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Rues renommées, témoignages de lutte, chants... Samedi après-midi, place Gambetta à Paris, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour exiger une autre politique de santé, à l'appel du collectif Notre santé en danger, qui regroupe près d'une centaine d'organisations associatives, syndicales et politiques. Témoignages.
- Joseph Rossignol (Front de Gauche), maire de Limeil-Bréval, dans le Val-de-Marne, et co-signataire avec neuf autre maires de gauche de la région parisienne contre « une médecine hospitalière à deux vitesses »: « Dans le secteur du sud-est parisien, on n'a plus qu'un hôpital de long séjour, tous les services annexes ont été supprimés et l'AP-HP continue à réduire le nombre de lits sous prétexte de mise aux normes. C'est une catastrophe pour le bassin de vie. »
- Fabien Cohen, membre du Front de Gauche et également animateur du collectif: « A 10 jours des élections, la question de la santé n'est pas suffisamment prise en compte, que ce soit les hôpitaux publics, les centres de santé, les dépassements d'honoraires, la Sécurité sociale, la politique du médicament...Ici, nous disons à tout les candidats, à Sarkozy comme à Hollande, qu'on ne lâchera rien quant à nos exigences. »
- Graziella Raso, membre de l'USAP-CGT. « Après le conflit des urgences à l'hôpital Pompidou, c'est la réanimation de Bicêtre qui vient de se mettre en grève. Et ça chauffe en Seine-Saint-Denis, à Avicennes, où les urgences sont contraintes d'envoyer les patients dans le privé, faute de lits d'aval en nombre suffisants. Dans le contexte électoral, c'est la dernière occasion de peser dans le débat public. »
- Françoise Nay, porte-parole de la Coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité et animatrice phare du collectif Notre santé en danger: « La protection sociale de la santé est malmenée dans de nombreux pays: Grèce, Grande-Bretagne, Espagne... La France n'y échappe pas. Nous assistons à la fermeture de maternités, de centres de planning et d'IVG, de services hospitaliers, de centres de santé, d'établissements pour personnes âgées. Nous constatons la détérioration de la Sécurité Sociale, des médecines scolaires et du travail. Nous voyons s'étendre la désertification médicale. L'accès aux soins est de plus en plus difficile et inégalitaire. »
- Un homme de 71 ans: « Je suis malade, je vis avec 860 euros par mois, je ne peux pas me payer de mutuelle. Alors pourquoi je devrais payer plus alors que je suis précaire? »
Le groupe sidérurgique ArcelorMittal a annoncé la prolongation pour une "durée indéterminée" de la fermeture de son aciérie luxembourgeoise de Schifflange. Les syndicats craignent l'arrêt définitif du site.
"La direction nous a annoncé la fermeture à durée indéterminée du site de Schifflange", dans le sud du pays, a déclaré à l'AFP le représentant du syndicat luxembourgeois OGBL, Jean-Claude Bernardini, à l'issue d'un comité d'entreprise. "Le discours de la direction a changé, car avant on nous disait que la fermeture de Schifflange était temporaire et que la question de sa réouverture ferait l'objet d'un examen chaque trimestre", a-t-il ajouté, alors que l'aciérie est à l'arrêt depuis octobre 2011. "Il faut sans doute lire aujourd'hui dans l'annonce d'un +arrêt temporaire à durée indéterminée+ une fermeture définitive du site", a-t-il estimé.
Le syndicaliste a également déploré l'absence d'assurances de la direction sur le maintien de l'aciérie en l'état, afin de pouvoir la faire redémarrer un jour. La direction a également annoncé mardi le maintien d'une "production réduite des produits longs à Rodange", un autre site luxembourgeois du géant mondial de l'acier, selon M. Bernardini, qui estime que Rodange est "en sursis" jusqu'à fin 2012.
Pour le LCGB, l'autre grand syndicat luxembourgeois, il s'agit d'une "fermeture pure et simple de deux des quatre grandes usines sidérurgiques luxembourgeoises et de la perte directe de plusieurs centaines d'emplois". Le LCGB a dénoncé "la politique des dirigeants d'ArcelorMittal qui, à la recherche d'un rendement financier simpliste, pratiquent une politique de vampirisme financier au détriment des salariés".
Les deux sites de Rodange et de Schifflange emploient environ 500 personnes.
L’enquête Sumer souligne l’intensification du travail et la montée des comportements hostiles.
L’intensité du travail en France s’est stabilisée ces dernières années, mais à un niveau élevé, constate la Dares (ministère du Travail), qui a publié, vendredi, les premiers résultats de l’enquête Sumer sur les conditions de travail réalisée en 2009 et 2010 par 2 400 médecins du travail auprès de 48 000 salariés du secteur privé. Entre 1994 et 2003, l’intensité avait fortement augmenté, puis s’est presque stabilisée depuis. La part des salariés dont le rythme de travail est déterminé par au moins trois contraintes (cadences, délais, contrôles, etc.) est ainsi passée de 28 % en 1994 à 34 % en 2003, puis à 36 % en 2010. « Après les importantes réorganisations du travail de la fin des années 1990, introduites notamment à l’occasion de la réduction du temps de travail, on assiste dans les années 2000 à une relative stabilisation des organisations », expliquent les chercheurs de la Dares.
En revanche, entre 2003 et 2010, la demande psychologique augmente pour toutes les catégories socioprofessionnelles. Enfin, une proportion croissante de salariés déclare des comportements hostiles sur le lieu de travail : 22 % en 2010 contre 16 % en 2003. Il s’agit de « comportements méprisants » (+5 points), de « déni de reconnaissance du travail » (+3 points), d’« atteintes dégradantes » (+1 point). Ce, alors que le « soutien social » au travail reste de haut niveau : 88 % des salariés estiment que les collègues de travail sont amicaux (90 % en 2003) et 77 %, que le supérieur les aide à effectuer leur tâche (75 % en 2003).
Le tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre a invalidé un accord sur le travail de nuit au sein de l'enseigne Monoprix selon la CGT. Les syndicats préviennent qu'ils vont "s'attaquer à des enseignes emblématiques qui violent systématiquement ou de façon importante" la législation sur le travail de nuit.

"La loi considère que le travail de nuit doit être exceptionnel parce qu'il porte atteinte à la santé et à la sécurité des salariés", a rappelé Karl Ghazi (CGT). Dans un jugement rendu le 3 février, le TGI estime au sujet de Monoprix que "c'est à bon droit que la CGT soutient que l'accord est réputé non écrit". Cet accord collectif, signé en 2006 par deux syndicats, auquel la CGT s'était aussitôt opposée, permettait aux magasins de l'enseigne de rester ouverts jusqu'à 22 heures.
Dans son jugement, le tribunal indique qu'il interdit aux enseignes concernées "de mettre en oeuvre les accords dont il s'agit, à peine d'une astreinte de 5.000 euros par infraction constatée", accordant un délai de quatre mois à Monoprix pour négocier un nouvel accord. Il condamne également le groupe à verser 10.000 euros à la CGT à titre de dommages et intérêts.
Après la bataille contre le travail dominicale, l’intersyndicale Clic-P (Comité de liaison intersyndical du commerce de Paris, regroupant la CFDT, FO, SUD, la CGT, la CFTC et la CGE-CGC) se lance à l’assaut du travail de nuit. Les syndicats comptaient "s'attaquer à des enseignes emblématiques qui violent systématiquement ou de façon importante" la législation sur le travail de nuit. Les procédures, visant une série d'enseignes dont la liste n'est pas encore arrêtée, mais parmi lesquelles devrait figurer Monoprix, devraient être engagées fin mars, a-t-il précisé.
Le travail de nuit est effectué entre 21 heures et 6 heures du matin. Il doit en principe être "exceptionnel" et "être justifié par la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique ou des services d’utilité sociale". Les salariés concernés doivent bénéficier de droits et garanties spécifiques.

Les 93 ouvrières de l'atelier Lejaby d'Yssingeaux vont toutes retrouver un CDI. Après une lutte acharnée et des tentatives de récupérations politiques tout azimut, un repreneur au projet visiblement sérieux s'est déclaré.
Raymond Vacheron, de L’Union Départementale de la CGT (fédération textile) le confirme : c’est une vraie victoire sociale, toutes les ouvrières de l'atelier Lejaby d'Yssingeaux (Haute-Loire) vont retrouver un CDI. Le repreneur, Sofama, entreprise de maroquinerie, a assuré qu’il gardait le site et l'ensemble du personnel.
Sofama s’est rapproché de Louis Vuitton (LVMH) pour s’assurer d’un carnet de commande solide, dans la durée. LVMH précise d’ailleurs dans un communiqué : "Les qualifications du personnel d'Yssingeaux autorisent en effet une formation au travail des pièces de textile et de cuir livrées par ce fournisseur, en ligne avec les critères de haute qualité du groupe LVMH". "Compte tenu de l'expansion de ses activités de maroquinerie", LVMH a décidé d'allouer à Sofama, "au cas où sa proposition aboutirait, un plan de charge de plusieurs années assurant le maintien des emplois sur place, à travers sa filiale Louis Vuitton".
Devant les ouvrières de l'atelier Lejaby, M. Rabérin a déclaré que "ce n'est pas de la corsetterie" qui les attendait et qu'il leur faudrait se "remettre en question". A ses côtés, le ministre de l'Enseignement supérieur et élu de la Haute-Loire, Laurent Wauquiez, venait faire un peu de récupération politique, virant quelque peu au ridicule lorsqu’il a affiché sa joie que Vincent Rabérin était "quelqu'un de chez nous".
Malgré la police, une marche réussie face au G20
Plus de 10000 manifestants ont parcouru les rues de Nice pour lancer le forum des peuples face au G20. Après des semaines d'une campagne de communication alarmiste par les autorités locales, et malgré un déploiement outrancier de forces de sécurité, les organisations et mouvements sociaux présents à Nice ont réussi une marche festive, créative, loin de tous les préjugés et clichés utilisés pour déligitimer les altermondialistes.
André Chassaigne s’est rendu hier, en compagnie de la députée européenne Marie-Christine Vergiat sur le site de Fralib à Gémenos. Le député communiste du Puy-de-Dôme copréside le comité de soutien et de lutte des salariés de l’usine de thé Éléphant. Une réunion de travail était programmée pour « réfléchir aux moyens d’élargir notre influence et faire pression sur Unilever », explique Gérard Cazorla, délégué CGT et secrétaire du CE. Les Fralib étaient ce week-end à la Fête de l’Huma, où près de mille personnes ont adhéré au comité. « Nous y avons été accueillis avec beaucoup d’enthousiasme », souligne Gérard Cazorla.
Depuis 100 semaines (près de deux ans), les six caissières d'Albertville occupent chaque dimanche le parking du magasin
L'enseigne de hard discount Ed a été condamnée mercredi par le conseil des prud'hommes de Créteil à verser 40.000 euros de dommages et intérêts à chacun des trois salariés licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche.
En 2009, ces trois salariés, employés au magasin Ed d'Oyonnax (Ain), avaient été licenciés pour "non-respect des horaires planifiés et insubordination" après avoir informé leur direction qu'ils ne souhaitaient pas travailler le dimanche matin afin de préserver leur vie familiale. Ils avaient alors saisi le conseil des prud'hommes de Créteil, lieu d'implantation du siège d'Ed.
A l'audience en juin, l'avocat du groupe, Me Jean-Jacques Fournier, avait notamment rappelé que la grande distribution était un secteur où l'ouverture le dimanche matin était "de plein droit" et que les salariés étaient dès lors amenés à travailler ce jour-là. De son côté, l'avocate des plaignants, Me Inès Plantureux, avait plaidé que l'obligation de travailler le dimanche n'était pas prévue dans leur contrat et qu'elle aurait eu des "conséquences majeures" sur la vie familiale de ses clients.
Dans sa décision, le conseil leur donne raison et déclare leur licenciement dénué de "cause réelle et sérieuse". Il leur alloue à chacun 40.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral et ordonne notamment un rattrapage de l'indemnité de licenciement qui leur a été versée. "Le conseil des prud'hommes a considéré qu'assimiler le refus de travailler le dimanche à une faute était un abus de pouvoir de la part d'Ed", a commenté l'avocate des plaignants. "Ces salariés n'étaient pas capricieux. Ils travaillaient déjà le samedi et avaient des plannings chargés mais travailler le dimanche les empêchait tout simplement d'avoir une vie familiale", a-t-elle fait valoir, ajoutant qu'aucun de ses trois clients n'avaient pour l'heure retrouvé un travail.
L'enseigne Ed appartient au groupe Dia, une ancienne filiale de Carrefour devenue indépendante en juillet.
FÊTE DE L'HUMANITÉ. Alors que s’aiguise la crise
du système, dans la zone
euro et ailleurs, la Fête
de l’Humanité sera la chambre d’écho des mobilisations
en cours en France, en Europe et dans le monde.
La « règle d’or » de Nicolas Sarkozy n’aura pas droit de cité à la Fête de l’Humanité. Et c’est une autre « règle d’or » que participants et organisateurs s’efforceront de suivre et de promouvoir : par tous les moyens, se libérer de l’austérité. La campagne contre la « rigueur » tiendra une place de choix dans des dizaines de débats où les dépenses n’auront rien de tabou, du moins celles qui sont utiles. Et d’abord pour des services publics de qualité : l’enseignement (dimanche à 16 h 30, à l’agora de l’Humanité) ; l’énergie (samedi à 13 h 30, au Forum social) où le nucléaire, l’avenir de la filière française seront en question après la catastrophe de Fukushima ; les transports (samedi à 15 heures, au forum social) avec une table ronde ou se confronteront des syndicalistes cheminots, un dirigeant de la SNCF, un de Veolia, des représentants d’usagers et des élus régionaux sur l’ouverture à la concurrence des TER. Transport encore au forum social, dimanche, à 11 heures, sur le Grand Paris. Plus généralement, les services publics comme outil de cohésion sociale seront en débat au forum social, dimanche, à 14 heures. Les droits à l’accès pour tous à des biens universels comme l’eau, au forum social (dimanche à 10 heures), le logement à l’agora, samedi, à 14 h 30, pour un débat coorganisé avec la Fondation Abbé-Pierre seront aussi au menu de ce grand forum contre l’austérité que constituera la Fête de l’Humanité.
Dans les espaces régionaux et les stands,
se retrouveront les salariés en lutte
Le social devrait donc tenir le haut du pavé au parc Georges-Valbon. Y compris alors que s’ouvre la séquence politique de l’élection présidentielle et des élections législatives. Crise oblige, Nicolas Sarkozy aura sans doute bien du mal à éviter les sujets sociaux dans la campagne. La Fête se fera l’écho des luttes et des résistances. Dans les espaces régionaux et les stands, se retrouveront les salariés en lutte. Difficile de les citer tous mais seront, entre autres, accueillis les ouvriers de Châtellerault qui occupent leur entreprise, la Fonderie du Poitou, pour protester contre sa fermeture. Présentes aussi les employées du magasin ED d’Albertville qui refusent de sacrifier leurs
dimanches. Soutenues par un très large
comité, elles occupent chaque dimanche le parking de leur supermarché. Le 25 septembre, ce sera leur 100e dimanche d’occupation, qu’elles fêteront.
Il faut dire que le climat social n’en est pas à la trêve. Les syndicats préparent une journée de mobilisation interprofessionnelle pour le 11 octobre. Les enseignants, du public et du privé, pour la première fois de concert, seront dans l’action le 27 septembre. Les retraités ont, dans l’unité, programmé une mobilisation nationale le 6 octobre. Tout cela donnera du grain à moudre au débat organisé au forum social, le samedi, à 18 heures, avec le secrétaire général de la CGT. Bernard Thibault sera
interrogé par des journalistes et le public de la Fête sur les enjeux de la rentrée.
Mouvements sociaux, élections et mouvements politiques, la Fête sera sans doute aussi l’occasion de confronter et de voir converger différents points de vue. Des syndicalistes, des anciens dirigeants syndicaux comme Gérard Aschieri ou Didier Le Reste diront pourquoi ils veulent être actifs dans le Front de gauche (samedi, à 16 h 30, à l’agora de l’Humanité). Dirigeante syndicale reconnue, Maryse Dumas a, de son côté, croisé son regard sur la politique avec le réalisateur Robert Guédiguian dans un livre paru récemment, Parlons politique, aux éditions Arcane 17. Ils partageront leur réflexion dimanche, à 15 heures, au village du livre, et Maryse Dumas en parlera au stand des Hauts-de-Seine, le samedi, à 16 heures.
Et parce que le social ne s’arrête plus à nos frontières, les Indignés de Grèce et d’Espagne seront accueillis à l’agora de l’Humanité
dans « Le forum pour se libérer de l’austérité ».
Un Forum pour libérer l’Europe de l’austérité
Ça s’annonce comme un grand moment de réflexions, d’échanges et de solidarité. Dimanche
à 14 heures, à l’agora de l’Humanité, des Européens de différents pays et horizons se retrouvent
pour « libérer l’Europe de l’austérité ». Au cœur de la Fête, on accueillera les Indignés d’Espagne
et de Grèce. Olivier Dartigolles,
pour le PCF, François Delapierre, du PG, Liem Hoang Ngoc, l’économiste et eurodéputé socialiste, Karima Delli, eurodéputée Europe Écologie-les Verts, Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac… débattront avec, entre autres, Heinz Bierbaum, vice-président de Die Linke,
Carlos Carvalho, membre de la direction de la CGTP, Elias Chronopoulos, des Indignés de Grèce,
Toni Esteban, des Indignés Espagne, Notis Marias, avocat, professeur associé à l’institut européen
de l’université de Crète, Maïté Mola, vice-présidente espagnole du PGE, Judit Morva, responsable
de l’édition hongroise du Monde diplomatique, Savas Robolis, directeur de l’institut du travail grec…

N’étant plus capable de répondre aux exigences de Renault, la direction des Fonderies du Poitou Alu, à Ingrandes, dans la Vienne, tente d’imposer aux salariés une baisse de 23 % de leurs salaires. Ils sont en grève depuis vendredi.
Ingrandes (Vienne), envoyée spéciale.
Lovée entre les champs de céréales et de tournesols, la zone industrielle Saint-Ustre, à la sortie du village d’Ingrandes, tout proche de Châtellerault, dans la Vienne. Et là, deux fonderies aujourd’hui distinctes, qui furent toutes deux propriétés de Renault jusqu’en 1998. L’une spécialisée dans la production de blocs moteurs en fonte et l’autre dans la fabrication de culasses en aluminium. Immenses bâtisses aux toits caractéristiques en épis, qui rapportent du blé ! Mais pas assez pour répondre aux exigences de Renault, désormais simple client (mais à 80 % !) des Fonderies du Poitou Alu. Qu’à cela ne tienne, le groupe Montupet, propriétaire de l’entreprise qui emploie 474 salariés, depuis 2009, après neuf reventes-rachats, planche depuis le mois de mai sur un « plan de compétitivité ». Et à quelques jours des congés estivaux, ces salariés en ont découvert le contenu révoltant.
Syndicats unis contre la régression sociale
Aux ouvriers en contact avec la matière, il est demandé d’accepter une baisse de salaire de 15 % et de travailler 35 heures par semaine au lieu de 38 h 50, payées 35. Cela équivaut à une baisse de 23 % de salaire et, tous comptes faits, cela suppose de vivre avec trois mois de salaire en moins sur l’année ! Aux personnels dits de main-d’œuvre indirecte (cadres, techniciens…), le plan, qui selon la direction doit s’appliquer dès la fin septembre, impose de renoncer à 14 jours de RTT et prévoit 50 départs volontaires vers d’autres sites du groupe en France, en Bulgarie et au Mexique. En cas de refus, l’avenir du site est clairement menacé. Les salariés, unis malgré ces disparités de traitement, refusent ce plan. Ils ont entamé une grève le vendredi 2 septembre, suivie à près de 95 %, déterminés à obtenir son retrait pur et simple.
C’est unitairement que les syndicats CGT, FO, CFE-CGC et UDT (syndicat autonome) condamnent ce « plan de régression sociale » qui « ramènerait les salariés trente ans en arrière ». En opération escargot dans le centre-ville de Châtellerault et dans la zone commerciale toute proche, ils l’ont dit haut et fort à la population. Ils l’ont également dit au préfet qui les a reçus et qui a immédiatement nommé un médiateur censé « favoriser le rétablissement du dialogue social à l’intérieur de l’entreprise », en la personne de Jean-Luc Lancelevée, qui dirige l’unité territoriale de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (UT Direccte). Le préfet Yves Dassonville, fraîchement nommé, s’est lui-même avoué « préoccupé » par le maintien de l’emploi dans le bassin châtelleraudais.
C’est dire si les salariés, échaudés par l’expérience de tels plans antisociaux qui n’ont pas permis de sauver des entreprises comme Continental, à Clairoix (Oise), ou Bosch, à Vénissieux (Rhône), ne sont pas les seuls à craindre pour l’avenir même du site et de l’ensemble des salariés. « Le groupe Montupet a réussi à imposer 3 % de baisses des salaires chez nous, à sa fonderie de Châteauroux en échange d’une baisse des cadences. Mais quelques mois plus tard, les cadences de production étaient remontées au même niveau ! » tient à rappeler un syndicaliste CGT de cette autre fonderie gérée par Montupet, venu soutenir ses collègues d’Ingrandes. « Nous ne voulons pas que ce plan serve d’exemple aux autres directions d’entreprise », martèle Tony Garrot, délégué CGT. Le syndicat ne manque pas de s’appuyer sur les exemples des Fonderies de Bretagne et de Cléon qui ont été contraintes de retourner dans le groupe Renault pour répondre aux besoins industriels et sociaux. Car la marque au losange, comme Peugeot, autre donneur d’ordres du site, n’a pas fini de vendre des moteurs à essence !
L’industrie française méprisée par le pouvoir
« Les salariés ont vécu leurs vacances dans la peur de recevoir un nouveau contrat de travail qui inclurait les pertes de droits, en cette rentrée, c’est la colère qui domine », commente un délégué du syndicat autonome, « face à cette provocation, le conflit est légitime ». D’autant plus légitime que le gouvernement vient d’annoncer un plan d’austérité qui prévoit, notamment, des hausses des mutuelles… « Les patrons et ce gouvernement, ils vont nous demander quoi après ? Notre pantalon, si on les laisse faire ! » tempête Alain, ouvrier de l’atelier de finition à la fonderie. Comme ses collègues, Bernard et Marc,
"Face à cette provocation, le conflit est légitime"
il se souvient que « toutes les primes ont déjà sauté, malgré les promesses de ne pas toucher aux droits sociaux au moment du rachat, et il refuse de bosser en deux-huit pour le smic après vingt-quatre ans de boîte ! » Le plan de Montupet les priverait de 500 euros par mois, environ. Pour eux, comme pour Pierre Baraudon, responsable syndical de la Snecma, venu en soutien sur le site : « Baisser les salaires, cela va à l’encontre de ce qu’il faut faire pour relancer l’économie et sortir de la crise ! » « Des cadres qui perdent des jours de RTT, cela signifie aussi une perte pour l’économie locale de loisirs, notamment », s’acharne à démontrer Alex Jamain, délégué de la CFE-CGC. Les loisirs et le tourisme, dans la région, c’est toute une histoire ! Qui permet de voir le sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin « plus empressé à courir au chevet de la TVA du Futuroscope que de plaider pour les fondeurs du Poitou » et obtenir gain de cause auprès de Nicolas Sarkozy. De quoi semer un peu plus le sentiment que l’industrie française est méprisée du pouvoir, alors qu’elle représente 3 millions de salariés, 10 % du salariat du pays ! La présidente de région, Ségolène Royale, elle, a fait le déplacement pour dénoncer « le pillage » de la trésorerie par des « patrons voyous ». De quoi médiatiser le premier jour de la lutte, le vendredi 2 septembre. Mais, caméras ou pas, les salariés poursuivent leur mouvement de grève.
Une table ronde pour l’avenir
Soutenus par la fédération CGT de la métallurgie, les salariés réclament que Renault « arrête de mettre la pression sur les filières des sous-traitants » et le retrait du plan dit de « compétitivité » de Montupet. Un préalable à la tenue d’une table ronde avec tous les acteurs en faveur d’un plan de stratégie à long terme. « À condition que l’ordre du jour de cette table ronde, également voulue par le député maire UMP de Châtellerault, n’entérine pas de mesures de type cellules de reclassement ou aides au financement d’emplois précaires », prévient Jean-Claude Monaury, conseiller municipal PCF de Châtellerault.
Le groupe s’était engagé à maintenir l’activité, en contrepartie d’une aide fiscale...
La société Alstom Power Services de Belfort, en Franche-Comté, a bénéficié de 66 millions d’euros d’allégement fiscal en 2010 dans le cadre de la fusion-absorption d’Alstom Power Turbines. Un coup de pouce subordonné au « maintien de l’activité de la société absorbée pendant au moins trois ans », conformément au Code général des impôts. C’est ce que les avocats de la CGT viennent de rappeler par lettre à Valérie Pécresse, ministre du Budget. Car l’activité risque de fondre à Belfort ! Un « plan caché », découvert cet été, prévoirait en effet 251 nouvelles suppressions de postes au sein de la branche énergie d’Alstom d’ici à 2014, dont 77 à Belfort. Là même où la CGT se bat déjà pour le maintien de 100 emplois dans deux ateliers (dont celui des ailettes, unique en France) voués à fermeture et à délocalisation.
Le plan en question a été mis au jour par le cabinet d’expertise du comité d’entreprise, d’après des documents fournis par la direction. « Mais la direction prétend que nous nous sommes fait abuser par les experts », commente Jacques Rambur, responsable CGT, persuadé qu’il n’y a « pas de fumée sans feu ». Le syndicaliste invite d’ailleurs à ne pas se laisser endormir par l’annonce d’un investissement de 9 millions d’euros pour la fabrication de rotors géants destinés à des réacteurs de type EPR, qui doit, selon la stratégie du groupe, concourir à faire de Belfort « le centre d’excellence dans le domaine du nucléaire ». « Où se situe l’excellence quand les femmes et les hommes qui ont bâti ce groupe de renommée internationale sont sans cesse confrontés à des restructurations ? » s’insurge le syndicat, qui demande à Valérie Pécresse « d’engager la procédure de retrait de l’agrément fiscal, afin de contraindre la société Alstom à respecter les engagements souscrits dans l’intérêt des salariés et de l’activité industrielle du site de Belfort ».

Les suppressions d’emplois et la réforme de 2002 scindant les activités de l’établissement sont à l’origine du malaise social à l’ONF.
«Je ne laisserai pas tomber les agents de l’ONF », a affirmé hier sur France Inter Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture. Cette déclaration fait suite aux quatre suicides de salariés de l’Office national des forêts (ONF) qui sont survenus en un mois. Ce qui porte à 24 le nombre d’agents de l’ONF qui se sont donné volontairement la mort depuis 2005 (voir l’Humanité du jeudi 21 juillet).
Le ministre ne veut pas établir un lien « immédiat, systématique, un peu rapide, entre les suicides et les suppressions de postes » dans l’établissement qui gère les forêts publiques françaises. Les syndicats, en particulier le premier d’entre eux, le Snupfen (Solidaires), ainsi que la CGT forêt, ne veulent pas non plus spéculer sur les raisons qui ont poussé leurs collègues à ce geste. Ils relèvent cependant le « malaise social » dans lequel est plongé l’établissement. Ils dénoncent en premier lieu les suppressions d’emplois – un tiers en vingt-cinq ans – qui s’accélèrent avec la mise en œuvre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le contrat d’objectif qui vient d’être conclu pour la période 2012-2016 prévoit la suppression de près de 700 postes supplémentaires.
Deuxième cible syndicale : la « réforme » de l’Office, en 2002, sur laquelle le directeur général de l’ONF, Pascal Viné, ne souhaite pas revenir (voir entretien ci-contre). « On a profondément restructuré l’établissement en scindant les différentes activités de l’ONF sous couvert de professionnalisation. Cela a entraîné des dysfonctionnements qui ont déboussolé profondément les personnels », explique Philippe Berger, du Snupfen. Entre les réorganisations et les suppressions d’emplois, les personnels de terrain ont vu leur surface de gestion augmenter. « Ces forestiers en général très motivés et passionnés par leur métier font aujourd’hui le constat qu’ils ne parviennent plus à assumer correctement leurs missions, en particulier de prévention », déplore le syndicaliste. Selon lui, ils ont le sentiment de « travailler plus pour l’ONF que pour la forêt ».
Au-delà des belles paroles pour « ne pas laisser tomber les agents de l’ONF », le ministre de l’Agriculture devrait surtout réinvestir la forêt. La contribution de l’État à la forêt représente 50 euros à l’hectare, quand elle s’élève à 400 euros pour l’agriculture. Or, le biologiste Bernard Chevassus-au-Louis évalue, dans un rapport, à 970 euros par hectare les services rendus par la forêt. « On est loin de redonner à la forêt ce qu’elle nous apporte réellement », constate Philippe Berger.
Après un combat long de quinze ans, le conseil général des Landes a obtenu gain de cause auprès du Conseil constitutionnel pour continuer à soutenir les municipalités qui s’occupent directement de la gestion de l’eau.
Le privé a perdu une importante bataille dans la guerre de l’eau. Le 12 juillet, le Conseil constitutionnel a donné raison au conseil général des Landes, en déclarant inconstitutionnel un article du Code des collectivités publiques qui interdisait à ce département de moduler ses aides aux collectivités locales selon leur gestion de l’eau, qu’elle soit publique ou privée.
Le président socialiste de ce département, Henri Emmanuelli, se réjouit d’être allé jusqu’à la question prioritaire de constitutionnalité, aboutissement d’un combat long de quinze ans contre Veolia, la Lyonnaise des eaux et consorts.

«Tout a commencé à la fin des années quatre-vingt-dix, quand nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des écarts de 70 % entre les
communes qui confiaient la distribution de l’eau au privé et les autres. » Le conseil général prend alors une délibération de financer 5 % de plus les travaux des syndicats des eaux fonctionnant en régie, aussitôt contestée de vant le tribunal administratif par les lobbys. Désavouées par le Conseil d’État en 2003, les multinationales de l’eau ne lâcheront pas l’affaire : un amendement d’un sénateur UMP, M. Jalier, adopté en 2006, interdit les modulations selon le mode de gestion. Grâce à une subtilité juridique, le département des Landes parvient à maintenir sa politique et résiste à la guérilla des procès jusqu’à la décision suprême du juge constitutionnel, il y a deux semaines. Parallèlement, il crée une structure publique départementale, le Sydec, qui répond aux appels d’offres et conteste le monopole des grandes entreprises privées.
"Depuis cette victoire, les coups de fil d'autres collectivités locales se multiplient"
Un bras de fer fructueux. 19 % de communes étaient en régie dans les Landes en 1994, elles sont 53 % en 2009. Depuis cette victoire, les coups de fil d’autres collectivités locales se multiplient, confessent Henri Emmanuelli. De nombreux contrats, limités à une durée de vingt ans rétroactivement à 1995, parviennent à leur terme dans les quatre prochaines années. Le jour même de la décision du Conseil constitutionnel, la communauté urbaine bordelaise annonçait qu’elle municipaliserait la gestion des eaux potables et usées en 2018, comme Évry (Essonne), deux jours auparavant... «Marseille vient de prolonger son contrat avec le privé et nous avons perdu une bataille en Île-de-France, note Jean-Luc Touly, élu écologiste au conseil régional d’Île-de-France. Mais même si des communautés d’agglomération cèdent, elles obtiennent parfois 30 % de baisse des tarifs... Ce sont les résultats du combat mené ces dernières années et le signe que le débat sur l’eau s’est imposé. » Et avant 2012, l’ensemble des forces de gauche est enfin toutes sur la même longueur d’onde...
L’Italie montre l’exemple Fin 2009, le gouvernement Berlusconi approuvait le décret Ronchi qui obligeait les institutions locales à transformer toutes les sociétés qui géraient le service de distribution de l’eau en sociétés privées. Prenant acte, le Forum italien des mouvements pour l’eau publique décide de lancer un référendum populaire pour l’abrogation de cette loi. En moins de trois mois, plus d’un million quatre cent mille Italiens se sont prononcés contre la marchandisation et pour la gestion publique de l’eau.
Manifestation d'élus contre la fermeture de la radiothérapie au centre hospitalier à Guéret (Creuse), en juin dernier
Le service qu’avait fermé Roselyne Bachelot semble répondre aux conditions posées par l’agence régionale de santé du Limousin.
La fin du tunnel semble très proche. Après plusieurs mois d’angoisse et de colère provoquées par la décision de fermer la radiothérapie au centre hospitalier à Guéret (Creuse), la réunion du CTE (comité technique d’établissement) du jeudi 7 juillet a confirmé un peu plus encore la réouverture prochaine du service.
Le 23 juin dernier, l’ARS (agence régionale de la santé) du Limousin avait validé la réouverture du service au 1er septembre, sous réserve du recrutement de deux radiothérapeutes et de deux radiophysiciens, ainsi que sous garanties de qualité et de sécurité des soins. S’il y a quelques jours encore, la situation des recrutements restait « floue » selon Daniel Dexet, conseiller général communiste du canton de Guéret, tout semble aujourd’hui presque réglé.
Après une réunion du CTE tenue il y a une semaine, Jean-Claude Fabert, secrétaire CGT du centre hospitalier de Guéret, annonce « le recrutement de deux radiothérapeutes et d’un radiophysicien ». Pour ce qui est du second radiophysicien, « c’est quasiment fait », se réjouit-il.
Quant à la question de la qualité et de la sécurité des soins, il a été convenu que le mois de septembre serait dévolu aux contrôles et à la mise en fonctionnement des appareils. Ce qui nécessite « un très gros travail », selon le syndicaliste. La réouverture est donc actée pour début octobre et non pas au 1er septembre.
Parce que le combat fut long et dur, l’issue n’en est que plus réjouissante pour les Creusois et Daniel Dexet : « La validation de la réouverture de la radiothérapie à Guéret était extrêmement importante. Pour nous, c’est une véritable satisfaction. » Le conseiller général n’en oublie pas la solidarité affichée par tous : « C’est une victoire du bon sens générée par l’action de la population et des élus creusois », se félicite-t-il. La victoire de tous et pour tous est le véritable leitmotiv de ce dénouement. « C’est un exemple de solidarité et de rassemblement de la population, des associations, des politiques. On a tout de même assisté
à une unité droite-gauche ! » claironne Jean-Claude Fabert. Pour rappel, en plus des nombreuses manifestations et des déplacements des élus vers la capitale, 55 000 Creusois avaient signé la pétition pour la réouverture, sur les
125 000 habitants que compte le département.
3 ans de lutte et une victoire. En décembre 2009, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, annonçait la fermeture de la radiothérapie de Guéret pour le 30 juin 2010 sous prétexte d’un trop faible nombre de patients. Depuis,la Creuse n’a cessé de manifester sa colère et, en mars dernier, Xavier Bertrand, nouveau ministre de la Santé, envisageait la réouverture à la faveur d’une collaboration avec le CHU de Limoges.




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Le PDG du groupe de distribution Casino, Jean-Charles Naouri, a été pris à partie ce jeudi, pour la seconde année consécutive, lors de l'Assemblée générale par des gérants de supérettes, des anciens de Moulinex et des "amis du journal Fakir", devenus actionnaires.
Pendant la séance des questions, un groupe s'est avancé au milieu de la salle et a réclamé la parole, après avoir distribué des tracts à l'entrée, réclamant notamment que les gérants mandataires de supérettes du groupe qui le souhaitent bénéficient d'un statut de salariés aux 35 heures, avec paiement des heures supplémentaires. M. Naouri a rappelé que le statut de gérant mandataire est défini par le code du travail. Alors qu'un actionnaire demandait si, compte tenu du chiffre d'affaires du groupe (29 milliards d'euros hors taxes), il n'était pas envisageable de salarier les gérants, le PDG a répondu: "Il y a un statut auquel adhérent près de 4.000 personnes" et qui est validé par la Cour de cassation. Ce statut sera maintenu".
Par ailleurs, M. Naouri a été interpellé par Maguy Lalizel, présidente de l'association d'anciens salariés de Moulinex, APIC Mx, entreprise dont il a été actionnaire et qui a déposé le bilan en 2001. "Etes-vous prêts à rendre aux anciens salariés de Moulinex les 25 millions d'euros de bénéfices que vous avez retiré de cette débâcle ?", a-t-elle réclamé. "Cette question ne relève pas de l'ordre du jour", a rétorqué Jean-Charles Naouri.
"S'il y a obstruction on va passer tout de suite au vote des résolutions", a-t-il ensuite déclaré, alors que les protestataires essayaient de reprendre la parole. Ils ont entonné l'internationale au démarrage du vote, pour être ensuite repoussés vers l'extérieur de la salle par le service d'ordre.
Les salariés de Casino ne sont pas des machines à sous
Le 24 décembre au soir, au Tréport (Seine-Maritime), on a pu voir les chevaux de la mer foncer la tête la première devant le casino désert. Fermé ! Le début de l’affaire de ce casino, l’un des vingt établissements de jeux du groupe Joa (ex-Moliflor), remonte à cet été. Septembre 2010, rien ne va plus. Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires, les salariés revendiquent un 13e mois et une revalorisation des salaires de 1,8 %. Les actionnaires viennent, eux, de se partager 1 million d’euros.

Des milliers de personnes ont participé samedi à des rassemblements contre la politique de santé du gouvernement, organisés dans plusieurs villes à l'appel d'un large mouvement d'associations d'usagers, de syndicats et de partis politiques. Ils ont dénoncé les réorganisations hospitalières, mais aussi les difficultés d'accès aux soins liées à la désertification médicale en milieu rural et dans les banlieues, ou encore à la pratique des dépassements d'honoraires par les médecins libéraux.
A Paris, entre 2.000 (selon la police) et 5.000 personnes (selon les organisateurs) se sont rassemblées Place de la Bastille, où plusieurs prises de paroles ont eu lieu sur un podium aménagé pour l'occasion, dont celle d'André Grimaldi, professeur à la Pitié-Salpétrière. Des élus sont venus apporter leur soutien, comme le président du conseil régional d'Ile-de-France Jean-Paul Huchon (PS) ou le premier secrétaire du PCF Pierre Laurent.
Des dizaines d'associations mobilisées
A Lyon, un peu plus de 500 personnes (chiffre de la police) ont défilé dans le centre-ville. A Bordeaux, 400 personnes environ ont fait de même, précédés par des handicapés en fauteuil. Elles étaient environ 300 à Toulouse et 450 à Niort. A La Seyne-sur-Mer (Var), un millier de personnes ont formé un H (pour hôpital), pour défendre la maternité de la commune, menacée de fermeture. Des rassemblements ont aussi été organisés à Nancy, Rennes ou encore Lille.
Ils ont souvent eu lieu devant des bâtiments des Agences régionales de santé (ARS), qui chapeautent désormais à l'échelon régional tous les domaines du système de santé (hôpital, médecine de ville et accueil des personnes âgées et handicapées). L'initiative, lancée par la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux, a reçu le soutien de dizaines d'associations d'usagers, de syndicats de salariés (dont la CGT et SUD) et de médecins hospitaliers, ainsi que de partis politiques de gauche.

La direction du site Toyota d’Onnaing, dans le Nord, refuse de dialoguer avec les salariés. La grève continue pour une prime de surplus d’activité et un
13e mois. Y compris pour et avec les intérimaires.
Onnaing (Nord), envoyée spéciale.
L’heure est à la conception et à la fabrication de véhicules hybrides, conçus pour continuer à rouler y compris quand le réservoir est vide. Les salariés, eux, n’ont « pas de frigos hybrides ». À l’issue d’une première semaine de grève, la détermination de centaines d’ouvriers du site Toyota d’Onnaing (Nord) est intacte.Renforcée même par la présence d’intérimaires qui ont rejoint les grévistes sur le parking pour ne pas servir de briseurs de grève ; renforcée par celle de la CFDT, dans le mouvement pour la première fois depuis l’ouverture de l’usine,