ELECTIONS

Présidentielles,Législatives

La France n'a jamais été aussi riche mais ces richesses n'ont jamais été aussi mal partagées. Notre priorité absolue : éradiquer la pauvreté, la précarité et relancer l'économie par le partage.

 

  • Interdire les licenciements boursiers et rétablir le CDI à temps plein comme norme du contrat de travail.

  • Porter le SMIC à 1 700 euros net par mois pour 35 heures et instaurer d'un écart maximum de salaire de 1 à 20 pour toutes les entreprises.

  • Rétablir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, augmenter les minimas sociaux et créer une allocation jeunesse d'autonomie.

  • Adopter un pacte de défense et de développement de nouveaux services publics (santé, logement, petite enfance...).

 

Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale

Le temps est venu de reprendre le pouvoir sur nos vies, et pour cela, nous voulons demain un gouvernement qui combattra le diktat financier des banques et des marchés.

 

  • Changer les missions de la banque centrale européenne pour une politique monétaire en faveur de l'emploi et du développement des services publics.

  • Mettre sous tutelle les banques qui spéculent et créer d'un pôle public financier permettant de réorienter les critères du crédit vers la production utile, l'emploi, l'innovation et la révolution écologique.

  • Abolir les privilèges fiscaux, notamment les 30 milliards d'euro d'exonération des entreprises et taxer les revenus capital au m'me niveau que ceux du travail.

Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers

 

Le capitalisme nous conduit à une catastrophe écologique planétaire. Nous n'avons pas de planète de rechange. Face à la tyrannie du productivisme, nous enclencherons la transition écologique de l'économie.

 

  • Créer un pôle 100% public de l'énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total et engager un débat public national sur la politique énergétique en France.

  • Mettre en place une taxe kilométrique pour réduire les transports de marchandises évitables et développer les transports publics de qualité.

  • Lutter contre la marchandisation des ressources naturelles, par exemple par la création d'un service public national de l'eau.

La planification écologique

Ce nouveau mode de développement, respectueux des hommes comme de l'environnement, constituera un puissant moteur de relance industrielle, d'emplois et d'innovation.

 

  • Redéfinir les filières industrielles prioritaires pour répondre aux besoins sociaux et environnementaux

  • Sécuriser les parcours de vie par une véritable sécurité sociale de l'emploi et de la formation.

  • Des droits nouveaux pour les salariés dans l'entreprise et soutien à l'économie sociale et solidaire.

Produire autrement

Atteintes aux libertés, autoritarisme, discriminations : l'Etat Sarkozy s'en prend aux fondements même de notre République. Il est temps d'engager une refondation républicaine conforme à la devise, « Liberté, égalité, Fraternité ».

 

  • Réaffirmer la loi de 1905 sur la laïcité comme pilier de la République, porteur de droits à tous.

  • Mettre en place un Ministère des femmes et de l'égalité dans tous les domaines.

  • Abroger les lois liberticides et sécuritaires et garantir la sécurité par la prévention et le développement d'une police de proximité.

La République pour de vrai

Programme / Hollande : réaction de Pierre Laurent

François Hollande a continué ce matin, en rendant public son programme, de faire entendre la musique de gauche qu'il avait entamée dimanche au Bourget.

Mais cette musique reste marquée par 2 sons de cloche contradictoires. D'un côté, quelques engagements nouveaux et bienvenus comme la suppression de niches fiscales à hauteur de 29 milliards d'euros profitant aux plus riches et aux grandes entreprises. Mais de l'autre, beaucoup de fausses notes, par exemple sur les retraites où l'engagement du retour à 60 ans reste beaucoup trop partiel, ou encore sur les exonérations de cotisations sociales patronales où il retire d'une main, sur les heures supplémentaires, ce qu'il donne de l'autre, avec le contrat de génération.

François Hollande reste prisonnier d'une contradiction : faire à gauche, en prétendant respecter dans le même temps des engagements de réduction des finances publiques pris par la droite à la demande des marchés financiers. Il y a aussi des impasses inquiétantes, en particulier sur le salaire : comment François Hollande peut il penser qu'on pourra attendre 2 ans avant de redistribuer les richesses alors qu'un salarié sur deux gagne moins de 1 500 € ?

Le Front de gauche propose des solutions concrètes pour sortir de ces contradictions. C'est sur ces solutions que nous comptons continuer à rassembler dans l'intérêt de toute la gauche pour garantir que la politique mise en œuvre demain par une majorité nouvelle soit conforme aux attentes du pays.

 

 


Un sommet social de "l'affichage" selon Bernard Thibault


Le secrétaire général de la CGT a estimé lundi que le sommet social convoqué mercredi par Nicolas Sarkozy relevait d'un "affichage" politique pré-électoral et réitéré son appel à la "mobilisation", regrettant la "passivité coupable" des autres syndicats.

"Je suis presque convaincu qu'il a programmé une rencontre avec les organisations syndicales plus pour l'affichage, dans une séquence électorale, que dans une véritable volonté de tirer les enseignements de la situation", a déclaré Bernard Thibault lors d'une conférence de presse. "Il n'est pas sûr que le président de la République joue carte sur table, peut-être que nous aurons une séance de faux fuyants" et de rajouter que"nous n'en saurons pas plus à la sortie". Nicolas Sarkozy, selon lui, prendra le temps de "nous écouter" mais "cela ne veut pas dire qu'on ait l'intention de nous entendre".

Dans ce contexte, "échéance politique ou pas, l'heure est à la mobilisation", a affirmé le leader de la CGT en regrettant la "passivité" des autres organisations syndicales (dont la CFDT) qui n'ont pas rejoint l'appel de la CGT à une manifestation mercredi. "Je considère l'absence de l'unité syndicale dans ce paysage-là comme une attitude passive, coupable, au regard des enjeux", a-t-il lancé. "Après ce sommet je suggère que nous organisions une nouvelle réunion de l'intersyndicale pour faire le point de la situation". Pour le secrétaire général, "on est en train de toucher gravement à des sujets essentiels comme la protection sociale et la durée légale du temps de travail". "On ne chamboule pas la protection sociale en 15 jours, à la hussarde", a-t-il dit, en jugeant "scandaleux qu'on puisse penser légiférer sur une modification des règles du financement de la sécurité sociale en si peu de temps". "Il n'est pas normal que le chef de l'Etat estime disposer comme bon lui semble" de la protection sociale, "ça appartient aux salariés".

"Ce ne sont pas les salariés qui sont responsables de cette crise"

Il a fustigé aussi les agences de notation : "on prend appui sur ces notes pour justifier des mesures anti-sociales" alors que ces agences "sont là pour apprécier la pertinence d'investissement privé sur la base de taux de rentabilité à court terme". Le comble, pour lui, est que le pays et donc le "contribuable paie" ces agences pour être noté. Selon lui, "aucun des droits sociaux des salariés n'est à l'abri", même pas la 5ème semaine de congés payés. "Tout est susceptible d'être révisé de manière autoritaire" dans la mesure où le gouvernement "reprend à son compte le diagnostic des organisations patronales sur le coût du travail" trop élevé. "Ce ne sont pas les salariés qui sont responsables de cette crise", les entreprises en France "souffrent d'un sous-investissement" y compris en comparaison avec l'Allemagne, a-t-il argué.

Bernard Thibault a estimé lundi "acquis" que les adhérents de la CGT ne souhaitaient "pas reconduire" Nicolas Sarkozy à la présidence de la République au printemps. "Je ne crois pas utile que la CGT dépense trop d'énergie pour convaincre ses adhérents qu'il n'est pas forcément nécessaire de reconduire le président de la République", a affirmé M. Thibault lors d'une conférence de presse à deux jours du sommet social. "Ce n'est pas la peine de perdre notre temps à cela, ça me semble acquis dans les rangs de la CGT", a-t-il insisté. Le leader de la CGT a estimé utile, en revanche, de dire aux autres candidats - le socialiste François Hollande qu'il a rencontré la semaine dernière et le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon qu'il verra mardi - "que ce qui est attendu, au-delà du changement de président, c'est un changement de politique sur le plan économique et social".

Nicolas Sarkozy met son échec sur le dos de la crise

A trois reprises, le Président de la République a menti au français ce soir lors de la présentation de ses voeux.

D’abord, en affirmant avoir toujours dit la vérité sur la crise, le Président a délibérément menti puisqu’en 2010, il disait que « l'année 2011 s'annonce comme porteuse d'espérance (..) la croissance revient (..) les grandes réformes commencent à porter leurs fruits ». Son allocution ce soir montre le formidable fiasco pour le quinquennat de l'actuel Président de la République.

 

Nicolas Sarkozy continue de masquer sa responsabilité dans la crise dont il reconnaît aujourd’hui qu’elle va se poursuivre. La vérité, c’est que le chef de l’Etat tente de mettre son échec sur le dos de la crise.

A l’entendre, ce ne sont ni les agences ni les marchés qui dictent sa politique alors que l’année 2011 a été rythmée par les pressions de ces marchés auxquels Nicolas Sarkozy a cherché à répondre en permanence.

 

Enfin, il cache la vérité sur les mesures en préparation pour le sommet du 18 janvier. Au nom de la formation des chômeurs, il prépare à conditionner et à restreindre les indemnités chômage au moment où le nombre de français-e-s sans emploi explose a cause de la politique que lui et son gouvernement mènent.

Sous prétexte d’assurer le financement de la protection sociale, il annonce en réalité un transfert massif des cotisations des entreprises sous forme d’un nouvel impôt : c’est la TVA qui ressort du placard.

 

2012 doit être l’année ou tout doit être fait pout se débarasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique.

Le réalisme à gauche commande de rompre avec l’obsession ultra-réactionnaire du Président.

C'est dire si, pour battre Sarkozy et réussir après lui, il est nécessaire, à gauche, de rompre pour une autre logique comme y appelle le Front de gauche.


 

Les Verts votent leur programme ce week-end


300 cadres d'Europe Écologie Les Verts sont réunis ce week-end à Paris pour entériner leur programme. Un document qui évidemment réclame la sortie du nucléaire, mais qui a également un volet social fortement ancré à gauche.

"Ni un petit livre vert ni une Bible", ce projet porte "l'étendard affirmé de vivre mieux" en "respectant la planète et les équilibres sociaux". C'est ainsi que résume Cécile Duflot un document de 100 pages, détaillant le programme d'EELV. Et si le texte insiste forcément sur la sortie du nucléaire, programmée pour 2031 et accompagnée de tout un projet de développement des énergies renouvelables, c'est l'ampleur du volet social qui marque. Les Verts souhaitent ainsi rouvrir les négociations sur le temps de travail pour le baisser à 32 heures par semaine. Il prônent le retour à la retraite à 60 ans sans décote, l'arrêt des suppressions de postes dans l'Education nationale. Le logement n'est pas oublié avec une volonté de renforcer la loi SRU, pour imposer 25 % de logements sociaux sur le territoire et 30 % en Ile de France.
Le programme des Verts évoque également l'emploi. Le but : soutenir les PME et artisans à s'installer comme à innover, grâce à des aides notamment fiscales. Et ce dans tous les secteurs, et non seulement dans les domaines de la transition énergétique.
EELV s'engage de même pour le droit de vote des étrangers présents sur le territoire depuis cinq ans. Une VIème République est également réclamée, avec de la proportionnelle à tous les scrutins. La controversée légalisation du cannabis est également au programme.
Un vote consultatif est prévu samedi en fin de journée pour valider ce programme, avant un vote officiel du Conseil fédéral dimanche. Ce projet ne devrait guère être contesté au sein d'EELV. Ce qui va se révéler plus épineux en revanche, ce sont les investitures aux législatives. L'Agora des Verts réunie ce week-end est également chargée de trancher d'importantes rivalités dans plusieurs circonscriptions. Parmi les problèmes, la 10e circonscription de Paris d'où s'est retiré Pascal Durand, porte-parole d'EELV, et où se présentent les élus parisiens Yves Contassot, Denis Baupin et la trésorière du parti, Eva Sas.

Où est passé l'engagement du PS de rétablir la retraite à 60 ans ?

Lundi 14 décembre sur RTL, François Hollande a précisé la réforme des retraites qu'il entend mettre en œuvre s’il était élu Président de la République. Ceux qui ont commencé à "travailler à 18 ans" et qui cumulent "41 ou 42 années de cotisations" pourront partir en retraite à 60 ans. C’est un peu court. Où est passé l'engagement du projet socialiste de rétablir l'âge légal de départ en retraite à 60 ans ?François Hollande recule aussi sur la pénibilité. Alors que l'accord EELV-PS stipule que le droit de partir à 60 ans sera rétabli pour ceux ayant commencé à travailler tôt et ayant exercé des métiers pénibles, le candidat socialiste a confirmé qu'un départ anticipé à 60 ans ne sera pas automatique mais que les conditions seraient renvoyées à une négociation entre partenaires sociaux.Quelle audace ! Pour rassembler, pour répondre aux enjeux de la période, la gauche a besoin d'une orientation différente, en rupture avec les politiques régressives des dernières années. Il s'agit donc de rétablir la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions donnant droit à des départs anticipés. Aucun salarié ne devra toucher de retraite inférieur au Smic. Le financement des retraites peut et doit être assuré, notamment par un cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires.

                                                                                                                   jeudi 8 décembre 2011

 

 

Communiqué de presse                                                  

 

Je lis ce matin dans Vosges-Matin, à l’occasion d’une conférence de presse du Président du Conseil Régional Jean Pierre Masseret, la déclaration suivante : « Jean Pierre Masseret déplore la posture de Mélenchon qui  pour capter de la clientèle, choisit par facilité de taper sur la gauche ».

 

Deux remarques préalables :

  • Lisant cela, se demande-t-on : qui tape sur qui ?
  • Je ne considère pas les élections comme un marché.

 

 Trois réflexions :

  • Je  donne mon parrainage à Jean Luc Mélenchon pour que la gauche « ne se tape pas dessus »
  • Alors que le Parti Socialiste privilégie ses accords (sur les désaccords). Je souhaite que dès maintenant s’ouvre un vrai débat à gauche pour que les militants, les électeurs connaissent les différentes options en débat, à gauche pour augmenter la dépense sociale (salaires, retraites, protection sociale, éducation), pour changer réellement de politique et de société.
  • Les français qui ne veulent plus de Sarkozy et de sa politique, ne voient pas ce qui leur est proposé pour faire leur choix de premier tour, ils sont inquiets, mécontents. Il ne faut pas en rajouter sur  des  crispations stériles, mais au contraire, les éclairer franchement.

La gauche, pour être la gauche, ne doit pas proposer les mêmes recettes que celles qui ont eu cours depuis les années 80. Nous devons tirer des enseignements sur  l’échec de toute la Gauche (PS-PCF et Mélenchon compris) qui porte une responsabilité ces dernières décennies dans la fuite en avant conduisant au gonflement de la sphère financière au détriment d’une politique sociale.

L’heure n’est pas au clivage, mais dans la redéfinition d’un « Fond de Gauche », c’est l’ambition des communistes Vosgiens au sein du Front de Gauche.

 Et c’est la mienne.

 

Michéle GRÜNER

Secrétaire Fédérale PCF

Conseillère Régionale 

Les verts !!

déclarations à méditer...

- Eva Joly: Bayrou "a raison", "réunir nos forces à la fin" est "une nécessité (le point)

- Eva Joly :"Nous partageons une même vision de l'Europe", a-t-elle dit, et "l'avenir de la France est dans une Europe fédérale où il y a une vraie politique fiscale commune, une vraie politique de protection des Européens avec aux frontières une protection écologique et sociale". J'ai aussi beaucoup apprécié le combat de François Bayrou pour une République plus exemplaire", a affirmé l'ex-juge d'instruction, qui fait de cette idée un de ces thèmes majeurs de campagne. (Le Parisien)

- Eva Joly : Quant à savoir si M. Bayrou est un homme de droite, elle a ajouté : "C'est un homme du centre" avant de dire: "Je pense qu'avec ses différentes positions, il est plutôt à droite".(le point)

 

 

Aux Chiottes, Le Vote Utile !

Et c’est reparti. Pour le grand numéro de la pensée dominante. Ah ça ! On va en bouffer, matin, midi et soir. Faut dire qu’ils sont affutés, prêts à en découdre, limite haineux, assurément suffisants et arrogants. Ils se nomment Aphatie, Barbier, Giesbert, Duhamel, Elkabbach, et j’en passe. Pendant cinq mois, interminables, ils vont nous vendre un match, et un seul : Sarkozy/Hollande. Et tous les moyens seront bons. Même les plus mauvais. Surtout, les plus mauvais.

Or donc, l’orchestre a déjà entonné son foutu tintamarre. Crise mondiale ou pas, peu importe, la partition reste la même : le bipartisme.
Peu leur chaut, que le peuple ait des velléités, des envies, un désir, ils s’en moquent. Eux qui, en 2005, et de concert, enclumaient pour le « Oui ».

Des laquais ? Des valets ! Non ! Des courtisans. Des qui en croquent. Et copieusement. Vous le leur signifiez, et ces impétrants s’insurgent, pathétiquement, clamant qu’ils sont journalistes, déontologues, invoquant ribambelle de mots grossiers, auxquels ils n’entravent que pouic : populisme, fascisme et tutti. On la connaît, la chanson. Des années qu’ils nous la sifflent…

… Tenez ! Cette affaire, celle du 21 avril, eh bien, ils y étaient pour nib ! Ah, c’était pas eux ! N’avaient rien fait ! Sinon, leur métier... Ils auront des mois durant, dans un élan remarquable, enchaîné éditos, sujets, débats sur un thème et un seul, l’insécurité, mais non, c’est pas eux ! Ils n’auront fait, disent-ils, que couvrir une campagne. Preuve en est pourtant, éclatante, n’est-ce pas, qu’ils se couchent, qu’ils obtempèrent, sourdement, aveuglément... Des courtisans, vous disais-je. Obséquieux. Pyromanes. Se drapant derrière un alibi, fallacieux : le journalisme. Jean-foutre, va ! Imposteurs ! Commerciaux ! Qui jamais ne s’excusent, ou reconnaissent une faute... Les avez-vous déjà entendus faire amende honorable ou quelconque mea culpa ? Mais jamais ! Ça aussi c’est signifiant. De ce qu’ils sont.

Leur credo : le vote utile. Utile pour qui ?... Le peuple ?... Pensez-vous ! Le peuple, c’est pas leurs oignons. Et puis ça sent, le peuple. Ça refoule. Ça n’a rien de raisonnable et de raisonné... Internet, ce déversoir à les en croire, en est la preuve... Oui, ces gens-là n’aiment pas Internet. Ils y sont itou, certes, mais pour une seule raison : l’investir, le coloniser, le mater. Imposer leurs idées, leurs vues, leur loi. Et que vive le Triple A ! Ça les fait jouir, ça, le « AAA ». Et la dette, alouette ! Y’a bon les réformes néolibérales… Ah ! Peuple imbécile, tu ne te rends pas compte de la chance que t’as, inouïe, de nous avoir, nous, les éditocrates, nous t’éclairons, te guidons, vers la seule voie possible, le bipartisme. La Sarkollanderie… Ce ne sont pas des journalistes, non ! Ce sont des éducateurs. De la meute, la politique bien comme il faut, celle qui dépasse pas, droite dans ses bottes, molle dans sa gauche, ils sont les chiens. De garde.
Et si nous les condamnions à la niche, les toutous de l’oligarchie, et à perpète, s’il vous plaît ? Vulgairement : et si nous leur foutions au derche pour de bon ?

Non mais c’est quoi, ces façons de traiter tout ce qui n’est point Hollande ou Sarkozy. C’est quoi ces manières de faire ? Ce mépris insupportable... Avez-vous entendu Aphatie soumettre Eva Joly à la question ? Pascale Clark se gausser de Philippe Poutou ? Les avez-vous entendus les sommer de dire, séance tenante, pour qui ils voteront au second tour ?.. Bayrou, ça ne les intéresse QUE pour cette raison : pour qui le Béarnais va-t-il appeler à voter le 6 mai ? Le reste, ils s’en caguent... Mélenchon, pareil. Alors le rebelle, tu vas te ranger derrière Hollande, hein ? Mais dis-le, bordel, que tu vas le faire ! Tu te crois malin, Voltaire, avec ton Front de Gauche ? Mais tu vas te coucher, une fois avril passé, n’est-ce pas ? Allez, crache-le, renégat !... Quant à Le Pen, avec morgue, ils te la dépiautent, et lui assènent que, petite, ne sais-tu pas que sans alliances, t’es refaite ! Car ainsi fonctionne le scrutin. Majoritaire à deux tours… Deux tours ? Merci de nous le rappeler. Tant on aurait fini par croire, à vous entendre seriner Sarkozy /Hollande, Hollande/Sarkozy, qu’il n’y en avait qu’un.

Oui, il y a deux tours. Et c’est une chance. Qu’il va falloir saisir. Cette fois... Après tout, un sondage ne nous apprend-il pas que 47% des Français ne veulent ni de Sarkozy, ni de Hollande ! Eh bien : chiche ! 53% c’est pas de la gnognotte. C’est un socle. Tenons-le ! Un premier tour c’est pas fait pour les chiens. De garde. C’est fait pour que le peuple s’exprime.

Aux chiottes, le vote utile ! Il n’est brandi que pour (nous) culpabiliser. Du reste, on nous le fait bien savoir, on nous le ressort et ressert à intervalles réguliers, la menace, celle d’un 21 avril bis ou à l’envers ! Argument à la noix ! Foutaises ! Enculerie ! Le 21 avril, c’est l’échec d’un homme : Jospin. Point barre. Sa campagne était indigente, à côté, nulle, zéro. Ce n’était point la faute des autres, de Chevènement, Taubira, non ! C’était juste Jospin, les français n’en voulaient pas, voilà tout.
Au passage, je rappelle que Le Pen avait lui aussi, un concurrent : Mégret. Ça ne l’a pas empêché d’être au second tour, que je sache ? Quant à Chirac, il avait cinq concurrents sur sa droite ! Ça ne l’a pas vraiment handicapé non plus.

Alors remballez vos 21 avril à la con. Après tout, c’est à Hollande et Sarkozy d’être les plus convaincants possibles. Si tel n’est pas le cas, c’est eux seuls qui en seront responsables. Pas le peuple. Ou alors, finissons-en avec cette élection, supprimons-là, si la voix du peuple ne vous sied pas ! Si elle vous gêne tant. Confions-là à des professionnels de la politique, des énarques, des qui savent. Pourquoi pas, après tout ! Etant donné que cette présidentielle est devenue, avec le temps, un vulgaire concours de personnalités, une affaire de supporteurs, bornés, obtus ; considérant de surcroît que c’est moins un président que nous élisons mais une image médiatique, or donc faussée, oui, débarrassons-nous de cette mascarade. Et fissa !

Mais puisque, une fois encore, nous devons y retourner, aux urnes, cette portion congrue, grotesque, dévoyée, de la démocratie, alors votons en masse pour notre candidat(e), pour NOS idées, pour UN projet, selon notre désir, nos convictions. Sonnons la mobilisation générale pour le premier tour. Ne nous laissons pas plumer, voler. Ne cédons pas aux sirènes du vote utile que des publicitaires déguisés en journalistes nous vendent comme du Coca-Cola. N’écoutons pas ces donneurs de leçons qu’ont pignon sur rue Bayard ou François 1er. Qui vont faire les beaux chez Calvi. Qui depuis des décennies nous assomment des mêmes mots, des mêmes virgules. Du même mépris.

Non messieurs Aphatie et Compagnie, il n’y a pas que Hollande, Sarkozy. Il y a d’autres choix. D’autres voies. Choix et voies que vous traitez et recevez si mal. Avec dédain ou condescendance. Mais continuez comme ça ! Et vous l’aurez la colère, elle s’exprimera comme jamais, dans les urnes, le 22 avril prochain. Oui, ne changez rien, persistez dans cette attitude et cette courtisanerie, et ce sera un raz-de-marée. Vous serez désavoués. Et comment !
Oh, je sais, encore vous ne ferez la leçon, car ce n’est point la dignité, l’honneur, l’éthique qui vous gouvernent, mais voyez, on s’en tamponnera copieux le coquillard. Nous serons tout à notre jouissance. Car oui, le peuple, aussi, à droit de jouissance. Ne vous en déplaise. C’est même un devoir en un tel contexte.

Au derrière qu’on va vous le mettre ! Et grand format. Pour toutes ces années où vous nous avez mal parlés, mal considérés, considérablement méprisés. Nous ferons de ce 22 avril 2012 un nouveau 29 mai 2005. Un NON retentissant.
Pour le premier tour de cette nouvelle présidentielle, cruciale, ne votons pas utile ! Ça c’est bon pour les soumis, les poltrons, les assis ! Votons selon nos convictions ! Et en masse !

 

M.-G. Buffet appelle la gauche à se ressaisir


Démarrant sa campagne législative, la députée de Seine-Saint-Denis estime que « la gauche doit servir l’intérêt populaire ».

Candidate du Front de gauche aux élections législatives en Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet a lancé, hier depuis sa permanence, sa campagne autour d’une brochure en forme d’abécédaire « de parcelles de vies, de luttes et de propositions ». Son message est celui d’une députée, d’une candidate, d’une militante communiste déterminée. 2012 est pour elle une occasion de sortir de la crise et de redonner espoir. « Lorsque l’on mesure ce que la majorité UMP aura détruit en cinq ans à coups de lois sécuritaires, antisociales, régressives, on se dit qu’une belle majorité de gauche pourrait construire beaucoup. » À l’image des propositions de loi que les députés communistes présenteront en décembre pour le logement et pour en finir avec la précarité des jeunes.

« Inquiète » de la récente cacophonie à gauche, la candidate a aussi lancé un appel à répondre aux besoins et aux aspirations du peuple. Car « face à cette tempête qu’est la crise du système capitaliste », le débat à gauche ne peut pas porter sur « le sens à donner à la rigueur ». Ni sur un « marchandage de circonscriptions » mêlé à « des compromis programmatiques ». C’est le cas dans son département avec un candidat commun PS-EELV présenté contre un sortant communiste. Ce « règlement de comptes à OK Corral » ne lui paraît pas à la hauteur des enjeux du moment : « La gauche doit se ressaisir, se responsabiliser et donner à voir qu’elle ne vit pas pour des intérêts partisans mais qu’elle est au service de l’intérêt populaire. » « Prendre le contre-pied des logiques qui mènent à la récession » pour « battre la droite et mener les réformes nécessaires en écho aux luttes », c’est sur ces enjeux que la députée a renouvelé l’invitation au débat à gauche, pour l’instant sans réponse, de Jean-Luc ­Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle.

Candidats PS-EELV présents face aux sortants communistes : « Une faute politique ! »

Alors que Martine Aubry a déclaré, lors de sa conférence de presse de présentation de l'accord législatif EELV-PS, qu'aucun candidat commun de ces deux formations ne serait présenté contre les sortants communistes, le détail de cet accord indique qu'il n'en serait pas ainsi dans la circonscription où est élu François Asensi en Seine-Saint-Denis.

Comme l'a déclaré le porte parole des députés communistes à l'Assemblée nationale, Roland Muzeau, le PCF ne saurait accepter d'exception à la règle, ni celle-ci, ni aucune autre concernant tout autre député(e) sortant(e) présent(e) par le Front de gauche.

Ce choix est pour nous inacceptable ! C'est une faute politique car c'est contre la droite qu'il faut gagner des sièges. Or, malgré les leçons des élections cantonales dans lesquelles les électeurs ont rejeté ces pratiques, EELV continue ainsi avec l'appui du PS de chercher a gagner des sièges au détriment du Front de gauche.  

Le PCF ne se résignera pas a cette situation. Il fera tout pour permettre le rassemblement autour de la candidature de François Asensi et sa réélection dans un groupe du Front de gauche, renforcé, au sein de la nouvelle majorité politique à laquelle nous travaillons.


 

Mélenchon: l'accord EELV/PS "une grosse déception" pour le Front de gauche


Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche pour la présidentielle, a déclaré dimanche que l'accord entre les écologistes et le PS pour 2012 était "une grosse déception" pour le FG, car, a-t-il dit, "nous espérions" avoir EELV "avec nous".

"Pour nous, c'est une grosse déception (...). On espérait avoir Europe Ecologie-Les Verts plutôt de notre côté", a déclaré M. Mélenchon, qui était l'invité de "12/13 Dimanche" sur France 3.

"L'accord, ce n'est pas les circonscriptions, mais le programme qu'on va appliquer", a-t-il dit, estimant qu'en signant le texte de cet accord, les écologistes s'étaient "ralliés à l'austérité de gauche".

"On espérait les avoir (EELV) avec nous pour la VIe République, pour peser (...). Terminé, plus de VIe République. On espérait les avoir avec nous sur le social. Ils avaient mis dans leurs conditions incontournables la retraite à 60 ans. Fini, plus de retraite à 60 ans ou seulement pour ceux qui ont le nombre d'années de cotisations, c'est-à-dire pour personne".

A propos du nucléaire, il a fait valoir qu'il était "plus facile" pour un écologiste de voter pour le Front de gauche, qui propose un référendum sur ce sujet, que pour le PS.

Jean-Luc Mélenchon a de nouveau dénoncé toute politique d'austérité, qui est "une vis sans fin".

Jean-Luc Mélenchon: «Nos dirigeants sont des poulets d'élevage»

Interview publiée dans 20 minutes le mercredi 10 novembre 2012 - Le livre de Jean-Luc Mélenchon «Qu'ils s'en aillent tous»* - dont la première édition s'est vendue à 80.000 exemplaires - sort en livre de poche ce mercredi. L'occasion d'évoquer avec lui la crise et les plans de rigueur.

Dans la postface de votre ouvrage, vous citez le peuple islandais et les printemps arabes comme des exemples à suivre pour la France. Le contexte n’a pourtant rien à voir.

L’Islande est un petit peuple qui s’est retrouvé face à une banque qui s’est effondrée en spéculant. On leur a dit de payer. Sauf qu’ils ont dit non par référendum, par deux fois. On peut s’inspirer de leur énergie, comme de celles des printemps arabes. Le peuple français est également jeune et remuant. Mais nos élites ne s’en rendent pas compte car elles ont une conscience historique faible. Nos dirigeants sont des poulets d’élevage héritiers des trente glorieuses. Ils sont dans le monde d’avant, celui des carrières perpétuelles et de l’équilibre de Yalta. Ils ne voient pas que la saison des tempêtes est de retour.

Les Européens auraient donc dû s’asseoir sur la dette grecque?

Mais, c’est ce qui va se passer. Tout le monde sait qu’ils ne payeront jamais. Au lieu de frapper un coup en ouvrant le robinet de la Banque centrale, puis d’interdire la spéculation, les dirigeants hésitent. Convoquer des Premiers ministres comme des délinquants et humilier leur peuple, quelle bêtise! Ce que font les «Merkozy» est très dangereux! Cette dérive autoritaire de l’Europe m’inquiète.

Mais n’est-ce pas plutôt l’irresponsabilité des dirigeants grecs qui a conduit à cette situation?

Absolument. Je ne veux pas passer cette responsabilité par-dessus bord, mais on ne doit pas faire payer les peuples en les caricaturant. Les Grecs paresseux? C’est en Grèce qu’on travaille le plus longtemps en Europe. Cette Europe oppose les peuples les uns aux autres.

Vous dénoncez le plan de rigueur, mais qu’auriez-vous fait à la place de François Fillon?

Nous assistons à la danse de Saint-Guy des plans d’austérité. Les agences de notation font les gros yeux… Ouh là là, on sort un plan. Elles font encore les gros yeux, un deuxième plan… Cela crée un effet de panique qui augmente le goût du sang des requins de la finance. Avec l’austérité, on contracte l’activité, on crée du chômage. Cela veut dire moins de rentrée fiscale et, au final, plus de déficit. Ce qui amènera de toute façon les agences à baisser la note. Moi, je propose de taxer le capital à la hauteur du travail: cent milliards par an!

A la lecture de votre programme antilibéral, on se dit qu’il serait illogique que vous appeliez à voter pour le PS en cas de second tour Hollande-Sarkozy?

D’abord, je n’ai rien à marchander. Moi, je n’échange pas la VIe République contre deux sièges à Paris. Le programme socialiste n’a de socialiste que le nom. Mais si ce n’est pas moi en tête de la gauche au soir du premier tour, je n’aurai pas le choix. De toute façon, les gens n’en feront qu’à leur tête. Et ils auront bien raison.

Le programme du Front de gauche est-il communiste?

Il a une inspiration communiste et le PC est mon allié. Ce que j’incarne au Front de gauche, c’est une sorte de synthèse moderne des idées qui sont dans le communisme. En y apportant le socialisme, la République et l’écologie politique. Mais je n’ai pas honte du mot «communisme», au contraire, c’est un beau mot qui parle du bien commun. En revanche, ce n’est pas un programme communiste: il ne propose pas la nationalisation de l’économie, mais la socialisation de certains secteurs.

Jean-Pierre Chevènement et vous êtes des eurosceptiques. Vous pensez qu’il marche sur vos plates-bandes?

Non. Tous ces raisonnements appartiennent à l’ancien monde où il y a des cheptels électoraux. Chevènement est dans une logique de refus du traité de Lisbonne qui me va. Sur d’autres sujets, nous sommes opposés. Moi, je représente un collectif, le Front de gauche. Chevènement est tout seul, c’est une autre démarche.

Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale

   La France n'a jamais été aussi riche mais ces richesses n'ont jamais été aussi mal partagées. Notre priorité absolue : éradiquer la pauvreté, la précarité et relancer l'économie par le partage.

 

  • Interdire les licenciements boursiers et rétablir le CDI à temps plein comme norme du contrat de travail.

  • Porter le SMIC à 1 700 euros net par mois pour 35 heures et instaurer d'un écart maximum de salaire de 1 à 20 pour toutes les entreprises.

  • Rétablir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, augmenter les minimas sociaux et créer une allocation jeunesse d'autonomie.

  • Adopter un pacte de défense et de développement de nouveaux services publics (santé, logement, petite enfance...).

Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale

Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers


 

Le temps est venu de reprendre le pouvoir sur nos vies, et pour cela, nous voulons demain un gouvernement qui combattra le diktat financier des banques et des marchés.

 

  • Changer les missions de la banque centrale européenne pour une politique monétaire en faveur de l'emploi et du développement des services publics.

  • Mettre sous tutelle les banques qui spéculent et créer d'un pôle public financier permettant de réorienter les critères du crédit vers la production utile, l'emploi, l'innovation et la révolution écologique.

  • Abolir les privilèges fiscaux, notamment les 30 milliards d'euro d'exonération des entreprises et taxer les revenus capital au m'me niveau que ceux du travail.


Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers

"Il est hors de question de gouverner pour gouverner avec le PS"


C’est ce qu’affirme aujourd’hui Eric Coquerel, du Parti de Gauche. Pour Jean-Luc Mélenchon, le Front de Gauche doit bel et bien bousculer Hollande et "empêcher le désastre" d'une alliance des socialistes avec François Bayrou.

Le Front de Gauche va inaugurer ce mardi soir son QG de campagne aux Lilas, Mélenchon sera également au JT de TF1 jeudi soir... Ca bouge du côté du Front, loin d’être éclipsé par les omniprésentes primaires socialistes, puisque le candidat taquine aujourd'hui les 10 % dans les sondages. D'ailleurs ce mardi, Jean-Luc Mélenchon prend plus clairement position par rapport au PS.
Dans un entretien à Mediapart, Jean-Luc Mélenchon ne s’avoue pas mécontent de l’élection de François Hollande comme candidat du PS. Cela permettra d’éclaircir les choses, "le débat sur la grande question de l'orientation à gauche, entre une ligne démocrate et une ligne de combat incarnée par le Front de gauche, va pouvoir avoir lieu". Son but : « secouer » Hollande. S’ancrer à gauche, récupérer l’aile gauche du PS et une partie de l’électorat du NPA déçu par la défection de Besancenot, tout en évitant "le désastre" pour la gauche que serait l’alliance entre le PS de Hollande et le MoDem de Bayrou. La tactique de Mélenchon est donc claire : "Si j'arrive à prouver que le vote utile est celui qui assume la confrontation avec le système financier, qui veut transformer les institutions et organiser le partage des richesses, j'ai gagné. Sinon, Hollande l'emportera".

Eric Coquerel, le secrétaire national du Parti de Gauche, précise à l'AFP : il est "hors de question de gouverner pour gouverner" avec le PS. L'ambition est de "gouverner sur le programme" du Front de Gauche après avoir "renversé le rapport de forces". Le Front se prépare à frapper fort : novembre sera "le mois où on va faire jouer les muscles", a insisté Jean-Luc Mélenchon. Il a prévu de lancer des "assemblées citoyennes" un peu partout en France. Avec en rendez-vous à venir important, un grand meeting à Marseille le 1er décembre.

François Hollande et Martine Aubry au siège du Parti socialiste, dimanche soir.


 

François Hollande remporte la primaire socialiste


François Hollande arrive en tête de la primaire socialiste, avec 56,38% des voix,selon des résultats presque définitifs portant sur 2,25 millions de bulletins dépouillés tandis que sa rivale n’a rallié sur son nom que 43,62% des votants. Martine Aubry salue la "victoire" du député de Corréze et appelle au"rassemblement".

"Nous n’avons que deux adversaires, l’extrême droite et la droite", a-t-il dit lors d’un discours improvisé, prédisant que l’UMP lui réserverait "un sort particulier". Quelques minutes plus tôt, lors d’un discours solennel, il estimait que sa large victoire lui conférait "la force et la légitimité pour préparer le grand rendez-vous de la présidentielle", une tâche "lourde". "Je dois être à la hauteur des attentes des Français, qui n’en peuvent plus de la politique de Nicolas Sarkozy." "C’est le rêve français que je veux réenchanter, celui qui a permis à des générations, durant toute la République, de croire à l’égalité et au progrès. Et c’est pourquoi j’ai fait de l’école de la République la grande priorité de ce qui pourra être demain mon prochain quinquennat," a-t-il annoncé.

Martine Aubry, qui avait rudement égratigné son rival dans la campagne, a reconnu sa défaite sans attendre le décompte final des votes et annoncé qu’elle soutiendrait son rival. "Désormais François Hollande incarne l’espoir des socialistes et de la gauche. L’heure est maintenant au rassemblement", a-t-elle dit. "Je mettrai toute mon énergie et toute ma force, et avec moi celle de tous les socialistes, pour que dans sept mois il soit le nouveau président de la République."

Ségolène Royal, qui avait été sèchement écartée au premier tour, a elle aussi appelé tous les socialistes à se rassembler derrière leur champion. "Ce soir, c’est le candidat de tous les socialistes et, au-delà, de tous ceux à gauche qui veulent que ça change", a-t-elle dit. "Ce soir l’heure est au rassemblement joyeux autour du candidat qui arrive largement en tête."

La participation à ce second tour apparaît plus importante qu’au premier, pour lequel près de 2,7 millions d’électeurs s’étaient déplacés. Le PS a parlé de 6% de votants en plus par rapport à dimanche.

Au premier tour, M. Hollande avait obtenu 39,17% contre 30,42% à Martine Aubry. Les quatre autres candidats, Arnaud Montebourg (17,19%), Ségolène Royal (6,95%), Manuel Valls (5,63%) et Jean-Michel Baylet (PRG, 0,64%) ont tous apporté leur soutien à M. Hollande, à des degrés divers.

A 17H00, la participation était "en hausse de 6%" par rapport au premier tour à la même heure, avec 1,745 million de votants sur 6.660 bureaux de vote, a indiqué Harlem Désir peu après la fermeture des quelque 9.000 bureaux métropolitains. Le premier secrétaire du PS par intérim a dit s’attendre à un total dépassant les 2,7 millions de participants (2.665.013 précisément, ndlr) de dimanche dernier, soit une mobilisation allant au-delà de "toutes nos espérances".



 

Jean-Luc Mélenchon s’invite à la primaire socialiste


Le candidat du Front de gauche à la présidentielle a été le premier, hier, à répondre à la lettre ouverte écrite par Arnaud Montebourg à destination de François Hollande et Martine Aubry. Dans sa réponse, publiée sur son blog, Jean-Luc Mélenchon donne son avis sur les points développés par le député de Saône-et-Loire.

 

Cher Arnaud Montebourg,

J’ai lu la lettre que tu as envoyée à tes compétiteurs de la primaire socialiste. Tu as voulu qu’elle soit « ouverte ». Je me sens concerné. En effet, tu t’adresses aux deux socialistes qui pourraient être candidats à l’élection présidentielle. Je le serai pour ma part en toute certitude, au nom du Front de Gauche. Les questions que tu poses concernent toute la gauche et tous nos concitoyens.

J’ai donc souhaité y répondre.

Le nombre de votants aux primaires organisées par le Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle montre une volonté d’intervention populaire. Celle-ci marque je crois les temps politiques nouveaux dans lesquels nous sommes entrés. Car désormais le grand nombre sent bien que les dogmes suivis jusqu’à présent par les pouvoirs en place mènent le monde à une impasse. Chacun se sent dès lors invité à se mêler des affaires publiques. Bonne nouvelle !

En t’écrivant, je veux donc contribuer à ce débat démocratique indispensable pour que l’élection présidentielle ne se réduise pas à une compétition de personnes mais permette aux citoyens d’exercer en toute lumière une souveraineté éclairée par le débat argumenté.

Je veux aussi entamer à cette occasion une discussion ouverte à gauche sur les conditions concrètes et précises qui permettront à un gouvernement de mener une politique alternative à celle de la droite, à l’heure où pourtant les gouvernements sociaux-démocrates dans toute l’Europe adoptent des plans d’austérité en tout point contraires à leurs engagements de campagne.

Les trois questions que tu poses me paraissent essentielles. J’y réponds précisément et y ajoute une quatrième qui à mes yeux les conditionne toutes.

1°) Le contrôle politique du système financier

Je défends la mise sous contrôle social des banques afin de soumettre la finance à la loi de l’intérêt général. Le programme du Front de Gauche propose de combattre la spéculation et la financiarisation de notre économie en interdisant les ventes de gré à gré, les ventes à découvert et les produits spéculatifs et en bloquant les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux. Nous imposerons également la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement. Nous interdirons les stock-options, les LBO et les engagements hors bilan et obligerons les entreprises à la transparence financière. Les mouvements internationaux de capitaux à des fins de spéculation et de placement financier seront contrôlés et taxés à nos frontières. Nous interdirons la libre d’action des agences de notation et des hedge funds en Europe. Un pôle public financier sera créé pour contribuer à produire et partager autrement les richesses. Enfin, la Banque Centrale Européenne doit prêter aux Etats pour casser la spéculation et mettre le financement des biens publics à l’abri des appétits des investisseurs privés.

2°) Le protectionnisme européen, social et écologique

Je combats le dogme du libre-échange pour des raisons à la fois écologiques et sociales. Je veux réduire les transports de marchandises inutiles pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Et je récuse la réduction des normes sociales et environnementales par la mise en concurrence des systèmes sociaux et fiscaux nationaux. Je prône une relocalisation écologique maximale de notre production agricole et industrielle. Pour cela, le Front de Gauche défend l’instauration d’un visa social et écologique qui permettra de bloquer les productions délocalisées pour des raisons de dumping social et fiscal. Il propose l’institution de protections et de normes sociales et environnementales communes aux Européens, avec, par exemple des prélèvements nationaux concertés sur les réimportations en Europe de productions délocalisées et une taxe « kilométrique » de manière à réduire les transports de marchandises évitables. Nous instaurerons un droit de reprise des entreprises par leurs salariés en cas de délocalisation ou de fermeture. J’ajoute que le contrôle des mouvements de capitaux que nous instaurerons permettra aussi de taxer lourdement les investissements supports des délocalisations.

3°) la VIe République et la lutte contre la corruption

Le Front de Gauche se prononce sans ambiguïté pour une Sixième République parlementaire. Nous voulons en finir avec ce régime qui dépolitise le débat public et organise le dessaisissement des citoyens. La méthode que le Front de Gauche avance pour rédiger cette nouvelle Constitution est celle qu’ont suivie avec succès les peuples qui ont fait avant nous le choix de la révolution citoyenne, la convocation d’une Assemblée Constituante dès le début du mandat. Mon ambition est donc d’être le dernier président de la Cinquième République.

Quant à la corruption, je la tiens pour un symptôme de la décomposition de notre République. Elle prospère en raison du fonctionnement oligarchique des institutions, qui mêlent étroitement possédants et cercles dirigeants de l’Etat. Elle est la conséquence de l’accumulation de richesse par quelques-uns. Ceux-là jouissent de ce fait d’un pouvoir d’influence indécent contraire à l’égalité des citoyens. Elle se nourrit de la colonisation de l’Etat par les intérêts particuliers, permise par la libéralisation des services publics et la confusion qu’elle entraîne entre public et privé. Elle est encouragée par le fonctionnement des institutions européennes, où les lobbies font la loi. Nous combattrons la corruption sur tous ces fronts : mise au pas de l’oligarchie par la création d’un revenu maximum, instauration d’un régime parlementaire permettant le contrôle effectif de l’exécutif, abrogation des libéralisations de services publics, pôle public du médicament, nouveau traité européen conditionnant tout transfert de souveraineté à un contrôle démocratique de son usage.

Voici donc mes réponses aux trois points que tu évoques. Je serais incomplet si je n’en ajoutais pas un quatrième. Je crois que tu en seras d’accord puisque, comme nous, tu as voté non au traité constitutionnel européen et à sa copie conforme le traité de Lisbonne. Rien ne pourra être fait de ce que j’ai dit précédemment sans remise en cause du traité européen de Lisbonne. Celui-ci interdit en effet toute entrave à la libre circulation des capitaux, promeut le libre-échange généralisé, fait échapper une part croissante de notre législation à la souveraineté populaire et officialise le pouvoir corrupteur des lobbies. C’est pourquoi nous organiserons un referendum pour proposer au peuple français une liste de dispositions sur lesquels la France désobéira sans attendre aux traités européens, prélude à une refondation de l’Union toute entière.

Reçois, cher Arnaud, mes félicitations pour le combat que tu as mené au sein de ces primaires et qui a permis de faire progresser tant d’idées que nous avons en commun.


 


 

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Commentaires (1)

1. lacour jean claude 08/12/2011

François Hollande est déjà battu en 2012



Comment et pourquoi le candidat va continuer son érosion actuelle.

Les Français sont beaucoup plus nombreux à souhaiter une victoire de François Hollande plutôt qu'une réélection de Nicolas Sarkozy en France l'an prochain, selon un sondage Viavoice pour Libération.
D'après cette enquête publiée le 5 décembre, 46 % des sondés, soit 1 point de plus que le mois dernier, souhaitent la victoire du candidat socialiste contre un faible 29 % pour le président sortant, qui gagne néanmoins deux points.
Voilà qui semble très favorable à François Hollande !
Pourtant, il faut nuancer : pour la première fois depuis 2010, le nombre de sondés voulant une victoire de la gauche à l'élection présidentielle est inférieur à 50 % : 49 %, contre 53 % en août dernier. De même, ils sont 46 % à estimer que "la gauche gagnera l'élection présidentielle de 2012", contre 52 % en août.

En réalité, il se dessine un net rééquilibrage entre les candidatures de Hollande et de Sarkozy, et pour plusieurs raisons. Et pour ces même raisons, il est maintenant très plausible que Hollande perde.


1 / L’erreur stratégique du candidat PS
En 2002 et 2007, les candidats du PS (Jospin, puis Royal) ont mené une campagne plutôt au centre, laissant du coup beaucoup d’espace à la gauche de la gauche. La France est rappelons-le le seul pays européen où le Parti communiste a fait jusqu’à 20 % des suffrages exprimés ! Le territoire à la gauche du PS est très vaste, varié aussi, et le négliger est une erreur technique : c’est exactement celle que reproduit maintenant François Hollande, notamment avec son choix du fade Michel Sapin comme chargé de l’économie dans son équipe de campagne (accompagné il est vrai du “montebourgeois” Aquilino Morelle), ou ses appels du pied discret au centre.


2 / L’erreur stratégique du PS
En 2007, la première primaire du Parti Socialiste - réservée aux seuls militants – désignait l’ultra-favorite des sondages, une candidate finalement peu expérimentée, avec un parcours ministériel modeste, Ségolène Royal. Ce choix “facile”, en cela qu’il entérinait les sondages, qu’on sait friables pourtant, éliminait les deux meilleurs candidats qu’ait jamais eu le PS en terme d’expérience et d’homme, à savoir Laurent Fabius et DSK. Sacrifier ces deux bêtes politiques (DSK étant hors jeu aujourd’hui bien entendu) sur l’autel de la sondagite fut à l’usage une erreur complète, la candidate implosant en route, notamment au chapitre d’un égo dévorant, ce que les français perçurent.
Bien que la candidature de François Hollande soit un cran au dessus sans aucun doute, la primaire “élargie” de 2011 - un grand succès - a reproduit la même erreur : finalement c’est le candidat en tête des sondages qui a été couronné, mais Martine Aubry n’était-elle pas plus à même de rassembler sur sa gauche (condition sine qua non de la réussite) ? En outre son expérience ministérielle est sans commune mesure avec celle de son rival.


3 / La faiblesse (réelle ou inventée) de Hollande
Le candidat Hollande va devoir affronter durant les prochains mois l’accusation de mollesse, assez embêtante pour un aspirant Président, et ceci pour une raison simple : c’est le reproche principal que lui on asséné ses amis dans le passé. En 2005 par exemple, seul candidat, il est réélu premier secrétaire du PS. Il sera alors ouvertement considéré par ses détracteurs comme l'homme de la “synthèse molle”, “fuyant l'affrontement pour au final ne rien décider” (sic). Arnaud Montebourg lui invente le sobriquet de “Flamby” à la suite de ce vote. Plus récemment Martine Aubry parle de “gauche molle” en évoquant son rival. Et que dire de l’ex-compagne de François Hollande ? En septembre 2011 - c'est donc récent - Ségolène frappe carrément : « Le point faible de François Hollande, c’est l’inaction » ou encore « Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu’il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ? » Il n’est guère étonnant que la droite et la gauche radicale s’engouffrent dans la brèche : Mélanchon parle de “capitaine de pédalo dans la tempête” la droite lui colle le nom de “Babar”, etc. L’accord PS / EELV, négocié sans lui, vient aussi semer un certain doute. Et plus la crise sera dure, plus il est plausible qu’un homme fort et expérimenté (ou appréhendé comme tel) sera ressenti comme un mal nécessaire par les électeurs.


4/ Le positionnement du candidat
L’offre politique de François Hollande est au fond faible dans le contexte actuel : il ne remet pas en cause le système, il propose juste une candidature “normale”, avec quelques aménagements sociaux, quand il y a le feu au lac, la perte du triple A, l'endettement et les taux d'emprunts qui remonteront, etc.
Pour beaucoup d’électeurs désespérés, il sera plus séduisant de voter au premier tour pour des réels candidats alternatifs, c’est à dire refusant en bloc de continuer (Mélenchon – Le Pen) dans la même direction, fût-ce avec des solutions ultra-risquées ; et rien ne dit que ces électeurs en colère retourneront sagement voter pour Hollande. Si mélanchon fait 8 % et Marine Le Pen 15 %, ça fait quand même 23 % d'électeurs ! Une abstention substancielle de ceux-ci, et c'est Sarkozy qui sera logiquement réélu - d'autant que la crise angoisse les électeurs âgés, soit structurellement la majorité de la population Française.

Pour toutes les raisons exposées, la candidature Hollande semble compromise, sauf évènement surprenant qui peut toujours survenir d'ici 2012.

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