FRONT DE GAUCHE

La République pour de vrai

France 2 : « Mélenchon a fait la preuve que le FdG est la garantie de la victoire »

Ce soir, dans l'émission « Des paroles et des actes » sur France 2, Jean-Luc Mélenchon a fait la démonstration que le Front de gauche est un acteur incontournable des présidentielles et législatives. Jean-Luc Mélenchon, candidat commun du Front de gauche à l'élection présidentielle est le seul candidat qui propose aux millions de Français-e-s de rompre avec l'austérité ultralibérale, la soumission aux marchés financiers et l'injustice sociale.

Dans tout le pays, des milliers de militants, de voisins de quartier, de collègues de travail, d'étudiants, de militants associatifs, de jeunes salariés précaires ont regardé ensemble leur candidat lors d'écoutes collectives organisées dans des cafés, dans leurs foyers ou des locaux associatifs.

Ensemble, ils ont poursuivi le débat sur les propositions du Front de gauche : la hausse des salaires et la relance industrielle, la taxation des revenus du capital et une République sociale, citoyenne et démocratique.

Le programme, L'Humain d'abord diffusé à ce jour à 300 000 exemplaires, est l'affaire de tous les citoyens qui s'en sont emparé et s'en empareront. La campagne du Front de gauche est leur campagne et, ensemble, ils déterminent les priorités de la politique que la gauche devra mettre pour sortir le pays de la crise et raviver l'espoir en France.

Ce soir, Jean-Luc Mélenchon a fait la preuve que le Front de gauche est la condition et la garantie de la victoire de la gauche en 2012.

Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale

 

Jean-Luc Mélenchon «Les exigences populaires sont la clé du scrutin»

Jean-Luc Mélenchon décortique les enjeux de la crise financière en Europe, la situation en Grèce et l’attidude des marchés. Pour le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012, une nouvelle répartition des richesses entre capital et travail est la question centrale que la gauche doit aborder sans détour.

Comment réagissez-vous à l’affirmation du couple Sarkozy-Merkel selon laquelle l’austérité est le seul moyen de sortir la Grèce et l’Europe de la crise financière ?

Jean-Luc Mélenchon. Je suis frappé par le contresens économique : une politique d’austérité généralisée conduit à une contraction de l’activité économique. Elle entraîne partout une diminution des recettes fiscales et une augmentation du chômage, donc une hausse des déficits des comptes sociaux et des comptes publics, donc le recours à l’emprunt, la dette et le service de la dette. C’est de l’argent gaspillé. C’est un constat de bon sens dont nous avons la démonstration sous les yeux avec la Grèce. L’activité économique y a reculé de cinq points et la dette a augmenté de 30 %. Cette politique ne marche pas, ni pour la Grèce ni pour aucun autre pays européen.

 

Pourquoi, dans ce cas, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel continuent-ils à appliquer une politique inefficace ?

Jean-Luc Mélenchon. Ils défendent un bien particulier : la rente. Le capital financier, sa profitabilité demeure leur préoccupation principale. C’est la raison pour laquelle la stabilité des prix est leur objectif. Ils sont cramponnés à la protection du cœur de ce système financier. Cette vision dominante en Europe a été institutionnalisée par le traité de Lisbonne et s’habille aujourd’hui d’un autoritarisme consternant. Les pays continuent d’accepter des transferts de souveraineté. C’est ainsi que s’applique, par exemple, le semestre européen, qui contrôle les budgets avant même qu’ils soient votés par les Assemblées nationales. Ou encore l’instauration de sanctions, d’amendes qui peuvent être de 1 à 2 points de la richesse produite pour les pays qui sortent des clous de l’endettement ou de leur déficit.

 

Le référendum obtenu par les Grecs est-il la bonne solution face à la situation de crise de ce pays et à celle de l’Europe tout entière ?

Jean-Luc Mélenchon. C’est déjà la solution qui permet à tout le monde de respirer. Je rappelle que l’économie est au service des humains, et non l’inverse. Nous ne sommes pas, nous, préoccupés par la monnaie mais par les êtres humains. La monnaie doit être à leur service, raison pour laquelle nous sommes partisans d’une monnaie unique en Europe comme un moyen d’avoir un étalon de mesures sociales équivalentes pour tous les peuples. L’Europe a été capable de mobiliser mille milliards d’euros pour garantir la stabilité du système bancaire. Imaginez les mêmes mille milliards d’euros mobilisés, il y a quatre ou cinq ans, pour les grands travaux en Europe. Avec cette somme, on n’aurait pas connu le début du commencement du problème de la Grèce ni d’aucun autre pays. Or, là, nous mourrons anémiés par une activité qui est sans cesse étouffée.

 

Comment réagissez-vous aux cris d’orfraie à l’annonce du référendum, alors que vous avez été le premier à vous en réjouir ?

Jean-Luc Mélenchon. Je suis consterné de voir que la démocratie pose problème. Un chef de gouvernement annonce qu’il va faire un référendum, et les marchés s’écroulent. La démocratie fait peur au marché ! Pour le Front de gauche, la démocratie n’est pas le problème mais la solution. Les États européens sont entrés dans une logique totalitaire : ceux qui n’appliquent pas les décisions sont punis, quand bien même n’en ont-ils jamais délibéré. Les raisons d’agir des dirigeants sont présentées comme la raison elle-même. Pour eux, il n’y a qu’une seule solution possible. N’est-ce pas un propos totalitaire ?

 

Pouvez-vous expliquer pourquoi vous estimez qu’en faisant jouer un rôle nouveau à la Banque centrale européenne (BCE), on sortirait l’Europe de la crise financière ?

Jean-Luc Mélenchon. L’urgence consiste d’abord à arrêter la pression du système financier sur les dettes souveraines. Sommes-nous d’accord pour dire qu’il y a une pression illégitime du système financier ? Ou estimons-nous que c’est la dette souveraine qui est insupportable et qu’il convient de contenir la dépense ? La BCE pourrait parer à l’urgence. Une solution immédiate consisterait à appliquer une batterie de mesures pour faire stopper les techniques de spéculation, dont, entre autres, l’interdiction des ventes à découvert. Surtout, la solution radicale est que BCE prête directement à l’État-nation concerné. Comme sa puissance de financement est illimitée – puisque c’est une banque centrale –, la spéculation s’arrêterait immédiatement. Cela ne servirait ainsi à rien de spéculer contre la Grèce car la BCE serait derrière.

 

Nicolas Sarkozy dit aux Français que, s’ils veulent garder leur modèle social, ils doivent accepter de nouvelles mesures « courageuses ». Entre 6 et 8 milliards d’économies supplémentaires vont être présentées la semaine prochaine. Que répondez-vous à ceux qui estiment que le président tient un discours de vérité, de réalisme et de responsabilité ?

Jean-Luc Mélenchon. Je réponds que ce n’est pas responsable du tout. Comment peut-il affirmer qu’il veut protéger notre modèle social, alors qu’il est en train de le démanteler complètement ? Ne propose-t-il pas moins d’écoles, moins de fonctionnaires, moins d’hôpitaux ? D’ailleurs, moi je ne parle pas de modèle social, mais d’acquis sociaux. Ceux-ci sont le résultat de hautes luttes. Comment peut-il dire qu’avec une politique d’austérité, qui contracte l’activité, on diminuerait les déficits ? C’est tout le contraire, nous allons les augmenter. Sa politique nous mène droit dans le mur.

 

Vos propositions, telles que le smic à 1 700 euros ou l’échelle des salaires de 1 à 20 dans les entreprises, ne risquent-elles d’être jugées irréalistes face à la crise ?

Jean-Luc Mélenchon. Les mêmes qui détruisent tout passent leur temps à nous dire que nous sommes des irréalistes. Pour eux, il n’y a qu’une vérité possible : la leur. Notre orientation est sans ambiguïté. Nous voulons augmenter les revenus du travail. Quand on élève le salaire de quelqu’un qui vit au smic de 100 euros, il les dépense en consommation donc dans la production. C’est ainsi, immédiatement, du carburant pour l’activité et l’emploi. Contrairement à l’argent capté par les pôles financiers qui se disperse dans les bulles financières, nous, nous proposons de rallumer des moteurs de l’activité. Je suis parfois stupéfait de voir, y compris à gauche, de la surprise et même de l’inquiétude. Comme si la grande question n’était pas celle de la répartition de la richesse entre le capital et le travail. En quelques années, dix points sont passés des poches des salariés à celles du capital. Cela représente 195 milliards d’euros par an.

 

La dette publique n’alimente-t-elle pas le doute sur la possibilité de faire autrement ?

Jean-Luc Mélenchon. On doit soit contracter les dépenses soit augmenter les recettes pour pouvoir payer ces dettes. Le Front de gauche est partisan de la seconde solution. En ponctionnant davantage le capital on remplit les caisses de l’État. La dette du pays est de 1 600 milliards d’euros, soit moins que notre produit intérieur brut (PIB) d’une année, qui est de 1 940 milliards. Les titres de la dette sont en moyenne de sept ans et trente et un jours. Durant cette période, le PIB réalisera 14 000 milliards d’euros. Donc le total de la dette actuelle, étalé sur les sept ans et trente et un jours de sa durée de vie, ne représente que 12 % de nos richesses. Pour payer la dette, il faut prendre l’argent là où il existe. Les entreprises du CAC 40 paient moins d’impôts que des PME. Les banques vivent aux crochets de l’État, alors qu’elles accumulent des milliards de bénéfices. Autant d’argent susceptible de rembourser la dette. Plusieurs personnalités et organisations de gauche demandent un audit de la dette publique française pour évaluer si elle doit être intégralement remboursée. Le Front de gauche porte aussi cette proposition.

 

Où en êtes-vous dans votre proposition d’offre publique de débat avec l’ensemble de la gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. Nous n’avons pas de réponse. Peut-être, parce que les socialistes, étant en tête dans les sondages, considèrent que l’on doit s’adapter à leur projet. Et nier le nôtre. Certains, comme les Verts, font passer par-dessus bord les convictions auxquelles ils tiennent comme la sortie immédiate du nucléaire… Le PS pense que si vous êtes derrière dans les sondages, vous vous taisez et vous signez un accord pour des circonscriptions électorales et des places dans les ministères. Or, nous, nous sommes sur une stratégie de sortie de crise avec une méthode qui est la relance économique. On ne renoncera pas à ce combat.

 

Selon vous, la droite est-elle définitivement battue ?

Jean-Luc Mélenchon. Je ne le crois pas et je mets en garde ceux qui le pensent. On a déjà vu dans d’autres pays des retours de bâton spectaculaires. Quatre millions d’Italiens avaient désigné le candidat socialiste. C’est pourtant Berlusconi qui a gagné. L’élection présidentielle est la plus volatile de toute l’histoire de la Ve République. Il y a huit mois, DSK, Borloo et Besancenot occupaient l’actualité. Ils ont aujourd’hui disparu. Il y a peu, on ne parlait pas de crise majeure au point où l’euro pouvait exploser, l’Union européenne se disloquer. Dans cette situation, vous pouvez avoir un pays qui se coupe en deux avec deux points de vue absolument opposés. La France est à la fois un vieux pays conservateur et un jeune pays novateur. Seulement compte la bataille des idées…

 

C’est avec cette conviction que vous pensez surmonter le piège du vote « utile » en faveur de François Hollande ?

Jean-Luc Mélenchon. La pédagogie collective est accélérée par le spectacle que les gens ont sous les yeux. Il y a huit mois, on pouvait peut-être dire que l’austérité pouvait être une solution. Aujourd’hui, faites la même chose et l’on vous demandera ce que ça donne en Grèce. Les gens, même les plus éloignés de l’économie et du débat politique, écoutent, réfléchissent, discutent…

 

Vous avez déclaré que vous ne participeriez pas, personnellement, à un gouvernement de gauche. Existe-t-il au sein du Front de gauche un débat sur l’éventuelle participation gouvernementale ?

Jean-Luc Mélenchon. Pour l’instant, je ne peux pas témoigner d’un tel débat. Cependant, je comprends que la question se pose. Nous sommes candidats pour gouverner. Mais si nous ne sommes pas majoritaires à gauche faut-il participer au gouvernement ? Pour cela, il faudrait déjà savoir quel est le programme socialiste. Le candidat PS lui-même explique aujourd’hui que tout ce qui est écrit dans ce programme ne peut s’appliquer.

 

Est-ce a priori un « non » à une participation gouvernementale ?

Jean-Luc Mélenchon. Je suis candidat d’un front constitué de partis. C’est eux, en toute souveraineté, qui prendront leur décision le moment venu. Mon rôle est de rassembler toute la mouvance de l’autre gauche, et ceux qui aiment assez leur pays pour vouloir un changement profond. Dans cet ensemble, il y a des gens qui disent en aucun cas il faut gouverner avec les socialistes, d’autres qu’il faudra être raisonnable et accepter d’y aller. Tout le monde doit se sentir à l’aise avec ma candidature. Ceux qui veulent qu’on y aille verront avec leurs partis, ceux qui ne veulent pas pourront voter pour moi car je n’irai pas dans un autre gouvernement que celui d’une majorité du Front de gauche.

 

Ce discours ne risque-t-il pas d’alimenter le vote utile ?

Jean-Luc Mélenchon. Il ne tient qu’à nous de faire la démonstration de la validité de nos choix. En quoi est-ce utile, pour une personne de gauche rejetant la politique de Sarkozy, de voter pour un projet qui conduirait à la même politique. Quelle est la différence entre la règle d’or et la règle d’or ? Entre l’équilibre des comptes publics et l’équilibre des comptes publics ? Bien sûr, il ne faut pas rejeter les électeurs socialistes. Dans ce sens, nous devons mener un débat public. D’autant que les gens n’écouteront que leur propre conscience. Le Front de gauche se bat pour devenir un front de peuple. On ne peut pas faire un front du peuple autrement qu’avec une politique qui corresponde à ses aspirations. Je ne sais pas faire le front du peuple avec la TVA sociale…

 

Vous avez lancé votre campagne à la Fête de l’Humanité. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Jean-Luc Mélenchon. Tout ce que nous avons entrepris depuis la Fête de l’Humanité montre la cohésion du Front de gauche. Le succès considérable de la vente de notre programme témoigne de l’écho de notre campagne. Il nous faut à présent mettre en place des « assemblées citoyennes », car il n’y aura pas de résultat du Front de gauche sans mobilisation populaire. Le niveau d’exigence s’est considérablement élevé. Il sera la clé des élections.

CN du PCF : « En 2012, pas de demi-mesures sociales-libérales » (Olivier Dartigolles)

Extrait du rapport d'Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF – Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011

 

La droite veut accélérer le processus de démolition sociale

Jamais le sarkozysme n'a été à ce point impopulaire. L'attente d'en finir et de passer à autre chose est grande et les dernières mesures annoncées par Fillon renforcent encore l'exaspération.

Les gouvernements, les dirigeants de l'Union européenne sont confrontés à des problèmes inédits dont ils n'ont pas la solution car ils excluent de desserrer l'étau des exigences des plus gros détenteurs de capitaux, de ceux qui sont les grands opérateurs sur les marchés financiers, de ceux pour qui travaillent les nouvellement célèbres agences de notation.

Ce que ces gouvernement savent faire, c'est utiliser la crise pour accélérer le processus de démolition sociale, attaquer au bazooka l'école, l'assurance maladie, la solidarité envers les plus fragiles, les statuts, les collectivités territoriales... j'en passe et des pires.

Ces politiques, en Europe comme aux États-Unis, sacrifient les peuples, les ressources naturelles et la planète. Mais si, comme le disait le grand timonier Jean-Pierre Raffarin, « la pente est rude », la route n'est pas droite et bien des incertitudes et des inquiétudes se font jour dans les milieux dirigeants.

 

Crise : une diabolisation de la dette

Comment faire comprendre la gravité de la situation sans nourrir un affolement ? Par une campagne de très haut niveau faisant appel, comme en 2005 sur le TCE, au bon sens, à la capacité de jugement, d'analyse et de compréhension des citoyennes et des citoyens.

L'offensive idéologique estivale vise ni plus ni moins qu'à une diabolisation de la dette. Quand l'inénarrable Alain Minc déclare dernièrement que l'essentiel est de parler de l'endettement et non de l'emploi, c'est l'aveu d'une très grande fébrilité. Ils redoutent plus que tout que le débat puisse, enfin, porter sur les préoccupations du plus grand nombre.

Le thème de l'union nationale autour de la dette est une grossière manipulation qui consiste à prendre appui sur une opinion publique légitiment inquiète pour interdire, confisquer, l'indispensable confrontation politique sur les moyens, les solutions d'une sortie de crise. La ficelle est un peu grosse. A neuf mois de l'élection présidentielle, de quoi doit-on prioritairement débattre ? Voilà la bataille politique des prochaines semaines.

Si les plus grandes fortunes, dans un pitoyable exercice de charity-business, ont pris l'initiative laissant croire qu'elles voulaient apporter leur contribution financière face à la crise, c'est qu'elles sentent bien que la marmite de l'indignation peut leur sauter au visage. Les pièces jaunes ne nous intéressent pas. C'est le coffre-fort que nous visons...

 

La « règle d'or » : une arme de destruction massive

Rappelons d'abord que cette règle d'or existe déjà avec les traités de Maastricht et de Lisbonne. Dans la logique du Pacte pour l'Euro-plus, c'est une « arme de destruction massive » contre les missions de l'État et les biens communs publics. Nicolas Sarkozy a réussi à entraîner une partie de la gauche dans une course à la rigueur. Il ne relâchera pas la pression. Le poison distillé a déjà fait son effet. Alors que le programme du Parti socialiste se fixait l'horizon de 2014 pour atteindre les 3% de déficit, les candidats à la primaire proposent aujourd'hui 2013. François Hollande allant jusqu'à promettre un équilibre des comptes publics pour 2017 ! Cela serait une véritable capitulation devant le mur de l'argent, la promesse d'une austérité à perpétuité. La règle d'or, il ne suffit pas de ne pas la voter comme s'y engage aujourd'hui le Parti socialiste – et si le Congrès était convoqué aucune voix ne doit manquer – il s'agit de ne pas l'appliquer.

 

Alternative politique : pas de demi-mesures sociales-libérales

L'enjeu de l'alternative politique est énorme. Des millions de personnes savent aujourd'hui ce dont elles ne veulent plus. Mais, à peine effleuré de l'esprit ce qui serait souhaitable, la question qui est posée, et qui aujourd'hui alimente un doute toujours aussi persistant, est le fait de savoir si cela est possible, réaliste dans les conditions actuelles, ou pas. Et quand la réponse d'une partie de la gauche est « un peu plus de justice dans l'austérité » et que cette orientation est celle qui bénéficie de la plus forte couverture médiatique, alors ce qui se dit dans les quartiers populaires, dans le monde du travail, chez les jeunes, c'est que rien de bon n'est à attendre. C'est que la vie continuera par tous les bouts à être bouffée par la dureté du quotidien et la peur de l'avenir.

Aujourd'hui, les demi-mesures sociales-libérales apparaissent un peu comme la voiture balai des politiques de casse sociale. « Ils vous font très mal. Avec nous, vous aurez droit, on s'y engage, à un accompagnement pour mieux supporter la douleur », voilà la prescription de certains docteurs à gauche. Quant à droite, c'est « Massacre à la tronçonneuse », en face, il y aurait autre chose à proposer qu'un remake de « l'Arnaque ».

Nous proposons, avec le Front de gauche, notre candidat commun à l'élection présidentielle, et les futurs candidat-e-s aux élections législatives, une relance du débat à gauche. Il n'est, par exemple, plus possible de ne pas briser le tabou sur l'augmentation des salaires. Nous n'allons pas rester sagement dans notre coin, à cultiver notre jardin.

Pierre Laurent «Il suffit parfois d’une étincelle pour embraser la plaine»


Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français et président du conseil de campagne du Front de gauche.

«Dans huit mois aura lieu l’élection présidentielle. Nous devons ensemble prendre une décision. 
Allons-nous lutter ? Allons-nous décider que l’élection présidentielle et les élections législatives marqueront le grand retour du peuple sur la scène politique ?

La gauche populaire, la gauche vivante, la gauche syndicale, la gauche intellectuelle sont en France des forces immenses. Et pourtant nous ne sommes pour le moment 
qu’un désordre de courage.

Notre responsabilité est de trouver le chemin de l’unité !

Comment ? En disant ce que nous voulons, tous ensemble (…).

Oui, nous n’oublierons pas à la porte du bureau de vote ce qui nous
a rassemblés dans la rue pour les retraites.

Oui, nous voulons la maîtrise publique du secteur bancaire 
et financier, pour mettre hors d’état de nuire les spéculateurs et ouvrir le crédit pour répondre aux besoins d’un nouveau développement social, industriel, écologique. Et il faut dire les mots qui fâchent : 
oui, il faudra nationaliser des banques !

Oui, nous voulons abolir l’insécurité sociale. Oui, nous voulons briser le tabou sur les salaires. Et après avoir recueilli cet été 250 000 signatures sur notre pétition nationale, nous marcherons 
à travers tout le pays, car les salaires ne sont pas le problème 
mais la solution !

Oui, nous voulons refonder la République. Oui, nous voulons 
une sixième République. Et il faut dire les mots qui fâchent : nous voulons de nouveaux droits pour les travailleurs, nous voulons des pouvoirs pour la gestion des entreprises, nous voulons la démocratie sociale, car sans elle, la gauche se brisera sur les puissances d’argent.

Oui, nous voulons refonder l’Europe, avant que la crise ne la fasse voler en éclats. (…) Oui, nous voulons élever la voix de la France 
en Europe pour lever l’espoir des peuples d’Europe. Et il faut dire 
les mots qui fâchent : pour changer l’Europe, il faudra balayer 
le traité de Lisbonne ! (…)

Nous sommes prêts, nous sommes unis. Avec notre candidat commun à l’élection présidentielle, et quel candidat ! Jean-Luc Mélenchon.

Avec toutes ces forces du Front de gauche ici rassemblées.

Avec notre programme “l’Humain d’abord”. Avec les candidats communs que nous présenterons partout aux élections législatives ! Car demain, c’est à l’Assemblée et au Sénat que se voteront les lois, pas à l’Élysée.

Alors, à présent tout dépend de vous. Il suffit parfois d’une étincelle pour embraser la plaine. (…)

Alors, le Front de gauche n’est pas d’abord ici sur cette scène. 
Non. C’est à vous de décider si le Front de gauche est ici, parmi vous, si cela vaut la peine de monter des escaliers, de frapper à la porte 
du voisin, de donner vingt euros pour payer quelques affiches.

C’est à vous de décider et sachez une chose : les femmes 
et les hommes qui vous parlent ont décidé d’être dignes de vous, d’être dignes du rendez-vous de l’histoire, nous sommes unis. 
Que vous soyez membre d’un parti ou pas, que vous soyez d’accord avec tout ou pas, c’est à vous de décider, nous sommes prêts, 
nous avons l’énergie pour combattre mais l’énergie de la victoire 
est dans vos mains, dans vos seules mains.

Il suffira d’un signe. Et le moment viendra, tout changera de place.»

Sénat: le Front de gauche du 93 présente sa liste


La Seine-Saint-Denis peut contribuer à faire basculer la majorité, selon Éliane Assassi, sénatrice (PCF) et tête de liste départementale.

C’est un Front de gauche « fort de toutes ses composantes », le PCF, le Parti de gauche (PG), la Gauche unitaire (GU) et la Fédération pour une alternative sociale et solidaire (Fase), et « ouvert à une personnalité » non encartée qui se présentera aux sénatoriales en Seine-Saint-Denis. C’est ce qu’a souligné, jeudi, au cours d’une conférence de presse à Pantin, Éliane Assassi, la sénatrice (PCF) qui conduira la liste. « Dans la situation de crise grave et face à la politique d’austérité du pouvoir, nous portons la colère et la volonté de changement », affirme l’élue sortante, qui précise : « Notre première initiative sera, si la gauche gagne, de déposer une proposition de loi pour abroger la réforme des collectivités », qui provoque tant de mécontentement et pas seulement chez les élus de gauche.

Pour Juliette Prados, candidate du PG et conseillère municipale de Montreuil, « avec cette liste, nous portons une radicalité concrète pour un changement possible ». Ce que confirme aussi Didier Paillard, maire (PCF) de Saint-Denis (second sur la liste), qui, en réponse à la question de savoir pourquoi le Front de gauche présente une liste distincte de celle du PS, explique : « Nous avons besoin de porter une autre voix exprimant, en lien avec ce que sont nos pratiques sur le terrain, les besoins des populations. » Nabiha Rezkalla, non encartée et première adjointe à La Courneuve, explique sa présence sur la liste par sa volonté de « remettre l’humain avant les banques ». Et d’ajouter, avec une certaine émotion et beaucoup de conviction : « Pour avancer dans ce sens, j’irai, si nécessaire, décrocher la lune. »

Après avoir salué le travail et la personnalité de Jack Ralite, sénateur du PCF sortant qui a décidé de passer le relais, Éliane Assassi a souligné que l’ambition de sa liste est « d’élire deux sénateurs, et ainsi, avec les trois élus possibles pour celle du PS, que la Seine-Saint-Denis contribue à faire basculer à gauche la majorité au Sénat ».

La seine-saint-denis joue gagnant

La Seine-Saint-Denis compte six sénateurs. Deux pour le PCF-Front de gauche, deux pour le PS et deux pour l’UMP. La conviction de la liste du Front de gauche est que l’ensemble de la gauche peut, à l’issue du scrutin du 25 septembre, compter cinq sénateurs (trois, pour le PS, ce qui semble déjà assuré, et deux pour le Front de gauche), donc un de plus, et ainsi contribuer à gagner les 23 sièges nécessaires à la gauche pour battre la majorité de droite au Sénat.

Dette : le Front de gauche veut dégonfler les « bobards »


Révéler ce qui est tenu secret est l’un des buts que l’alliance souhaite mettre en lumière dans le cadre de son travail d’éducation populaire qu’elle va initier prochainement sur l’endettement public et plus généralement sur la crise.

Rendre visibles ces réalités, ces chiffres, ces faits tenus secrets. C’est l’un des objectifs que s’assigne le Front de gauche dans le cadre de son « travail de pédagogie et de révélations sur la crise » financière, notait Olivier Dartigolles, ce week-end, lors du conseil national du PCF. Le dirigeant communiste réaffirme ainsi que le rassemblement fondé par le PCF, le Parti de gauche (PG) et la Gauche unitaire (GU), et élargi depuis le mois de juin à la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), à Convergences et alternative (ex-NPA) et à République et socialisme, engage un bras de fer avec « le capital financier ».

une campagne «grain de sable»

Six forces unies pour entamer un « travail d’éducation populaire » censé provoquer un débat « exigeant et qui n’est pas que technique sur la dette publique », explique Clémentine Autain (Fase). S’appuyant sur la campagne référendaire que le « non » de gauche avait initiée sur le traité constitutionnel européen, en 2005, le Front de gauche souhaite modifier les termes du débat sur l’endettement, devenu désormais « une question politique majeure ». Dans les semaines à venir, on devrait s’attendre à une « campagne de très haut niveau faisant appel au bon sens, à la capacité de jugement, d’analyse et de compréhension des citoyennes et des citoyens », souligne Olivier Dartigolles, dont le parti a décidé d’impulser une série de réunions publiques dans tout le pays sur les causes de la crise et les solutions pour en sortir.

Après avoir armé les participants sur la dette publique dans les universités d’été du PCF et du PG, le Front de gauche entend profiter de la Fête de l’Humanité pour « mobiliser au-delà du peuple militant », selon Martine Billard (PG). D’ores et déjà, un argumentaire mis au point par le PCF circule : qu’est-ce que la soumission aux marchés financiers ? Quel lien entre Bourse et économie réelle ? Est-il possible de libérer la dette publique des marchés financiers ? Autant de fiches qui devraient répondre aux interrogations des néophytes en économie. Et les inciter, à leur tour, à renforcer le Front de gauche dans le bras de fer qu’il engage avec les idéologues de la finance. « Notre campagne repose sur un grand dénuement matériel et un grand dévouement militant », sourit François Delapierre (PG). Une campagne consistant à dégonfler les « bobards », à être « le grain de sable », à « résister ». Or, estime-t-il, « notre travail produira ses effets si la rencontre se fait avec la mobilisation sociale. Et celle-ci n’aura pas lieu si les gens se laissent culpabiliser par le discours sur l’austérité ».

bousculer les rapports de force à gauche

Le travail pédagogique vaut également pour la « règle d’or » budgétaire. Car, « dans la logique du pacte pour l’euro plus », elle est une « arme de destruction massive » contre « les missions de l’État et les biens communs publics », rappelle Olivier Dartigolles. Lequel alerte : « Nicolas Sarkozy a réussi à entraîner une partie de la gauche dans une course à la rigueur. » Aucun leader du Front de gauche ne s’en réjouit. « La dérive du PS n’est pas inéluctable, affirme Clémentine Autain. Nous n’allons pas, nous, occuper le pré carré de la gauche radicale. Il faut bousculer les rapports de forces à l’intérieur de la gauche et être suffisamment forts pour peser sur les débats internes du PS. » L’offre publique de débat, lancée fin août par Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche, ne semble pas rejetée par le Parti socialiste, selon Benoît Hamon, son porte-parole (voir encadré). Sans doute que la Fête de l’Humanité sera le lieu idéal pour cette nécessaire confrontation.

Le PS d’accord pour un débat

La semaine dernière, Jean-Luc Mélenchon faisait une proposition de débat au PS et au NPA. Une main tendue à laquelle le PS répondait dès le lendemain par la voix de Benoît Hamon : 
« Les ponts n’ont jamais été coupés ni avec le Parti de gauche ni avec le Front de gauche », disait-il avant d’assurer n’avoir jamais « douté » de la « volonté de rassemblement » du candidat Mélenchon. Si le porte-parole du PS sait que le dialogue pourra 
se faire « fracassant », un contrat de gouvernement exige, 
selon lui, « que nous nous retrouvions pour parler des conditions 
dans lesquelles le Parti de gauche et les écologistes peuvent 
se retrouver sur la question sociale, énergétique ou économique ».

Ce que nous voulons !

Agir pour un changement durable

  • Rétablissement des 35 heures
  • Droit à la retraite à 60 ans à taux plein
  • Smic à 1 600 euros bruts par mois pour 35h
  • Convocation d’assemblées régionales et nationale pour l’emploi, les qualifications et les salaires
  • Gratuité des soins
  • Abrogation de la loi Molle sur le logement et limitation du montant des loyers à 20% des revenus familiaux
  • Arrêt de la RGPP
  • Abrogation de la réforme hospitalière, réintroduction des élections paritaires dans les caisses de gestion de la Sécurité sociale
  • Titularisation des 800 000 précaires de la Fonction publique
  • Refonte du Code du travail pour abolir la précarité et établir l’égalité femmes-hommes
  • Mise en chantier d'un système de sécurité d'emploi et de formation pour tous
  • Création d'un pôle public du médicament

Agir pour un changement durable

  • Réaffirmation de la loi de 1905 sur la laïcité et création du Haut-Conseil de la laïcité
  • Instauration d'une négociation annuelle des partenaires sociaux pour le respect de l'égalité professionnelle entre femmes et hommes
  • Abrogation des lois LOPPSI, HADOPI et des lois sécuritaires et liberticides
  • Régularisation des sans papiers
  • Bilan annuel sur les discriminations et création d'un corps d'inspecteurs pour la lutte contre la discrimination à l'emploi
  • Abrogation de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001 pour mettre en place des règles alternatives n’induisant pas la réduction des dépenses publiques.
  • Abrogation de la « RGPP » et plan de création d’emplois publics (dans l’enseignement, la santé, la justice, la police…)
  • Doublement du montant de l'aide de l'État aux actions de prévention et d'aide sociale des collectivités aux associations
  • Abrogation de loi 2003 sur l'assurance-chômage des intermittents du spectacle et création d'un système mutualisé pérenne
  • Création du ministère des Droits des femmes et de l'égalité
  • Loi-cadre de lutte contre les violences faites aux femmes
  • Loi de lutte contre le sexisme
  • 1% du PIB consacré à l'art, la culture et la création
  • Loi contre les concentrations dans les médias et pour défendre la presse d'opinion

Agir pour un changement durable

  • Suppression des exonérations de cotisations sociales patronales
  • Création d'un Fonds national et de fonds régionaux pour l'emploi et la formation
  • Adoption d’une loi portant création d’un pôle public financier transformant notamment la politique du crédit
  • Réforme de la fiscalité : suppression du bouclier fiscal, augmentation de l'ISF et de l'impôt sur les revenus du capital, taxation des revenus financiers des entreprises, mise en place du principe de modulation de l'impôt sur les sociétés et des cotisations sociales en fonction des objectifs de l’entreprise
  • Moratoire sur toutes les politiques de déréglementation de l'énergie, abrogation de la loi NOME
  • Mise en place d'un plan de transition écologique réintroduisant la maîtrise publique de l'énergie et promouvant des investissements publics conditionnés aux critères écologiques, sociaux et démocratiques
  • Création d'un visa social et écologique pour les échanges commerciaux
  • Création de pôles publics de l'industrie
  • Plan national de transition écologique de l'agriculture, révision du mandat des SAFER et du Code des marchés publics, soutien à l'installation des jeunes agriculteurs et à une agriculture
  • Transformer la BCE et la Banque de France et création d'un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire au service de l'emploi et des investissements utiles
  • Création de pouvoirs nouveaux pour les salariés et leurs représentants dans leurs entreprises, ainsi que des citoyens dans les institutions bancaires et les collectivités territoriales
  • Adoption d'une nouvelle politique agricole commune fondée sur l'objectif de souveraineté alimentaire et centrant la production sur les besoins intérieurs.

Agir pour un changement durable

  • Convocation d'une assemblée constituante
  • Abrogation de la réforme territoriale 2010
  • Rétablir la proportionnelle à toutes les élections
  • Création du Conseil national des médias
  • Fondation d'une VIe République parlementaire, sociale et participative

  • Élaboration du statut de l'élu et du statut du bénévole

 

Agir pour un changement durable

  • Remise en cause du Pacte pour l'euro+ et création d'un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire
  • Création du visa social et écologique pour les échanges commerciaux

Refonte des statuts et missions de la Banque centrale européenne (BCE)

Nous voulons une Europe affranchie du traité de Lisbonne qui respecte la souveraineté des peuples et qui relance une politique de développement social et écologique. Le traité de Lisbonne, rejeté à près de 55% des Françaises et des Français et imposé par voie législative, est illégitime. Nous refusons tous les pactes et plans d’austérité qui concourent à amplifier la récession économique et la régression sociale au nom de la même logique libérale de soumission aux marchés financiers. Nous voulons mettre un terme à la libéralisation des services publics.

Nous avons besoin d’une Europe laïque, indépendante, de paix et de solidarité internationale. Une Europe qui agisse pour mettre fin aux ingérences impérialistes et néocolonialistes. Une Europe qui s'engage pour le respect des droits des peuples, en particulier ceux du peuple Palestinien.

Nous nous engagerons dans la mise en chantier d'un nouveau traité qui serait adopté en France par référendum après un grand débat populaire. Nous agirons pour l'adoption d'une clause de non régression sociale et environnementale.

Sans attendre cette échéance, nous agirons pour développer des politiques européennes nouvelles, libérées de l'emprise des marchés financiers.

Nous agirons pour le réaménagement négocié des dettes publiques, l’échelonnement des remboursements, la baisse des taux d’intérêts les concernant et leur annulation partielle.

La France proposera une refonte des missions et des statuts de la Banque centrale européenne (BCE) qui doit être mise sous contrôle démocratique, pouvoir prêter à taux faibles, voire nuls, directement aux États, acheter des titres de la dette publique sur le marché monétaire pour promouvoir l'emploi et la formation et les services publics en visant la réponse aux besoins humains et à ceux de la planète.

Nous proposerons la création d’un « Fonds européen de développement social, écologique et solidaire » répondant à cette exigence ; d’un « visa social et écologique » pour les échanges commerciaux (voir définition page 13) ; et l’abandon de toute politique de la « flexicurité ».

Nous travaillerons à une harmonisation fiscale qui instaure un contrôle des mouvements de capitaux, la taxation du capital et des transactions financières, le contrôle des activités des banques et la lutte contre les délocalisations. Nous établirons un secteur bancaire public pour favoriser le développement d'un nouveau crédit.

Une nouvelle politique agricole commune sera élaborée fondée sur la sécurité et la reconnaissance du droit à la souveraineté alimentaire, rapprochant les paysans européens au lieu de les mettre en concurrence, tournée vers le développement des coopérations avec les pays qui souffrent le plus de sous-alimentation.

La France s’engagera pour une Europe de l’harmonisation sociale. Elle demandera la mise en place d’un Smic européen (établissement d’un salaire minimum légal dans chaque pays et procédure de convergence vers le haut).

Les services publics, avec de nouvelles créations à l'échelle européenne deviendront un pilier de la construction européenne.

Les pouvoirs de la Commission européenne devront reculer au profit de ceux du Parlement européen et des parlements nationaux dont les pouvoirs d'initiative, de co-décision et de contrôle seront renforcés.

La France agira pour une Europe de l'égalité des droits qui s’inscrira en faveur de la dignité humaine, contre la pauvreté, l’exclusion, les divisions et discriminations.

Elle agira également pour que les politiques d'Europe « forteresse », de stigmatisation des étrangers non communautaires soient abandonnées et les accords de Schengen renégociés au profit d'une action résolue de l'Europe en faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de co-développement, en particulier avec les pays des pourtours Méditerranéen.

L'égalité femme-homme sera une valeur fondamentale de l'Union européenne, la « clause de la femme la plus avantagée » en Europe sera mise en place.

 


Quelle Europe, quelles solutions ? Les propositions de la gauche

Sortie du traité de Lisbonne, modification des objectifs et des statuts de la Banque centrale et rachat des titres de dette, taxation des transactions financières, démocratisation… en pleine crise européenne, la gauche confronte ses propositions pour sortir de l’ornière.

"Racheter les titres de dette", Francis Wurtz, ancien eurodéputé, dirigeant du PCF

« Il faut tout d’abord combattre vigoureusement les faux remèdes actuels qui sont insupportables socialement, improductifs économiquement et dangereux politiquement. Ce qui se passe dans les pays directement touchés est appelé à être généralisé et si la voie démocratique est bouchée, toute dérive devient possible. Notre principe est de rendre les États, les investissements publics et les services publics beaucoup moins dépendants des marchés financiers, et nous pensons que la Banque centrale européenne peut y contribuer. D’abord, en rachetant des titres de dette publique, c’est-à-dire en libérant les pays les plus endettés d’une charge qui paralyse tout développement. Puis, en fournissant des crédits à destination exclusive d’investissements publics de dimension sociale en faveur de l’emploi, de l’écologie, de la promotion des capacités humaines. Nous préconisons une modification de l’accès au crédit selon la destination des investissements concernés. Ceux qui vont dans le sens du développement effectif du pays doivent être favorisés par des taux extrêmement faibles à long terme. Contrairement aux opérations financières qui doivent passer par des taux extrêmement dissuasifs. Enfin, nous souhaitons interdire toutes pratiques purement spéculatives et déstabilisatrices. Une telle politique n’est possible qu’en renforçant le système bancaire public afin de maîtriser l’utilisation de l’argent. »

"Sortir du traité de Lisbonne…", Éric Coquerel, secrétaire national 
du Parti de gauche.

« Ceux qui traitaient les adversaires du traité constitutionnel, en 2005, d’anti-Européens ont bonne mine. C’est cette construction où le marché est libre, où les banques font ce qu’elles veulent, où la spéculation bat son plein qui est en crise. Alors que les banques se sont vu accorder, hier, pour sortir de la crise, des prêts à 1 % par l’Europe et les États, elles font aujourd’hui des profits record et ce sont les peuples qui paient et sont acculés à des risques de faillite. Ce système transfère les pertes du capital sur les États, sur les peuples. L’urgence, c’est d’imposer à la Banque centrale européenne de prêter aux États au même taux qu’hier pour les banques, soit 1 %, et non, comme pour la Grèce, à des taux exorbitants. Sinon, le risque est réel que la crise ne se propage à toute l’Europe. C’est le meilleur moyen d’étouffer la spéculation financière, qui se nourrit des difficultés que rencontre tel ou tel pays. L’austérité comprime l’économie et ne permet pas de sortir de la crise. D’où la nécessité de refuser la “règle d’or” de Nicolas Sarkozy constitutionnalisant l’austérité. Nous refusons la règle des 3 % et la réduction de la moitié des déficits, d’ici à 2013, qui empêchent toute politique progressiste. Nous voulons que la France et l’Europe retrouvent la souveraineté sur les banques et le crédit. Enfin, il faut sortir du traité de Lisbonne et fonder la construction européenne sur le progrès social et économique. »


"Un service publique bancaiare européen...", Olivier Besancenot, militant du NPA.

« La crise de l’euro, c’est d’abord un épisode supplémentaire de la crise que le capitalisme vit depuis 2008 et qui perdure sous ses aspects financiers, monétaire et économique. Il faut sortir des différents traités, de Maastricht à Lisbonne. Une première mesure de transition pourrait être la mise en place d’un service public bancaire européen. Au NPA, on parle d’un service public bancaire unique. Pour en arriver là, premièrement, il faut annuler les dettes illégitimes, en commençant par celle de la Grèce. Ensuite, il faut mettre en place une coopération entre les différents services publics bancaires nationaux pour aller vers ce service public bancaire européen. Il s’agit de substituer au rôle de la BCE ce pilier bancaire et financier, support de la construction d’une autre société. Toute l’activité financière serait sous le contrôle d’un seul et même service public européen, qui aurait le monopole du crédit et permettrait d’obtenir la transparence sur les flux financiers. Parce qu’on va tout droit vers une nouvelle bulle spéculative qui est celle de l’endettement : là où il y a du pognon à faire pour les capitalistes, c’est sur le marché des déficits publics et des dettes publiques. »

Meeting de lancement de campagne du Front de Gauche

Pour ce premier meeting de campagne, l’esprit est à la fête ! Car notre rassemblement est une première victoire. Deux ans après sa création, le Front de Gauche est au rendez-vous, uni et élargi. Nous vous convions à partager un moment musical, écouter nos propositions et participer à des animations ludiques et instructives.

 

Les temps forts de la soiréeÀ partir de 18h30, la soirée commence en musique avec la Batucada Del Mundo, le groupe de rock La Belle Rouge et les chants militants de La Parisienne Libérée.Vous pourrez découvrir les stands du « village militant » :Gauche Unitaire, République et Socialisme, Parti de Gauche, Parti Communiste Français, FASE, Convergences et Alternative, le collectif l’Appel et la pioche, ainsi que l’association « Casse-toi pov’ con! ».Vous trouverez aussi :- une librairie en partenariat avec les Editions Bruno Leprince- des jeux : « 30 secondes chrono pour le Front de Gauche », « le Dégage tout », « la Roue des grosses fortunes » et « Questions pour une révolution »- et bien sûr la buvette où vous trouverez casse-croûte et boissons (sans alcool). »À 20h00 Meeting unitaire :

  • · Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste Français.
  • · Christian Picquet, porte-parole de la Gauche Unitaire.
  • · Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche.
  • · Lucien Jallamion, porte-parole de République et Socialisme.
  • · Danielle Obono, Convergences et Alternative
  • · Clémentine Autain, de la Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique.

Et Jean-Luc Mélenchon, le candidat commun à la présidentielle de 2012



Les militants communistes ont choisi Mélenchon pour 2012

Près de 60% des militants communistes ont voté pour Jean-Luc Mélenchon lors de la désignation du candidat du Front de gauche pour l'élection présidentielle de 2012, a annoncé samedi soir Marie-George Buffet dans un communiqué.

"Les communistes, à près de 60% dans toute la France ont choisi de présenter Jean-Luc Mélenchon comme candidat à l'élection présidentielle pour porter le programme du Front de gauche", a fait savoir l'ex-ministre des Sports dans un communiqué samedi. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a salué dimanche le "choix clair, net et massif" des militants communistes et de "l'accord global" concernant notamment les législatives de 2012. "A Jean-Luc, désormais notre candidat, je veux dire la valeur de notre engagement et de celui de tous les communistes", a-t-il dit. Le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne a pris "acte de la décision majoritaire des communistes" (...) et s'"engage pleinement dans la perspective d’un large rassemblement des Françaises et des Français autour de l'ambition commune et du programme populaire et partagé". Le Parti de gauche déclare quant à lui, dans un communiqué, que "le choix définitif formulé ainsi par le PCF donne du sens à la dynamique politique du Front de gauche engagée depuis les dernières élections européennes"

 

Au final, 59,12% des votants ont choisi l'option accord global sur le programme partagé, les législatives et la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, a dit Pierre Laurent. Le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, favorable au Front de gauche (FG), a obtenu 36,82%, et Emmanuel Dang Tran, responsable d'une section communiste parisienne, opposé au Front de Gauche, 4,06%. Les 670 délégués communistes avaient déjà approuvé, le 5 juin dernier, à 63,6% des voix, le choix du co-président du Parti de gauche (PG) pour représenter le Front de gauche aux présidentielles de 2012.

Un total de "48.631" communistes ont participé à la consultation, soit "plus de 70% des adhérents à jours de leurs cotisations", a souligné le numéro un communiste, y voyant une "mobilisation exceptionnelle qui souligne la valeur des choix effectués". "Le choix des communistes est donc clair, net et massif" et "les communistes peuvent désormais se rassembler", a-t-il ajouté.

 

Déclaration d'André Chassaigne, après le vote des militants

A la disposition du peuple de France

Le peuple de France dispose aujourd’hui d’un Parti communiste en bon ordre de marche pour les échéances décisives de 2012 et pour répondre aux attentes de toutes celles et ceux qui sont en souffrance. Cette unité des communistes, avec leur capacité de conviction et d’action, est la seule garantie d’en finir avec la mal vie pour construire un avenir libéré des forces de l’argent.

Les conditions du débat indispensable sur la conception du Front de gauche et sur la démarche qu’il doit porter dans les mois et années à venir ont été clarifiées par la décision de la Conférence nationale de responsabiliser tous les communistes. C’est un acte décisif qui permet aujourd’hui de nous rassembler autour d’un objectif politique commun avec les élections présidentielles puis législatives de 2012.

Je prends acte de la décision majoritaire des communistes, qui s’est construite sur la base du contrat politique travaillé avec les partenaires du Front de gauche. Cet accord d’ensemble comporte les orientations politiques et la conception de la campagne, ainsi que le programme populaire et partagé. J’espère qu’il sera rapidement finalisé par la conclusion de l’accord sur les législatives, dans le respect de chacune des organisations, garantissant ainsi l’implication de toutes les forces du Front de gauche et le soutien à ses candidates et candidats sur l’ensemble du territoire.

Comme je l’ai affirmé tout au long de la période de débat sur les différentes candidatures, je m’engage pleinement dans la perspective d’un large rassemblement des Françaises et des Français autour de notre ambition commune et du programme populaire et partagé. Afin d’accentuer la dynamique de rassemblement du Front de gauche, je suis toujours convaincu que l’implication populaire doit être un axe déterminant de notre campagne pour construire les contenus de la transformation sociale et écologique que nous voulons.

C’est par ce travail de fond sur les consciences que nous pourrons au mieux concrétiser notre volonté d’un autre projet de société. Amplifions pour cela notre construction politique collective, encourageons l’action et l’engagement du plus grand nombre, appuyons toutes les luttes et tous les combats qui se font jour. Soyons donc audacieux pour sortir du formatage de la politique-spectacle ! C’est en initiant réellement une pratique répondant aux nouvelles attentes populaires que nous redonnerons à la politique ses lettres de noblesse et que le Front de gauche prendra une
dimension nouvelle, dépassant largement les seules organisations qui le composent, pour en faire une propriété citoyenne.

C’est aussi cette démarche qui nous permettra de peser dès aujourd’hui, concrètement, sur les orientations de la gauche dans son ensemble, sans attendre le rapport des forces issu des élections. Plus que jamais, notre Parti, avec la richesse et l’expérience de ses militants, doit être au coeur de cette implication populaire.

Notre responsabilité est énorme pour apporter des solutions de haut niveau à la fracture de civilisation mise en oeuvre par les forces de l’argent.
Parce que l’heure est grave, parce que la menace d’une régression sociale inouïe est programmée par les libéraux de tous bords, parce que les forces de l’extrême droite menacent, j’en appelle solennellement à la responsabilité politique de chaque communiste : quel qu’ait pu être notre choix pour la désignation du candidat du Front de gauche, entrons et participons sans retenue à la bataille qui s’engage.

L’avenir de nos concitoyens, celui des peuples d’Europe et le propre avenir de chacun d’entre nous en dépend.

André Chassaigne

 


 

Pierre Laurent : « Oui, dans notre pays, le changement est possible »

Le dirigeant a appelé les communistes, les 16,17 et 18 juin, à confirmer le choix de Jean-Luc Mélenchon pour porter les couleurs du Front de gauche à l’élection présidentielle.

Intervenant à la fin des travaux, c’est un message clair et sans ambiguïté que le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a adressé à l’ensemble des participants à la Conférence nationale et au-delà, à l’ensemble des communistes comme à tous ceux qui sont, dans l’opinion, attentifs aux choix du PCF et au Front de gauche : « Pour battre la droite de Sarkozy, barrer la route au chemin de déviation du Front national, les ouvriers, les employés, les jeunes, les salariés de notre pays doivent pouvoir compter sur un projet de gauche à la hauteur. » Il lançait alors un appel tout aussi clair : « Je vous appelle à vous rassembler, dans le vote des 16, 17 et 18 juin, autour de la proposition d’ensemble de la Conférence nationale de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle, de nos candidatures communes aux élections législatives […] J’appelle tous les communistes, quel que soit leur choix ce jour-là, à se rassembler dans la campagne et dans l’action autour de la décision qui sera validée par cette consultation, dans le respect plein et entier de chacun. »

Auparavant, il avait tenu à saluer l’engagement des communistes dans leurs discussions depuis plusieurs semaines et, « ici, pendant trois jours, ce qui a marqué nos débats, ce ne sont pas les effets de tribune, les petites phrases de présidentiables, mais la parole militante. Certains n’ont pas mâché leurs mots. Ça s’appelle la démocratie ». Soulignant la place du Parti communiste, en France, dans un contexte politique délétère, il revenait sur le sens de la démarche engagée en direction de tous, refusant de leur faire jouer « un rôle spectateurs de fans, de supporteurs », en invitant à descendre sur le terrain « à envahir la place Tarhir à la française pour imposer l’ordre du jour voulu par le peuple de notre pays ». Souhaitant un véritable débat national sur un programme et des propositions en rupture réelle avec la dictature des marchés financiers, la construction collective d’un programme partagé autour des grandes priorités et des moyens de les satisfaire, il précisait plus avant : « Ce que nous leur proposons, c’est, pour ouvrir une alternative au cœur de la gauche, de donner toutes ses chances au Front de gauche de franchir une étape nouvelle. Ce que nous leur proposons, c’est un accord d’ensemble avec un geste fort du Parti communiste : désigner à l’élection présidentielle pour porter les couleurs du Front de gauche, bien que nous en soyons la force la plus importante, un candidat qui n’est pas issu de nos rangs. » Jean-Luc Mélenchon, « avec lequel nous travaillons depuis 2005 et qui fut à nos côtés, avec Marc Dolez, avec Christian Piquet, un de ceux qui ont rendu possible la naissance et l’essor du Front de gauche ».

Pierre Laurent invitait à « aller au charbon, avec l’ambition qui est la nôtre », dans une période de profonds changements dans le monde et de crise sans précédent du capitalisme « qui est, non pas de témoigner, mais de bousculer les scénarios bien ficelés qu’on nous prépare. Nous mettons au défi tout le système politique. Nous mettons au défi tous les scénarios huilés de la mécanique présidentielle ». Oui affirmait-il, « dans notre pays, le changement est possible ».

 

Clémentine Autain et Jean-Luc Mélenchon lors du Congrès du Parti de gauche en novembre 2010

La Fase tentée par le Front de gauche

La Fédération veut s’inscrire dans un Front de gauche qui « dépasse son cadre actuel ».

Dans une déclaration adoptée lors de son collectif d’animation national, réuni samedi, la Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase) « constate que le Front de gauche constitue une ébauche de rassemblement » anticapitaliste pour « permettre une transformation de la gauche pour une alternative sociale et écologique, féministe et antiraciste » qu’elle appelle de ses vœux. La Fédération, qui se dit prête à mener une campagne électorale « collective » et à soutenir dans ce cadre la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui « semble aujourd’hui en mesure de recevoir un accord large » pour la présidentielle, se déclare disponible pour « développer un processus de discussion avec le Front de gauche dans la perspective de participer à un Front de gauche transformé ».

La Fase souhaite en effet que « le Front de gauche dépasse et transforme son cadre actuel » pour « créer une convergence de tous les courants de la gauche de gauche, (...) pour un large front ouvert aux citoyens ». Apparemment, le dialogue part sur de bonnes bases, puisque la fédération « constate que les organisations du Front de gauche ont répondu nationalement de façon positive à une grande partie de ses demandes et qu’elles proposent elles-mêmes de dépasser le cadre d’un simple cartel d’organisations ».

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