une cinquantaine de personnes de toutes générations. Jovita, une jeune femme, explique que, dans ce supermarché Lidl, «on ne nous laisse pas acheter l’eau, ni à manger. Il faut aller en ville». Un adolescent s’écrie : «Nous ne sommes pas des voleurs !»
Karl Maurin, responsable de plusieurs magasins Lidl à Toulouse, n’était pas présent, vendredi, au moment où Maria a été refoulée à la caisse n° 1. Selon lui, «si cette femme a eu un refus d’encaissement, c’est peut-être qu’elle a eu des antécédents chez nous, qu’il y a eu des problèmes avec elle». Il admet sans difficulté que, dans le supermarché de l’avenue d’Atlanta, se produisent, depuis environ un an, des refus d’encaissement de personnes roumaines : «Ça arrive mais ce n’est pas systématique.» Selon les personnes qui se présentent, «il peut y avoir, certains jours, de nombreux refus d’encaissement et, d’autres jours, il ne s’en produit aucun».
Le dirigeant toulousain de Lidl se défend : «Il y a un an, le magasin et ses alentours étaient une zone de non-droit. Nous avons subi des vols en groupe avec violence, une caissière a été menacée avec un cutter, j’ai moi-même été agressé physiquement par une personne qui venait de voler. Ce magasin est celui qui enregistre le plus de pertes inexpliquées de tout le réseau sud-ouest de Lidl. Des plaintes ont été déposées. Chaque mois, j’envoie une enveloppe pleine de plaintes au tribunal de grande instance. Nous avons peu de retours.» Patron de la société de surveillance du magasin, Alain Grzesiak renchérit : «Parfois, des chariots entiers s’en vont. Avant Noël, on a rattrapé une personne qui partait sans payer avec 780 euros de marchandises dedans.»
«les Roumains, on ne les encaisse pas, on les jette»
Depuis un an, des caméras ont été installées. Le personnel du supermarché hard discount a reçu des consignes pour ne plus admettre des personnes roumaines vivant dans le bidonville voisin et qui auraient déjà causé des problèmes. Il s’agit d’être physionomiste… Un caissier qui refusait ces pratiques témoigne de consignes plus radicales encore : «Ma chef me disait clairement : les Roumains, on ne les encaisse pas, on les jette. Ça finissait sans violence, mais les Roumains partaient mécontents.» Cet ancien caissier poursuit : «J’ai demandé des consignes écrites mais je ne les ai jamais obtenues.»
Là encore, Karl Maurin se défend : «Refuse-t-on la communauté roumaine ? C’est faux ! Refuse-t-on les gens qui nous ont causé des problèmes ? Oui, et je l’assume pleinement !» Il assure que cette politique est spécifique au magasin de l’avenue d’Atlanta et n’est pas appliquée dans les autres supermarchés sous sa responsabilité. Ne refuse-t-on pas d’encaisser des personnes qui n’ont rien à voir avec les méfaits commis ? «C’est un risque que l’on prend, c’est vrai. Mais on a repéré certaines personnes.»
Depuis un an, au magasin Lidl de l’avenue d’Atlanta, se produisent donc des refus de vente. Si tous les Roumains qui se présentent aux caisses ne sont pas refoulés, tous ceux qui sont refoulés sont roumains. La justice ne s’est pas intéressée pour le moment à ces méthodes. Combien de temps vont durer de telles pratiques ?
Lidl n’aime pas les consignes écrites
L’entreprise Lidl a été créée en Allemagne dans les années trente. Elle est implantée depuis 1988 en France, où elle possède 1 500 magasins hard discount destinés à une clientèle disposant d’un faible pouvoir d’achat. Lidl France a son siège à Strasbourg. Le groupe n’a pas pour habitude de communiquer ses résultats économiques. Dans un article publié par le Bondy Blog, un ancien salarié du groupe témoigne de l’hyperproductivité et des rendements exigés du personnel. Il explique aussi que les consignes de la hiérarchie se font généralement de manière orale. Il faut éviter les écrits. Dans cette logique, poursuit le Bondy Blog, Lidl crée très peu d’adresses mails, même pour ses cadres, afin de laisser le moins de traces possibles des échanges dans l’entreprise. Y aurait-il des consignes inavouables ? Dans la même logique, l’enseigne s’était vu décerner, en 2005, un Big Brother Awards pour avoir installé dans l’entrepôt de son magasin nantais pas moins de 65 caméras surveillant ses 60 salariés.
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