N. SARKOSY

 

 

Nicolas Sarkozy au G20 de Cannes


Déficits: Français, à vous de passer à la caisse


Après les fastes de Cannes et du G20, place à l'austérité et aux tours de vis budgétaires. Le gouvernement français s'apprête à annoncer lundi de nouvelles économies afin de réduire ses déficits appelés à se creuser du fait de prévisions de croissance moins optimistes que prévu dans la loi de Finances 2012.

Pour Nicolas Sarkozy, il en va de sa réputation internationale, après avoir fait la leçon à tour de bras à ses "partenaires" européens grecs et italiens sur leurs laxismes supposés vis-à-vis de leurs dettes. Pour l'Elysée, il n'est pas question non plus de voir la France perdre son triple A auprès des agences de notation. Il faut donc coller au plus près à l'austérité décrétée par les marchés.

 

6 à 8 milliards d'euros à trouver

Après avoir paradé à Cannes et assuré une énième fois qu'il avait sauvé le monde, le président Nicolas Sarkozy cède la place médiatique à son Premier ministre pour assurer la sale besogne budgétaire, comme en août dernier au moment du premier plan d'austérité français. En déplacement en Haute-Savoie ce samedi, François Fillon devrait annoncer entre 6 et 8 milliards d'euros d'économie ou de taxations nouvelles. Bercy a laissé entendre à plusieurs reprises qu'un relèvement de la TVA dans certains secteurs qui bénéficient d'un taux réduit à 5,5%, comme la restauration, la construction ou les services à la personne notamment, était à l'étude.

La ministre du Budget Valérie Pécresse a toutefois souligné mercredi que le gouvernement privilégierait les économies de dépenses. Dans Nice-Matin ce jeudi, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a assuré: "Les décisions seront prises dans un grand souci de justice de façon à répartir les efforts équitablement pour qu'ils ne soient pas supportés par les plus modestes". Puisqu'il le dit…

 

La restauration et le bâtiment se rebiffent

Les organisations professionnelles d'hôteliers et de restaurateurs ont demandé jeudi en urgence un rendez-vous avec les ministres de l'Economie et du Budget, pour en savoir plus sur les intentions du gouvernement en matière de TVA, qui pourrait être relevé de 5,5% à un taux intermédiaire qui reste à préciser.

De leur côté, les artisans du bâtiment, pratiquement résignés à une hausse prochaine du taux réduit de TVA de 5,5% à 7% pour les travaux d'entretien-rénovation, ont réclamé vendredi que les auto-entrepreneurs qui sont exemptés pour l'instant du paiement de cette taxe ne le soient plus. Selon le président de la Confédération de l'artisanat des petites entreprises du bâtiment, une telle hausse du taux réduit dans les travaux d'entretien-rénovation rapporterait 500 millions d'euros par an à l'Etat.

 

D'autres tours de vis budgétaires à venir

A priori, ces nouveaux efforts demandés aux Français ne devraient pas suffire. Le ralentissement économique se matérialise et laisse entrevoir une nouvelle phase de récession. En France, l'indice PMI des services est repassé sous le niveau de 50 qui distingue la croissance de la contraction de l'activité, une première depuis juillet 2009. Ce mauvais chiffre vient s'ajouter à une décélération sensible dans l'industrie, à une consommation des ménages en baisse en septembre et à un niveau de chômage au plus haut depuis 11 ans.

Le gouvernement pourrait être donc amené à réviser une troisième fois cette année ses prévisions de croissance, donc à annoncer de nouveaux plans d'économie...

 


 

Prison: Nicolas Sarkozy promet la schlag pour tous après 2012


Trente mille places de prison en plus, des militaires sur le dos des jeunes délinquants... Nicolas Sarkozy a revêtu ce mardi son plus beau treilli pour annoncer son nouveau plan consacré aux prisons. Soit un énième effet d'annonce qui se veut toujours plus musclé en vue des présidentielles de 2012, qui peine à masquer l'échec de la politique carcérale mise en oeuvre depuis 2007. Des prisons qui, à l'époque, étaient déjà bien parmi les priorités du candidat Sarkozy.

80.000 places de détention en 2018

Toujours à l'aise dans ses habits de premier flic de France, l'ex-ministre de l'Intérieur devenu président était en visite au centre pénitentiaire flambant neuf de Réau (Seine-et-Marne), qui doit accueillir ses premiers détenus en octobre. L'occasion pour le chef de l'Etat d'affirmer que le gouvernement déposerait à l'automne un projet de loi de "programmation relatif à l'exécution des peines" largement inspiré du rapport que lui avait remis en juin le député UMP Eric Ciotti. Le leader de la droite populaire proposait 80.000 places de détention. Chiffrage retenu par l'Elysée pour 2018. En revanche, pas de chiffrage budgétaire donné.

Autre mesure-phare puisée dans le rapport Ciotti, la possibilité pour les jeunes délinquants d'exécuter leur peine sous la forme d'un "service citoyen" de "quelques mois" dans le cadre d'un "établissement d'insertion de la défense". 20 nouveaux centres éducatifs fermés sont aussi annoncés.

"Absurde et dangereux"

Avec ces mesures, Nicolas Sarkozy bat une nouvelle fois le rappel de l'électorat de droite, voire d'extrême-droite. Mais ces effets de manche peinent à masquer ses résultats déplorables obtenus depuis qu'il est au pouvoir. La France est régulièrement épinglée pour sa surpopulation carcérale: au 1er août, la France recensait officiellement 64.052 personnes incarcérées pour une capacité de 56.506 places "opérationnelles". Les établissements pénitentiaires pour mineurs à la mode Sarkozy sont un cauchemar (à lire: "Cétait propre mais on a vite déchanté").Quant au durcissement concernant les remises de peine, ce mécanisme a déjà été jugé "pernicieux" par Mathieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, lors du rapport Ciotti. "Ce qui est pernicieux, c'est qu'on laisse entendre que l'on fait des cadeaux aux gens, alors que l'on décide d'applications des peines les plus intelligentes possibles". Pour le syndicaliste, la souplesse de l'application des peines permet surtout d'éviter les nouveaux délits en accompagnant la sortie de prison, là où le texte de Ciotti et le projet de loi annoncé aujourd'hui qui en découle représente "une machine à enfermer les gens et à créer de la récidive".

Réactions. Pour Ian Brossat, du PCF, "Sarkozy à bout de souffle sur la question de la justice des mineurs délinquants". Pour André Vallini, député PS: "Toutes ces annonces à quelques mois de la fin de son quinquennat sonnent comme l'aveu d'un terrible échec. Depuis dix ans, la droite ne cesse d'empiler, notamment contre la récidive, des lois sans en prévoir l'application. Et sur l'exécution des peines, le manque de moyens financiers de la justice aboutit à la paralysie de la chaîne pénale. Quant à la délinquance des mineurs, la fuite en avant vers le tout répressif ne sert à rien, si on ne donne pas les moyens équivalents à la prévention."

Une nouvelle charge contre les magistrats

Nicolas Sarkozy n'a pu s'empêcher d'envoyer une nouvelle pique aux magistrats qui s'étaient dressés contre lui lors de l'affaire Laëtitia en février dernier. Détaillant quelques mesures de lutte contre la récidive ("moyens supplémentaires" pour les injonctions de soins destinées aux délinquants sexuels, un "effort" pour améliorer la connexion des outils informatiques des différents services de police), il a précisé qu'il s'agissait d'éviter "l'erreur qu'on a connue récemment où il a été décidé de remettre quelqu'un en liberté parce que la dernière infraction n'était pas grave."

En février dernier, Nicolas Sarkozy avait violemment sonné la charge contre les magistrats qui avaient remis en liberté l'assassin présumé de la jeune fille, dénonçant des "dysfonctionnements graves" et promettant des "sanctions". Mais cette prise de parole à l'emporte-pièce s'était retourné contre lui. Aucune sanction n'avait été prise, hormis la mutation du directeur local de l'administration pénitentiaire. Au contraire, cette affaire avait mis en lumière le manque de moyens et de personnels de la justice française, contre lequel les magistrats s'étaient mis en grève.


 

De Chirac à Sarkozy, la Françafrique explose à la face de la droite


Depuis dimanche, la boule puante de la Françafrique est dégoupillée. Les affirmations se multiplient sur les liens de corruption très avancés qu'auraient cultivés les deux derniers hôtes de l'Elysée, Jacques Chirac comme Nicolas Sarkozy, avec des chefs d'Etat africains, en vue du financement occulte de leurs campagnes électorales. Les portes de l'écurie d'Augias se sont entrouvertes, entre règlements de compte et coups tordus, à huit mois des Présidentielles.

 

Voyage à Libreville

Dernier délateur en date, Jean-François Probst, ancien collaborateur de Jacques Chirac, affirme lundi dans un entretien au Parisien à propos des accusations de financement occulte africain sous la présidence Chirac que "rien ne s'est arrêté avec Sarkozy", accusant ce dernier d'avoir reçu "1 milliard de francs CFA" d'Omar Bongo.
"Bourgi s'est dépensé sans compter pour Sarkozy auprès de nombreux chefs d'Etats africains lors de la présidentielle de 2007" et ce dernier "a filé à Libreville dès juillet 2007 et refait un deal avec Omar Bongo (président gabonais ndlr), qui lui aurait donné -dit-on- 1 milliard de francs CFA", déclare cet ancien collaborateur de Jacques Chirac au RPR et à la mairie de Paris, ainsi qu'ancien secrétaire général du groupe RPR au Sénat auprès de Charles Pasqua de 1983 à 1992. Toujours selon Probst, l'arrêt des envois de valise de billets proclamés par Nicolas Sarkozy à son arrivée à l'Elysée en 2007 "n'est pas crédible, c'est même le plus gros mensonge de sa vie".

Vente d'objets

De son côté, Robert Bourgi a poursuivi ce lundi sa tournée très médiatique pour mettre en cause Jacques Chirac et Dominique de Villepin. L'avocat franco-libanais explique avoir pris en charge le "côté obscur de la Françafrique" après la mort en 1997 de son "maître" Jacques Foccart, père fondateur, sous de Gaulle, de ce système de relations troubles maintenues entre Paris et ses anciennes colonies africaines.

Se qualifiant de "repenti", l'avocat de 66 ans a évalué à "20 millions de dollars" les sommes qu'il a personnellement remises au président Chirac et à celui qui fut son secrétaire général à l'Elysée. Outre les billets, sa besace était pleine de cadeaux, raconte-t-il, notamment pour le grand amateur d'épopée napoléonienne qu'est M. de Villepin. "Bustes de l'empereur, pièces rares qui concernent l'empereur... Il y a deux ans, il me semble que Dominique de Villepin a fait procéder à une vente."

 

Sans trace

Robert Bourgi, qui a soi-disant vu "trop de choses ignobles" et veut désormais "une France propre", exonère totalement Nicolas Sarkozy de ce genre de pratique. Dans son cas comme pour Jean-François Probst, les accusations fusent. Mais "dans ce domaine-là, il n'y a aucune trace", acquiesce Bourgi.

La guerre des pauvres, c’est le rêve des riches !

Par touches successives, au gré de quelques phrases-chocs, de proposi­tions-tests avancées par des ministres ou des parlementaires UMP en mission, les thèmes et les cibles de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy se précisent. Tout ce qui sera susceptible d’agglomérer les voix les plus à droite à celles de femmes et d’hommes en perte d’espoir collectif sera bon à prendre pour les stratèges de l’Élysée. Pour tenter de résoudre l’impossible équation (se succéder à lui-même en 2012, quand il ne peut compter aujourd’hui que sur le soutien d’un Français sur trois), le président sortant cherche son salut dans la division. Si les salariés, qui ont tant de mal à joindre les deux bouts, pouvaient se retourner contre leurs voisins plus pauvres qu’eux, au lieu de demander des comptes aux actionnaires et aux grands patrons, Nicolas Sarkozy aurait partie gagnée.

Le RSA (revenu de solidarité active) est devenu en quelques semaines le symbole de « la France des assistés », selon le titre d’une prétendue enquête du Figaro Magazine qui suinte la haine du pauvre, le mépris de l’homme et de la femme fragilisés par la crise. Elle véhicule sans honte les pires anecdotes de comptoir pour marteler que les allocataires des quelque 470 euros mensuels du RSA seraient des profiteurs scotchés sur leur canapé et passant leurs vacances à Bali aux frais de « ceux qui tirent leurs revenus du travail ». Le mépris de classe n’est pas chose nouvelle. Au XIXe siècle, les ancêtres des « happy few » du Fouquet’s criaient à l’immoralité des mineurs passant un peu de bon temps à l’estaminet. Mais aujourd’hui, la campagne, dont le Figaro Magazine donne le ton idéologique, vise à désolidariser le salarié mal payé du chômeur contraint de survivre avec des allocations. Tant que le débat reste à ce niveau, le gouvernement est tranquille et les patrons se voient exonérés de toute responsabilité dans la politique de bas salaires qui est la norme dans notre pays. Les 8 millions de travailleurs pauvres, les 13 % de Français qui galèrent en dessous du seuil de pauvreté constituent un socle de réalités résultant de la politique de soumission aux marchés financiers et au Medef. C’est ce que la démagogie de la droite sarkozyenne tente de cacher derrière le rideau de fumée. En déclarant que « l’assistanat est le cancer de la société française », Laurent Wauquiez n’a pas commis un écart de langage, mais lancé un ballon d’essai à destination de l’opinion de droite et d’extrême droite. La proposition de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, qui consisterait à contraindre les chômeurs de longue durée à des heures de travail gratuit, vise à entretenir le climat de suspicion, à flatter les réflexes simplistes et à encourager le popu­lisme.

Pendant ce temps-là, plus discrètement, les députés débattent du projet du gouvernement d’allégement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Mais solidarité bien ordonnée commence par sa caste. Derrière le jeu de rôle au sein de la majorité parlementaire sur la prise en compte, ou non, des œuvres d’art dans le patrimoine imposable, une chose est sûre : les nantis seront largement récompensés de la suppression du bouclier fiscal. Et dans ce domaine, l’assistance que leur prodigue la société ne se mesure pas en centaines d’euros, mais en dizaines voire en centaines de milliers de cadeaux fiscaux.

 

 


 

Sarkozy, Merkel: Un sommet pour l'austérité


A l’instar des croissances espagnole et française, la croissance allemande du second trimestre est très inférieure aux prévisions, stagnant à 0,1%, a annoncé l’Office des Statistiques (Destatis). Cette annonce intervient alors que la chancelière allemande s’apprête à rencontrer Nicolas Sarkozy, cet après-midi, pour aborder la crise de la dette en Europe.

L’Allemagne fait tout juste mieux que la croissance française, nulle au second trimestre. Pourtant, le début d’année avait coïncidé, chez la première puissance économique européenne, à une reprise économique exceptionnelle. La croissance allemande au premier trimestre avait été évaluée à +1,5% par Destatis, puis réévaluée à 1,3%. Et si les économistes interrogés par Dow Jones Newswires pressentaient un ralentissement de la croissance allemande au second trimestre, tablant sur une hausse du PIB de 0,5% par rapport au tonitruant premier trimestre, ils n’envisageaient tout de même pas une croissance aussi terne. Ces annonces, qui interviennent alors que l’on apprend que la croissance espagnole n’est que de 0,2%, ont donc été mal reçues dans le milieu des affaires et de la finance. De mauvaise humeur, les bourses européennes ont donc de nouveau ouvert à la baisse, ce mardi.

Ces chiffres en baisse sont la conséquence, notamment, de l’apport négatif du commerce extérieur au PIB allemand. L’Office des statistiques a en effet souligné que les exportations avaient été dépassées par les importations en Allemagne, pourtant habituée à étrenner des chiffres du commerce extérieur flamboyants. "La consommation privée ainsi que les investissements dans le bâtiment ont aussi freiné l'économie", signale Destatis. Toutefois, la croissance allemande, sur l’année, s’établit aux alentours de 2,8%. Cette performance est aussi en-deçà des 3,2% initialement prévus.

Alors que le président français et la chancelière allemande vont se rencontrer cet après-midi à Paris, les plans de « superaustérité » qui risquent d’être adoptés, dans le sillage des directives lancées à l’Italie, sont loin de faire l’unanimité, notamment pour Dominique Plihon. Le président du conseil scientifique d'Attac, dans une interview accordée à l'Humanité, ce mardi, a céclaré que "la crise actuelle montre l'échec des politiques d'austérité qui ont été mises en oeuvre après les plans de relance". De son côté, Merkel persiste dans la voie de l'austérité, de concert avec Sarkozy, s'apprêtant à mettre en condition l'opinion et les marchés financiers, par le biais de leur rencontre imminente. Merkel a déjà prévenu : le système des euro-obligations ne sera pas mis en place. En effet, s’il serait favorable aux économies modestes de l’Union Européenne, qui pourraient par là même bénéficier de crédit à des taux plus abordables qu’à l’heure actuelle, il serait surtout préjudiciable financièrement à l’Allemagne. Pendant ce temps-là, les marchés continuent de paniquer.

 

 

Sarkozy, champion de la dette

Mardi 26 juillet, a été rendu public par Le Figaro, relais élyséen canal habituel, le contenu d’une lettre que Nicolas Sarkozy vient d’adresser à l’ensemble des parlementaires, députés et sénateurs (une première sous la Ve république). L’objet de ce courrier : vanter le plan anti crise grecque et, entre les lignes, appeler à graver dans le marbre constitutionnel la désormais fameuse « règle d’or » budgétaire qui vise à contraindre les futurs gouvernants de l’État français à rester dans les clous du déficit autorisé par l’Union européenne...

En prenant cette initiative, Nicolas Sarkozy, plus retors et plus manipulateur que jamais, espère mettre en difficulté les socialistes, favorables à une diminution drastique de la dette, mais opposés à ce carcan budgétaire afin de garder la possibilité d’une gouvernance plus souple en cas de nécessité. En l’occurrence, le locataire de l’Élysée joue un jeu dangereux car notre Machiavel aux petits pieds aura bien du mal à faire passer pour un costume de Père-la-vertu budgétaire l’habit de Champion de la dette qu’il a, avec une irresponsabilité jamais démentie depuis, endossé dès sa première accession à un maroquin ministériel en 1993. Comment pourrait-il en aller autrement alors que, comme le rappellent avec pertinence, et sur un ton justement indigné, les caciques et les éditorialistes de gauche, la dette française est passée, depuis l’accession à la fonction présidentielle de notre prétendu converti à la rigueur budgétaire, de 1250 milliards à... 1650 milliards, et bientôt 1700 milliards ?

Ne nous leurrons pas : Nicolas Sarkozy, soutenu par les grandes fortunes et les patrons du CAC40, fera feu de tout bois pour être réélu à la Présidence en 2012 et amplifier, au détriment des classes populaires et moyennes, le travail de détricotage du droit social français qu’il a entrepris avec un zèle gourmand depuis sa prise de fonctions en 2007. Dans ce but, il n’hésitera pas à utiliser les ficelles les plus grossières, les plus manipulatrices, voire les plus nauséabondes comme l’a montré sa scandaleuse politique anti-rom de l’été 2010. Le courrier qu’il vient d’adresser aux parlementaires pour leur proposer d’adopter, lors d’un prochain Congrès* à Versailles, cette « règle d’or » budgétaire s’inscrit dans cette stratégie de reconquête. Car de deux choses l’une : soit une partie des élus de gauche vote pour en se solidarisant avec la droite lors de ce Congrès, et le texte est adopté ; soit les élus de gauche votent contre, et la majorité nécessaire des 3/5e n’étant pas réunie, le texte est rejeté bien qu’il ait été auparavant symboliquement voté par les deux assemblées à la majorité simple. Dans le premier cas, Nicolas Sarkozy, plus égotique et immodeste que jamais, embouche les trompettes de sa propre renommée. Dans le deuxième, il rejette sur les socialistes la responsabilité de l’échec en les accusant : 1° de s’opposer au redressement des comptes publics de la France ; 2° d’exposer notre pays à une dégradation de sa note par les Agences de notation et à une augmentation concomitante des taux d’intérêts auxquels il est soumis.

Cela, c’est la théorie et le rêve élyséen. Nicolas Sarkozy prendra-t-il pour autant le risque de réunir le Congrès et d’aller vers un échec qui semble écrit d’avance. Pas si sûr, car cette initiative risquerait fort de se retourner contre lui. D’une part, et n’en déplaise aux stratèges sarkozystes, un échec présidentiel, quel qu’en soit la nature, se traduit presque toujours par un ressenti négatif dans l’opinion. Problème pour Sarkozy. D’autre part, cet échec risquerait fort de mettre en lumière au plan international l’état des finances françaises et d’alimenter dans les Agences de notation la crainte d’une nouvelle fuite en avant des déficits de notre pays. D’où un risque aggravé de dégradation de la note. Problème pour la France.

La probabilité : que Nicolas Sarkozy, après une action de communication centrée sur sa lettre aux parlementaires et orchestrée par les porte-flingues habituels de l’UMP, renonce à réunir le Congrès. Un choix qu’il serait bien avisé de faire s’il ne veut pas que l’on pointe un doigt trop accusateur sur sa gestion irresponsable des finances publiques. Rappelons à cet égard que Nicolas Sarkozy a été ministre du Budget dans le gouvernement d’Édouard Balladur, puis ministre des Finances dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avant d’être, depuis quatre ans, chef de l’État et par conséquent le principal décideur des orientations budgétaires.

Trois rôles différents, dans lesquels Nicolas Sarkozy a toujours été impliqué au premier plan dans les Lois de Finances de notre pays. Trois rôles dans lesquels, de 1993 à 1995, puis en 2005, et de 2007 à 2011, la dette (voir graphique) a filé dans des proportions spectaculaires, y compris au début du mandat en cours, avant qu’intervienne la crise de l’automne 2008, largement utilisée depuis comme alibi de l’incurie gouvernementale. Cruel constat : on observera sur le graphique que, dans un océan de dette creusée très largement par la droite, la seule véritable et durable période d’accalmie est due à la gouvernance du socialiste Lionel Jospin.

Avant d’écouter les sirènes de l’UMP et leur chant trompeur, les électeurs de droite issus des classes populaires feraient bien d’assimiler ces chiffres, ils sont parfaitement véridiques et démontrent de manière éloquente la duplicité de la propagande sarkozyste !

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Commentaires (2)

1. lacour jean claude 13/11/2011

Sarkozy et le jour national de mémoire : une manipulation




Le président Nicolas Sarkozy a annoncé lors de son discours du 11 novembre 2011, sous l’Arc de Triomphe, le prochain dépôt d’un projet de loi visant à faire de ce jour « la date de commémoration de la Grande guerre et de tous les morts pour la France ».

Ce projet de loi est une insulte à tous les morts de 14-18 mais aussi à leurs familles qui sont les nôtres aujourd’hui.

La guerre de 14-18 ne doit pas être diluée dans un jour de commémoration générale de tous les morts pour la France. Et puis, que veut dire « mourir pour la France » ?

La singularité et l’horreur de la première guerre mondiale méritent sans conteste le maintien d’un jour de mémoire particulier.

En effet, pas une Commune, pas un village, pas une famille de France n’a été épargné directement ou indirectement par cette boucherie qui a broyé une génération de jeunes gens qui n’avait rien demandé à personne et qui est partie au combat, confiante et la fleur au fusil.

Bien entendu, je pense aussi aux ressortissants de nos anciennes colonies d’Afrique et d’Asie, qui ont participé à l’effort de guerre et qui ont aussi payé un bien lourd tribut.

Aujourd’hui, on veut mettre, par exemple, sur le même plan, des soldats français tués en Afghanistan et des combattants de la Grande Guerre.

Loin de moi l’idée de minorer la douleur des familles des premiers, mais je pense néanmoins qu’ils n’ont pas leur place sur des monuments aux morts.

Je m’explique.

Ces soldats ne sont pas morts pour la France, c’est-à-dire pour défendre l’intégrité menacée du sol national. Ces soldats sont morts en mission – sur mandats divers : ONU, OTAN, ou sur ordre du pouvoir exécutif français, etc. – dans des régions du monde qui n’étaient pas en conflit direct ou indirect avec la France.

En outre ces soldats étaient des militaires professionnels. Il ne s’agissait pas ultra-majoritairement d’appelés du contingent comme en 14-18. La plupart d’entre eux savait, en signant un contrat avec l’armée, qu’ils prenaient éventuellement le risque de mourir au combat. Leur signature valait adhésion à ce possible destin.

2. Bernard DEGOIS 12/10/2009

Les Cireurs de bottes ET L’INFORMATION

D’un côté, un groupe restreint avec un personnage porteur du politique ( le roi ) et de l’autre la consommation de spectacles qui ouvrent sur tout et sur du fugace.
Lors du voyage présidentiel en Espagne, les questions politiques, économiques, l’avenir de l’Europe, tout cela est passé au second plan.
Par contre, tous les projecteurs médiatiques, à de rares exceptions ( L’HUMANITE ) se sont braqués sur les robes de Carla BRUNI SARKOZY et ses rencontres avec la famille royale d’Espagne..
L’image n’est pas oubliée non plus.. La majorité s’est focalisée sur la photo de Letizia ORTIZ ET Carla BRUNI, vues de dos, montant un escalier, dans des conditions avantageuses pour leur plastique.
C’est vraiment grotesque et cela tue la politique. C’EST DE LA PIPOLISATION.
Le but poursuivi est malheureusement atteint en partie : détourner les travailleurs des problèmes sociaux et politiques.
Dénonçons ces pratiques et exigeons une information objective, formatrice, démocratique au service du peuple.

Bernard DEGOIS

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau